Ce qui ne nous tue pas… nous affaiblit.

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Je ne sais pas exactement à quoi pensait Nietzsche quand il a sorti sa célèbre phrase, devenu comme un proverbe « Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus forts ». Voulait-il dire que l’on sort grandi de nos échecs? Que chaque chute est un apprentissage qui nous permet d’avancer? Alors je suis d’accord avec son illustre citation…

Si par là il entendait, comme semble l’avoir traduit le sens commun, que chaque fois que nous sommes malmenés mais que nous n’en mourrons pas, nous devenons plus forts, alors je m’oppose totalement à cette idée…

L’idée populairement admise que ceux qui morflent s’en sortent forcément mieux que les autres. « Lui, faudrait lui apprendre la vie! » sous-entendant qu’il faut peut-être lui coller une bonne raclée pour lui mettre du plomb dans la tête… Autant de poncifs que je trouve malheureux et dangereux.

Je suis persuadée que pour apprendre, il faut se tromper, échouer, que les douleurs qu’imposent les échecs amènent nécessairement un apprentissage de la vie et qu’elles font grandir, qu’elles rendent effectivement plus fort d’expérience. Un enfant qui apprend à marcher tombe de nombreuses fois avant d’y arriver. Celui qui veut devenir un athlète doit s’entraîner et s’entraîner encore… C’est dans l’effort, dans le labeur, qu’on apprend, qu’on s’accomplit. L’idée est souvent réfutée, admettre qu’on a fournit des efforts pour y arriver, qu’on a travaillé dur, c’est très mal vu, c’est un aveu d’idiotie et d’incompétence. Fanfaronner qu’on a réussi sans effort n’est guère mieux toléré, cela étant…

Mais ce qui, pour moi, est un véritable cancer de nombreuses causes (féministes, infantiles, et autres…) c’est l’idée, largement relayée par l’opinion générale, que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Autrement dit, celui qui se fait frapper en ressort forcément meilleur, celle qui se fait violer aussi, tout comme celui qui a vu décimer sa famille sous ses yeux…

Pour moi, c’est une banalisation de la souffrance. Ce qui ne nous tue pas, dans ces cas là, nous fait souffrir, nous tue peu à peu, nous affaiblit. Au mieux, nous donne une façade d’endurcissement… Au pire, nous tue quand même.

Pire, c’est une incitation, et souvent un prétexte pour les bourreaux. « Si je frappe mon enfant, c’est pour l’endurcir, pour lui enseigner la dure réalité! », « Si je la viole, elle s’en remettra, en ressortira plus forte, allons-y gaiement! ».

Une minimisation de la souffrance. « Ton vécu est une chance, alors profites en! », une façon sournoise d’inciter au silence. Pourquoi se plaindre de ce qui est censé nous rendre plus fort? Parler, se révolter sonne comme un aveu de faiblesse… Alors que tous ceux qui sont passé par là se taisent, vu qu’ils sont devenus plus fort (allégation absolument erronée), pourquoi diable souhaites-tu donc parler, exprimer ta souffrance?

La souffrance ne fait pas grandir, elle affaiblit. Et si certains drames exigent que l’on déploie des forces inéstimées pour en sortir, sur l’instant, ils réclament aussi une énergie hallucinante pour s’en remettre, durant de nombreuses années. Energie qui est là, présente en l’être, et qui aurait pu être octroyée à des actions beaucoup plus sympa qu’une reconstruction. Quand possibilité de reconstruction il y a, car pour une victime qui s’en sort, combien sombrent? Combien n’ont pas eu la chance d’accéder à la résilience? Ou n’ont plus la force?

Je ne supporte plus d’entendre des journalistes minimiser des actes d’une barbarie indécente, en proclamant des absurdités sur le bien-être des victimes. « Elles ont été retrouvées après 10 ans de captivité, elles semblent aller bien! ». « Le petit garçon, enlevé et séquestré, probablement violé, a été retrouvé, il va bien! ». Sérieusement?
Tout comme les films et les séries qui véhiculent aussi ce genre d’idée que la personne vit un enfer tant qu’elle subit des sévices/la guerre/la maltraitance, mais qu’une fois qu’elle est mise à l’abri, pof, tout va merveilleusement bien pour elle, elle pleure de joie et tout va bien dans le meilleur des mondes…
Cerise sur le gâteau, ce qui ne l’a pas tuée va la rendre plus forte, quelle aubaine!

Tout cela favorise une totale méconnaissance de la souffrance. Si une victime souffre pendant les faits, elle souffre aussi après, sauf qu’elle n’a plus le droit de s’en plaindre. Le stress post-traumatique, les conséquences psychologiques, voire psychiatriques, sont totalement occultées. Et si personne ne se penche dessus, qui va bien pouvoir sauver les victimes, incapables de le faire elles-mêmes (et ce n’est pas un jugement mais un fait, un cancéreux ne va pas guérir par l’opération du saint esprit, une victime d’abus, de maltraitance ou autres, non plus!)

Mon billet part en peu dans tous les sens, je l’ai en tête depuis des mois, mais le sujet me touche tellement et est tellement vaste que mes mots se perdent…

Je suis énervée à chaque fois que je lis quelqu’un remercier ses bourreaux de l’avoir rendu telle qu’il est… C’est le ressenti de chacun, certes… Mais c’est aussi, pour moi, une manière d’inciter les dits-bourreaux à recommencer, à leur donner raison.
Je suis énervée à chaque fois que je lis ou entends quelqu’un affirmer que les épreuves rendent plus forts, qu’elles permettent d’apprécier la vie. C’est ridicule! Le bonheur est accessible à tous ceux qui s’en donnent un peu les moyens et nul besoin d’avoir souffert le martyr pour y parvenir! Au contraire!
Pourquoi trouve t’on plus de dépressifs, de suicidaires, de gens souffrant de troubles psychologiques ou psychiatriques parmi les victimes? Sans doute parce que ce qui ne les a pas tué sur le coup les tue des années après… Et ce n’est pas parce qu’elles sont faibles ou qu’elles ne font aucun effort, mais parce que lorsqu’on a vécu l’innommable, on est fragilisé…

Je ne sais pas pourquoi ce proverbe est repris avec autant de ferveur… Parce qu’il est plus facile de fermer les yeux? Parce qu’admettre l’inverse implique de changer sa mentalité? Et peut-être aussi ses habitudes? Parce que ceux qui pensent « qu’une petite fessée n’a jamais tué personne » « qu’il faut sévir pour endurcir » ne peuvent faire autrement que d’être adeptes de cette phrase qui les rassure?

Je condamne cette phrase depuis des années déjà. Depuis que je suis devenue mère et qu’il m’a paru tellement naturel d’élever mon enfant dans la douceur, l’affection et l’optimisme. Je sais qu’il est plus valorisant de regarder ceux qui ont un vécu douloureux et une réussite exemplaire, ils sont admirables, bien sûr, ils reviennent de loin, ont dû se battre et c’est formidable! Mais derrière la réussite, on ne voit peut-être pas la souffrance (passée ou présente, qu’importe). Et toutes ces personnalités qui réussissent après avoir été choyées, sans doute beaucoup plus nombreuses, pourquoi ne pas les prendre aussi comme exemple pour promouvoir la douceur et le respect?

J’ai la conviction profonde que ceux qui ont « une enfance dorée », ceux qui n’ont jamais connu que le bonheur, la joie, la douceur de vivre, sont mille fois plus armés et plus forts que ceux qui ont souffert. Ce n’est pas un constat amer. J’ai beaucoup d’espoir, au contraire! Je sais que la souffrance, la douleur, ne résolvent rien, n’apportent pas grand chose de positif, voire carrément l’inverse.
Je sais aussi que le bonheur, la joie, la beauté de la vie, offrent des ancrages positifs, solides, et permettent de se dépasser, d’accomplir de belles choses…

Pour résumer, je suis persuadée que ce qui rend plus fort, c’est le positif de la vie, toutes les belles choses qui nous sont données à voir, à vivre et qui nous rendent heureux… Car c’est seulement si on a connu la fugacité du bonheur que l’on peut être à même de le chercher et de le trouver à nouveau!
Et c’est en leur enseignant la joie et la beauté que l’on apprend la vie à ses enfants, ce sont ces piliers là qui leur permettront d’affronter ensuite les épreuves et les obstacles…

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22 Discussions on
“Ce qui ne nous tue pas… nous affaiblit.”
  • Je suis tellement d’accord avec tes derniers paragraphes !
    Si certaines victimes de choses innommables s’en sortent comme t u dis, c’est sûrement plutôt parce qu’elles ont trouvé de la douceur, de l’affection et du positif sur leur chemin, que juste parce qu’elles ont subi le pire ! Pire qui aura sûrement eu davantage tendance à les fragiliser qu’à leur donner envie de continuer à vivre coûte que coûte. Et les personnes qui ont cette volonté ou cette capacité de résilience sont peut-être celles qui avaient l’ancrage le plus solide auparavant, fait de bienveillance et de joie.
    Comment imaginer que l’on puisse être plus heureux en ayant subi des sévices que sans ?!! C’est effectivement une vision dangereusement relayée et sidérante…
    Tout ça me fait aussi penser aux artistes, grands écrivains, etc. On a l’impression que les grands penseurs, les grands artistes de ce monde sont souvent des gens qui ont eu une vie assez malheureuse et que c’est ce qui leur a donné cette inspiration, cette force créatrice. C’est souvent vrai d’ailleurs mais si nous admirons leurs oeuvres, qu’ont-ils eux-mêmes pensé de leurs vies ? On ne se penche pas trop sur leur bonheur de leur vivant et pourtant…
    Bref, je ne peux qu’acquiescer à ta phrase « Et toutes ces personnalités qui réussissent après avoir été choyées, sans doute beaucoup plus nombreuses, pourquoi ne pas les prendre aussi comme exemple pour promouvoir la douceur et le respect? » parce que promouvoir le respect, c’est un sacré boulot !!!

    • Tout à fait! Je suis persuadée que de grands artistes ont trouvé leur inspiration dans le bonheur… Prend JS Bach, il n’a pas eu une existence particulièrement malheureuse, à ma connaissance, sa musique est portée par sa passion de dieu (donc du joli, à priori), et il est l’un des plus merveilleux musiciens du monde!
      Bien sûr les écorchures donnent de la densité à une personne, à quelques personnes… Mais cette densité peut-être acquise d’une manière plus douce, je pense. Et on ne parle ici que de ceux qui « s’en sortent », d’une manière ou d’une autre, pas tellement de ceux qui sombrent!

      En fait c’est un sujet vaste qui est difficile à traiter en quelques lignes… Les expériences douloureuses enrichissent, sans doute autant voire plus que les expériences heureuses. Mais dans la souffrance brute, la mort, la maltraitance, la maladie, il ne s’agit aucunement d’expérience… On subit. Et on n’en apprend pas grand chose.

      Je n’ai pas le sentiment d’avoir appris des souffrances de mon passé (j’ai même dû apprendre à désapprendre tout ce que cela m’a appris de mauvais, plutôt!). En revanche j’ai appris de mes échecs, de mes ruptures, des douleurs gérables de la vie… Et j’ai pris tout ce qui était porteur d’espoir et de bonheur… Ce sont des notions qui se confondent, à tort!

      Mais au final, est-ce que ça ne rejoint pas cette « utopie » populaire qui voudrait que tout soit acquis sans effort. Finalement, l’idée que souffrir un bon coup (même si la douleur est intolérable) permet d’apprendre la vie, c’est peut-être plus facile à envisager qu’un long apprentissage, demandant effort, patience et tenacité…

      • Oui, c’est intéressant ce lien avec le fait que ce qui est acquis au prix de gros efforts a meilleure presse. Enfin, de là à considérer de vraies souffrances comme nécessaires, c’est abusif !!
        En réfléchissant, ce que j’ai pu constater dans mon entourage très proche (mon père), c’est que les grandes souffrances ont causé plus de résignation et d’aigreur que d’envie de savourer la vie, malheureusement.
        Alors moi aussi, je trouve ce proverbe vraiment nul. Vraiment.

  • Non, ton billet ne part pas dans tous les sens : il est touchant et très sensé.
    Je n’aime pas les phrases toutes faites que l’on répète sans se demander en quoi elles peuvent être parfois absurdes. Ce qui ne m’empêche certainement pas, sans doute, d’en prononcer aussi, je l’imagine bien. Mais la phrase que tu commentes aujourd’hui me fait bondir, tout comme toi.

  • Cette phrase que tu commentes si bien, si justement, me donne envie de hurler ; mais quand je l’entends c’est juste en mon intérieur que je crie. En effet, non, la souffrance et le malheur, les traumatismes quels qu’ils soient ne rendent pas plus fort, ils usent, ils abiment, ils fatiguent, ils sont un « handicap invisible », quand ils ne font pas perdre la raison.
    Cette phrase je l’entends comme un « ferme ta gueule et avance ».
    Mon psy me l’a dit (je devrais prendre le temps de retourner le voir, mais ce n’est pas facile de trouver le temps quand on est une maman parisienne qui travaille bien plus que 35h par semaine) ; mais je vais apprendre par cœur ton dernier paragraphe et me le redire chaque jour… pour ma fille j’en suis convaincue, mais pour moi, je devrais me le rappeler plus souvent.
    Merci pour ce beau billet si sensé, pour ton blog si touchant et pour tout ce que tu partages et apportes à tes lectrices.
    Je t’embrasse bien fort.

    • Merci beaucoup! « Ferme ta gueule et avance, et fais pas chier », devrais-tu rajouter… Que tout un chacun ne soit pas en mesure d’aider les autres, je le conçois parfaitement (je ne suis d’ailleurs pas un modèle!), mais ce sentiment véhiculé par une société, des autorités censées aider, je ne comprends pas…

  • A mon avis, on se balance ces phrases toutes faites parce que c’est tellement facile de les balancer, comme si ça résolvait tout… Une partie de ta réflexion m’a fait penser que j’ai bondi aussi en entendant les journalistes parler d’une de ces 3 filles enlevées… en disant « elle est heureuse » pardon ? Contente d’être sortie de cet enfer peut être, mais je vois mal comment on peut en arriver a être « heureux »…

    • Oui, c’est agaçant. Surtout dans la bouche de journalistes qui sont censés relayer une information claire…
      Après, que l’on dise des phrases toutes faites, ça arrive à tout le monde, ça n’est pas vraiment grave. Ca l’est quand la société entière semble partager ce genre d’avis et que ces avis sont dangereux…

  • Je suis tout à fait d’accord avec toi! Et je n’ai jamais compris cette expression…
    Je sais, que tout ce que j’ai vécu m’a énormément affaibli, sur le moment même et évidemment sur le long terme..
    Je n’arrive pas à savoir, ce que ça m’a « apporté » de souffrir. En quoi, « grâce » à ça, aujourd’hui je suis plus forte, au contraire, pour l’instant je ne vois que les aspects négatifs sur ma vie.
    On verra plus tard.

    Merci, en tout cas 🙂

    • Moi je sais que la souffrance ne m’a rien apporté du tout.
      J’ai fait des choix en fonction de mon vécu, je ne le regrette pas car je n’aurais sans doute pas la vie que j’ai aujourd’hui sans lui… Mais je sais qu’il ne m’a pas rendu plus forte, bien au contraire…
      C’est délicat parce que je sais pertinemment que si je n’avais pas ce vécu difficile, je n’aurais jamais eu Mouflette, par exemple, et elle est ce qui m’est arrivé de plus beau! Je sais que du positif est ressorti de mon vécu, parce que j’ai fait des choix de survie qui m’ont été bénéfique. Mais je sais aussi que j’ai eu de la chance, et tout le monde n’en a pas.

  • bonjour ! 🙂

    excellent texte !

    d’autant plus que je te rejoins…  » banalisation de la souffrance « , tu évoquais cette idée, c’est totalement ça, c’est l’idée courante selon laquelle, ben c’est normal hein, faut trimer, faut prendre des coups dans la vie !

    quelle horreur !

    c’est selon moi une des raisons pour lesquelles nous vivons dans un monde si dur, alors qu’on pourrait tout-à-fait le rendre plus doux, sans devenir pour autant des gens désarmés face au moindre obstacle.  » désarmés « , le mot dit tout… la vie c’est la guerre. eh bien moi, comme toi, je dis NOOON, pas d’accord 🙂
    je reviendrai !
    bonne journée 🙂

    • Je pense qu’il y a un grand paradoxe dans notre société actuelle… On confond souffrance et expérience… On pense qu’en prenant des coups, ou en en donnant, la vie sera plus facile parce qu’on sera endurci! Alors que seule l’expérience, faite d’échecs, de réussites et de petites bosses est à même de nous apprendre la vie. On a tendance à confondre les petites bosses normales de l’existence (on tombe, on se blesse, on apprend, c’est normal, c’est l’expérience) et les grands chocs, les grands drames…

      Alors bien sûr la vie ne tombe pas sur un plateau doré. Mais souffrir, ce n’est pas la vie. La vie c’est apprendre, se tromper, faire des erreurs, gagner en expérience, avoir mal, parfois, mais à dose raisonnable.

      J’ai le sentiment que l’on confond trop facilement la douleur nécessaire d’une petite chute, dont on se remet très facilement mais qui permet d’apprendre. Et le chaos d’un grave accident. Duquel on apprend rien et qui fait souffrir atrocement et inutilement.

      On peut vivre après un tel chaos, et être heureux, heureusement! Mais ça n’est pas nécessaire pour accéder au bonheur…

  • en fait, je crois que cette phrase peut aussi vouloir dire que quand on on connu de grandes souffrances, on apprécie encore plus les belles choses de la vie, ça les rend encore plus précieuses!

      • je ne sais pas trop…
        je crois que « tant que le ciel ne t’es pas tombé sur la tête » d’une manière ou d’une autre, tu peux être heureux et savourer, mais à mon avis jamais aussi intensément…

        quand on a perdu notre bébé en 2009, la chute a été vertigineuse et je suis persuadée que nous ne la remonterons jamais complètement… 2 ans plus tard, mon frère décidait de mettre fin à ses jours et nous sommes retombés…. depuis tout ça (et bien d’autres choses encore mais je vais pas m’étaler et parasiter ton blog), chaque bon moment, chaque éclat de rire, chaque bonne nouvelle a une saveur toute douce, toute particulière. c’est comme des cadeaux… je sais pas si je suis très clair dans mon propos! j’ai jamais autant apprécié les petits plaisirs tout simples que depuis qu’il nous est arrivé tout « ça »…. et inversement: chaque petit et grand bonheur nous permet de surmonter plus facilement les mauvais moments…

        je connais des gens qui ont, selon le poncif, « tout pour être heureux » et n’ont jamais connu de grands malheurs et tant mieux pour eux) et qui se plaignent pour des choses sans importance, et qui oublient de se réjouir des bonnes choses que la vie leur apporte… je crois que leur vision du monde changerait s’ils avaient vécu (ce que je ne leur souhaite pas) des choses terribles…

        mais tout ça bien sur n’est que ma façon de voir les choses!

        et non t n’es pas naïve (enfin je crois pas): tu as une vision des choses et elle t’appartient! et j’aime a penser que malgré tout globalement on peut etre heureux sans passer par la case souffrance…

  • Coucou,

    J’ai lu ton article ce matin mais j’ai pas eu le temps de commenter… donc j’ai eu le temps de cogiter un peu 🙂

    Avant de te lire, je n’ai jamais vraiment réfléchi à cette citation. Mais je suis d’accord avec toi.
    Un malheur (n’importe lequel) ne nous rend pas plus fort : au contraire, il nous rend triste et plus faible que les autres, qui ont eu une « enfance dorée ».

    A titre personnel, j’ai jamais penser que le suicide de ma grand-mère m’a rendue plus forte : je suis juste plus fragile et plus triste. Et cela ne pas apporter de la force…

  • la souffrance, lorsqu’on l’experimente et qu’on s’en releve, nous permet aussi de mieu comprendre celle des autres. et ainsi de pouvoir aider et accompagner certaines personnes dans un processus de comprehension et de guerison.
    elle donne aussi la legitimité et le poid necessaire pour une certaine ecoute de l’autre dans ce processus d’aide.

    ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort si on le decide soi meme. meme si ça peut parfois prendre toute une vie. en depassant ce sentiment de souffrance et de douleur que l’on s’inflige a nous meme, quels que soit les evenements abominables qu’on a pu vivre.
    ça nous permettre d’ apprecier chaque instant de bonheur d’autant plus qu’on a gouté a la souffrance et qu’on en est sorti.
    mais c’est avant tout une question de prise de conscience et de volonté personnelle. de comment on voit la vie et les evenements qui la jalonnent.

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