La semaine dernière, je l’ai passé à essayer de me reposer. J’ai réussi je crois, je suis encore très fatiguée, je pourrais faire la sieste tous les jours (mais je le fais pas, je déteste faire la sieste, j’ai l’impression de perdre mon temps…), physiquement mon corps ne me répond plus aussi bien qu’avant (déjà que c’était pas l’extase). Mais dans l’ensemble, ça va.
On me dit que je dois faire le deuil de ces deux grossesses avortées consécutivement. Mais je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à considérer qu’il y a un deuil à faire. Il n’y avait rien, j’ai eu la chance (relative) de ne rien perdre d’autre qu’un espoir.
Finalement, j’en suis au même point que si j’avais dû attendre 8 ou 10 ou 15 mois (l’avenir nous le dira) avant de tomber enceinte. J’ai juste des règles hyper anarchiques et un taux de B-HCG naturellement présent dans le sang (enfin, on peut imaginer du moins).
Bon, j’ai un paquet d’analyses chiantes à faire et une opération à subir. Mais rien de bien grave.
Je dois être bizarrement fichu ou y’a un truc qui ne tourne pas rond dans ma tête, mais je n’arrive pas à ne pas me sentir chanceuse. J’aurais pu perdre un embryon formé de quelques semaines, et là j’aurais été totalement ravagée. Mais là, je vais me lamenter de quoi?
Et puis mon corps se lamente déjà bien assez pour moi…
Quand MissCouette est née, j’ai pensé à la chance immense que j’avais de la tenir dans mes bras. Et ça me permet aujourd’hui de relativiser les épreuves que je traverse aujourd’hui. La nature et la vie sont plutôt cools avec moi, je n’ai aucune raison de me plaindre de quelques contretemps.
Je me dis aujourd’hui que d’ici plusieurs mois, je retomberai enceinte et cette fois ci, ce sera « pour de vrai ». Et nous accueillerons 9 mois après un merveilleux bébé qui nous fera oublier tous les incidents de parcours.
Alors en attendant que la chance vienne nous montrer qu’elle est toujours de notre côté (et je n’en doute pas), nous faisons d’autres projets.
Nous avons décidé de ne plus vendre notre appartement.
Il y a de nombreux avantages à déménager dans une maison. Mais il y en a d’autres, non négligeables (et notamment le fait que le collège de Mouflette est à 300 mètres) à rester un peu plus où nous sommes. (En plus il tabasse notre appart). Et puis ce n’est plus le moment pour nous.
Autre projet compromis: mon examen en septembre.
Je n’ai pas eu le temps, cette année, de me concentrer sur mes cours. Je ne l’ai pas eu ou je ne l’ai pas pris, la question reste entière, mais le résultat est là: je devais passer mes deux mois d’été à travailler d’arrache-pied.
Juillet est quasiment écoulé et je n’ai pour ainsi dire pas fichu grand chose.
Circonstances atténuantes ou non, les conséquences sont les mêmes: je ne suis pas prête à passer cet examens dans 5 semaines.
Je pourrais forcer les choses et y croire quand même, mais ça serait assez idiot. On ne part pas courir un marathon en s’étant préparé 3 semaines…
Bon ben là c’est un peu pareil. Et je n’ai pas envie de flamber une de mes 3 chances d’obtenir cet examen.
Je n’avais jamais rien abandonné de ma vie auparavant, encore moins pour mes études. J’ai toujours préféré y aller et me vautrer plutôt que ne pas essayer.
Mais j’ai mûri un peu, je crois. Et je sais aujourd’hui que reculer pour mieux sauter est aussi une option.
Finalement, ce n’est pas vraiment un abandon mais un report.
En plus, contrairement à il y a quelques années, je n’ai aucune envie de me prouver à quel point je suis une grosse ratée, et donc je vis le fait d’éviter un échec assez bien.
Bon, ça fait beaucoup de choses en suspens, l’avenir dans les prochains mois est assez incertain, on ne sait pas quelles voies vont s’ouvrir devant nous.
Mais l’essentiel reste stable, c’est beaucoup plus facile pour envisager les choses sereinement.
Aujourd’hui, je voue une profonde gratitude à la vie et aux chemins qu’elle m’a permis de prendre. Je vis des épreuves, des trucs pas super funs, mais j’ai aujourd’hui la force de les surmonter, grâce aux personnes qui m’entourent, mon mari et son soutien sans faille, mes amies et le précieux réconfort qu’elles m’apportent, mes filles pour la joie de vivre qu’elles me permettent de garder en toute circonstance.
C’est sans doute complètement crétin de réagir ainsi, un peu naïf, voire niais. Mais c’est ce que je ressens très sincèrement (après, peut-être dans 2 semaines, je sombrerais dans la dépression, mais j’en doute).
























c’est fou comme j’ai l’impression de me lire……..sauf que moi je vais y aller quand même…parce que justement cette maturité on l’a par rapport à avant et que grâce à ça on peut y arriver (mais bon pour mes exams je n’ai pas 3 chances non plus, j’ai 5 ans).
Oui, là je manque de courage aussi pour affronter les révisions… :-)
Tu as l’air d’aller mieux et ça fait plaisir à voir. Remonte la pente, profite de tes filles, de ton mari, du beau temps, des vacances, tu en as bien besoin. Je comprends tout à fait ce que tu veux dire pour le concours ; je ne le passe pas cette année, je ne le passerai très probablement jamais mais je connais suffisamment de monde à la fac qui l’ont fait à ma place pour savoir ce que ça représente et que ça ne sert à rien d’y aller pour le plaisir de griller une cartouche (je connais une personne qui l’a fait, en annonçant dès le départ qu’elle ne le repasserait pas). Tu te réinscris en IEJ du coup ? Bisous et bon courage
Je ne sais pas si je vais me réinscrire l’an prochain. Le souci c’est que le problème sera le même, je n’ai pas réussi à avoir de place en crêche…
Je me réinscrirai peut-être dans un an ou deux… Je vais réflechir à mon envie aussi, et aux moyens de mettre en oeuvre ma réussite. :-)
Le principal c’est que tu remontes la pente, à ta façon! Bises
Merci beaucoup Cla!
C’est génial tu veux dire, comme façon de penser! Mes fausse-couches m’ont totalement ravagée, j’aimerais être forte comme toi et voir la vie pareil!
J’ai été ravagée aussi par ma première FC. Je crois que c’est plus facile à vivre quand elles surviennent précocement (sans embryon vivant, ça aide à se dire qu’on n’a pas perdu grand chose) et après une grossesse menée à terme peu de temps avant…
Je n’avais pas cet état d’esprit il y a 3 ans et je me suis effondrée après ma FC. J’ai réussi à relever la tête assez vite car j’ai eu la chance de retomber enceinte rapidement, mais j’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre.
Là si ça se trouve, je vais mettre du temps aussi, mais c’est plus côté physique que ça coince…
Ca fait plaisir de te lire, prends bien soin de toi.
Merci beaucoup!
J’aime te lire ainsi. Ainsi va la vie…
Merci Alice! Comme tu dis… :-)
Chacun réagit à sa façon même si il y a des tendances tout le monde ne les suit pas (z’hom n’a jamais déprimé suite à son amputation alors que tout le monde s’y attendait médecin les premiers). Et effectivement nos réactions peuvent évoluer au fil du temps, au fur et à mesure de notre apprentissage de la vie, c’est plutôt une bonne chose.
Se raccrocher à ce qui finalement va bien dans ta vie surtout quand il y a déjà pas mal de chose, c’est parfaitement sain et c’est ce que je fais aussi quand j’ai un coup de blues et moi, j’ai pas besoin d’avoir de gros problèmes pour voir la vie en gris.
Après on peut déprimer et s’en remettre… C’est sûr que certains ont une force de caractère plus forte que d’autres pour ne pas sombrer dans les épreuves. Ou disons qu’on a chacun sa manière d’appréhender la vie. :-)
Se raccrocher à ce qui va bien n’empêche pas de voir ce qui va mal mais de relativiser un peu et de continuer à être heureux malgré tout.
Même si les épreuves sont difficiles à passer c’est un peu plus simple de cette manière, je trouve.
J’avais tendance à broyer du noir moi aussi, mais j’évolue peu à peu, même si ce n’est pas très rapide. ;-)
très contente de lie ces quelques lignes, les projets ca se modifient avec la vie, is évoluent, prennent un peu de retard, parfois un peu d’avance, mais c’est pour mieux apprécier, je te souhaite de réaliser tes envies, tes désirs, entourée des tiens, vraiment!plein de bises normandes!
Merci Lexou! C’est ce que je me dis, nous ne sommes pas à une année près, quelque soient les projets… Nous sommes ensemble et heureux, c’est déjà énorme et ça permet de patienter sereinement! :-)
Franchement je ne vois aucune naïveté dans ce que tu dis, mais plutôt une grande maturité !
Tu commences à parler d’échecs, d’abandon, et quand tu en parles toi-même tu finis par analyser que ce n’est pas du tout le cas.
Des reports, oui, principalement.
Et si tu les vis bien c’est parce que comme tu le dis tu es bien entourée, et ça c’est une chose primordiale.
Merci PetitBourgeon, je t’avais écris un long commentaire mais je ne sais pas où il est passé…
Je te remerciai pour ton soutien, pour résumer… :-)
Tu as l’air d’aller mieux ! Je suis contente de te lire avec cet etat d’esprit.
Bonnes vacances !
Merci Tara, bonnes vacances à toi aussi!
Hello,
bonjour Mite Orange, j’adore ton surnom, et ta prose aussi !
J’espère que tu vas aller mieux prochainement, ce que tu viens de vivre secoue beaucoup, il faut laisser le temps à ton corps de se remettre et au cerveau de repartir comme en 40… rien d’autre possible que d’attendre.. alors patience et positiver un max avec les bonnes choses de ta vie.
Tu as la chance d’avoir déjà 2 jolies minettes, c’est déjà bien, en attendant encore mieux si cela est possible pour toi.
Bien des choses à toi et ta famille, et aussi à celles qui ont pris la peine de te faire un gentil mot car je trouve que la solidarité, c’est précieux, par les temps qui courrent..
Bises à toutes ..
Merci Moo!
La solidarité est précieuse, ça c’est vrai! Lire ces messages de soutien m’a fait vraiment du bien. :-)
tu n’es ni naïve ni crétine…tu as trouvé ta manière à toi de surmonter les évènements qui jalonnent votre vie…ce n’est pas donné à tout le monde! ;-)
même en halte garderie il n’a a pas de place pour miss couette? (enfin, je ne m’étonne qu’à moitié vu que dans ma petite ville de 21000 habitants, il n’y a qu’une creche de 30 places et une halte garderie de 20…)
Si, elle a une place en HG, mais c’est fermé en août et ils ne me la prennent que 12h… Ce qui est déjà bien hein, mais insuffisant…