Eduque t’on de la même manière un premier et un deuxième enfant?

Quand j’ai eu Mouflette, je ne me suis pas vraiment posé de question quant à son éducation. J’avais 19 ans, c’était un peu « chaque chose en son temps », d’abord, on ait naitre le bébé, ensuite, on s’en occupe pour le maintenir en bonne santé et ensuite, on verra bien quand les soucis se présenteront!

Pour la question de mon titre, évidemment, en ce qui me concerne, vu la différence d’âge entre mes deux filles, la réponse est totalement évidente!

Pour MissCouette, je ne sais pas si je me suis posée beaucoup plus de questions, ce qui est sûre, c’est que j’avais en ma possession des éléments de réponse que je n’avais pas pour ma première fille.
De 20 à 30 ans, on a tendance à changer aussi, je suis devenue plus patiente, plus confiante, plus sereine…

Je n’ai jamais été laxiste avec Mouflette, elle a eu très tôt un caractère affirmé et j’avais l’impression qu’en cédant à ce que je voyais comme des caprices, elle allait me mener une vie infernale. Alors je ne cédais pas, jamais. Quand j’avais dit « non », c’était « non » pour toujours.
Heureusement, elle a grandi et moi aussi, je me suis assouplie et, curieusement, elle aussi.
Aujourd’hui, elle sait que lorsque je dis « non », ce n’est pas négociable pour cette fois, mais ce n’est pas un « non » définitif.

Par exemple, lors des fameuses virées au supermarché, quand Mouflette prenait un paquet de bonbons et que je disais « non », ben, c’était non sans aucune autre forme de procès. Je lui expliquais pourquoi je ne souhaitais pas de ce paquet de bonbons (des fois c’était du ketchup, un livre ou un filet de patates…) et ensuite je laissais ma fille se rouler par terre de frustration et de désespoir. Elle ne l’a pas fait souvent ni longtemps du coup. Mais avec le recul, je me dis qu’il y avait peut-être moyen de ne pas en arriver à ce genre de crise…

J’étais un peu stricte avec elle, peu malléable… Il y a toujours eu beaucoup de dialogue entre nous, même lorsqu’elle était toute petite, je lui expliquais les raisons de mes refus, de mes ordres, etc…
Elle ne comprenait pas toujours (voire rarement) et elle l’exprimait assez bruyamment.

Néanmoins, elle n’a jamais été une petite fille capricieuse, et rapidement, elle s’est calmée (disons vers 4 ou 5 ans).

Mais avec MissCouette, je me rend compte que je ne suis pas du tout dans cette sorte d’opposition. Elle veut quelque chose que je ne veux pas lui donner? Je lui propose autre chose. Quand je lui demande de faire quelque chose, elle le fait dans 90% des cas (sauf dormir). Je me trouve super flexible avec elle.
Du coup, elle est toujours calme et heureuse. Elle n’a aucune raison de ne pas l’être, elle connait très peu la frustration. Quand je lui interdis de faire quelque chose, je détourne son attention afin qu’elle oublie…

Je ne sais pas si c’est la bonne solution. Je vois bien que Mouflette, aujourd’hui âgée de 11 ans, est une jeune fille heureuse, épanouie, qui comprend parfaitement ce qui est bien et mal, qui accepte les frustrations, même si ça n’est pas toujours de bon coeur, qui comprend nos points de vue même si elle ne les partage pas toujours.
Et je ne sais pas si on en est arrivé là parce que j’ai été sévère avec elle ou grâce à la communication de notre famille (même si j’ai ma petite idée).

Mouflette est pour le moment une petite fille toute calme, toujours joyeuse, mais qui n’a, à mon sens, jamais connu aucune frustration. Je me demande si c’est important ou non pour la suite?
Ou peut-être qu’elle est frustrée mais que je ne m’en rends pas compte vu qu’elle est toujours calme…
Bref, pour répondre à la question de mon titre: je suis persuadée qu’il est impossible d’éduquer deux enfants de la même manière. D’abord parce que les enfants sont des individus avec un tempérament, un caractère et une évolution qui leur sont propre… En tant que parent, on est obligé de s’adapter à ces différences pour respecter l’individualité de chacun de nos enfants.

Et aussi, nous, parents, ne sommes plus les mêmes. Déjà, on est un peu plus vieux pour un second que pour un premier, et même si ce n’est que d’une année ou deux, on sait à quel point la parentalité fait mûrir une personne.
Ensuite, on a acquis une expérience, même minime, avec un premier enfant qui profitera au suivant.

Je ne sais pas s’il est plus facile d’être un premier ou un deuxième (ou 3°, 4°, 5°) enfant… Ce n’est pas évident non plus pour un parent de constater que l’éducation que l’on donne à l’un n’a rien à voir avec celle que l’on donne à l’autre.
Quand je regarde Mouflette, je suis fière d’elle, de la jeune fille qu’elle est devenue, et je sais que je ne suis pas totalement étrangère à cet état de fait. J’ai commis d’innombrables erreurs avec elle, mais aucune n’a été irréversible puisqu’elle va parfaitement bien.
MissCouette n’a que 2 ans, elle va, elle aussi, parfaitement bien, mais je n’ai pas le sentiment d’avoir commis d’erreur avec elle (pas encore du moins). Mais est-ce que mon attitude beaucoup plus coulante avec elle ne va pas la rendre capricieuse et totalement inadaptée à la moindre frustration?

Pour le moment, je fais au feeling, comme je l’ai fait avec Mouflette passé un certain temps, voyant que les conseils extérieurs étaient souvent contradictoires et toujours inefficaces. Je ferai encore de nombreuses erreurs, mais je sais que, en fin de compte, rien n’est irrécupérable, on s’adapte au fur et à mesure.

Quand Mouflette était bébé, je m’échinais à la faire dormir dans SON lit, jusqu’au jour où j’ai craqué, parce que je n’en pouvais plus de ne pas dormir.
Avec MissCouette, je n’ai rien essayé du tout, j’ai suivi mon « instinct », elle a dormi dans mes bras jusqu’à plus de 3 mois, et pour mes deux filles, le résultat est le même: chacune d’elle a fini par dormir dans son lit tôt ou tard!

Aujourd’hui, je me sais qu’il y a plusieurs façons d’arriver au même endroit. Peut-être qu’il est préférable pour tout le monde de choisir la voie la plus douce.
MissCouette ne fait jamais de caprice, quand on va au manège, elle est ravie, quand on descend, elle dit « au voir nanège! » et on s’en va, sans cri, sans heurt, contentes toutes les deux.
Je n’ai jamais réussi ça avec Mouflette, peut-être parce que c’était son caractère, peut-être parce que j’étais moins flexible, peut-être un peu des deux… Aujourd’hui quand je dis à Mouflette « tu as joué à la Wii une heure, tu peux arrêter maintenant », elle boude, elle soupire, elle souffle… Bon, peut-être qu’elle a onze aussi!

Enfin, un propos totalement décousu pour en arriver à une réponse à mon titre: non, éduquer deux enfants de manière identique est impossible. C’est déstabilisant mais c’est ainsi. Et c’est sans doute mieux pour tout le monde! Elever un enfant n’est pas similaire à une recette de cuisine… Avec les mêmes ingrédients, on aura jamais le même résultat!

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26 Discussions on
“Eduque t’on de la même manière un premier et un deuxième enfant?”
  • Elle n’a que deux ans, et à part si elle était une petite fille très capricieuse et infernale, je ne crois pas qu’il faille être trop dure avec elle et interdire ou refuser trop de choses. Je n’ai pas la science infuse hein, mais je ne suis pas sûre que la frustration soit nécessaire pour éduquer un enfant aussi jeune, elle a largement le temps de se rendre compte à quel point la vie n’est pas facile… La frustration, elle la connaîtra forcément un jour ou l’autre 🙂

    Je comprends ce que tu veux dire en tout cas, moi c’est pareil, je me demande toujours si je suis assez sévère avec mon fils, même si je ne cède pas souvent lorsque je dis non et que j’essaie de rester sur ma position ! On a envie de les voir heureux, de les protéger mais aussi de les préparer à la réalité de la vie… Pas simple !

    • Je pense comme toi. Je n’ai pas très envie d’être dure avec elle alors qu’elle est adorable et super flexible… Je lui dis non, elle passe à autre chose facilement. Elle est juste super facile quoi!

  • mes petits ont 11 mois d’ecart et même si mon education en soit ne peut pas avoir changer ,je suis pour le coup plus flexible sur des banalités mais intransigeante sur les choses importantes

  • Un enfant sans limite est un adulte limité, je pense que leur opposer des refus est nécessaire pour leur apprendre qu’ils ne sont pas « tout puissants ».
    Pauline a le même âge que ta grande et elle ne nous a fait qu’une seule « crise » face à un non, elle a hurlé pendant un temps fou, nous n’avons pas cédé et ça ne c’est jamais reproduit. Je lui explique pourquoi je dis non, elle comprend ou pas peu importe la vie est faite de frustrations, c’est important qu’ils l’apprennent enfant sinon adulte c’est la porte ouvert à un mal être.
    Ca n’empêche pas le dialogue, et j’ai toujours pratiqué le « dans 5 minutes tu arrêtes la télé »,  » tu peux regarder la télé jusqu’à telle heure », ça marche super bien et je me rends compte que lorsque nous avons des engueulades c’est parce que je n’ai pas été assez explicite dans mes propos.
    Alors, je pense vraiment que le dialogue est primordial mais les règles et les limites tout autant !

    • Ca, je suis on ne peut plus d’accord!
      Cela étant, je ne crois pas qu’on laisse MC sans limite, c’est juste qu’elle les tolère incroyablement bien…
      Nous sommes des parents assez stricts, mais c’est comme si elle s’adaptait sans complication. Ce qui n’était pas le cas de sa soeur.
      Bon, je pense aussi qu’on est plus « laxiste » qu’avec Mouflette, quand même.

  • La frustration ça fait grandir mais certains enfants sont plus sensibles que d’autres et crient haut et fort à l’injustice à la moindre frustration. Élever au feeling c’est ce qu’il y a de mieux.

  • Ah bah, chuis bien d’accord avec toi, on ne les élève pas de la même manière. C’est somme toute assez logique puisqu’eux sont différents (en tout cas ici, ils sont trèèèèèès différents) et nous aussi (rapport à l’expérience qu’on a acquis). Après ici aussi, on emploie beaucoup la diversion, on l’a fait Wan et on le fait avec Deuz, tout en disant bien « non » préalablement, histoire qu’il(s) comprenne(ent) que l’on n’a pas cédé. On l’emploie beaucoup et ça n’empêche pas la (grosse) frustration de Deuz qui quand il veut quelque chose ne veut absolument pas autre chose. Tout ça pour dire que ta misscouette est une bonne pâte, profite donc et savoure héhé !
    A très vite !

  • J’aime bien ton article car je m’y retrouve. Pas tellement entre mes deux monstrouilles, surement parce qu’elles n’ont que 16mois d’écart donc on fait sensiblement pareil, mais mon amie la plus proche éduque son ainée (de l’âge de ma grande) comme tu as fait avec ta première alors que je fais plus comme tu fais avec ta seconde et c’est si différent que c’est étrange à observer. Les deux petites ont l’air heureuse, la mienne est un vrai sourir ambulant et l’a toujours été, elle a aussi un caractère très différent tout simplement mais bien sur l’éducation joue un rôle important mais c’est bien difficile de définir un juste milieu. Autant je trouve mon amie parfois rigide (mais sans juger hein, elle fait bien ce qu’elle veut et elle aime ses filles!) autant j’ai peur moi d’être coulante et que ca se retourne contre moi plus tard voir bientot.
    Qui vivra verra 🙂

  • Complètement d’accord avec toi!Et je parle de mon expérience avec ma soeur. Il faut cultiver les différences et s’adapter à nos enfants. c’est chouette de ne pas donner des limites et détourner l’attention sur autre chose. Donner beaucoup d’amour est essentiel et ça tu sais bien faire 🙂

  • Pour l’instant je n’en ai « que » un seul… mais je me rends déjà bien compte que ce que tu dis est vrai : la parentalité et la maternité nous change inévitablement !
    Mon fils à 15 mois et je me rends bien compte que j’ai déjà évolué et changé vis à vis de lui en 15 mois, je suis revenue sur certains de mes « principes », j’ai changé d’avis… bref on grandit en même temps qu’eux !
    Etre parents ça ne s’apprends pas d’un seul coup, on le devient tous les jours et on se remets sans cesse en cause.
    Comme tu dis il y a plusieurs chemins possibles, à nous de suivre celui qui nous ressemble le plus au moment où on decide de le prendre (quitte plus tard à en dévier !)

    Petit ps : je rêve que la phase d’apprentissage de la frustration de mon fils se termine ou du moins se calme et qu’il soit comme Miss Couette, j’en rêve vraiment 😉

  • je crois que c’est pareil pour tout le monde, on est toujours plus souple avec les second … mais chque enfant est different de toute facon, peut etre que ta deuxieme etait tout simplement plus cool des le debut, donc tu as fait differemment des le debut

  • Je vais bientôt découvrir ça avec mon nouveau bébé qui va arriver.
    J’essaie de ne pas aller trop à l’affrontement avec Le Môme car j’ai vite vu que cela ne donnait rien à part des cris de la part de nous deux, j’utilise beaucoup la diversion comme toi. Je ne sais pas si c’est la bonne méthode non plus !
    Mais comme dit ma soeur on ne peut pas gagner toutes les guerres 😉 alors j’essaie de choisir mes combats : la politesse, la main en ville…. sur quelques points je suis inflexible pour le reste je m’adapte à son humeur aussi !
    Bonne soirée

    • Oui, pareil, il y a des points essentiels, comme la sécurité, sur lesquels je ne déroge pas, évidemment. Mais le reste, je suis plus coulante, sinon c’est de l’énergie dépensée pour pas grand chose!

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