Spleen & parapluie

Je suis désormais convaincue que les cours de l’IEJ commencent fin novembre pour permettre l’élimination des candidats moyennement motivés…
Pluie, vent violent, froid, lever aux aurores, changements inopinés de salle de cours, profs en retard, virus gastroentériques qui trainent… Tous les ingrédients sont présents afin de laisser sur le carreau les étudiants qui n’auraient pas une volonté de fer ou une santé à toute épreuve.

Je sais bien que je ne fais rien d’héroïque. Se lever pour aller braver le froid et la pluie qui mouille à 7h du matin, bon nombre de mes contemporains le font sans se poser de question et sans se plaindre, tous les matins (et même plus tôt pour la majorité). Mon petit parcours du combattant à base de 20 minutes sous la pluie et le vent pour rejoindre la fac n’est rien comparé aux heures dans le métro ou le RER de certains…

Je le sais bien, mais j’ai quand même envie de me plaindre un peu, parce que j’aime bien râler et parce que c’est exutoire.

Parce que depuis 2 ans et demi, quand il pleut, je ne quitte pas mon cocon douillet. Quand il fait trop froid, je refuse de sortir, sauf obligation suprême, et dans le pire des cas, je ne m’aventure pas à plus de 300m de chez moi, dans un rayon où je trouve absolument tout le nécessaire vital.
Parce que depuis 2 ans, rares sont les matins où j’ai dû me lever avant 8h… (MissCouette n’est pas à proprement parler une lève-tôt)

Et pourtant, même après une nuit sans dormir pour cause de virus qui fait mal au ventre, malgré la pluie, le vent, le froid, malgré les habitudes qu’il faut ressortir du placard, malgré les cours qui débutent trop tôt au goût de tout le monde, malgré tous les inconvénients, je suis heureuse.

Je suis fière de moi (l’avantage c’est qu’il m’en faut peu!) d’arriver à me lever avec entrain pour un cours même pas très drôle. Je suis fière quand j’arrive dans un cours où l’on était 50 la semaine d’avant et où on ne se retrouve qu’à 12 survivants de l’extrême (je me demande quand-même ce qui est arrivé aux autres, parce que 38 gars qui n’aiment pas se lever le matin, ça me paraît excessif).

Même sous la pluie battante, toute trempée et frigorifiée, j’arrive à garder le sourire parce que « Putain, j’ai réussi à me lever! Et aujourd’hui, je fais un pas de plus pour atteindre mes objectifs! ».

Quand je me suis inscrite il y a quelques mois, je ne savais pas si je trouverais la force, la motivation et l’énergie pour me lever, pour faire ces 20 minutes de trajet à pieds, pour me motiver à aller en cours, à prendre des notes, à ficher mes petits cours, etc, etc… Je ne savais pas combien de temps j’arriverai à tenir, si tant est que je puisse me motiver. Et là, ça fait 2 semaines que j’y arrive. Alors 2 semaines, ça n’est rien, mais ce sont à mon avis les plus difficiles (sauf si un ouragan menace soudainement Toulouse). Parce que le plus dur était de me lancer et de me prouver que j’en étais capable.
Et puis, un peu plus chaque jour je me dis « ça n’est pas si difficile », de se lever tôt (enfin, tout est relatif, mais tôt par rapport à un rythme anarchique quoi), de marcher 20 minutes, d’être toute mouillée à cause de la pluie froide (oui j’ai un grief particulier contre la pluie…), d’écouter pendant 3 heures un prof à la voix monocorde, de prendre des notes à la main (alors que je tape au clavier plus vite que mon ombre et que je n’ai pas touché un stylo depuis deux ans), de s’organiser pour travailler sérieusement.

Je sais que dans les prochains mois, tout va s’intensifier. Janvier et février seront les pires mois, le froid glacial, la neige (que nous connaissons peu dans le sud, heureusement), les journées trop courtes, les rhumes, la grippe, toutes les saletés de virus qui traineront, la fatigue, tout ça, ça ne sera pas facile.

Mais j’ai la chance d’avoir un emploi du temps assez cool (genre 20h par semaine grand max), je commence souvent tôt et fini tard (jusqu’à 20h30…) avec des « trous » dans mes journées qui m’obligent à rester sur place, mais j’en prends mon parti. Si je dois rester 6 heures coincée à la fac, hop, je prends tout ce qu’il me faut pour travailler, je révise, je bouquine, je fiche, je comble le vide dans ma tête (j’essaye du moins).

Au final, la seule chose qui me fait défaut, c’est la mémoire et l’intelligence. J’ai comme dissout mon intelligence dans mes deux années de maternage, et ma mémoire est une vague chimère…
Remettre mon cerveau dans le bain, relancer la machine, c’est sans doute la tâche la plus ardue…

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