Nunuche Power!

Quand j’étais adolescente, rien ne me faisait plus pitié que les « nunuches ». Ces personnes, mec ou nana, je n’étais pas sexiste, qui pleuraient devant un film sentimental ou qui étaient attendries comme des débiles devant un bébé chaton, ou encore qui se disaient des mots d’amour mielleux et ridicules.

Bref, tu as un peu compris, j’aimais pas le sentimentalisme, le côté « guimauve » de certains, et je prenais mon pied à me moquer leur gueule.
Je détestais les trucs « kawai », les trucs mignons et les chansons d’amour dégoulinantes de bons sentiments.

Nan, moi j’étais une vraie dure, j’écoutais du rock, du hard metal, même, je m’habillais en noir (parce que le noir c’est l’espoir), j’aimais pas les chatons, je rigolais devant les films d’amour, je me moquais des gens qui pleuraient à la fin de BodyGuard (d’ailleurs, encore aujourd’hui j’ai un peu de mal à saisir en quoi c’est très très triste, personne ne meurt!).
Fin, j’étais une vraie méchante, anti-nunucherie.

D’ailleurs, « Nunuche » est resté très longtemps mon insulte favorite (aujourd’hui encore, mon mari est souvent taxé de « nunuche », ça lui fait drôlement plaisir).

Et puis j’ai eu Mouflette… Et la nunucherie s’est subrepticement insinuée en moi.
J’écoutais toujours du hard metal et des trucs de vrai mec (oui parce que, intérieurement, je suis un mec, mais avec un utérus…).
Au détour d’une scène totalement mièvre, je me surprenais à essuyer une larmichette. A l’écoute d’une musique un peu forte en émotion (genre La Passion Selon Saint Mathieu de JS Bach)(Crois pas que j’ai un jour pleuré en écoutant Christophe Maé, ou alors c’était des larmes de désespoir devant tant d’irrespect musical)(Musicalement, j’ai su garder mon honneur!), il m’arrivait de fondre en larmes.

Et puis Mouflette a grandi, et ma nunucherie avec elle. Avoir le coeur remplit de petits papillons quand ma petite fille me ramenait une pâquerette (moche et sans pétale), avoir le coeur lourd en la voyant revenir avec un gros bobo, avoir les larmes aux yeux quand elle me disait « Ze t’aim’ Manman!! », et plein d’autres trucs que je jugeais méga nunuche et pour lesquels je m’étais juré ne jamais plier l’échine.

Bon, face à ce constat navrant (ou à ce constatatement. Spéciale dédicacé to VErmicel), j’ai eu un choix à faire.
– Soit je luttais corps et âme contre la nunucherie qui m’envahissait
– Soit j’acceptais, défaite, de devenir une nunuche…

La seconde option m’a paru moins fatigante. C’est donc celle que j’ai adopté (ne jamais faire d’effort inutile, c’est ma devise!).

Et depuis, ben j’assume ouvertement ma nunucherie, et je dois avouer que j’aime ça!

Je me sens très ridicule de pleurer devant une pub pour du sopalin, ça me désole d’être incapable de retenir un sanglot quand j’écoute une chanson qui résonne (genre « your smile » de Charlie Winston, avoue qu’elle est émouvante, genre un sourire c’est trop beau, toussa toussa!!?), mais bon, j’accepte ce travers avec indulgence, et je me dis que ça rend aussi la vie plus marrante.

J’ai toujours un regard un peu moqueur sur les nunuches-nés, ceux qui s’extasient devant tout sans aucun recul, ceux qui sortent d’un film pour midinettes avec les yeux rouges et avec un air entendu de « Ohlalala, c’était triste, mais bôô! ».

Et finalement, j’ai ce même regard moqueur sur moi-même ou mon mari (Scoop: Mister Mii est une midinette!) ou mes proches, j’essaye toujours de cacher mes larmes quand un trop plein d’émotion m’attaque en douce, et je tourne ça à la rigolade quand on me surprend quand même (c’est SUPER vexant d’être surpris dans ces moments là!)…

Bref, être nunuche n’est pas un choix, c’est une malédiction!
Mais bon, c’est comme tout, mieux vaut en être fier!
Donc moi je dis: Nunuche Power! (Comment je suis trop une révolutionnaire dans l’âme!)

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