Lundi

J’écris ce billet jeudi soir. Mais il se postera tout seul lundi (j’ai enfin compris comment programmer un article!).

Lundi, je serais à La Rochelle. Au tribunal.
Les choses bougent, trop vite, trop…

Le juge d’instructions, un nouveau, a décidé qu’une confrontation, ce serait trop fun. Donc confrontation il y aura.
J’aurais dû m’en douter!
J’ai été convoquée pendant ma grossesse. Quatre semaines avant le terme. Deux semaines avant d’accoucher. Je n’avais pas pu (et n’aurais de toutes façons pas voulu) me rendre à ce rendez-vous.

Là, j’ai pris la décision d’y aller.

6 ans après la plainte, enfin, quelqu’un se réveille, la justice semble vouloir avancer.
Mais moi non.

Il y a 6 ans, la colère me rongeait, j’avais besoin de justice, qu’il paye, que je sois reconnue, à juste titre, comme une victime.

Aujourd’hui, ma vie est bien différente. Victime, je ne le suis plus, je n’ai plus besoin de l’être pour savoir qu’il est coupable.
La justice, je ne l’attends plus. J’ai dépassé tout ça, ça a été très dur, très long, mais ce passé en est définitivement un.

Les cauchemars ne hantent plus mes nuits, les angoisses ont quitté mes pensées…

Je peux penser à mon vécu sans avoir mal, sans pleurer. Le regarder comme un fait. Triste, certes, mais révolu.

Alors je vais quand même aller le voir. Lui dire, s’il vient, que nous savons tous les deux ce qu’il m’a fait. Qu’il n’a plus besoin d’avouer, que je n’ai plus besoin qu’il avoue pour le savoir, pour savoir que c’était mal, condamnable. Pour savoir que c’était lui le monstre, et pas moi.

J’irais, pour voir si j’arrive à supporter son regard. Franchement, j’en doute.
Sa présence va m’être douloureuse, le voir, le savoir vivant, ça va sans doute raviver des angoisses, et la colère surtout.

Mais je sais aussi, du moins je suppose, que lorsque je rentrerais, je n’aurais plus mal. Deux petites filles me rendront le sourire. Un chouette mari aussi, qui tient à m’accompagner, pour me rendre l’épreuve moins douloureuse.

Je ne sais pas quelle sera ma décision à l’issue de cette confrontation. Mais je sais que ce sera décisif.
Continuer cette procédure, si longue, et désormais si loin de mes préoccupations?
Ou tout arrêter… Non pas parce que ma requête n’est pas légitime, mais parce que me replonger dans les cauchemars du passé, alors que je les ai surmonté, c’est prendre le risque de sombrer à nouveau… Et je ne souhaite plus prendre ce risque.

Mardi, j’aurais peut être les réponses.
Lundi, aujourd’hui, je suis face au monstre, peut être, s’il est venu, si j’ai eu le courage jusqu’au bout, si je ne me suis pas défilée au dernier moment.

Lundi, j’aurais laissé mes deux pitchounettes à leur mamie. MissCouette ne me verra pas pendant plusieurs heures, pour la première fois… Elle devra boire un lait qui n’est pas le mien, pour la première fois…
Je ne dois pas y penser… Ca me désole si j’y pense…

J’espère simplement que lundi soir, je ne reviendrais pas en morceaux…

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