Maman au bord du gouffre…

Comme beaucoup de maman en France, j’ai regardé l’émission Zone Interdite sur le burn out des mères. En fait, je l’ai regardé le lendemain parce que le soir on matait Donnie Darko avec Mister Mii et bien nous en a pris sinon je n’aurais pas trouvé le sommeil très facilement.

Ces mères dépressives, à bout, déboussolées, perturbées, je les ai trouvé courageuses et j’ai éprouvé de la compassion pour elles.
Dans une société où il est tellement plus facile de juger et d’affirmer « ça ne m’arrivera jamais! », j’ai trouvé leurs témoignages très forts et finalement plein d’espoir (pour la plupart).

Ces mamans là, j’en ai fait partie.
Je n’ai jamais voulu l’admettre ni ne l’ai avoué à personne. Mais j’ai été de ces mères au bord du gouffre, entre deux eaux, prêtes à sauter du mauvais côté… Je n’essaye pas de dramatiser mon cas, je pense que toute mère « normale » a envie un jour de frapper son enfant ou de le jeter par la fenêtre. Toute mère normale sera amenée un jour à crier sur son enfant, à l’insulter même, sauf celles qui bénéficient d’un self-control hors norme. Je le sais avec MissCouette, je suis de ce genre de mère « normale ». Je crie rarement, je ne frappe jamais, j’ai envie d’étrangler souvent, il suffit que j’en parle avec mon mari, souvent sur le ton de l’humour, et la situation est vite dédramatisée.
Je suis une femme équilibrée, vivant dans un couple stable avec une famille heureuse, j’ai des amies mamans à qui parler de mes difficultés, on discute ensemble de nos vies de mères et tout ça permet de savoir qu’on est normales et de dédramatiser la situation. Ce que l’on vit est assez banal, avoir un enfant, c’est aussi merveilleux qu’enquiquinant, c’est bien de pouvoir en parler et évacuer la pression.

Ca n’a pas toujours été le cas.

Quand j’étais enceinte de Mouflette, je savais qu’elle allait changer ma vie. Mais quand elle est née, je ne savais pas que ce serait un tel bouleversement.
J’ai accouché presque seule, avec un mari à mes côtés qui critiquait mes moindres faits et gestes. Sans l’aide de la sage-femme, jamais je n’aurais pu mettre au monde cet enfant. Pas un mot encourageant, rien qui pouvait me laisser penser que j’allais être une bonne mère.
Puis le retour à la maison, terrible… Se retrouver avec ce petit être dont on ignore tout, que l’on veut combler (car j’ai eu la chance de tomber folle d’amour de ma fille au premier regard) et s’entendre dire des dizaines de fois par jour qu’on est une incapable, qu’on ne sait même pas quand le bébé a faim, alors qu’on est sa mère, bon dieu, une mère sait! Seules les mauvaises mères ne savent pas. Et je ne savais pas.

J’ai très rapidement pensé que j’étais une mère atroce, incapable de m’occuper de mon enfant. Même si au fond, je savais que j’étais la seule personne apte à s’en occuper, au vu de mon entourage belliqueux.

Et puis la séparation, la mise à l’abri de mon bébé, pour le protéger d’un père que je jugeais irresponsable (et qui l’était, en plus d’être atroce avec moi).
Reprendre sa vie en main avec un bébé qui hurlait, hurlait, sans arrêt…
Se retrouver seule dans un appartement à devoir assumer ma jeune vie et celle de ma fille.

Divorce particulièrement éprouvant avec un père qui réclame la garde exclusive de l’enfant au prétexte que je ne suis pas une personne équilibrée. Enquête psychologique, entrevue avec un juge et l’attente d’une décision…

L’angoisse, la terreur même, de me voir retirer cette petite fille qui était toute ma vie, grâce à qui j’étais vivante.

Et la décision provisoire est tombée. Je gardais ma fille mais elle devait partir chez son père un week end sur deux. 4 jours tous les dix jours (vu qu’elle n’était pas scolarisée, à 7 mois, c’était du vendredi 16h au lundi 12H)

Je ne cherche pas à justifier les actes qui se sont déroulés ensuite, je pense que ça les explique.

Jeune maman de 19 ans au passé chaotique, sans expérience, en instance de divorce, devant sans arrêt prouver à tout le monde que j’étais une mère parfaite, la pression a été trop dure à supporter et j’ai craqué.
Ma fille, brinqueballée tous les dix jours chez un homme qu’elle ne connaissait pas, était une petite fille perturbée, très nerveuse et infernale.

Je ne pouvais parler de mes difficultés à personne. Lycéenne, mes camarades avaient d’autres préoccupations et ne pouvaient pas me comprendre. Le pédiatre et la puéricultrice de la PMI n’étaient pas les interlocuteurs idéaux en pleine enquête sociale. Ma famille, je n’ai même pas essayé.
Seule avec le sentiment d’être la seule personne valable dans l’entourage de ma fille et pourtant d’être une mère défaillante, qui n’en pouvait plus de ce bébé trop exigeant, de cette situation trop stressante.

J’ai craqué. J’ai sombré dans une dépression sévère et j’ai tenter de mettre fin à mes jours.
Alors que ma fille était un soir chez sa grand-mère, j’ai tenté de m’ouvrir les veines au couteau de table (je n’avais rien de plus performant, et au fond, je crois que je n’avais pas vraiment envie de mourir, seulement d’appeler à l’aide). J’ai appelé des gens que j’avais rencontré dans le train en emmenant ma fille chez son père. Des inconnus avec qui j’avais sympathisé et qui m’avaient laissé leur numéro. Ils ont eu le bon réflexe de me demander mon adresse et d’appeler le Samu.
Je n’ai pas montré de résistance, je voulais être sauvée, je voulais enfin être écoutée et qu’on comprenne que j’allais terriblement mal, que cette situation était beaucoup trop pesante pour moi.

Ca ne s’est pas exactement passé comme prévu. Le médecin du Samu m’a filé un somnifère et une ordonnance pour des anti-dépresseurs et m’a laissé là, toute seule. Heureusement dans un sens, s’il m’avait emmené en HP, j’aurais sans doute perdu la garde de ma fille.
J’ai ensuite pris la décision toute seule de me faire aider et d’aller consulter un psychiatre.

J’étais une bonne mère, avec le recul. Mais une mère au bord du gouffre, une mère qui doit faire face à tellement de difficultés en même temps qu’elle a du mal à sortir la tête de l’eau.
J’ai réussi tout de même. Sans autre aide que celle d’un psychiatre qui m’a redonné confiance en mes capacités de mère avec bienveillance.

Ca ne s’est pas fait sans heurt… J’ai des limites assez strictes quant à l’éducation que je donne à mes enfants. Les frapper n’a jamais été une option éducative, même une tape sur la main, je ne le vis pas bien quand je le fais. Je crois que ce sont ces exigences très fortes qui nous ont sauvé, Mouflette et moi, que je passe à des actes regrettables. J’ai déjà frappé ma fille, un soir de détresse, je lui ai collé une baffe, une grosse, du genre qui laisse une trace rouge. Bien sûr j’ai regretté. J’ai conscience aussi que ce n’est pas « très grave », en ce sens que c’était un acte isolé et que je ne l’ai pas blessé physiquement.
Mais je sais que si mes limites avaient été un peu lus lâches, j’aurais pu aller beaucoup plus loin et devenir une mère maltraitante, alors même que j’étais une bonne maman et que j’aime ma fille à la folie.
Je ne pense pas que j’aurais pu aller jusqu’à blesser ou tuer mon enfant, parce que je n’ai jamais été malade à ce point (je pense que pour en arriver à ce genre d’extrémités, il faut un beaucoup plus qu’une simple dépression), mais j’ai été à la limite de déraper et de devenir violente.

Loin de moi l’idée de dire que ça peut arriver à tout le monde.
Je me rend compte moi-même de la différence qu’il y a à être une mère célibataire vivant une situation particulièrement stressante et difficile, surtout quand on est une personne instable psychologiquement et être « juste » une mère accompagnée d’un père dans un couple qui roule à peu près, avec des amies et des gens à qui confier ses idées noires.
Je témoigne ici aujourd’hui parce que ça me fait du bien d’en parler (une sorte d’expiation…) et aussi parce qu’à situation exceptionnelle, comportements exceptionnels, je ne cherche pas à me faire plaindre, j’ai heureusement dépassé tout ça (pour l’instant du moins). Il est très facile de juger les gens quand on n’a jamais été dans leur situation.

J’ai réussi à m’en sortir, plus ou moins seule (avec des médicaments et un psy et plus tard un Mister Mii), ma route a été pavée d’embûches ensuite dont je ne me suis pas vraiment relevée. Mais mes filles vont bien, j’ai un mari aimant qui prend son rôle de père à coeur et nous nous épaulons dans les moments où on a conjointement envie de jeter nos filles par la fenêtre. Je n’ai pas réussi ma vie, loin de là, mais j’ai réussi à devenir une maman équilibrée et à fonder avec mon mari une famille saine, je crois. J’ai réussi parce que je n’ai pas hésité à chercher de l’aide quand j’en ai eu besoin et parce que j’ai toujours réussi à replacer mes actes dans un contexte en cherchant des solutions pour ne plus les reproduire et en évitant de culpabiliser (considérant que la culpabilité ne sert à rien, seuls les actes pour remédier aux situations ont de l’importance).

Bref, je n’ai pas réussi à prendre de recul sur cette émission. Mais j’ai aimé qu’elle traite de ce sujet tabou avec pudeur (parce que même s’il y a des moments un peu tire-larmes, j’ai trouvé la caméra assez sensible, mais peut-être que je suis un peu sur-empathique) et j’ai été très touchée très égoïstement, car j’ai vu à quoi j’ai échappé et ça m’a soulagé (et là je parle des 2 premiers témoignages, pas des mères brutales ou infanticides).

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51 Discussions on
“Maman au bord du gouffre…”
  • En mère parfaite (ahem) que je suis, je suis dans le parc avec ma fille malgré ma bronchite. Et je te lis, et je pleure, seule sur le banc.
    Je ne peux qu’imaginer ton expérience de jeune maman lycéenne vivant un divorce éprouvant sans être épaulée, entendue, aidée. Effectivement, ça aurait pu mal finir mais ça ne s’est pas passé comme ça et heureusement pour toi, pour vous. Je comprends quand tu dis que tu n’as pas réussi à prendre du recul…

    • Oui, heureusement ça s’est passé autrement, j’ai eu la force, j’ai été entourée, je n’ai pas sombré. Je n’aurais sans doute jamais fait de mal à ma fille mais je suis passée à côté de choses vraiment pas marrantes…

  • Houaaaaaaaaaaaaaaaaaaa… pfff que dire, que je ne te connaissais pas sous ce jour.
    Je te prend pour une super maman qui a un blog sympa, une vie « normale » et tout et tout. Et là, tout ce que j’apprend sur toi ne fais que remonter mon estime pour LMO et surtout toi qui en est derrière.

    On parle souvent de la maman, de la mère parfaite mais un jour il faudrait parler des pères. Nous ne sommes pas parfait du tout et, pour ma part, je regrette beaucoup la façon dont j’ai commencé l’éducation du plus grand. A vouloir ne pas copier les côté négatifs de mon père je l’ai reproduit d’autant plus… sans compter les soucis perso, ma belle-mère en pleine dépression qui nous pourraissait littéralement la vie, etc.

    L’arrviée de Mr moyen et de Melle m’ont ouvert les yeux. L’éducation que nous offrons n’est plus la même… et c’est dur d’avouer qu’on ne peut pas être parfait, encore plus de vouloir changer, et ce n’est pas facile tous les jours.

  • Encore une fois émue par ton récit. je ne suis pas mère mais que je comprends qu’on puisse être dépassée par moment. et dans ton cas, encore plus (jeune, plutôt seule, etc). si les gens essayer de comprendre ces mères au lieu de les juger, elles seraient mieux aidées. tu es partie de loin, mais tu es (d’après tes récits) une femme et une mère intelligente donc quelqu’un de bien.

    • Merci Djahann.
      Je pense aussi qu’un peu plus d’empathie aiderit. Bien entendu, une femme « normale » dans une situation « normale », ne craquera jamais au point de frapper son enfant ou de se saouler à ses côtés. Mais dans des situations extrêmes, on ne sait pas vraiment ce qu’on ferait (encore une fois, je ne parle pas des meurtres, parce que là c’est gravement pathologique je pense)

  • Ton témoignage est très émouvant et d’une belle sincérité. C’est fort de reconnaître que l’on peut craquer dans une société qui veut faire de nous des robots insensibles. C’est normal et tu as su être bien entourée, le principal est là. 🙂

  • Je n’ai pas vu l’émission mais je trouve ton témoignage très touchant! Il faut une certaine force pour écrire tout ça publiquement!
    Je ne te connais pas mais je suis contente de lire qu’après ces épreuves dont tu parles tu as réussi a trouver une vie de famille équilibrée, c’est essentiel!

  • Merci de l’avoir écrit. J’ai lu beaucoup d’articles sur le même sujet aujourd’hui et j’ ai été un peu chagriner de voir aussi peu de compréhension et autant de jugements hatifs de la part de mamans qui se disent imparfaites. Tant mieux pour elles si elles n’ont pas connu la solitude et le désespoir. Mais ça m’a fait du bien de te lire. En tout cas.

    • Merci Ci lou. Quand on n’a pas été vraiment au bord du gouffre, je crois qu’on ne peut pas comprendre ce que c’est. Je les envie, en un sens, de ne pas comprendre, ça veut dire qu’ils ont une vie facile et que le pire pour est est le meilleur pour des gens dans la détresse…

  • Je n’ai pas vu l’émission mais je vais me hâter de le faire. Quel courage et honnêteté tu fais preuve à travers ces lignes. J’ai eu les larmes aux yeux. J’avais saisis la souffrance que tu trimbales depuis l’enfance mais je ne connaissais pas la force que tu accumules depuis tant d’années. Je te souhaite d’être heureuse jusqu’à tes 120 ans. Tu le mérites tellement. Merci aussi au papa blogueur d’avoir partagé sa vision de père, c’est vrai que ça manque la version père 😉

  • Merci pour ce partage, ça me fait du bien de lire ça car moi aussi du haut de mes 19 ans je me suis retrouvée désespérée et désemparée face à un bébé qui ne faisait que d’hurler et un papa qui m’enfonçait encore plus, heureusement pour moi, et pour nous d’ailleurs, à la limite du gros gros craquage ma fille s’est calmée et le père a changé radicalement, sinon je pense que tout cela aurait dégénéré …

    Bravo à toi en tout cas tu es très courageuse

  • quel témoignage émouvant… Pas facile de devenir maman…
    Il y a des jours où je suis épuisée…je rêve d’une vraie nuit de sommeil, d’une journée à moi, rien qu’à moi, sans avoir à penser à qq1 d’autres qu’à moi. Il n’y a pas de guide, de mode d’emploi…on fait ce qu’on peut, avec ce qu’on ressent…En fait, avec ce genre de reportage, on se sent – seule. On a toutes nos limites.

    Merci pour le témoignage du papa. J’ai un mari identique à la maison : passé lourd, il ne veut surtout pas reproduire son schéma parental…malheureusement quand on a eu en exple que celui là, ce n’est pas simple…alors j’essaie du mieux que je peux, en douceur, d’aider mon homme à être le papa qu’il aimerait être. Et la belle-mère dépressive, mon homme a aussi… (papa blogueur, êtes vous mon mari ? lol non non impossible, je n’ai qu’une choupette ^^ ) De part son enfance compliquée, mon homme essaie d’être au top, le meilleur papa, le papa parfait mais la perfection cela n’existe pas. Malheureusement, mes parents l’ont jugé (il fait ça mal…), surveillé du coin de l’oeil qd il s’occupait de notre fille et on a été au clash direct. On a suffisamment de casseroles à trimballer derrière nous sans avoir besoin que d’autres personnes s’interfèrent dans l’éducation de notre enfant, notre couple avec leurs conseils démodés.

    • Mon père a été présent jusqu’à mes 12/13 ans, ensuite il été de plus en plus absent. Il a trompé ma mère, l’a battue, lui a laissé un tas de dettes, etc. Elle a eu le courage d’attendre que mon petit frère ai 18 ans pour divorcer afin que nous nous retrouvions pas séparé d’une famille à l’autre… elle est morte qu’un cancer 4 ans plus tard… le stress l’a tué !
      Mon père n’a jamais été très proche de ses enfants, d’ailleurs en gros il s’en foutait, je ne me souviens pas d’un seul moment où il a pris le temps de lui-même de jouer avec moi ou de m’apprendre quelque chose avec patience…
      Depuis belle lurette nous ne comptoms plus pour lui et ne savons plus ce qu’il est devenu. Il ne nous battait pas proprement dit mais était très autoritaire, je ne voulais pas refaire la même chose avec mes enfants, je l’ai tout de même fait avec mon premier et je fais de gros effort pour rester calme le plus souvent possible…

      Par contre la vie m’a appris quelque chose, même si dans le couple se n’est pas toujours facile, rester avec sa femme/famille, la soutenir, être présent, partager son temps c’est primordiale.Mon père à courru le juppon (comme son père) et a détruit sa famille… tout cela pour quoi ? Pour tirer son coup 2 mn ? Pour fuir la réalité et les problèmes de la vie ? C’est tellement plus facile… les affronter c’est plus dur mais au moins mes enfants garderons en tête des parents unis et une famille aimante, malgré les soucis de la vie.

      • je retrouve mon mari en vous… il a eu le même père : très autoritaire, sevère et coureur de jupon. Mon mari a des 1/2 frères à droite à gauche, jamais avec la même femme. Je ne connais pas mon beau-père. Ma fille ne le connaitra jamais non plus. Mon mari n’a aucun contact avec les demi frère. Pb, c’est que lui, sa mère n’était pas mieux… part donner de l’argent et le pourrir gâter c’est tout ce qu’elle a fait. Mais l’amour, ca ne s’achete pas. Il n’y a rien de + important que de passer du tps, partager des choses avec ses enfants.
        Mon mari, tout comme vous apparemment, a du mal à garder son calme mais justement, c’est mon rôle de veiller à ce qu’il reste calme avec notre fille. Je sais le père qu’il veut être, il m’en a bcp parlé durant ma grossesse donc j’essaie de l’aider à le devenir 🙂

  • Je ne pensais pas que tu avais vécu de telles choses. Certes tu es bien placée pour en parler (plus que moi!), ça c’est sûr !
    Perso, j’ai trouvé ce reportage très dur, mais très intéressant. Au début, j’étais folle de rage contre ses mères… enfin, surtout celle qui laisse des séquelles à son fils… mais au fil du temps, j’ai changé de point de vue, j’ai réalisé que ça devait être horrible d’en arriver là… et j’ai pris conscience de la chance que j’avais.
    Je remercie encore ma sage-femme, qui m’a parlé de baby-blues et de dépression post-partum pendant ma grossesse… (pas de psychose puerpérale), ce qui m’a peut-être aidé à garder confiance dans de petits moments difficiles… Il faut vraiment favoriser la prévention, l’avertissement, puis le suivi, à la sortie de la maternité.
    Je crois qu’il ait aussi facile de critiquer, quand nos bébés sont « faciles ». C’est plus facile de supporter un bébé qui dort, qui mange et qui pleure jamais, qu’un bébé qui hurle du matin au soir (voire la nuit) et qui ne dort pas… :-/ On est pas toutes égales face à notre rôle de mère…
    A la fin du reportage, je ne savais plus qui plaindre : les mères, ou ces enfants ? les deux je pense…
    Bravo à toi d’avoir réussi à écrire ce billet, et à parler de tout ça. Ton parcours me fait aussi penser (comme tu l’écris plus haut) que certains éléments favorisent ou non cette situation : un couple solide et stable, l’âge peut-être pour avoir le recul nécessaire (c’est un constat)… mais je pense aussi que ça peut arriver à tout le monde, à toute mère trop honteuse pour parler de son mal être, quelque soit sa situation socio-culturelle, comme nous le prouve cette américaine. 🙁

    • Je ne suis pas sûre que tuer ou maltraiter son enfant puisse arriver à tout le monde. Heureusement!
      Mais dans des situations très délicates ou dans le cadre de maladies très graves, oui, ça peut arriver. Je donnais surtout mon expérience parce que je me suis sentie proche des premiers témoignages (les softs).

  • C’est très émouvant…
    Tu as eu une force impressionnante pour t’en être sortie !

    Dis, ta puce (l’ainée), elle voit toujours son père ? Penses-tu qu’on puisse parler par mail j’aurais quelques questions… ^^’

    En tout cas, wah, ça m’a touchée et je me suis retrouvée (enfin ma mère, mon frère) dans certains passages.

  • … c’est clair, plus facile de juger que de compatir… en te lisant je me demande comment était ma mère quand elle m’a eue à 18 ans et mon frère à peine un an après, ça ne devait pas être facile tous les jours… Bisous

  • Merci pour ce témoignage poignant, un bout de vie qui t’a construite et qui a fait de toi cette super maman (j’ai pas dit parfaite hein, il n’y a pas de maman parfaite) 😉
    (PS : moi, je suis une maman qui « hurle » quand ça va pas, mais je me dis que tant que c’est ça… c’est ma manière de « décompresser » lol)

  • Tu as été & tu es une mère courageuse.
    Si la vie ne t’a pas gâtée, tu as su puiser une force en toi pour reprendre les rênes de ta vie…
    Je crois que tu peux être fière de toi ma ptite dame LMO 🙂

  • Émue par le courage que tu as eu pour écrire ton message. Je n’ai pas voulu regarder l’émission car je n’ai pas eu de soucis avec ma fille (17 mois) mais je ne suis pas encore tout à fait sortie de ma dépression que je m’obstinais à appeler une grosse fatigue. Un bébé désiré, un mari présent mais un tel chambardement …. Merci pour tes mots…

  • Merci pour ton témoignage. C’est hyper dur de se confier comme tu l’as fait et c’est bien de voir qu’avec des efforts, beaucoup et la volonté d’aller de l’avant, les choses se sont vachement améliorées 🙂

  • Pfiou, qu’elle sacré histoire tu nous livres la! Comme quoi tous ces drames de la vie banale n’arrivent pas que a la Tv. Merci d’en parler car ça aidera très certainement des mères à se reconnaître avant d’aller trop loin.
    Et contente de voir que toute semble aller bien maintenant

  • Ton histoire est impressionnante. Tu as fait preuve de résistance et tu as choisi la ville pour toi et ta fille lorsque tu as appelé ce psy. Je suis heureuse de savoir que maintenant tu es une maman ‘normale’, tu l’as bien mérité!

  • Waouw… cela fait un petit moment que j’ai découvert ton blog et je lis depuis tout à l’heure des archives..

    ces articles où tu poses les mots qui sortent de ton coeur, avec toute ton âme et ton vécu difficile…

    Cela fait quelques articles où j’ai envie de commenter, sans trop oser. Mais là, je me lance car je suis extrêmement touchée.

    Je trouve que tu as l’air d’une mère extraordinaire dans tous les sens du terme, je veux dire par là que tu te démènes, pour tes filles, ton blog, reconstruire ta vie, poursuivre tes études et un procès, malgré tous les bâtons que l’on t’a mis dans les roues… et encore, je ne te connais pas, je lis ce que tu traverses et sur beaucoup de points de caractère, on est semblables.

    Et je dois dire que tu m’épates, car moi, avec un caractère fort comme le tien, je n’aurais jamais relevé la tête…

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