[Cinéma] Le passé

Sans titre 1Hier, j’avais du temps à tuer. 2 heures pour être précise. Entre le moment où j’ai déjeuné avec mon mari (fait rarissime) et le moment où je pouvais aller chercher MC à la crèche sans prendre le risque de la réveiller…
A côté du boulot de Mister Mii, il y a un Gaumont. Je me suis dit, « banco, je vais voir un film » (le cinéma, mon obsession dévorante depuis deux semaines). Il y a 3 films qui conviennent à mes horaires : Le truc de Robert Reford, Mama et Le passé.
Le premier me tentait franchement, mais je sais pas, là, j’avais pas envie. Le second me tente aussi beaucoup (j’aime bien Del Toro), mais j’ai peur d’avoir trop les chocottes. J’ai donc décidé d’aller voir le 3°, que je voulais absolument aller voir, vu que j’avais râté le précédent film de Asghar Farhadi.

Bref, le picth: Un homme, Ahmad, revient de Téhéran, à la demande se sa femme, Marie, afin d’officialiser leur divorce. Il vient s’installer chez elle durant son cours séjour. Il apprend rapidement que Marie souhaite se remarier avec Samir, le papa de Fouad, un petit garçon de 5 ans très énervé et perturbé.
Marie, elle, a deux filles, Léa, petite fille ne posant aucun problème particulier. Et Lucie, adolescente rebelle et révoltée, qui refuse le souhait de remariage de sa mère.

Ce film, dont le synopsis est plutôt vague et ne présage pas une grande originalité, est d’une grande humanité.
On découvre, peu à peu, de manière assez brutale à chaque fois, dans le déchirement des personnages, tout ce qui se cache derrière le refus et la rébellion de Lucie… Un drame, bien entendu, un drame sans nom, encore tabou, qui pèse sur les divers protagonistes.

Un film qui aborde des sujets extrêmement difficiles, le divorce, l’abandon, la trahison, l’amour et ses difficultés, la famille recomposée, la maladie, la dépression, la mort… Tous ces sujets sont, curieusement, abordés avec beaucoup de subtilité et de pudeur. Pas de lourdeur impossible à soulever, ici. Pas de pathos.
Une histoire qui lie des personnes aux histoires difficiles. Chacun ayant commis des actes irréparables, par égoïsme, par jalousie, par tristesse, pas inconscience… Mais chacun ayant au fond de lui une grande humanité.

Les acteurs sont prodigieux. Tout particulièrement Ali Mosaffa, l’Iranien du film, chez qui tout est beau : son allure, son accent fabuleux, sa gentillesse, sa compréhension du monde et son amour pour ceux qui ont fait partie de sa famille.
Les autres rôles sont joués avec brio, simplicité et nuance. Un casting parfait.

Sans titre 2

Le scénario est très fin, on découvre les différents événements qui ont amené au drame fatal. Il y a une certaine ambiance angoissante, on a peur d’un autre drame, c’est latent, mais les personnages ont heureusement la force de s’en sortir, ou du moins de survivre.
Si le début est un peu long à s’installer, le reste du film ressemble à un thriller psychologique. On est pris dans l’histoire et on veut absolument savoir les tenants et aboutissants de cette tragédie.

Un film d’une grande pudeur, donc, où les sentiments et émotions sont très présents, mais sans jamais dans le pathos ni les effets dramatiques… J’en suis ressortie très touchée, un peu ébranlée aussi, car les sujets sont délicats.
Je crois qu’en fin de compte, j’aime les films d’auteurs (enfin tout est relatif, je ne passe pas ma vie à l’Utopia!), les films qui ont une âme, un début, un milieu et une fin, et où les émotions sont très présentes. J’ai visiblement un peu plus de mal qu’avant avec les grosses productions hollywoodiennes, ou alors je ne suis pas allée voir les bonnes ces derniers temps…

Je mets 8/10 à ce film très fort, très beau, même si très triste…

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