Fiestas!!

Au gré de mes pérégrinations sur internet, je suis tombée sur un commentaire d’un Toulousain qui exprimait sa tristesse d’avoir vu disparaître la chaleur et la vie mouvementée des soirées dans la Ville Rose.

En ce qui me concerne, j’ai grandi et vécu quelques mois de ma vie en Espagne, dans le Pays Basque (quelques mois = c’est à dire au moins un mois par an pendant très longtemps)où se trouve une partie de ma famille.

Là-bas, il y a des « Fiestas ». C’est censé ressembler aux férias basques françaises, mais soyons clairs, ça n’a rien à voir!!!
J’ai vu de loin les férias en France, c’est sympa, c’est mignonet, mais sans plus… (Je veux VRAIMENT me faire des amis!!) LEs gens se saoulent et deviennent ingérables, ou alors ils râlent parce que ça fait trop de bruit, ou alors ils chantonnent un peu dans la rue, et puis hop hop, c’est l’heure d’aller se coucher.
C’est gai mais pas trop, faut pas déconner!!!

En Espagne, ma famille se trouve dans une petite ville de Navarre: Estella . C’est tout mignon, ça ne paye pas de mine, mais la première semaine d’août, c’est l’euphorie.

Globalement, tous ceux qui peuvent prennent des vacances.
La première fois que j’ai été aux fêtes, j’avais 8 ans.
La première fois que j’y suis allée toute seule (avec ma cuadrilla) j’avais 13 ans. Et même pas peur, j’allais dans la rue toute seule avec mes cops, on dansait, on chantait, on hurlait, on faisait exploser des pétards, on mangeait des bonbons, on courrait devant les toros (de fuego, les vrais, c’était un peu plus tard), on rentrait le lendemain matin à la maison pour assister à l’encierro en famille, on allait faire la sièste (oui parce quà 13 ans, une nuit blanche, ça fatigue un peu quand même), puis on repartait, notre bocadillo à la tortilla de patatas en poche pour repasser une nuit de folie!!

Evidement, j’y ai connu ma première cuite (pas à 13 ans, maman, rassure toi!!), j’y ai fumé ma première clope, j’y ai même fumé mon premier joint! J’y ai roulé mon premier palot (il s’appelait Oscar, et c’est lui qui tenait la banderolle d’une des Pena, trooop la classe!!!), j’y ai appris plein de gros mots, et surtout, surtout, j’ai appris à faire tomber mes barrières de petite française un peu bourge, un peu coincée, un peu introvertie.

Là bas, le bruit, c’est la vie.
Encore aujourd’hui, quand j’y vais (c’est à dire dès qu’on peut!), c’est claquage de bises à tout va, même aux gens qu’on ne connaît pas, c’est danse avec le premier venu, parce que c’est la fête, et la fête, c’est mieux quand on se prend tous par la main. La musique est mille fois trop forte, les vachettes courrent dans les rues et c’est dangereux, il y a de la lumière, du feu, des trucs qui explosent partout.

Et c’est tout simplement merveilleux.

On ne peut pas comprendre tant qu’on ne l’a pas vécu. Cette cohésion sociale, au delà de tout ce qui est envisageable. Les bras des uns qui se ramènent sur les hanches des autres pour l’empêcher d’être « attrapé » par un vache, les encouragements quand un téméraire se décide à sauter par dessus un toro (en fait, y’a que des vaches, mais c’est pour pas répéter), les chants entonnés à tue-tête par une ville en liesse, derrière des orchestres de tambours assourdissants.

J’ai vécu des tas de moments formidables dans ma vie, mais rarement je me suis sentie aussi vivante que pendant cette semaine par an. Ce lâcher prise, cette joie partagée, cette envie commune et entêtante de s’amuser, coûte que coûte, sans raison particulière, juste parce que c’est génial et jouissif.

En France, je n’ai jamais vu ça. Même au sein des familles, ou des groupes d’amis les plus soudés, jamais une telle cohésion presque barbare, mais sans aucun débordement.

Dans une certaine mesure, et même si, bien évidement, les crimes et délits existent partout et sans doute dans les mêmes proportions (bien que j’en doute), je pense que cette cohésion, cet solidarité sauvage des uns enversles autres, même ne se connaissant pas, cette joie de vivre et ce plaisir partagé d’être ensemble, et puis c’est tout, ça n’empêche pas les dérives, mais ça donne un sentiment d’être à l’abri, protégé par cette masse bienveillante et joyeuse. Chacun, au sein de cette société, que ce soit pendant les fêtes ou non d’ailleurs, veille un peu sur l’autre, dans le respect.

Soit nous avons perdu cette notion, en France. Soit nous ne l’avons jamais connu. Néanmoins, en Espagne, si les gens sont complètement fous (courir devant des toros à 8h du mat’ après une nuit blanche, faut avoir un grain!), ils ont quelque chose qui n’existe pas chez nous. Cette faculté d’apprécier la folie à sa juste valeur, et d’en faire quelque chose de magnifique. Si nous sommes mortels, alors autant vivre à fond ces quelques années de passage, dans la musique assourdissante, dans les cris d’euphorie, dans l’amitié de son prochain, même inconnu.

Durant ces fêtes, j’y ai fait mes pires bêtises (cf: plus haut), mais j’y ai aussi mes meilleurs souvenir d’enfance et d’adolescence, ce sentiment de liberté et de total dépassement de ses limites, ces amies qui m’entrainaient dans leur folie, ces toros devant lesquels j’ai courru, ces kalimotxos qui m’ont rendu saoule (je précise que la moitié d’un verre me rendait complètement hirale, je n’ai jamais tenu l’alcool), ces chansons apprises par coeur…

Le plus beau, c’est qu’avant moi, ma mère et mon oncle ont dansé sur les mêmes chansons, courru pour attraper les mêmes cadeaux, hurlé devant les mêmes toros, aux mêmes endroits, avec la même hilarité euphorique!

Avant eux, mon grand-père a fait de même, il y était musicien.

Et j’ai voulu à tout prix que Mouflette soit initiée aux joies de cette ambiance festive. Et elle a semblé adorer. Ainsi que Mister Mii.
Cette année, pour cause de Cacahuète trop petite en août, nous n’irons pas. Mais dès l’an prochain, elle n’y coupera pas! A elle aussi, la peur de courir devant un toro en feu, la joie d’attraper des petits cadeaux et ballons tombés du ciel, le bonheur d’apprendre des chansons, etc, etc…

Pour finir, quelques images de cette jolie folie en rouge et blanc!

 

 

 

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6 Commentaires sur
“Fiestas!!”
  • Alors je ne partage pas ton avis lorsque tu dis que ce n'est pas pareil en France. Lorsque tu parles de l'euphorie, de la liberté, de toutes ces sensations dues aux fiestas/férias (c'est la même chose), je reconnais tout à fait ce que j'ai vécu et vit encore dans les fêtes du sud-ouest (encore plus sud-ouest que Toulouse).

    Dans les Landes, c'est ce que l'on vit: pendant une semaine, on vit féria et on s'amuse, on se sent heureux (il y a certes des débordements mais comme partout). J'y ai eu exactement comme toi tes expériences formidables. Des nuits blanches à enchaîner fiesta/boulot bénévole dans les bodégas ou boulot d'été quand pas le choix. J'y ai connu l'ivresse et la liberté et je te le dis ça existe aussi en France 😉

  • Héhé!!! Je savais qu'il y aurait des mécontents 😉

    Dans les Landes, j'ai passé qq jours de fêtes… Et peut être parce que je ne connaissais personne ou parce que je n'y étais pas au bon endroit, mais j'ai trouvé ça gentillet, très sans plus.

    Va en Espagne et reviens me donner ta comparaison! Si ça se trouve, tu vas trouver ça morne et triste (euh, mais je me demanderai!! où tu as été).

    Et puis on est chauvin ou on ne l'est pas, je suis chauvine de mes fêtes en Espagne, ce sont les plus belles du monde!! 😉

  • Quelle bouille craquante, cette Mouflette! Elles sont magnifiques, ces photos, notamment ce premier portrait où elle sourit à pleines dents. En tout cas, j'ai comme l'impression que ce n'est pas sa dernière fiesta…

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