Mon mari, ce héros!

Quand on a 24 ans, et qu’on rencontre une jolie fille, on s’amourache.

Puis on apprend que la jolie fille a été mariée, et on se dit qu’elle a été fofolle et c’est plutôt amusant.

Puis on apprend qu’elle a un enfant, et on ne part pas en courant…

Je parle peu de Mr Mii, parce que je n’ai pas grand chose de drôle à dire à son sujet. C’est un homme admirable, d’un courage et d’une droiture rare.

La vie ne m’a jamais vraiment fait de cadeau. Une enfance d’une brutalité inouïe, une adolescence pas tellement mieux, et un début de vie adulte, confrontée à la violence des hommes, encore…

Et une petite Mouflette, un miracle au milieu de tant de noirceur.

Un petit miracle que je n’ai pas pu épargner, et à qui je n’ai pas réussi à offrir l’essentiel.

Rencontrer ce jeune homme, frais, amusant et si beau, ça n’était pas pour moi.

Tout cet amour naïf et bienfaisant, rien que pour moi, c’était trop. Mais je n’ai pas fuis. Et surtout, lui non plus.

Etre un homme bien, sans histoire, et se retrouver confronté à une éclopée de la vie, et rester, attendri ou je ne sais quoi. Où beaucoup d’autres ont profité de cette fragilité, il est resté simple, gardant une saine distance, en nous laissant du temps.

Encore aujourd’hui, je ne comprends pas. Pourquoi cet homme bien m’a choisi, et m’a pris, avec tous les ennuis que cela supposait, et m’a épaulé, soutenu, même quand ma vie me rattrapait violement.

Et surtout, accepter ce petit être, cette petite Mouflette, à laquelle il était si facile de s’attacher, c’est vrai. S’attacher et l’aimer, puis laisser un lien se créer, un lien si fort et finalement si naturel.

Je n’ai pas su offrir l’essentiel à Mouflette, mais mon mari si.

Deux parents qui l’aiment, qui l’élèvent et qui s’inquiètent de son avenir. Une vie normale, un papa qui l’emmène à l’éole, qui l’aide à construire des maisons en Légo, qui la gronde quand elle fait une bêtise, qui lui raconte des blagues.

La possibilité d’idolâtrer un homme, en vanter les mérites à qui veut bien l’écouter et pouvoir dire « Mon Papa, c’est le plus beau et le plus fort! »

Lui offrir un modèle, l’exemple d’un mari chaleureux qui rentre et qui embrasse sa femme, tendrement, en la regardant avec amour et respect.

Et lui offrir la certitude que l’amour existe, dans la sérénité et le calme.

Mouflette, grâce à son papa, connaît tout ce à quoi je n’ai pas eu droit. Et c’est un soulagement indéfinissable. Savoir que grâce à lui, elle part dans la vie avec les armes nécessaires pour savoir ce qu’elle veut, ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Je sais qu’elle ne fera pas mes erreurs, car elle a un homme bon dans sa vie.

Mon mari est un de ces héros quotidien, que personne ne voit, et qui ne se montre pas. Un héros qui a permis de changer le triste destin d’une petite enfant qui ne mérite que le meilleur.

Un homme qui a changé la vie d’une jeune fille brisée et qui en a fait une femme heureuse.

C’est amusant, on a souvent dit à Mouflette qu’elle ressemblait à son Papa. Alors qu’en théorie, ils n’ont rien en commun…

Cet homme à qui j’aimerais tant donner plus.

La légitimité juridique dans la vie de notre fille. Alors que nous attendons notre deuxième enfant.

Mais pour la Loi, le vrai et unique père d’Alice est celui qui a cessé de venir la voir et de prendre de ses nouvelles depuis plusieurs années, et depuis quelques douzaines de mois, d’accomplir l’unique devoir qui l’incombait.

Cet homme là, que Mouflette ne connaît pas, a des droits, et c’est lui qui se verra donner la garde de notre Mouflette si je venais à décéder.

Cet homme qui nous a donné tant d’espoir il y a quelques temps, en promettant d’accorder à son vrai Papa la possibilité de l’être. Et qui finalement se défile, en disparaissant, ne donnant ni adresse ni ne répondant à mes appels de plus en plus désespérés.

Je ne parle que très rarement de choses graves sur mon blog, et encore moins de choses graves me concernant, estimant que là n’est pas le sujet de ce support d’expression.

Aujourd’hui, j’ai simplement envie de hurler. De crier que ma fille n’a pas à subir les erreurs de sa mère, aussi graves soient elles.

Je plaisante du fait que je suis une mère indigne. Mais souvent j’en pleure…

Je vous laisse imaginer ce qu’une femme désespérée est capable de faire pour protéger son enfant et son mari…

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16 Commentaires sur
“Mon mari, ce héros!”
  • Moi aussi mon mari est un héros. Il élève ma fille qui n'est pourtant pas la sienne. Son vrai père a disparu dans la nature voilà presque 4 ans sans donner de nouvelles depuis.

    Je comprends exactement tout ce que tu dis et j'ai fait un article sur mon blog une fois allant dans ce sens.

  • Très touchant ce texte, j'en ai les larmes aux yeux… J'espère que vous réussirez à obtenir ce que vous souhaitez le plus vite possible, et que vous serez une famille pleinement épanouie tous les 4 ! Je vous souhaite plein de bonnes choses.

  • Jen: Je vais aller voir.

    Anne-Sotte: Merci. J'aimerais que les choses soient plus simples. Mais s'il faut se battre, si l'autre ne me laisse pas le choix, alors, on se battra!

    Eddye: Si, il est possible de procéder à une adoption simple dans notre cas. Mais il faut le consentement des deux parents détenteurs de l'autorité parentale.
    Or, nous avons, mon ex-mari et moi-même, cette autorité. Même si elle ne lui est plus d'aucune utilité depuis 7 ans!

    L'adoption simple a cet intérêt énorme de ne pas couper les liens familiaux avec le parent d'origine (ce que nous ne souhaitons pas), et le père de Mouflette m'a donné son accord oral, par téléphone (et par écrit, à mon avocat), pour laisser mon mari adopter notre fille.

    Seulement, au moment de signer les papiers (ça fait maintenant 6 mois que nous attendons plus que patiement), il n'agit pas. Ne répond plus à mes coups de fil, je ne connais même pas son adresse.
    Il n'a effectué aucune démarche (RV avec le greffe, entre autre), alors que de mon côté, tout est bouclé depuis un moment.

    Son attitude est irresponsable et injuste. Et me laisse dans un état d'impuissance rare.

    Mais un miracle est toujours possible!

  • que c'est emouvan tout ça!! vous etes une bonne maman car vous avez eu la force de garer votre fille et lapartager avec son noueau papa.

    en ce qui concerne son papa biologique
    il peut etre déchu de ses droits de père.
    si certains parents ne répondent pas adéquatement aux besoins matériels, affectifs et moraux de leur enfant. Ils peuvent ainsi nuire à son développement et à son épanouissement.Dans un tel cas, ils peuvent perdre leur autorité parentale, totalement ou en partie. Dans le langage juridique, on parle de la « déchéance » de l’autorité parentale.
    Ainsi, on a prononcé la déchéance de l’autorité parentale dans des situations comme celles-ci :

    Abandon de l’enfant : désintérêt, absence de contacts (aucune lettre ou communication téléphonique, aucun cadeau), défaut de s’acquitter de ses obligations financières envers l’enfant (par exemple, non-paiement de la pension alimentaire).

    L’abandon doit avoir duré un certain nombre d’années et être volontaire et inexcusable.

    voilà si cela peut vous aider

  • Merci Les Bregnots (Patricia, je crois, non?)

    Il ne m'a pas fallu tellement de courage pour "partager" ma fille avec mon mari, la relation s'est faite toute seule entre eux deux, je n'ai pas intéragis, je les ai laissé gérer (enfin, en pratique, je suppose que j'ai eu mon rôle à jouer, mais ce n'était pas "calculé" ni "volontaire").
    Les voir ensemble est un tel bonheur, non, ça ne m'a demandé aucun effort :-)

    Pour vos conseils juridiques, oui, ça m'aide beaucoup.
    Il n'exerce plus son droit de visite depuis 7 ans, n'a "pris" des nouvelles que 3 ou 4 fois durant toute cette période (j'ai tout consigné, un peu paranoïaque avec cet homme), et a cessé de payer la pension alimentaire dûes à sa fille il y a maintenant 2 ans.
    J'espère ne pas avoir à lancer ce genre de procédure lourde de conséquences, mais s'il n'execute pas la promesse faite, il est évident que je n'hésiterais pas.
    L'intérêt de notre fille prime. Et l'harmonie de notre famille, d'autant plus avec le nouvel arrivant. Chacun doit avoir sa place au sein de ce foyer, et la place de Mouflette, c'est d'être notre fille à tous les 2, aux yeux de la Loi, au même titre que sa petite soeur. (Mon mari connaît Mouflette depuis bientôt 8 ans, il a vraiment toute légitimité en ce sens!)

    Merci en tous cas, vos précisions juridiques vont sans doute nous aider.

  • J'ai les larmes aux yeux de te lire … Car je me retrouve dans certains de tes mots. Je pense qu'on a beaucoup de choses en commun concernant notre enfance/adolescence et j'aimerai te rencontrer, un jour, en "vrai".

    Moi aussi j'ai la chance d'avoir rencontré un homme qui n'a pas eu peur de m'aimer malgré mes problèmes, qui m'a épaulée et fait ouvrir les yeux sans jamais me juger tout doucement sur la pointe des pieds, sans lui je n'en serai pas là aujourd'hui, je n'aurai pas pu ouvrir les yeux et entamer e travail sur moi qui fait qu'aujourd'hui je suis si bien.
    Il a été d'une patience, d'une douceur et d'un amour infini envers l'enfant intérieur brisé et apeuré à l'intérieur de moi et que j'arrivais si bien à cacher aux autres (et même à moi), grâce à lui j'ai pu me reconstruire et j'ai pu me détacher d'une histoire familiale douloureuse pour enfin vivre ma vie et m'autoriser à être heureuse.

    Quand je pense à notre fille qui va naitre et à la chance qu'elle va avoir d'avoir un papa tel que lui (en cadeau de naissance je vais d'ailleurs lui "offrir" la chanson de Linda Lemay "le meilleur c'est mon père"), je ne peux qu'avoir les larmes aux yeux… et espérer être à la hauteur car je sais que malgré un profond travail sur moi-même, les séquelles de mon passé ne s'effaceront jamais.

    Tu n'es en rien une mère indigne, on fait tous comme on peut avec ce qu'on a et surtout tu as su te battre contre tes démons, pour toi et pour ta fille et t'autoriser à être heureuse auprès de Mr Mii car il y a bp de gens, trop "englués" dans leurs problèmes qui préfèrent laisser passer leur chance puis ensuite accuser la vie … Tu as su saisir le bonheur et ne pas en avoir peur et en cela, tu es une mère et une femme exemplaire.

    Bien à toi !

    fanfan

  • il ne sera pas difficile devan tun juge de faire valoir les preuves que vous avez.
    rien que le fait de ne pas payer la pension alimentaire de sa fille suffit.
    je pense qu'il serait judicieux de lui faire part de la mise en route d'une déchéance parentale, et qu'il sera en plus dans l'obligation de payer les arrièrés.
    il faut savoir aussi qu'un parent déchu , doit continuer à payer la pension alimentaire, c'est la loi…

    mais dans tout cela le plus important c'est que mouflette soit dans le coeur de son papa nourricier , c'est bien celui là le plus important, le reste c'est du papier…
    il faut pas trop se poser d questions dan sla vie , la prendre à bras le corps et profiter ..
    si vous saviez comme la vie est courte …

  • Lorsqu’un parent perd son autorité parentale (on dit alors qu’il est « déchu » de son autorité), il perd ses droits envers son enfant, mais conserve ses obligations. Il doit donc encore contribuer à ses besoins et lui payer, en principe, une pension alimentaire.

    Quant à l’enfant, il conserve ses droits, dont celui d’hériter de son parent déchu. Par contre, il n’a plus l’obligation de l’aider s’il est dans le besoin, sauf si le tribunal en décide autrement.

    Aussi, l’enfant qui porte le nom de son parent déchu continuera de le porter à moins qu’il ne fasse une demande de changement de nom. C’est alors le tribunal qui décidera si le changement de nom est dans l’intérêt de l’enfant et s’il doit être accordé.

    Il est possible d’obtenir un changement de nom pour un enfant abandonné par un parent sans avoir à demander aussi la déchéance de l’autorité parentale de ce parent.
    L’adoption met définitivement fin à la relation parent-enfant entre le parent déchu et l’enfant. Donc, si l’enfant a été adopté par une autre personne, le parent déchu ne pourra plus jamais récupérer son autorité parentale.

    voilà la suite

  • Très beau billet ma Mite… Très émouvant…

    Pour le reste je ne vais pas m'étendre, on en parle ailleurs, mais je confirme que ton Mii est un homme très bien (c'est pas pour rien qu'il est amoureux avec le mien:p)!

  • Dur de cocher une case avec cet article, tu ne peux pas ajouter "émouvant" ?
    Ne pas ressasser le passé et ses erreurs, être heureux quand le bonheur est là car la vie est courte, en profiter au présent, j'essaie d'appliquer ces conseils, car je suis du genre à culpabiliser comme toi. Mais ça va de mieux en mieux. Ton mari est là et génial aujourd'hui, donc tout va bien.

  • Bonjour,

    Je lis ce blog régulièrement depuis que j'ai cru comprendre que vous êtes/avez été étudiante en droit (comme moi) tout en élevant un enfant ! Chapeau !!

    Sur votre sujet d'aujourd'hui, l'adoption, j'ai couru dans mes cours tous frais de septembre 2009 sur la filiation et j'ai trouvé ceci :

    -*-L'abandon de famille: il y a abandon de famille en cas de non-paiement en totalité d'une pension alimentaire (ce qui semble être votre cas) en faveur d'un enfant lorqu'un jugement ou une convention homologuée a imposé au débiteur ce paiement.
    Le délit est constitué quand le débiteur s'abstient de verser ces sommes pendant plus de 2 mois. (Il semble que cela fait déjà 2 ans pour votre fille).
    L'abandon de famille est un délit dont les peines sont prévues à l'article 227-17 du code pénal.

    Par ailleurs, l'abandon de famille est le fait qu'un père ou une mère arrête de se soustraire à obligations légales au point de compromettre la santé ou l'avenir de son enfant. C'est un délit de mise en péril des mineurs (code pénal art 227-17).

    Sanctions : amendes et peines de prison prononcées en cas de non-paiements volontaires et répétés.

    -*- Perte de l'autorité parentale: la plupart du temps, la perte de l'autorité parentale fait suite à des violences du parent sur l'enfant mais elle peut aussi être rétirée lorqu'il met manisfestement en danger la santé, la sécurité ou la moralité de l'enfant par un défaut de soin ou un manque de direction. Le retrait résulte tjs d'un jugement (pénal ou civil).

    Conséquences : le parent condamné perd ses droits sur l'enfant. Du coup, l'enfant est ensuite dispensé de son obligation alimentaire vis à vis de ce parent. Attention, le jugement peut toutefois prononcer un retrait partiel (retrait du droit de garde, mais droit de visite conservé etc). En cas de retrait total, c'est le second parent qui est investi de l'entière autorité parentale.

    Mes explications sont peut-être un peu confuses ou pas totalement dans le sujet mais peut-être qu'elles vont donneront des pistes pour retrouver votre ex-mari, lui faire un peu peur et ainsi le "forcer" à accepter plus rapidement que votre mari adopte votre fille.

    Peut-être qu'en cas de condamnation de votre ex-mari pour cause de non-paiement de pensions alimentaires et des non-visites à votre fille, ceci facilitera la procédure d'adoption par votre mari.

    En espérant avoir été un peu utile ! :-)

    Sophie

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