Entrelacs de Ai Weiwei au Jeu de Paume

Quand je vivais à Paris, j’aimais la richesse culturelle de la ville. Toutes ces expos, ces musées sans cesse renouvelés, ces films d’auteurs qui passaient à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Je ne regrette pas ma vie à Paris parce qu’outre l’aspect culturel très agréable (mais dont, je dois bien avouer, je ne profitais pas pleinement en habitant sur place), peu de choses m’y plaisait et je préfère vivre à Toulouse, même si culturellement, il faut avouer que c’est moins riche (cela dit, il y a son lot d’activités ici aussi, même si c’est différent).

Quand je suis retournée à Paris pour deux jours la semaine dernière, j’ai profité de quelques heures libres pour me rendre à la salle du Jeu de Paume pour voir les expos photo de Ai Weiwei et Bérénice Abbott.
Je venais surtout pour découvrir l’oeuvre de Ai Weiwei dont tout le monde parle (enfin, TLM= Télérama et les infos sur France5) et qui me rendait très curieuse.

La vie de cet homme Chinois multicasquette (architecte, sculpteur, photographe, blogueur…), de nombreuses fois arrêté et mis en prison, et dont le seul crime est d’exprimer sa vision du monde et de la Chine avec un oeil acide et réaliste, me fascinait totalement. J’aime beaucoup les révolutionnaires de l’ombre. Ceux qui essayent de changer le monde ou du moins incitent leurs contemporains à ouvrir les yeux sur les réalités pas toujours jolies. Ceux qui opèrent de petites révolutions peu perceptibles à l’instant mais grandioses après coup.
J’aime l’art et j’aime qu’il soit un moyen de véhiculer des idées et de se rebeller contre un système injuste, barbare et déplaisant.

C’est avec plaisir que j’ai découvert l’oeuvre subversive et revendicative de Ai Weiwei. S’il était français, j’aurais trouvé certaines de ses photos inutilement choquantes. Celles dela galerie d’honneur, par exemple, qui ont consisté à se prendre lemajeur gauche relevé devant de nombreux édifices de différents pays. Mais venant d’un homme qui est né et a vécu en Chine, j’ai porté un regard plus indulgent sur ces photos (bien qu’à mon sens artistiquement peu intéressantes) qui ont demandé un certain courage à leur auteur.

Etude de perspective - Tiananmen

J’ai aussi admiré la portée esthétique du « lâcher d’urne dynastique et millénaire ». Cette oeuvre est très puissante. Ces trois photos, à l’ambiance noire, et au geste particulièrement symbolique et fort, à la fois hyper simples et portant un message violent, sont bouleversantes.

 

Et cette photo hyper subersive d’une femme jouant les Marylin modernes juste sous le nez de la milice Chinoise et devant un temple… La photo est belle, l’image est comme calculée au millimètre près. Je la trouve magnifique, prise dans l’urgence et étrangement mélancolique.

Bref, j’ai vraiment aimé cette exposition. On sent la passion d’un homme et sa volonté farouche à vouloir transmettre un message à ses concitoyens, peu importe les risques pris, peu importe le danger. Ca m’a beaucoup ému. Je vous conseille cette exposition (dont l’auteur est pourtant controversé).

J’ai eu la mauvaise idée d’aller voir Bérénice Abbott après Ai Weiwei, et c’était une erreur. Ses photos sont très belles et j’ai aimé parcourir les salles remplies de photos du New-York du début XX°, mais j’ai été tellement chamboulée par la précédente expo que je n’ai pas réussi à rentrer dans celle-ci.

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