Liberté

Depuis que j’ai accouché, j’ai vachement de temps pour moi, c’est ainsi que je peux, entre deux réveils nocturnes, ou entre 5 couches remplies de moutarde, m’informer sur les différentes méthodes d’éducation, sur l’allaitement, le sommeil du bébé, et prendre les avis des différentes références en matière de petite enfance.

Je lis aussi les bouquins de Mouflette après qu’elle les ai lu, mon cerveau est ainsi pleinement sollicité, entre les histoires de chats qui parlent et les malheurs de Sophie…

Il y a quelques années, je lisais des livres pour connaître les différentes méthodes d’éducation des petites filles. J’ai donc lu des trucs divers et variés comme « Tout se joue avant 6 ans » ou des bouquins de Didier Pleux, de Marcel Rufo et consorts.
J’aimais bien, loin d’appliquer les préceptes à la lettre, ils me permettaient de me conforter dans mes choix, de me donner de nouvelles idées, ou tout simplement de m’énerver sur certaines méthodes qui me semblaient archaïques ou complètement débiles.

Aujourd’hui, c’est pour mon nouveau-né que je m’informe, et cela produit le même effet sur moi.
Mais alors que j’apréciais les propos du Dr Rufo, « Oedipe toi-même » ou « Tout ce que vous ne devriez jamais savoir… », rigolos et légers, même si je n’étais pas en accord avec ses conseils, il en va tout autrement aujourd’hui.
Quand j’ai lu des propos tels que « Allaiter plus de 3 mois, c’est inutile », « Allaiter plus de 7 mois, c’est de la perversion sexuelle » ou encore « La place de la femme est au travail », je dois admettre que mon amitié pour ce docteur s’est quelque peu fissurée…

Je suis quelqu’un d’assez tempéré, je crois, malgré les apparences.
Tempérée car repectueuse des choix des uns et des autres. En général, je suis « pour » relativement tout.
J’ai bien entendu mes avis tranchés, comme tout le monde.
Mais ce qui m’exaspère plus que tout, ce sont les leçons de morales, la culpabilité qui s’immisse partout, et toujours, ou du moins très souvent, à l’ncontre des femmes.

Le genre de phrase « La place de la femme est au travail » me fait penser à l’insoutenable « La place de la femme est derrière les fourneaux » d’il y a 50 ans.

Et si la place de la femme, on laissait aux femmes le soin de décider où elle est?
A chaque femme j’entends, pas à un groupe de femmes qui va décider que ci ou ça, c’est bien.
Non, chaque femme devrait avoir le droit de décider si sa place est à la maison, au travail, dans la forêt ou sur les nuages.

Au sujet de l’éducation, j’ai lu plusieurs avis contradictoires, et ce qui est particulièrement agaçant, c’est qu’on trouve rarement un auteur qui dise « A mon avis, ça, c’est bien… » ou « Il me semble que la méthode à adopter, c’est ça ».
Nuancer leur propos, ce n’est que rarement le propore des auteurs des précis de puériculture.
On trouve des « Il faut », « Vous devez », « Ceci est une erreur ».
Et bien sûr, ce qui est une erreur pour les uns et un devoir pour les autres.

C’est ainsi que dans un ouvrage sur le sommeil (Miss Couette non contente de se réveiller souvent la nuit, ne s’endort jamais dans son lit, mais dans le nôtre, je cherche donc des conseils adéquats)(Inutile de dire que je n’en trouve aucun qui me convienne), je lis des conseils aussi brutaux que « A partir de 4 mois, la meilleure solution pour qu’un bébé dorme dans son lit, c’est de le déposer dedans, lui dire « Bonne nuit », fermer la porte de sa chambre, et n’y revenir que le lendemain matin, en ignorant tous ses pleurs. Au bout de quelques jours, le bébé aura compris que vous n’interviendrez pas, il s’endormira seul sans pleurer »

Déjà, je doute que cette méthode soit épouvée. Personnellement, si j’ai déjà laissé pleurer Mouflette 30 minutes, ce n’était pas dans l’espoir qu’elle s’endorme mais d’épuisement, c’était soit je prenais un peu de recul et d’isolement, soit je ne répondais plus de mes gestes à son égard. De la survie mutuelle en somme.
Deuxièmement, comment un pédiatre peut-il asséner ce genre de propos, de manière aussi catégorique, alors qu’il sait qu’il a pour lecteurs des parents vulnérables (quel parent ne l’est pas?) et soucieux d’apporter le meilleur à leur bébé.

Comment peut on, avec nos connaissances actuelles (j’ai vérifié la date d’impression, c’est un livre récent), conseiller à des parents de laisser un bébé pleurer seul toute une nuit sans intervenir?

Dans un autre bouquin (de Marcel Rufo celui là)(Celui d’avant, c’est « Mode d’emploi de mon bébé »)(J4ai fait le plein à la biblio avant de partir, je ne dépense pas mon argent en livre pour la gloire!), il est conseillé de laisser pleurer son bébé 5 minutes, puis 10, puis 20, puis 30, afin que le bébé trouve son sommeil (ou tombe d’épuisement).
Si le parent n’a pas, je cite: « la force » de tenir, alors il peut tout de même ouvrir la porte et parler, caresser son bébé afin de le rassurer, mais il ne faut pas commettre, je cite encore « l’erreur » de le prendre dans ses bras.

Parents, votre instinct vous dicte la tendresse, l’affection et la protection? N’écoutez pas, ou alors, vous êtes de faibles gens qui fondez sous la dictature d’un être de quelques mois!

Ce qui m’horripile, c’est ça, laisser penser aux parents qu’ils ne savent pas faire, que ce que leur conseille leur coeur ou tout simplement leur bon sens, ils ne doivent pas l’écouter.

Edwige Antier, elle, dans son livre sur le sommeil, est un peu plus modérée, elle accepte que chaque cas appelle un comportement différent que seuls les parents peuvent déterminer. Ses propos rejoignent ma manière de penser, mais ce qui est le plus appréciable, c’est qu’elle laisse aux parents le choix de s’adapter à leur bébé, laissant sous entendre que, oui, chaque bébé est différente et chaque parent aussi, qui ont chacun des beoins à combler et qu’un ouvrage seul ne suffit pas pour cela.

Bref, on entend, de parts et d’autres, des discours contradictoires et culpabilisants. Quand une mère décide de se laisser aller à son penchant maternant, elle est jugée par toute une population de féministes, qui jugent que la place de la femme est au travail, que la femme qui décide de rester à la maison pendant une période indéterminée afin de s’occuper des ses enfants est une victime, influencée par les discours culpabilisants d’un mouvement de retour à la « nature ».

Celles qui décident de donner une bonne place à leur carrière, reprenant une vie active rapidement, seront, elles, culpabilisées par ces associations favorisant le « retour à la nature », si la femme décide de travailler, c’est qu’elle est influencée par les discours féministes, et qu’elle est victime de la société.

Bref, à aucun moment on ne se dit que, si la femme fait ci ou ça, c’est parce qu’elle a aujourd’hui le loisir de choisir. Enfin, à mon sens, le choix est malheureusement facilité dans un sens plutôt que dans l’autre. Il y a, à mon avis, beaucoup plus de femmes qui retournent au travail, faute de pouvoir rester plus longtemps avec leur bébé, que l’inverse.

Mais tout de même, sous le pretexte fallacieux de la liberté de la femme, on leur impose une manière de penser, on les culpabilise de faire tel ou tel choix, on tente d’orienter leurs idées…

La liberté de la femme, ce n’est pas d’aller travailler, de gagner de belles sommes d’argent et de donner des biberons plutôt que le sein.

La liberté, c’est le choix. Le choix d’allaiter ou non, de prendre 6 mois pour pouponner ou de retourner au travail au bout de 3 semaines. Le choix d’être elle même, d’écouter ses envies, de se laisser guider par ses désirs plutôt que par un courant de pensée.

Même les féministes ont oublié que la plupart des femmes sont dotées d’un cerveau, et que même, parfois, elles s’en servent!

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5 Commentaires sur
“Liberté”
  • Pour un retour, c'est un sacré retour ! Bravo pour cet article, qui reflète complètement ma pensée. Et soit-dit en passant : bonnes vacaaaannces !

  • tu as raison, il faut écouter son coeur et faire ce qu'on pense bien pour le bébé… se renseigner, lire, oui, mais suivre à la lettre, pas forcément :-)

  • Je suis d'accord avec le fait de pouvoir choisir sans être jugée. Je voudrais pouvoir profiter de mes enfants sans me faire traiter de feignasse qui veut pas aller bosser et retourner travailler sans culpabiliser de laisser mes enfants.

    Après pour le discours moralisateur des bouquins, c'est peut être dû au fait que beaucoup de gens se complaisent maintenant dans la facilité pour élever leurs enfants, comme toujours dire oui à tout pour ne pas qu'il pleure, ce genre de choses. Et du coup, les bouquins accusent ce problème en culpabilisant les parents, ce qui n'est pas non plus une bonne solution.

  • Moi j'aimais bien Rufo quand il dédramatisait tout. Il utilisait beaucoup la technique de la rupture, et il permettait de regarder en dehors du problème. Ca faisait un peu de bien et on repartait d'un bon pied.
    Mais ses conseils à l'emporte pièce sur la poitrine de la femme qui appartient à papa et pas à l'enfant, les notions de perversions tout ça…ça m'a vite agacée aussi…

    Il faut dire que ça correspond bien à la génération de nos parents et d'Elisabeth B., tout ça, qui croient que l'émancipation de la femme passe par là.

    En plus tout ça est très ethno centré. Si l'allaitement un peu plus long est une perversion, alors le monde entier est perverti, au secours !!

    Enfin, tu sais ce que j'en pense, et là je sens bien que je suis toute décousue.

    Ce que je voulais ajouter aussi, c'est que donner des conseils, construire de théories, c'est un moyen d'écrire des livres. Si ils disaient "suivez votre instinct" ils n'auraient pas besoin d'en réécrire un autre.

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