Moins que rien…

Une personne que j’apprécie m’a fait une remarque au sujet de mon précédent billet.
Qu’il laissait transparaître toute l’admiration que j’ai pour mon mari, mais surtout, qu’il apparaîssait comme le Prince Charmant venant sauver la Princesse aux aboies. Or, m’a t’elle dit, « Tu as pris ta vie en main bien avant de connaître ton mari! »

Ce n’est pas faux.

Il est un fait que, même si ça s’est grandement amélioré, le premier mot qui me vient à l’esprit pour me décrire, c’est celui du titre. Pas que je pense « vraiment », mais je me le suis tellement entendu dire qu’à force, c’est rentré comme un qualificatif me concernant.

Du coup, j’ai une estime de moi assez… neutre, on va dire, et j’ai tellement eu l’habitude de me déprécier que c’est un peu resté.

Aujourd’hui, sans totalement savoir qui je suis (qui le sait?) j’ai plutôt tendance à penser que, dans l’ensemble, je ne suis pas si râtée que ça.
La vie que j’ai me plaît, et il est évident que ce qu’elle est devenu n’est pas l’opération du Saint Esprit.

Mon mari a contribué à embellir ma vie, mais il est vrai que je l’ai laissé faire, ou plutôt, nous avons contribué tous deux à rendre notre vie commune plutôt chouette.
Au sujet de Mouflette, elle ne serait pas ce qu’elle est sans moi, mais mon mari lui a offert une place de choix dans son coeur. C’est en cela, surtout, que je le trouve admirable, et il était le seul pouvoir le faire. Ouvrir son coeur à une petite fille, lui offrir un papa, une éducation, le modèle d’un couple heureux, etc, etc…

Bref. J’ai du mal avec les compliments. J’aime bien ça, je suis comme tout le monde, mais je ne sais jamais quoi en faire, ça me met mal à l’aise, je n’ai jamais l’impression de les mériter.
Donc quand il s’agit de vanter les mérites d’une situation, j’en donne tout le bénéfice aux autres. Même si j’ai peut être ma part de responsabilité aussi, je n’arrive pas à me l’accorder. En revanche, je m’accorde souvent le bénéfice de tous les échecs autour de moi.

J’ai appris, petit à petit, que ce comportement auto-dépréciateur et intransigeant, s’il me faisait avancer (d’une certaine manière), n’était pas un bon exemple pour ma fille.

Je prends une anecdote au hasard, Mouflette revient avec une mauvaise note, immédiatement, je vais me dire que c’est ma faute, que je ne l’ai pas assez aidé, bref, que je suis une horrible mère indigne à cause de laquelle sa fille va devenir pointeuse au chômage.
Bon, j’ai appris à relativiser et à remettre la faute à qui de droit, c’est à dire, Mouflette! Qui n’a pas correctement appris sa leçon et qui a une note à la hauteur de sa non-implication. Ainsi, elle peut décement comprendre que si elle ne travaille pas, elle a une mauvaise note, et c’est uniquement de sa faute.

Enfin, tout ça pour dire que non, je n’ai pas attendu Mr Mii pour prendre ma vie en main et en faire un truc que j’aime bien.
D’ailleurs, soyons clairs, si ça avait été le cas, Mr Mii ne serait jamais tombé amoureux de moi.

Avant lui, j’ai su prendre d’excellentes décisions. Quitter un homme pour des raisons que je ne souhaite pas évoquer, décider de mettre l’enfant que je portais au monde, reprendre mes études, aussi difficile soit il, de passer son bac à 20 ans (pour l’égo j’entends), et de les continuer, avec une Mouflette dans les pattes, bref, des décisions de femme responsable, je crois.

Mais je ne suis pas tellement fière de mon parcours. Je ne suis pas un exemple pour ma fille, franchement, je ne souhaite pas qu’elle ait mon début de vie adulte, même si la suite se révèle particulièrement « normale » et sympathique.
Je ne souhaite pas qu’elle ait à faire des choix comme les miens. A partir de là, je ne peux ni être fière (même si en tout état de cause, je suis très contente), ni accepter que d’autres me trouvent admirable.

Si on est admirable, ça veut dire que les gens aimeraient avoir ce que l’on a: force de caractère, parcours, intelligence, beauté, que sais-je encore.
Or, je n’ai rien d’enviable. Enfin, pas pour la plupart des gens. Si on prend qq’un avec les mêmes difficultés à la base, il va de soi que toutes n’ont pas aussi bien « réussi » à s’en sortir. D’autres l’ont fait bien mieux aussi.

Alors que Mr Mii, même s’il n’a eu que très peu d’obstacles à surmonter, est admirable, enfin est surtout un excellent exemple: mise à part se marier avec une femme divorcée et déjà mère, son parcours est relativement exemplaire: excellentes études, au bon âge, copains normaux (nan mais, mes copines sont normales aussi!!), des parents encore mariés (même si ça n’est pas un gage de bonheur pour les enfants à priori), un emploi plus que correct trouvé sans difficulté, un mariage désiré, à un âge raisonnable, pas de divorce (et j’espère qu’il ne connaîtra jamais, hein, parce que bon!),bref, un parcours normal, sans heurt particulier…

En tant que mère, soyons claire, je préfère que mes enfants aient son parcours plutôt que le mien, aussi méritant soit il!
Même si certaines mères vont faire des bonds de 20 mètres (comme la sienne) parce que voir son fils ainé épouser une nana comme moi, ça fait pas plaisir…

Enfin, je ne sais plus où je voulais en venir à la base, au fait que oui, malgré tout, Mouflette me doit aussi beaucoup. Je l’ai mise à l’abri afin qu’elle ne vive pas la même chose que moi, j’ai su lui offrir un père digne de ce nom (même si pas du premier coup), et avec Mr Mii, nous sommes deux à lui montrer un exemple de couple relativement équilibré, aimant et respectueux.
Et puis, même si je ne souhaite pas qu’elle suive mon chemin, je suis tout de même un bel exemple de persévrance et de combativité.

Bon, j’aime bien me jeter des fleurs en fin de compte! 😀

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14 Commentaires sur
“Moins que rien…”
  • Personnellement, j'ai eu mon 1er enfant à 20 ans… Ce qui n'est pas des plus simple pour faire des études!!! Je comprends tout à fait ton parcours!!!

    Et pourquoi, au contraire, ne serais-tu pas fière??? Oui fière du chemin parcouru!!! Nous n'avons pas tous le même fardeau à porter, alors quand il est lourd et qu'on avance quand même….

  • Nous sommes seuls responsables de notre bonheur (ou malheur d'ailleurs !). Vous avez construit votre bonheur à 2, à part égale. Il faut une sacrée force de caractère et de volonté pour lutter et s'en sortir quand il est si "facile" de se laisser aller et de rejeter ensuite la faute sur le monde entier.

    Le bonheur n'est pas qqch qui nous arrive "comme ça", par hasard (je ne crois pas au hasard, ni à la chance d'ailleurs), tout dans la vie est un travail fait de remises en question et de doutes. On peut tous s'en sortir et tous être heureux car on a toujours le choix, même si parfois c'est très très dur de l'admettre et de faire les choix qui sont bons pour nous (mais pas forcément pour les autres …).

    Tu as entièrement raison d'être fière de toi et de ton parcours, personne, même ceux qui t'aiment, ne pourront, à ta place, développer ton estime et ta confiance en toi. Faisons nous ce cadeau, nous qui n'avons pas forcément toujours été soutenues et aimées pour ce que nous sommes, aimons nous et décidons d'être heureuse ! c le plus cadeau qu'on puisse se faire mais aussi à nos enfants et surtout, à nos filles !

    bises !

    Fanfan

  • J'avais arrêté de pleurer… mais là je crois avoir changé de larmes. T'as bien fait, t'as vraiment bien fait.

    Pour répondre à Fanfan, même si ça n'est pas forcément l'objet du débat, je ne pense pas qu'on est seul responsable de son bonheur et ou de son malheur. On en a une part de responsabilité, faire les bons choix, s'entourer des bonnes personnes, travailler, se respecter etc etc. Mais le monde fait que parfois, par ce qu'il met sur notre chemin (hommes/femmes, maladie, famille) notre malheur et ou notre bonheur prennent une autre voie que celle qu'on aurait choisi si justement le choix nous l'avions consciemment eu .

    Je vais juste très brièvement prendre mon propre exemple, j'ai rencontré à 20 ans un jeune homme exemplaire, le même genre de parcours que Mister Mii. Je l'ai épousé en connaissance de cause, eu 2 enfants, puis l'ai quitté. C'était un manipulateur pervers, un homme violent, qui n'a "ressorti" sa personnalité que petit bout par petit bout, pour m'en faire une normalité. Durant 10 ans, mon malheur n'a pas été uniquement de mon fait, mais du sien aussi. Je n'ai pas forcément laissé faire, et je n'en rejette pas la faute entièrement sur autrui. Je n'ai pu faire ce choix douloureux de partir que parce que pour mon bonheur j'ai rencontré deux autres personnes qui ont su m'ouvrir les yeux. Sans eux, je serai vraisemblablement morte en mai 2001…

    C'est pour ça que votre commentaire, même si j'en comprends le sens, j'ai du mal à l'admettre, à tout le moins pour mon propre cas.

    L'autre, quand il est le "bon" autre, ne fait pas seul notre bonheur, mais peut nous en montrer le chemin. Le mien, je l'ai épousé, et j'en suis ravie !

  • Il y a une chose que l'on ne peut pas ne pas reconnaître dans ton parcours, c'est le courage que tu as eu. Ce n'est pas la chute qui doit être reprochée, quand on a eu un parcours comme le tien. Et quand quelqu'un se relève, et remet de l'ordre dans une vie qui a connu tant de travers et de heurs, on ne peut dire qu'une chose :" chapeau bas ". Ça ne fait pas de toi une sainte, rien de parfait – l'humain et la perfection… hum, une longue histoire compliquée – tu as encore le droit à l'erreur, tout autant que le reste du monde, mais cela fait juste de toi une fille qui a été très courageuse, battante malgré tout :-)
    Et ta fille effectivement, ne serait pas ce qu'elle est sans vous DEUX.

  • Merci à toutes!

    Chrys, j'ai eu Mouflette à 19 ans, je t'ai battu!! 😉
    C'est sûr qu'ensuite, nos choix sont conditionnés par l'avenir de ce petit être.
    Je n'ai pas eu l'impression d'avoir plus de difficultés qu'une autre pour mes études (sauf dernièrement), au contraire, grâce à ma fille, j'avais une motivation inébranlable. Je savais pourquoi j'étais là.

    Fanfan: J'ai eu la même réaction que La Punaise en lisant ton message.
    Ma mère me répetait souvent "On n'a que ce que l'on mérite". Je traduis ton propos de cette manière.
    Or, non, on n'a pas tous ce que l'on mérite, malheureusement.
    Je crois comprendre ton message (comme celui, maladroit, de ma mère) qui veut dire que l'on a le choix de s'en sortir ou pas, de se relever ou pas.
    Je te rejoins en ce sens.

    Néanmoins, les épreuves de la vie, on ne les choisis pas. Les malheurs que j'ai vécu, enfant, je n'en suis absolument pas responsable. JE suis responsable de ce que j'en ai fait, certe, mais pas du malheur.

    Aujourd'hui, ma vie est formidable (enfin, y'a des hauts et des bas, mais elle dépasse toutes mes espérances), une petite fille fantastique, un mari extra, une petite existence tranquille.
    Bien sûr, j'ai ma part de responsabilité, mais mon mari aussi, ainsi que ma fille.

    Personnellement, je ne crois pas au destin, mais je crois à la chance et à la malchance, en ce sens que certains en ont, et d'autres pas.

    Je t'avoue que s'il arrivait malheur à mon enfant, rien ni personne ne pourrait m'aider à me relever, le chagrin, le malheur serait beaucoup trop important, et pourtant pas choisi.

    Mais je crois avoir compris ton message, qui ne voulait sans doute pas dire ce que nous en avons compris de prime abord!

    La Souris: Merci! :-) Oh non, je ne suis pas parfaite. Et j'espère bien avoir encore le droit à l'erreur, parce que je suis loin d'être à l'abri d'en faire encore plein!!: 😉

  • oui en effet, mon message ne voulait pas du tout dire cela et je suis désolée si vous en avez été blessées.

    Je veux en effet dire, qu'on a le choix dans la vie de s'en sortir ou pas mais que parfois on est en présence de personnes toxiques qui nous manipulent tant et si bien qu'on est incapables de voir les choses mais à un moment, si on a la chance de rencontrer qqun qui nous ouvre les yeux ou d'ouvrir les yeux nous même parce qu'on atteint un point de non retour, quand il s'agit d'une question de survie, on a alors le choix de rester dans la situation qui nous blesse ou de s'en défaire.

    J'ai moi-même vécu avec une mère souffrant d'un grave trouble de la personnalité borderline et manipulatrice, il y a différents profils borderline, ma mère elle est une victime et s'est tjs déresponsabilisée et vengée sur les autres (enfin surtout sur moi) en ne se remettant jamais en question. Elle me considérait tour à tour comme son faire valoir ou son laquet … bref …

    J'ai accepté pendant des années, parce que j'étais conditionnée depuis l'enfance, parce que je pensais que c'était comme ça dans toutes les familles et bien sûr je n'en étais en rien responsable par contre je considère que j'ai été en partie responsable (peut être à tord) au bout d'un moment de me laisser "victimiser" ainsi, quand il y a bourreau, il y a aussi une victime (même si j'ai mis des années à l'admettre) qui n'est bien entendu pas "consentante" mais qui a tout de même son libre arbitre (même si je sais d'expérience à quel point il est difficile de déceler la manipulation très souvent insidieuse).

  • our moi il est différent de dire "on a que ce qu'on mérite" et "on est responsable de son bonheur", je pense qu'à un moment, quand on prend conscience (mais encore faut-il en prendre conscience je suis d'accord avec vous) qu'une relation est toxique pour nous, on peut choisir de continuer à souffrir (ce que j'ai fait pendant des années) ou décider de stopper tout ça et prendre en main sa vie.

    Bien sûr, on ne choisit pas le malheur (heureusement) mais on choisit de s'en sortir ou pas, et c'est en cela que je pense qu'on a toujours le choix, au fond, mais encore faut-il être capable de prendre du recul et dans certaines situations c'est très difficile, vous avez tout à fait raison. D'autres personnes que nous sont responsables de notre malheur "à la base" (ma mère a eu une enfance très difficile), mais après il nous appartient de nous construire une vie heureuse ou non.

    ma mère par exemple est malade, elle n'en n'est pas responsable, mais elle est responsable de s'en sortir ou pas, de se soigner ou pas car elle sait (et a parfois reconnu) qu'elle a un problème. Perso, c'est en cela que je lui en veux et pas d'être malade.
    et je m'en veux aussi à moi d'avoir accepté si longtemps, d'avoir voulu jouer les zorro car je pensais que je pouvais la rendre heureuse, jusqu'au jour où j'ai compris qu'on ne pouvait pas être heureux pour quelqu'un mais qu'on pouvait l'être seulement pour soi car personne d'autre ne le peut. Vouloir la sauver était "ma mission", l'aider était "ma croix" et ça c'est moi et moi seule qui m'était mis cette responsabilité sur les épaules et ne voulait pas la lâcher. C'est en cela que je pense que j'ai été, en partie, responsable de mon malheur puis de mon bonheur quand j'ai pris conscience qu'il fallait que j'arrête et mis tous les moyens en oeuvre pour le faire.

    Pour moi dans une relation bourreau/victime il faut être deux (même si le bourreau n'a pas à traumatiser sa victime !), c'est très difficile à reconnaitre et à admettre (le livre d'isabelle Nazare Aga, les manipulateurs sont parmi nous, m'y a beaucoup aidée) mais en tout cas, moi, ça m'a permis de prendre conscience que j'avais donc une marge de manoeuvre pour m'en sortir, que j'avais le choix d'accepter ou non cette situation (alors qu'avant je pensais que je ne l'avais pas, c'était ma mère, je devais accepter tout ça, c'était "obligatoire").

    Encore une fois je suis navrée si je vous ai blessées, tel n'était pas mon intention ! on a toujours le choix d'accepter u non une situation qui nous fait du mal, voilà ce que je voulais dire en fait !

    Bien à vous 😉

    Fanfan

  • et oui en effet, il y a des choses qu'on ne choisit pas comme la perte d'un être cher ou être malade ça c'est clair. Par contre on peut choisir de se battre ou de se laisser couler (sans jugement aucun pour l'un ou l'autre choix).

    Fanfan

  • Fanfan, merci à double titre de vos messages, les premiers parce qu'ils précisent votre pensée, et que je suis ravie de voir que nous partageons le même principe : il faut à un moment choisir son camp.

    Et le second, parce la référence de votre livre m'interpelle. J'aurais bien besoin d'un petit coup de main pour me détacher totalement du manipulateur-pervers qui m'a victimisé pendant des années. Il est le père de mes deux garçons, et ça n'est pas toujours simple.

  • Fanfan, merci d'avoir précisé ta pensée.

    Il y a un point sur lequel je ne suis pas d'accord: la culpabilité que tu ressens à n'avoir pas fait le bon choix avant.
    Ce choix, des plus difficiles, tu l'as fait, et tu peux t'en féliciter.
    Quant au fait d'avoir voulu sauver ta maman, tu ne t'es pas prise pour Zorro, à mon avis, mais tu as simplement rempli le rôle qu'elle t'a donné.

    Ma mère, sans être malade, m'a tjrs prise pour sa confidente, nous avions une relation ultra fusionnelle, et je n'étais pas sa fille, mais plutôt sa maman. J'ai pris ce rôle à bras le crops parce que je voulais que ma mère m'aime… N'importe quel enfant réagit ainsi.
    J'ai aussi mis du temps à me défaire de ce shéma. Par chance, ma mère a réussi à admettre et a accepté mon éloignement, nous avons ainsi pu garder des relations, et en créer une nouvelle, plus adéquate, plus saine.

    Quand il s'agit d'adulte, je suis d'accord, on a le choix. Le choix de rester avec un mari violent ou partir (aussi difficile que ce soit) une fois qu'on a ouvert les yeux (ce qui est bien le plus difficile!).

    Mais lorsqu'il s'agit d'enfant, même devenus adultes, vis à vis de leurs parents, je crois qu'il ne s'agit plus du même processus. On ne choisi pas nos parents comme on a pu choisir (inconsciement) un mari pervers.
    On les subit, et s'ils s'avèrent être de mauvais parents, toute notre vie est ainsi conditionnée pour tenter d'avoir leur reconnaissance, leur respect, leur amour.
    Je crois que nous sommes assez peu nombreux à nous rendre compte du mal qui nous a été fait.
    Personnellement, je n'aurais jamais ouvert les yeux sans l'arrivée de ma fille, qui m'a fait prendre conscience que ce que j'avais vécu n'était pas normal.

    Je comprends ton sentiment car je le ressens aussi.
    Néanmoins, en ce qui te concerne, je ne le trouve pas approprié, tu n'as mis personne en danger, tu as fini par réussir à te protéger, à choisir la voie du bonheur, c'est ça qui compte. Ce que tu es maintenant, les bons choix. Tu ne peux pas t'en vouloir d'avoir ouvert les yeux plus tard que tu ne l'aurais souhaité!

  • lapunaise : je te conseille aussi le livre "ces gens qui vus empoisonnent l'existence" de Lilian Grass et le très connu "Harcèlement moral" de MF Hirigoyen.

    LMO : Oui c'est vrai je me sens encore coupable. coupable d'avoir été trop "faible" avec elle (quoique j'ai parfois essayé d'être "dure" et de me rebeller et c'était pire !). J'ai le sentiment d'avoir été trop dans son sens, de l'avoir assistée pendant des années et qq part "empêchée" de se prendre en main (mais bon, elle ne le fait pas plus maintenant que je ne la côtoie plus !).

    c vrai que c'est elle qui a voulu (inconsciemment ?) que je joue ce rôle et qui a fait que depuis toute petite je me sens responsable de son bonheur et donc, de son malheur (même si quasiment plus, il me reste tout de même un fond de culpabilité contre lequel je lutte coûte que coûte car il est mon pire ennemi !).

    j'ai conscience que je n'avais pas la force psychologique de stopper cette relation malsaine et toxique avant et je suis déjà très fière de moi d'avoir réussi à m'en sortir même si j'ai attendu pour cela d'avoir 30 ans. De toute façon, j'étais au pied du mur, il s'agissait d'une question de survie pour moi car j'ai pensé parfois au pire pour que ça s'arrête. mais cela faisait des années que j'avais conscience que tout cela n'était pas normal, qu'une relation mère-fille "normale" ce n'était pas cela mais je "préfèrais" satisfaire mon besoin d'approbation et d'amour (vis à vis d'elle mais aussi de ma famille et des autres, j'avais tellement peur qu'on pense de moi que j'étais "méchante", et ça, c'est de l'orgueil, ni plus ni moins).

  • Même si j'ai joué le rôle qu'elle m'a donné, j'ai conscience aujourd'hui qu'il était aussi valorisant pour moi d'être la bonne fille qui se sacrifie pour sa mère. Aujourd'hui j'ai assez confiance en moi et en mon droit au bonheur pour dépasser cela et avoir coupé les ponts, Dieu merci !
    Quel bonheur de s'affirmer, de ne plus être aussi dépendante de l'opinion d'autrui, de ne plus avoir peur de déplaire au point de ne même pas savoir pourquoi je faisais les choses, si j'en avais envie ou pas. Il m'a ffalu attendre 30 ans pour avoir qui je suis (je cherche tjs !) et ce que je veux. Mais ça je sais que c'est à cause de mes parents, car mon père a aussi son rôle (et pas petit !) dans ce lien et cette maltraitance, qui n'ont pas joué leur rôle et ne m'ont pas permis de le faire avant.

    J'ai enfin compris que j'avais le droit à l'erreur, que j'avais le droit moi aussi d'être parfois de mauvaise humeur, de ne pas avoir envie de faire plaisir, que je n'avais pas besoin d'être irréprochable et "parfaite" pour être aimée (pour elle, je ne faisais jamais assez bien, ses exigences étaient démesurées et j'avais beau m'acharner, rien ne la satisfaisait jamais ou si rarement … je me suis épuisée à vouloir lui donner ce qu'elle voulait mais c'était impossible car elle ne savait pas elle même ce qu'elle voulait, ses exigences étaient un puis sans fond …).

    comme toi, les rôles étaient inversés (elle m'a d'ailleurs parfois appelée maman au cours de certaines de ses "crises"). J'ai joué tous les rôles (amie, confidente, sexologue, psychiatre, aide ménagère, femme de ménage, concierge, valet …) mais jamais le mien, c'est-à-dire être juste sa fille.
    La parentification fait des ravages (B Cyrulnik a d'ailleurs fort bien écrit sur ce sujet !).

    je pense qu'elle ne reconnaitra jamais tout ce qu'elle m'a fait subir, elle en est incapable car ça serait admettre qu'elle a été un bourreau pour moi (et pour son entourage, mon père le premier !) or, elle n'existe qu'en étant une victime (ce qu'elle sait très très très bien faire aux yeux des autres !).
    Et quand bien même elle reconnaitrait, je n'ai aucune envie d'avoir un quelconque contact avec elle … Je ne sais pas si je pourrais pardonner un jour (et je m'en veux d'ailleurs mais je refuse désormais de me forcer et de me nier, tant pis, j'assume le regard des autres et ma culpabilité).

    Mon seul but est de me protéger, de protéger mon mari (pour qui ça n'a pas été facile !) et surtout, ma fille. je refuse de prendre le risque qu'elle la manipule et qu'elle soit toxique pour elle (même si je ne peux être certaine que ça serait le cas …). Je veux avant toute chose briser le cercle familial de la violence car ma mère a vécu le même genre de relation avec sa mère qui elle, était alcoolique.

    En tout cas, merci, ça me fait du bien de te lire … Hauts les coeurs, petits soldats 😉

  • Chouette Billet 😉
    Son bonheur, c'est clair, on se le doit. Et si l'on trouve que certains y participent, c'est que l'on sait bien s'entourer.
    Bonne journée !

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