Non, mes filles ne sont pas des garçons manqués!

Sans titre 1Mars 2001, naît, non sans une certaine brutalité, Mouflette. Jolie petite fille braillarde, revêche et musclée.
Mouflette, l’archétype du « garçon manqué », comme on me l’a souvent fait remarquer. Sans cesse en mouvement, toujours dans le bruit, le fracas, l’indignation. Mouflette savait se faire entendre et remarquer.
Mouflette, jamais la dernière pour grimper dans un arbre, pour rentrer du jardin couverte de terre, pour découvrir les vers de terre, les crapauds ou les mantes religieuses. Mouflette, ma petite chérie qui n’a jamais peur de rien, friande de sensations fortes, de tout ce qui est généralement dédié aux garçons.
Mouflette n’a jamais voulu tenir une poupée dans ses bras, elle déteste le rose et les paillettes depuis toujours, et quand il s’agissait de se déguiser, c’était en Zorro, en chevalier ou éventuellement en Tigrou. En princesse ou en fée? Jamais!

Ayant été moi-même le genre de petite fille refusant avec radicalité tous les clichés dans lesquels m’enfermait mon genre, je pensais qu’il s’agissait tout simplement d’atavisme.
Ce qui est certain, c’est que j’ai toujours encouragé ce penchant chez ma fille… Et ça ne l’a pas empêché, en grandissant, d’adorer porter du vernis à ongles fushia et de jolies robes fleuries.

Mouflette, ma fille plus que réussie!

Avant la naissance de MissCouette, j’ignorais un peu tout de sexisme des jouets, du genre imposé aux petites filles et aux petits garçons. J’étais, comme pour beaucoup de choses, très naïve.
Il faut dire que Mouflette a eu la chance de fréquenter des écoles plutôt compréhensives. Lorsqu’au carnaval de fin d’année, quand toutes les petites filles devaient se déguiser en princesse, Mouflette a voulu se déguiser en chevalier, comme les garçons, personne ne l’en a empêché, et c’est non sans une immense fierté que j’ai découvert, le jour J, ma petite beauté avec une moustache et un bouclier!

Nous avons eu quelques remarques, des « quel garçon manqué, cette petite fille », je n’ai jamais trop relevé, parce que je sais, moi, que Mouflette est une jeune fille, une vraie, et ce ne sont pas ses passions, ses centres d’intérêts ou son dynamisme qui la définissent comme telle!

Les passions de Mouflette ont toujours été très liées à la nature, à la création. Le jardinage, le sport, la musique, le dessin, les animaux… Depuis toujours (ses 3 ans), elle veut être vétérinaire, et je sais qu’elle y parviendra sans aucun souci. Bref, tout ça pour dire que je n’ai jamais empêché ma fille de faire très exactement ce qu’elle voulait. Je pensais être un peu à l’origine de ce caractère fort et combatif, et puis j’ai eu MC…

MissCouette, elle, aime bien les poupées. Elle aime le rose aussi, les petits sacs à main, les bijoux et tous ces trucs « de fille »… Je l’accepte avec autant de fierté. Je suis une maman!
Et puis, MissCouette, si elle aime bien nourrir pour de faux ses poupons, ce qu’elle aime avant tout, ce sont les dinosaures, les cosmonautes, les pirates… MissCouette est beaucoup plus calme que sa grande soeur, elle revêt plus aisément les « critères » reconnus chez les filles. Sagesse, tranquillité, facilité de concentration…
Elle a peur des petites bêtes, n’aime pas se salir, aime le calme…

Et on me dit parfois « c’est normal, c’est une fille! ». Et ça m’énerve…

MissCouette, comme Mouflette, est une fille, il n’y a aucun doute! Mais elle n’est pas une fille parce qu’elle est douce et gentille, agréable et calme, ni parce qu’elle aime le rose ou les poupées… Elle est une fille parce que c’est son sexe, un point c’est tout! Si elle était un garçon, je la laisserais jouer avec ses poupons avec autant d’enthousiasme! Et je la laisserais aussi aimer le rose et les paillettes… Je lui trouverais des super pantalons roses, et des casquettes à paillettes, et voilà!

En fait, je suis aussi énervée par les clichés sexistes que par les élans féministes de certains… « Je suis féministe, donc mon garçon va apprendre à passer le balai pendant que ma fille fera des puzzles! », « Je suis conservateur donc ma fille aura des poupées roses et fera le ménage pendant que mon fils jouera avec ses petites voitures bleues! »

Qu’on m’explique en quoi l’un est plus intelligent que l’autre?
Je ne suis pas féministe (enfin, dans les faits, malheureusement, si, mais c’est un autre débat), je suis pour l’égalité. Je pense qu’il est aussi dégradant pour une femme d’être confinée dans des tâches ménagères que pour un homme d’être taxé d’abruti qui ne sait pas mettre en marche une machine.
Je pense qu’il est idiot de vouloir renverser les rôles établis dans notre société. Pourquoi renverser alors qu’on peut éduquer à l’égalité?

C’est facile pour moi de parler, je n’ai que des filles. Laisser une fille être celle qu’elle souhaite, c’est relativement simple quand on est un minimum ouvert d’esprit. Ne pas mettre d’étiquette « fifille » ou « garçon manqué », je ne trouve pas ça très difficile… Mes deux filles sont différentes, elles ont des centres d’intérêts différents, nous les éduquons afin qu’elles respectent qui elles sont, qu’elles partent dans la vie avec toutes les clés pour faire absolument ce qu’elles veulent de leur vie. Si l’une veut être cosmonaute, dentiste ou ingénieur, nous accueillerons ses désirs avec autant d’enthousiasme que si elle souhaite être institutrice ou pédiatre… Les clichés n’existent que si on leur donne cours…
Je ne sais pas si ça serait aussi simple si j’avais un garçon… Le laisser se déguiser en princesse, j’imagine que ça pose un peu plus de souci que de laisser une petite fille se déguiser en chevalier…

Après, je transmets peut-être d’autres clichés sexistes à mes filles, sans m’en rendre compte. J’aimerais surtout leur laisser la possibilité de choisir ce qu’elles veulent faire de leur vie, ça me semble essentiel!

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24 Commentaires sur
“Non, mes filles ne sont pas des garçons manqués!”
  • C’est cool que tu soutien nés tes filles dans leurs gouts considérés comme en dehors de la norme pour des petites filles (alors que cela n’a rien d’extraordinaire en soi). J’ai toujours eu des centres d’intérêt dits « masculins » et cela n’est jamais évident d’entendre que ce ne sont pas des activités pour les filles :(
    Tu es leur meilleur soutien et tu as l’air de faire ça bien 😉

    • Comme tu le soulignes, ça n’a rien d’extraordinaire! C’est le regard qu’on porte sur elles qui les rendent « hors normes ». Si on les laisse faire, je suis certaine que tous les enfants auraient des hobbies « mixtes »…
      C’est fatigant de voir qu’on ne leur laisse pas le choix!

  • Mon fils a eu son premier aspirateur à 1 an 1/2 (il en a eu trois en tout). Bien entendu nous n’en avons trouvé que des roses mais lui s’en tamponnait. Par contre les gens autour… Ça n’était pas un jouet pour garçon et pour « compenser » afin que les autres se « rassure » il a eu droit à des cadeaux genre une caisse de bricolage. Mais lui n’aimait que son aspiro. Et un jour au mac do il a voulu la mini poupée, fallait bien qu’il essaye pour savoir s’il aimait ou pas.
    Maintenant il joue au chevalier mais il a toujours un petit balai au cas ou 😉
    On ne peut pas changer en deux secondes les mentalités. Par contre si donner des voitures aux filles et des balais aux garçons se faisait plus souvent ça ne serait pas un mal.

  • ici les enfants sont tous à la même enseigne, tout le monde fait le ménage.
    mon fils a eu sa période maquillage, vêtements rose etc..Néné joue aux voitures et alors?
    PERSO moi sa ne me choque pas et se qu’en dise les autres je m’en fiche complétement, tout se que je veux c’est qu’ils soient élever de la même manière quelque soit leurs sexes.

  • Ah la transmission du sexisme ne dépend pas de nous hélas, et si on peut encore reprendre par derrière les propos entendus en famille, on ne peut pas grand chose contre toutes les bêtises qu’ils entendent dans la bouche des camarades de classe , dont certains disposent d’un lourd héritage des cavernes…
    Ici c’est mixité, d’abord parce qu’on joue ensemble, que quand y a poupée, c’est bien aussi qu’il y ait un papa, et quand y a propulsion de bolides c’est encore plus sympa à plusieurs. Ensuite parce quand mes filles touchent une voiture je suis prête à répondre aux contrevenants que ça ne va pas leur donner de poil au menton, et quand mon fils touche au mini-aspirateur, ses testicules ne tombent pas par terre. Et vaut mieux qu’il s’entraine car maman n’ira pas le passer, l’aspirateur, dans sa chambre d’étudiant sous prétexte que c’est un garçon 😉

  • « Je ne suis pas féministe (enfin, dans les faits, malheureusement, si, mais c’est un autre débat), je suis pour l’égalité  »

    Ben, c’est un peu ça, d’être féministe : être pour l’égalité entre les sexes. Et comme c’est même pas une tare, ça n’est pas vraiment malheureux de l’être dans les faits!
    Plus sérieusement, je suis toujours un peu surprise quand je trouve ce genre de formulation : comme s’il fallait s’excuser d’avoir des idées féministes (et si j’écris cela, c’est que tu es loin d’être la seule à écrire cela) j’aimerai bien savoir, je veux dire, vraiment savoir, par curiosité, ce que tu met sous ce mot, et ce que signifie être féministe dans « dans les faits » pour toi. Parce que, en ce qui me concerne, je lis que tu laisse et encourage tes filles à être elles-mêmes et à suivre leur propres aspirations sans laisser leur genre devenir une barrière. Et pour moi, c’est cela, le féminisme : laisser chacun être sois-même sans que son genre sois une contrainte, une barrière, un objet de discrimination, etc. Ca n’est pas tant renverser les rôles que de considérer que les rôles de chacun des genres sont des constructions sociales, et pas des faits biologique, donc, on peut absolument faire autrement, il n’y a pas de nécessité à s’y conformer, et on pouvoir avoir le choix. Il ne s’agit d’inverser, de renverser, mais d’aller au-delà des rôles sociaux genres. Ce que, il me semble, tu fait au quotidien, peut-être comme Monsieur Jourdain faisait de la prose ?

    • Ben, dans les faits, je suis féministe, oui… Mais je n’aime pas ce terme, car il est révélateur d’une réalité qui me heurte, à savoir l’inégalité des sexes au sein de notre société.
      Or, le féminisme, dans un monde idéal, n’existerait pas!

  • Oui voilà les clichés n’existent que si on les véhicule ! On a fêté l’anniv de Nina ce week end et en ce moment elle est dans une période « je ne veux plus de mes jouets de fille », du coup elle avait elle même demandé à ses meilleurs copains de lui acheter des cadeaux « dit » de garçons ! les mamans ont joué le jeu c’est ainsi que hier j’ai monté un Lego Chima ou essayé de comprendre les cartes Pokémon :)
    comme quoi les enfants n’ont pas toujours envie de se laisser enfermer dans les clichés et que souvent ce sont les parents qui les y enferment aussi !

  • Moi je suis feministe c est clair, d’ailleurs :
    http://awkwardsituationist.tumblr.com/post/52817821994/cambridge-university-students-were-asked-on-campus
    Sinon je viens de finir un summer camp « arts and crafts » et j ai vraiment apprecie avoir plus de garcons inscrits sur ma liste que de filles, dont un qui m’a apporte sa machine a coudre avec ses petits projets perso. C’etait vraiment sympa, aucun enfant n’a réagit, quelques adultes ont souri. Une collegue qui a deux garcons m’a demande si j acheterais une machine a mon fils moi… j ai dit bien sur! mais bon j ai une fille et je suis pas sure qu elle m ait cru. J espere qu’elle a vu que les enfants prenaient du plaisir et qu elle va y réfléchir.

  • C’est marrant, mais si je n’encourage absolument pas les jeux sexués (ma Pouillette a beaucoup joué aux voitures, mon Cromignon regarde Dora et adore jouer à passer le balai et à nourrir ses poupons), je en suis pas génée pour autant par les clichés séxués.

    • Ben, moi ils ne me gênent pas s’ils reflètent un choix de l’enfant… Ils me gênent beaucoup plus quand les parents/nounous/société obligent l’enfant à jouer à tel truc ou l’empêchent de jouer à tel autre… Ou qu’ils lui font des remarques…

  • Ah j’étais comme mouflette…
    J’avais des poupées, avait horreur des Barbies (qu’on continuait à m’offrir malgré tout, pas mes parents mes les autres), une vraie tornade, avide aussi de sensations fortes, grimper aux arbres, revenir toute pourries, m’éclater, faire du BMX… avoir aussi plus de copains que de copines, parce que les filles je les trouvais « prout prout » ^^
    Les réflexions « garçon manqué » qd tu grandit, ça blesse, comme si tu devais te justifier d’être réellement une fille :-(
    Vers 10 ans j’ai voulu faire du foot, ma mère m’a encourager, le club ne voulait pas de filles dans ce sport « viril ». Une maman a sorti une fois que je n’étais pas une vraie, fille, que je finirai lesbienne (si si). Alors je ne le suis pas, et qd bien même, mais je trouve que sortir ça à un gosse ça se fait pas.
    J’ai jamais été trop robes/jupes, après l’adolescence j’ai été plus féminine (vestimentairement parlant) qd même.
    Pourtant, aujourd’hui je suis femme, j’aime un homme, j’ai tjs mon fort caractère et j’ai hâte d’avoir un bébé, l’allaiter itou (en essais bébé).
    Bref juste pour dire que des fois les gens sont très cons et que ça peut blesser, protège ta fille un max 😉

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