Être Papa Vs être maman

Aujourd’hui, faisons une haute étude sociologique très sérieusement menée pour tenter de différencier le papa de la maman. Anatomiquement parlant, c’est assez simple, mais quid du comportemental?
Livrons nous donc astucieusement à un essai anthropologique pour définir, concrètement qu’est ce qui différencie un papa d’une maman.
Cette étude pourra comporter des erreurs et même être totalement à côté de la plaque. Gardons en mémoire qu’elle a été menée par une éminente scientifique à l’heure de son déjeuner, entre deux changements de couches et un repas à donner… Soyons donc magnanimes*)

Prenons le papa et la maman dans diverses situations de leur vie de jeune parent et étudions avec attention les réactions de l’un et de l’autre.

La grossesse:

La maman: La maman est un peu au première loges de la grossesse, c’est elle qui est enceinte. A elle la joie de porter son bébé, de le sentir grandir en elle. A elle aussi la joie de la piquouze mensuelle, du pipi dans un gobelet et du dégueulis matinal…
La maman gagne aussi l’attention de tous, à elle la place dans le métro (si elle a de la chance), la caisse prioritaire, les fraises à minuit en hiver, la délicatesse de ses proches et l’impression d’être soudainement devenue en sucre.
A elle aussi les gentilles petites phrases « Oh dis donc, t’as grossi toi! Fais gaffe hein, faut pas trop grossir quand même! » « Oh lala, t’as une mine de déterrée!! », à elle les récits d’accouchement plus gore les uns que les autres « Ma tantine, ils lui ont fait une césarienne A VIF!!! Je te jure!!! » de ses copines nullipares…
La maman vit la grossesse à fond, elle est en plein dedans, avec les avantages et les inconvénients. L’avantage majeur étant qu’elle peut être aussi chieuse qu’elle veut, on lui pardonne tout, elle est enceinte!

Le papa: La grossesse est peut être la période dans la vie d’un papa qui est la plus difficile à vivre. En effet, il se coltine Hulk en guise de partenaire quotidien. Hulk en colère, évidemment… Hulk qui pique sa crise si elle n’a pas ses 500 grammes de fraises des bois dans son lit à 3 heures du matin en plein février. Hulk qui râle en permanence et qui fait porter le chapeau au papa « Tain, c’est la 12° fois que je vais aux toilettes en trois heures, c’est TA faute! »
Et le papa ne peut rien dire, le pauvre.
Quand le papa décide d’aller se plaindre à ses copains, ceux ci ne lui sont d’aucun secours. Soit il se fait réprimander « Mais enfin, elle est enceinte, tu dois répondre à ses moindres besoins! » Soit on lui dit qu’on l’avait bien prévenu « Ha mec, je t’avais dit que faire des gamins, c’était le début des emmerdes! »

Maman: 0 / Papa: 0 – Balle au centre!

La naissance:

La Maman: Là encore, la maman est un peu au coeur des préoccupations, c’est un peu elle qui le pond, le môme, d’une manière ou d’une autre… C’est elle qui va douiller, elle qui va hurler, elle qui va perdre toute dignité.
Et quand le bébé sortira, elle sera envahie d’amour. Les hormones aidant, elle pleurera et sera instantanément béate devant ce petit être fripé et violet qui ressemble plus à une Binchnik qu’à un être humain.

Le papa: Lui on ne lui demande pas grand chose. Accuser le coup des insultes sans rien dire « Haaaaaaa, c’est TOI qui me l’a fichu là, c’est TOI qui devrait hurler de douleur, haaaaaaa », regarder sa femme souffrir sans pouvoir faire grand chose. Attendre, dormir un peu entre deux hurlements. Attendre encore. Trouver intolérable que l’anesthésiste ne débarque pas immédiatement quand sa femme réclame enfin la péridurale. Soupirer d’impatience lorsqu’il arrive. Savourer le calme revenu après la piqure effectuée.
Attendre encore, s’ennuyer, regarder les résultats du dernier match, se faire engueuler par Hulk « Nan mais enfin, je mets au monde ton bébé là, je te signale!!!!! »
Et quand le bébé est là, enfin ressentir ce qu’il attend depuis des mois. Se sentir père et comprendre ce que « pouvoir donner sa vie pour quelqu’un » signifie. Admirer Hulk et se dire qu’il ne pourra jamais assez la remercier de lui avoir offert ce qu’il y a de plus beau. Regarder Binchnik et se dire qu’il n’y a rien de plus beau sur terre que ce petit être fripé et violet.

Papa: 1 / Maman: 1


Les choix cruciaux:

La maman: Elle va lire des tas de bouquins afin de savoir et connaître tout ce qui existe et pouvoir choisir ce qu’il y a de mieux pour son bébé en connaissance de cause. Elle se trouve face à des choix qui mettent directement son intégrité physique et morale en jeu: Cododo, allaitement, portage, reprendre ou non son travail. Elle doit choisir, veut faire au mieux, satisfaire son bébé tout en respectant ses propres limites.
Il y a aussi les couches, la tétine, puis la diversification, le parc, l’apprentissage de la propreté, laisser ou non son bébé faire ses progrès tout seul, la fessée, l’éducation non-violente…
La maman est face à une multitude de choix et si elle a le malheur d’aller lire des blogs ou des forums pour avoir un avis concret elle va se trouver face à une marée noir de contradictions et de conseils moralisateurs voire de jugements hâtifs et elle ne saura plus où donner de la tête.
La jeune maman veut bien faire et culpabilise un peu pour tout (c’est une femme en même temps…) elle se trouve perdue et quand elle fait un choix se retrouve à culpabiliser de n’avoir pas fait l’autre…
Si, par bonheur, elle ne culpabilise pas et est sûre d’elle, elle trouvera tout de même un tas de maman pour lui dire qu’elle n’a pas fait le bon choix.

Le papa: Le papa aussi veut bien faire. Mais comme c’est un garçon, il n’a pas baigné dans le désir d’avoir un bébé depuis qu’il a 3 ans et demi. De ce fait, le papa n’y connait rien et s’en fiche un peu, il fera bien comme il pourra au moment où les soucis se présenteront.
Il suit sa femme dans ses choix et tente de l’aider comme il peut. Il suit le mouvement. Donne vaguement son avis de temps en temps mais sait qu’il n’a pas trop son mot à dire pour des sujets aussi personnels que l’allaitement.
Pour les autres choix, qui le concernent plus directement, le portage, la marque de couches et le prix de la poussette, il y va à l’instinct. Quand il s’agit d’engin de déplacement, il peut amener sa petite note scientifique (et gonflante), il calcule le meilleur rapport qualité/prix, il peut comparer la taille des roues, le poids, le système de freinage, il est tout content, il se sent utile!
Pour le dodo et la tétine, du moment qu’il peut dormir et que le bébé ne lui refait pas la Traviatta en chouinements suraigus, tout lui convient!

Papa: 1 / Maman: 0 (La maman a une tendance ébouriffante à se compliquer la vie!)

Les discussions:

La maman: Quand la maman va discuter avec ses autres copines mamans, les sujets portent sur le bien-être du bébé, les choix effectués, les difficultés rencontrées.
La maman veut de bons conseils pour être une bonne maman. Elle veut se voir reconnaître par ses paires comme une maman convenable et cherche l’assentiment de ses semblables.

Le papa: Quand le papa discute avec ses copains papas, il cherche à trouver des solutions efficaces et rapides pour que:
– Le bébé fasse ses nuit le plus rapidement possible
– Qu’il arrête de hurler pour un oui pour un non
– Qu’il arrête de tétouiller sa femme en permanence, ou son propre auriculaire.
Les papas trouvent ensemble des moyens concrets et réalistes: Ne surtout pas intervenir! Laisser la maman gérer, ça lui tient tant à coeur! Ne prendre aucune initiative, suivre le mouvement.
De toute façon, quand le papa arrive avec une magnifique initiative « Chérie, ligotons le bébé et attachons le dans la cave! » sa femme l’envoie balader en le traitant de dangereux irresponsable… Le papa est un incompris!

Papa: 1 / Maman: 0 (Là encore, la maman est une enquiquineuse!)

Les remarques:

La maman: Elle est souvent confrontées à diverses remarques extrêmement constructives dont elle ne pourrait absolument pas se passer… « Han, tu l’allaites encore? Mais il a 4 mois ton bébé, laisse le prendre son autonomie! » ou « Han, il dort DEJA dans sa chambre!!! Mais t’es folle, il a besoin de contact physique!!! » ou, plus vicieux « Ha ben MOI, je préférais le porter que le mettre dans une poussette, tu vois? » ou « Moi, à son âge, le mien il marchait déjà!! Pas le tien? Ha ouais… »
La maman en reçoit des dizaines et des dizaines par jour sans jamais se lasser, sans jamais avoir envie de hurler « Mais fermez là bande de blaireaux! » Non, la maman est l’amie des plantigrades et essaye de garder la tête haute face à toutes ses reflexions justifiées bien que contradictoires…

Le papa:  On ne sait trop par quel prodige, mais le papa se prend rarement des réflexions plein la tronche (sauf celles venant de Hulk, quand elle est en colère… Ce qui arrive souvent après qu’elle ait pondu un bébé…). Même s’il fait des conneries, personne ne le remarque et tout le monde met tout sur le dos de sa femme… « Han, les vaccinations ne sont pas à jour? Mais quel genre de mère oublie les vaccins de son bébé? » On entend jamais « Han, quel père indigne! » Sauf cas extrême, genre le papa a abandonné femme et enfant pour aller se dorer la pilule avec un clone de Heidi Klum, ou s’il a torturé toute sa famille et les a découpé en tranche. Là, on pourra éventuellement entendre des remarques telles que « Han, mais quel genre de père fait ça? » Pour tout le reste, c’est TOUJOURS de la faute de la mère.

Papa: 1/ Maman: 0 (et cette fois, c’est vraiment pas de sa faute!)

Si on fait le total: Papa: 4/Maman:1… Donc voilà, si tu cherches à faire un gamin, vérifie bien que tu as un chromosome Y… C’est VITAL! Crois moi!

* T’as vu, je te nounoie maintenant!

 

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