Mon jour de gloire

Il m’a été suggéré par une compatriote de la blogosphère (en prime, t’as même une devinette!) de raconter mon heure de gloire. Comme je suis totalement mégalo et que j’adore parler de moi (pourquoi tenir un blog sinon?) et que ça m’a été demandé très gentiment, je me suis pliée à l’exercice.

J’ai cherché et cherché et cherché encore, mais en fait, point d’heure de gloire pour moi.
Le seul truc qui me revient à l’esprit, c’est une anecdote un peu crétine qui n’a pas vraiment été une heure de gloire mais qui m’a valu un quart d’heure d’admiration.

J’étais en troisième. J’étais une élève plutôt minable, je ne fichais absolument rien et je faisais partie des cancres, n’ayons pas peur des mots  (alors que toute ma scolarité avait été assez brillante jusqu’alors). J’étais mauvaise partout et je m’en foutais complètement, j’avais d’autres chats à fouetter, de toutes façons et on m’avait tant rabâché que j’étais une moins que rien que j’ai dû me dire que ça ne valait pas trop la peine de se fouler pour rien…
Bref, j’étais nulle et rien ni personne ne pouvait me sortir de mon marasme scolaire.

En troisième, on avait un prof de français complètement bizarre (pour pas dire débile et effrayant), je ne me souviens plus de son nom (il ne devait pas être marrant, je ne me souviens que des noms marrants), mais il était du genre à raconter comment il avait tué sa portée de chatons en les foutant dans un sac plastique et en projetant le sac contre un mur (Voilà, je refourgue mon traumatisme à toi cher lecteur, ne me remercie pas!).

Ce prof nous donnait souvent des livres à lire (il était un peu prof de français en même temps) et un jour, il nous donna « Tristan et Iseult » (pas celui de Béroul, un qui n’a pas d’auteur, de ce que je m’en souviens).
On avait 6 semaines pour le lire (il faisait genre 500 pages). Moi, je lisais pas trop les livres qu’on me donnait à lire, celui-là ne faisant pas exception. Sauf que le week-end avant l’évaluation de français, j’ai dû avoir un soupçon de remord et je me suis mise à lire Tristan et Iseult en me disant que ça ne pouvait être que naze et que je ferais comme d’hab’, lire le début et la fin (soit 2 pages) et pis c’est tout.
Sauf que ça m’a vachement plu et j’ai tout lu en quelques heures. J’ai adoré les personnages, les nains, les potions magiques, le roi trahi et tout ça, j’ai trouvé ça fascinant et je me suis laissée emportée dans la lecture de ce roman épique.

Du coup, le lundi, j’étais au taquet pour l’évaluation, j’étais heureuse de répondre aux questions qui me replongeaient dans cet univers que j’avais tant aimé (un peu comme quand je fais des quizz sur Harry Potter aujourd’hui…).

Quelques semaines après, le prof rend les copies.
Mais avant, il veut nous expliquer qu’il s’est passé des trucs bizarres et qu’il a envie de vérifier sa théorie comme quoi y’a des tricheurs dans cette classe.
Il me demande d’aller au fond de la salle et me pose des questions hyper précises, genre la couleur de la cape d’Iseult quand elle va chercher des champignons pour réveiller Tristan de son sommeil. Ou le sigle du drapeau que Tristan prend pour ramener Iseult au roi… Je réponds à tout sans me tromper.
Je n’ai pas vraiment de mérite, quand on aime un bouquin on s’en souvient dans les moindres détails.
Ca réussit à convaincre le prof que je n’ai pas triché. Il semble se demander quand même comment une demeurée telle que moi peut avoir réussi à comprendre le roman ET ses questions.

Il rend les copies. La meilleure de la classe, celle qui a toujours la meilleure note quelque soit la matière, reçoit sont 15/20 et est toute contente d’avoir la meilleure note, comme d’habitude.
Le prof me tend la copie, j’ai 19,5/20. Il m’a enlevé un point à cause d’une faute d’accent.

Ca n’a pas vraiment été mon heure de gloire, je ne me suis pas baladé avec mon 19,5 tatoué sur le front, personne n’a su que j’avais eu cette bonne note. J’ai laissé croire à la meilleure de la classe qu’elle avait eu la meilleure note. Et je suis partie assez fière d’avoir eu une note que plus personne ne me pensait capable d’avoir.

Cette même année, alors que je devais avoir 7 de moyenne générale, j’ai eu mon brevet alors qu’il me manquait 60 points pour l’obtenir. J’ai réussi parce que j’étais super motivée. Si je passais en seconde, ma mère m’emmenait vivre « loin », à Versailles. Si j’avais mon brevet, les profs consentaient à me faire passer en seconde (ils pensaient qu’ils prenaient peu de risques).

Voilà, je n’ai jamais rien fait de plus glorieux dans ma vie. Ou alors je ne m’en souviens pas, ce qui n’est pas impossible…

 

PS: Si vous avez des sujets d’articles, je prends, ne vous gênez pas…  

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