P.R.O.F.


En ce moment, je lis des blogs de profs.
Ils ont l’air sympathiques, ils ont un avis sur tout, une pédagogie à toute épreuve, ça fait plaisir.
Ou ça laisse extrêmement dubitatif.

Avec Mister Mii ce matin, on discutait de notre scolarité. (On a passé un week-end studieux sur le dos de Mouflette qui en redemandait. On a identifié le problème, Mouflette AIME nous avoir sur le dos)

Je lui racontais qu’enfant, j’adorais prendre mon dico et ouvrir les pages au hasard pour découvrir des mots (Mouflette était sur le dico en train de chercher les 22 mots que nous lui avons demandé de trouver, nous sommes sadiques, mais elle est visiblement maso, on se complète) et apprendre leur signification.
Pas pour frimer, simplement parce que j’aimais la sonorité des mots.
Quand j’ai commencé le Latin au collège, j’étais ravie, toutes ces étymologies, ces racines de notre langue, ça me fascinait.
Jusqu’à ce que la *** de prof nous demande de faire une version.
Là, ça m’a gonflé, et j’ai détesté le latin à tout jamais (qui a perdu une majuscule en cours de route).

On se disait que les profs étaient assez peu pédagogiques, et souvent, de matières absolument fascinantes, ils faisaient des trucs chiants et sans aucun intérêt.

Alors pour rigoler, j’ai tenté de me souvenire de mes pires profs, et de ce qu’ils avaient fait pour que je m’en souvienne avec autant de précision.

On va commencer par le primaire (les seuls souvenirs que j’ai de la maternelle tournent plus autour de cacahuètes échangées contre un tour de balançoire).
En CM1, j’avais Madame LeTigre (comme nous l’avions baptisé avec mes camarades).

Madame Letigre était une ***** qui détestait les enfants, qu’ils soient brillants ou stupides, bavards ou calmes, elle les détestait tous sans exception et ne se privait pas de le leur montrer.
Je me souviens d’un épisode absolument traumatisant, le jour de la rentrée, alors que Mme Letigre nous demandait de sortir un petit carnet, je sortais le mini carnet accroché à ma trousse (top design, je précise), et elle s’était approchée de moi en hurlant de rire, prenant le petit carnet et le montrant à tous les autres élèves afin de bien se moquer ma gueule. (Oui, c’est choquant et violent, je sais)

Passons directement en sixième.
J’avais une prof de maths, appellons là « Forceps ».
Elle était physiquement peu gâtée par la nature (comme sortie aux forceps, mais comme si ça se voyait encore, 48 ans après. Pas aussi prononcé qu’un Conehead, mais pas loin), et avait un grain de sable à la place du cerveau.
Un jour que nous étions en train d’apprendre un truc qui, de toute façon, n’a jamais voulu rentrer dans ma tête (je suis Mathsophobique, c’est rare mais très grave), quand l’alarme incendie a rententi.

Tous les élèves se levèrent pour se diriger vers la porte. Mais elle nous avait hurlé dessus pour que nous restions assis, pas bougé, regardez le tableau bande de débiles!!!
Nous sommes tous restés, pétrifiés (l’exercice incendie avait eu lieu un mois auparavant), scandalisés, mais sages.
L’un de nous s’est aventuré à dire « Mais euh, si il y a vraiment le feu? »
Ce à quoi Forceps a tranquillement répondu: « Et bien nous mourrons brûlés!! »

En fait, il s’agissait d’un petit malin qui avait mit le feu à un papier sous l’alarme incendie d’un couloir, mais quand même, on a tous frôlé la mort ce jour là!!

Passons maintenant en 4°, j’avais déménagé pour un bled un peu paumé à une centaine de kilomètres de Dijon. Chatillon sur Seine, ça s’appelait.
C’était perdu au milieu de la cambrousse, et les profs y étaient souvent des phénomènes.
Je me souviens par exemple de ce prof de maths (encore!) qui, tous les jours de l’année, s’habillait de la même manière. De l’exacte même manière.
Un pantalon en velours à côtes marron.
Un pull à col roulé orange.
En hiver, en été, les jours de pluie, les jours de canicule, toujours, il venait habillé de la même manière.
Par ailleurs, il avait une haleine fétide.

En 3° maintenant, et sans doute le pire de tous, « barbare », on va l’appeller. Prof de français (ça change).
Barbare aimait traumatiser ses élèves.
Non content de nous foutre des sâles notes MÊME quand on faisait correctement notre travail (je ne parle pas de moi, je ne faisais JAMAIS correctement mon travail quand la tête du prof ne me revenait pas, c’était un principe auquel je dérogeais rarement), quand il était forcé d’en mettre une bonne, il doutait et humiliait publiquement l’auteur du crime.

Moi, par exemple,alors que je refusais de lire les livres qu’il nous « proposait », j’avais succombé à Tristant et Iseult, et avait drôlement accroché. Le jour de l’examen, j’avais pris plaisir à bien répondre aux questions.
Le jour de la remise des copies, c’est Barbare qui s’est fait plaisir, en m’ordonnant d’ aller au fond de la classe répondre à ses multiples questions.
Au bout d’un quart d’heure, il a abandonné, vaincu, et m’a rendu mon 19,5 la rage au ventre.
Pour se venger, il a puni une fille dans la classe (qui avait eu 15, comme sa voisine, ce qui ne pouvait être un hasard), en l’obligeant à faire une rédaction sur Roméo et Juliette. Elle l’avait supplié de l’envoyer au fond de la classe répondre à ses questions, mais fort de son précédent échec cuisant, il avait refusé tout net.

Peu après, ce même Barbare nous a raconté comment il tuait les bébés chats (comment en est-il venu là, je l’ignore, mais il nous faisait souvent des confessions de ce genre), et c’est tranquillement qu’il nous a donné le procédé à suivre pour se débarasser de chatons innocents. Nous avions 14 ans, et nous avons été ravis d’apprendre que la meilleure façon d’élminer un félin est de le mettre dans un sac plastique, avec ses congènères, et de fracasser le dit-sac sur un mur en béton, jusqu’à ce que plus rien ne bouge. (Je suis prête à parier que tous les élèves de cette classe sont devenus de fervents défenseurs des petits chats)

En seconde à présent, nous avions une professeur de Lettres (un plus joli mot pour dire Français) aussi cinglée que débile.
En classe, souvent, elle nous racontait comment faire un régime à base de bananes (véridique), comment elle avait sombré dans la dépression suite au décès de son époux, comment sa fille oubliait souvent des trucs en métal dans le micro-ondes, et comment elle même avait tenté d’en finir avec ses jours.

C’était assez drôle, car lorsque nous travaillions (pas moi, bien sûr), nous avions des notes abassourdissantes de médiocrité (personnellement, j’avais pris l’habitude de sécher le cours, c’était plus rapide), par contre, quand nous ne fichions rien, on se tapait une note de premier de la classe.
Et c’est ainsi que j’ai eu 15 à une dissertation sur « La condition humaine », l’unique livre que j’ai commencé mais jamais fini, en n’en lisant que la première et la dernière page (recto-verso, tout de même).

Voici donc mes quelques souvenirs de profs désastreux. Bien sûr, il y en a d’autres, je pourrais vous parler de la prof d’histoire qui nous assurait que « Non non, Jeanne d’Arc n’a pas souffert quand elle a été brûlée vive, elle s’est endormie avant que le feu ne la touche », de cette institutrice de CP qui nous hurlait dessus quand nous arrivions en retard et surtout qui nous promettait des boutons si nous embrassions des Noirs (je pense qu’elle est décédée, cette prof, sinon, ça aurait valu le coup de lui envoyer la HALDE!), de ce prof de philo en terminale qui draguait ses élèves et qui les larguait par texto (Non, je ne suis pas l’une de ses victimes, voyons!!), etc, etc…

Mais je m’arrêterais là!

(Par ailleurs, j’ai aussi eu d’excellents profs, mais c’est nettement moins drôle d’en parler!)

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13 Commentaires sur
“P.R.O.F.”
  • Prof, c'est pas facile. On a la fibre ou pas. On essaie de faire au mieux, et la plupart sont heureusement comme ça :-)
    malheureusement, il y en a toujours dont on se demande ce qu'ils font là…
    et j'aime bien les histoires de "mauvais" profs, j'en ai aussi quelques unes :-)

  • J'ai explosé à la fin de ton article. Bien que prof de maths, j'ai toujours adoré le français et j'ai toujours beaucoup lu. Le seul livre que je n'ai jamais pu lire, c'est La Condition Humaine. J'ai lu les 5 premières pages environ 15 fois avant d'abandonner et je me suis contentée du résumé de la prof (sur ce coup là, notre sauveuse puisque LCH était au programme pour le bac de français).

    Moi aussi j'ai des tas d'anecdotes de profs complètement tarés. Ce qui m'a peut être servi pour ne pas en devenir un. Mais malheureusement pour mes élèves, ce n'est pas le cas de tous mes collègues…

  • MDR!!!
    t'as pas eu de chance avec tes profs. ça me rappelle une maîtresse en CE1 qui si tu suçais ton pouce en classe (mon cas) t'obliger à aller en récréation avec une sucette dans la bouche. Elle avait fait d'un enfant sa tête de turc et l'avait assis les fesses dans une poubelle et nous a tous obligés à aller lui tailler nos crayons en papier sur lui en disant ordure.
    Pour le coup, elle a été "éloigné" de cette école. y'a vraiment des barges!!

  • C'est ahurissant quelque part de voir la responsabilité qu'a un prof sur la vie de ses élèves !

    Un prof horrible, donc une année passée à côté d'une matière, ça veut dire du retard l'année suivante, et un décrochage probable sur cette matière. Ce qui influe sur l'orientation de l'enfant, donc sur son métier et enfin sur sa vie complète (voire celle de ses enfants).

    Mais pourquoi les mauvais profs ne sont-ils pas remplacés par des bons ??? Que ce soit les profs qui soient au chômage ou les laboratins ou les titulaires d'un BTS, ça revient au même, en nombre !

  • Les profs sont un des sujets préférés de la planète!! Les mauvais, surtout! Je me souviens de celle de CE2, une vraie sorcière qui n'hésitatit pas à humilier les gamins devant tout le monde!! Remarque, avec 3 gremlins scolarisés, j'en aurai à raconter… ou encore sur le programme de l'Education Nationale que certains profs ont même du mal à trouver la logique…

  • Virginie: Tu m'as battu, c'est clair!!!!

    Sinon, oui, heureusement, j'ai aussi eu d'excellents profs, qui croyaient en c qu'ils faisaient, qui aimaient leur métier et ça se voyait.

    Et en ce qui me concerne, j'ai toujours adoré le français, que le prof soit nul ou super.
    Bon, avec un prof nul, je vivais ma vie dans mon coin, avec un génial, j'avais envie de m'impliquer.

    Et heureusement, si certains profs sont nuls (on n'y échappe pas), les autres compensent, dans la vie du collègien/lycéen.
    Le problème se trouve plus en primaire, où l'enfant n'a qu'UN prof, et quand celui ci est mauvais, ça craint!

    C'est d'ailleurs un sujet d'inquiétude pour les parents.
    Pour le moment, Mouflette a de très bons enseignants (celle de CP était très sévère, mais pédagogique).
    Et c'est à cet âge là que ça compte.
    Plus tard, vers 11, 12 ans, ils apprennent la mesure.

  • Eh ben ! Sympa tes profs ! Je me suis beaucoup ennuyée au collège et lycée, sauf en français et histoire où les profs savaient rendre leurs cours intéressants (on faisait des débats sur l'actualité par exemple, je pense que ça a contribué à développer mon esprit critique). La plupart des profs ne sont pas pédagogues, on a l'impression qu'ils s'ennuient en se contentant de lire leur notes et de nous les dicter. Des profs montrent carrément qu'ils n'aiment pas les jeunes avec leurs discours : "nous à notre époque… etc" la maternelle m'a traumatisé : Je me souviens de Julien qui avait répondu à ma place pour citer les voyelles : hop, le pauvre, enfermé dans le placard !

  • Mdr…

    Je note quand même que je suis la seule (ou presque) à avoir lu la Condition Humaine en entier dans ces comm'. Sisi. Je rajouterais que c'est l'unique livre "sérieux" que j'ai lu hors parcours scolaire (mais poussée par ma mère ou mon grand père…). J'ai d'ailleurs été marquée par les suicides au cyanures avec les capsules dans les dents.
    Dois je penser que je n'ai jamais pu lire aucun autre livre sérieux à cause de celui là ? Que d'avoir réussi à le finir fait de moi une personne supérieure puisque logiquement capable de lire n'importe quel livre sérieux et chiant ?

    (Je crois malheureusement qu'aucune de ces hypothèses n'est bonne, je reste une fantasy addict incorrigible, point)

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