Etre féministe aujourd’hui

Sans titre 2Je suis une féministe endormie, une féministe qui s’ignore, une féministe apprentie…

J’ai baigné dans un environnement très machiste, comme beaucoup de femmes. J’ai acquis, sans même m’en apercevoir, un million de clichés sexistes, des idées reçues comme quoi la femme et l’homme sont siiii différents, la femme a naturellement sa place au foyer, l’homme au boulot, la femme sait naturellement lancer une lessive tandis que l’homme sait changer les bougies d’une voiture, la femme doit écouter son mari tandis que l’homme doit donner des ordres…
J’ai grandi dans une famille sexiste, avec un homme qui justifiait les actes qu’il m’imposait par d’innombrables petites phrases assassines à mon encontre ou à celle des femmes, en général…
J’ai donc grandi avec l’idée que la femme est un monstre, que l’homme est une pauvre victime de ses pulsions engendrées par les salopes qui sommeillent en toute femme.
J’ai appris qu’une fille devait être belle pour plaire aux hommes (et leur laisser le loisir de la violer tout en reportant la faute sur elle), qu’elle ne devait pas être une allumeuse (quand tu fais croire que tu dis oui, tu vas jusqu’au bout, sale pute!). J’ai grandi avec l’idée que les hommes sont « tous les mêmes », à savoir des connards, des salauds, et que nous, les femmes, n’existons que pour subir leur existence mortifère.

Bref, j’ai longtemps oscillé entre le rejet total de ces injonctions que je trouvais profondément injustes et l’appropriation d’un grand nombre d’entre elles, faute de connaître autre chose.

Et puis j’ai grandi, j’ai fait mon petit bonhomme de chemin, j’ai choisi de quitter un homme trop violent, j’ai choisi de porter plainte contre celui qui m’avait agressé quand j’étais petite fille, je me suis mariée et j’ai choisi de garder mon nom (pas mon nom de jeune fille, non, MON NOM, POINT!), j’élève mes filles comme, j’espère, j’élèverais des garçons, c’est à dire sans préjugé sexiste, du moins j’essaye… Au sein de notre couple, mon mari et moi partageons les idées sans rien nous imposer l’un à l’autre, je me sens une femme libre au même titre que j’essaye de le laisser être aussi libre que possible. Nous sommes respectueux l’un de l’autre et partageons cet espèce de « féminisme » qui me parait juste être la base d’un couple sain et solide…

Le sexisme fait, à mon sens, autant de mal aux hommes qu’aux femmes (pas de la même manière, évidemment).

Je me découvre aujourd’hui féministe. Ce que je croyais hier être « juste la base » se révèle être une idéologie féministe. Je me pensais « égalitariste », mais en fait non…
Je me rends compte aussi qu’en tant que féministe en devenir, j’ai pas mal de progrès à faire.

Je suis la première à hurler quand j’entends des propos « pro-viol », et je suis, malheureusement, aussi la première à dire des petites phrases qui ont le même effet…
Quand je lis « Elle était dehors, dans une ruelle sombre, vêtue d’une jupe courte » je comprends « pas étonnant qu’elle se soit fait sauter dessus par un pervers!
Quand j’entends des gens, souvent, demander « Oui mais elle était habillée comment? Et qu’est ce qu’elle faisait seule dehors à cette heure? » J’ai l’impression de vivre dans un pays où la femme n’a pas les mêmes droits que l’homme (c’est un peu vrai, malheureusement), que la femme doit subir une sorte de couvre-feu tacite, sans quoi elle ne devra pas se plaindre s’il lui arrive malheur…

Et pourtant, devant ma si jolie Mouflette, je me surprends à avoir peur qu’elle soit « si jolie », « trop jolie »… Je m’en veux immédiatement, j’essaye de me raisonner, mais merde, et si elle était moche, elle risquerait moins de se faire agresser? Allons allons… Et quoi, c’est la première jolie fille sur Terre? Est-ce qu’il arrive malheur à TOUTES les jolies filles? Est-ce que les jolies filles cherchent plus les emmerdes que les moches? Prennent-elles moins de risques?
C’est idiot… C’est même dangereux.

D’un côté, je m’agace de cette interdiction de la directrice du collège de ma fille « Pas de short pour les filles! On est dans un collège! » (sous entendu, dans mon esprit, « on n’est pas dans un bordel, gardez vos cuisses pour vous, les minettes! »), où est la perversité, dans les gambettes de collégiennes de 13 ans en moyenne? Ou dans le regard portés sur elles par des adultes?
D’un autre côté, je m’inquiète comme une dingue pour ma fille « trop jolie », impliquant tacitement qu’elle est responsable du regard porté sur elle, quand elle se met en valeur (ce qui devrait pourtant être le droit de chaque femme, sans crier à la provocation!)

Je suis relativement humble face à tout ça (je crois). Je suis féministe, je défends le droit des femmes, je m’insurge quand j’entends une phrase qui m’énerve, totalement sexiste. Mais j’essaye de ne pas être dans le jugement… Ces phrases sont prononcées par ignorance, dans une grande majorité des cas. Ignorance ou habitude. Nous vivons dans un pays macho et sexiste, les femmes subissent tous les jours des injustices profondes et révoltantes, dans l’indifférence quasi-générale.
Je fais partie de ces gens qui prononcent des phrases dangereuses… Par habitude, par ignorance, par facilité. Et quand on me reprend, je suis reconnaissante, parce que cela souligne une faiblesse, ça me me permet de me remettre en cause et d’ouvrir plus grand les yeux la prochaine fois.

Je suis féministe, dans la pensée, dans les actes, souvent. Mais je suis aussi sexiste que les autres…
Alors je me pose beaucoup de questions, qu’est ce qui est sexiste? Qu’est ce qui est acceptable et normal?
J’ai un peu le sentiment de rentrer à la maternelle des féministes, le monde m’apparait sous un jour nouveau, mais je vis dedans et ne peux pas tout rejeter d’un coup…

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49 Discussions on
“Etre féministe aujourd’hui”
  • L’histoire des shorts …

    il a du être fait une généralité sur les shorts actuels : cad très très court … et portée de façon vulgaire. Le short a remplacé la mini jupe de nos jours …

    L’age des collégiens est tout a fait celui où il FAUT être vulgaire pour être jolie (d’ou le short très court et le tshirt outrageusement voyant) Bref, c’est l’age où ils se cherchent sans demi mesure et l’institution peut aussi servir à leur expliquer les règles de la sociétés (en plus de leur apprendre le reste)

    Mais la direction du collège ne doit pas être très fine (ou déjà fatiguée !!!) pour avoir fait du cas du mini short une généralité … Bref, elle s’est pas cassé la tête à justifier son interdiction… ce qui très étrange de nos jours ou on demande de tout justifier !!!

    • Ca, je suis bien d’accord, le collège doit poser les limites de la décence, et je suis très à cheval là-dessus moi-même…
      Mais entre un mini-short porté de manière vulgaire et un short, tout-court, porté de manière à ne pas avoir trop chaud quand on habite une ville chaude, il y a un monde! (enfin, les jours plus gris arrivent donc le souci ne va rapidement plus se poser!)

      Pas très fin non plus le fait d’interdire les sacs Vanessa Bruno, parce que « c’est trop cher, il y a eu trop de cas de vol l’an dernier! »
      Que ce soit interdit parce que carrément pas physio pour les mômes, je le comprendrais, mais « trop cher »?? on trouve des sacs à dos aussi cher, hein… :p
      (Et ma fille n’a pas de Vanessa Bruno et n’en aura pas, là n’est pas le souci, c’est plutôt les arguments avancés que je trouve spécieux!)

      Mais bon, le fait est que ça pose beaucoup de question, je trouve. Le short a été interdit aux filles, mais pas aux garçons! (Bon, Mouflette m’a fait remarquer que rares sont les mecs qui portent des shorts à mi-cuisse, certes! :p )

  • Aah le short.. Dans mon lycée, s’il était vraiment court, on était renvoyé chez soi pour aller se changer! Mais s’il est porté de façon «  »normale », sans vulgarité je ne vois pas où est le problème..
    Toutes ces petites phrases comme tu dis, j’essaye de ne jamais les penser.. Bon je ne réussis pas tout le temps, mais je m’en rends compte et m’engueule toute seule^^

  • Des semaines que j’essaie d’écrire un article sur MON féminisme.

    Ben voilà, tu as très bien synthétisé tout cela… bravo.
    Je partage entièrement tes propos.

    Les clichés ancrés en nous, le fait qu’ils soient destructeurs pour les femmes ET les hommes.
    Le sentiment que ce n’est pas particulièrement féministe de partager les tâches, les idées, être sur un même pied d’égalité,comme 2 personnes, que c’est juste « normal »…

    J’ai, comme toi, eu l’envie d’étudier un peu cette matière qu’est le féminisme. Il y a quelques articles intéressants sur le site de Madmoizelle. Je viens aussi de terminer King-kong théorie, de Virginie Despentes.

    L’important, selon moi, dans le féminisme et d en pas se laisser dicter ses idées, une fois de plus…

    Encore bravo pour cet article !

    • Merci à toi! Tu résumes bien mes pensées! La difficulté de casser les clichés, voire ses propres idées préconçues… Ne pas se laisser en imposer d’autres…
      Je vais suivre le site Madmoizelle tiens! Je les suis de loin en loin, je vais le faire de manière plus active!
      Et lire des livres féministes aussi, ça m’aidera sans doute à y voir plus clair, à affiner mes pensées et convictions! 🙂

      • Je viens de lire « Beauté fatale » de Mona Chollet sur la vision du corps féminin dans les médias (séries, films, mode, blogs, etc…), c’est vraiment très intéressant et très documenté, je te le recommande.

  • Un sujet tellement important…
    Tu as raison, parvenir à ne pas tomber dans la facilité en se laissant aller à dire quelques bêtises (qui peuvent faire mal !) ne coule pas forcément de source. Et puis… d’autre part, ne pas être dans le jugement n’est pas simple non plus quand on entend des propos qui nous font bondir intérieurement.
    Bon… pour le short (pour tenter de plaisanter), j’y vois un avantage : si tu savais le nombre de bleus que se font mes enfants dans la cour par maladresse ! Là, au moins, avec un pantalon un tout petit peu plus long, il y a moins d’éraflures ! (C’était juste pour mettre un petit sourire dans la discussion ! Je comprends ton point de vue. 😉 )
    Merci de cette réflexion qui me passionne.

    • Huhu, voir le bien dans le mal fait partie de ma philosophie! 😉
      Comme tu dis, ce n’est pas facile de trouver un juste milieu. Ce n’est même pas toujours facile de voir ce qui est sexiste et ce qui ne l’est pas, en ce qui me concerne.
      J’essaye d’être vigilante, notamment dans l’éducation de mes filles… Prendre en compte les spécificités de leur genre (parce qu’il y en a et les ignorer n’est pas bon non plus) tout en leur donnant le plus de chances possibles d’être des femmes épanouies et libres!

  • J’ai eu la chance d’avoir des parents équilibrés sur leur vision de la femme et de l’homme dans la société, et du coup je ne me considère ni comme féministe, ni comme traditionaliste. Je pense juste que la femme a les mêmes droits que l’homme, sans être son égale (dans le sens où on est différents d’un point de vue physique, psychologique aussi, et on est complémentaires). Ceci dit je comprends ton article qui est très fort dans cette envie de rétablir une équité justifiée.
    Je pense que la société n’évoluera pas dans le meilleur sens pour la femme. La société dépeint partout (clips, télé, pub) une femme objet qui est soit disant libérée dans ses moeurs, mais qui correspond finalement ni plus ni moins à ce que l’homme attend d’elle.
    Je comprends ton incompréhension par rapport aux shorts très courts interdits au collège. C’est vrai que les shorts permettent d’avoir moins chaud. Disons qu’au collège, les filles ont souvent un corps de femme, et parfois, sont habillées (voire maquillées) comme des femmes, et donc renvoient l’image de la femme dépeinte dans notre société (donc sexe). Donc d’un côté, je comprends aussi l’avis de la directrice…
    C’est un sujet vraiment délicat que tu as abordé, mais tu l’as fait sans juger et ça c’est tout à ton honneur!

    • Merci Anne-Estelle!

      Pour le short, c’est plus un questionnement qu’un coup de gueule, en fait…
      Un short court, c’est gênant, certes, dans l’image que nous avons d’une société décente… Mais en soi, en quoi est-ce choquant de voir les jambes de jeunes filles? En quoi cela justifie t’il une interdiction? Je préférerais que l’uniforme soit de rigueur, en fait, ça éviterait d’avoir à se poser des questions.
      En quoi une fille habillée « légèrement », si telle est son envie, est moins respectable qu’une fille habillée « normalement » (selon les normes établies, donc).
      Sûr que la société actuelle nous envoie des messages bien contradictoires… Le corps de la femme fait vendre, la femme est un objet…
      A côté de ça, on juge sévèrement les femmes aux « moeurs faciles », alors qu’aucun homme ne sera jugé d’avoir « couché le premier soir » ou que sais-je encore…

      C’est difficile de faire la part des choses, je trouve.
      Je lisais encore tout à l’heure une personne choquée de voir des petites filles avec des cartables Hello Kitty… Mais en quoi est-ce choquant? Si c’était un garçon, ça le serait moins? Est-ce le rose pour une fille qui est choquant ou le message véhiculé par le personnage, en tant que tel?

      Je me pose beaucoup de questions… 🙂

      • Pour moi, l’interdiction du short, c’est plus une idée de tenue correcte. Disons que tu n’irais pas toi-même au boulot en short, c’est une tenue pour les vacances, pas une tenue de tous les jours. Mais c’est vrai que les collèges et lycées se justifient davantage sur la « décence ».

      • Je suis d’accord que l’uniforme évite bien des questions et permet une équité entre garçons et filles. Et je suis d’accord aussi sur le fait que dans notre société, une fille qui couche le premier soir sera appelée une salope ou une fille facile, alors qu’un homme sera appelé un Dom Juan (et ça me choque tout autant que toi)… c’est vrai que sur ces questions là on est loin d’avoir trouvé le juste équilibre pour que les femmes soient autant respectées que les hommes…
        Pour le Hello Kitty, je ne vois pas du tout ce qui est choquant: les petites filles y voient juste un petit chat mignon avec un noeud rose. Je pense que le féminisme va souvent trop loin. Une petite fille avec un sac hello kitty ce n’est pas choquant pour moi 🙂
        Ce qui fait avancer les choses, c’est les réflexions, les débats, comme tu viens de le faire avec ton article. Les mouvements fémen qui se mettent à poil pour se faire respecter, ça ne fait rien avancer du tout selon moi.
        Se poser des questions c’est super en revanche 🙂 Y a que les personnes qui se posent des questions qui trouvent des réponses et arrivent à faire bouger leur monde!

  • Bonjour,
    Perso je la trouve bien cette loi, une tenue correcte à l’école( comme en prison!) c’est épaule et genoux couverts et basta.Il faut bien poser des limites quelques part pour protéger nos enfants , filles ou garçons..

    Le féminisme vaste sujet..
    Il reste plus simple, et moins risqué de l’être dans une société comme la notre que dans beaucoup d’autres pays où là le chemin sera encore bien long pour ces femmes pour enfin sortir du moyen age ..

    Comme toi des choses me révoltent et me font bondir mais certains combats des féministes pures et dures me laisse perplexe comme celui pour enlever le terme « Mademoiselle « sur les formulaires… Je suis autant perplexe face au mode d’action des Femen et pas franchement sure qu’elle fasse avancer la cause des femmes dans le monde.
    Je me considère néanmoins comme féministe et le choix de mon pseudo (Lilith) en témoigne mais je suis plus pour réelle égalité homme /femme que pour la toute puissance des femmes .
    A nous, parents, d’éduquer nos garçons pour qu’ils ne deviennent pas des machos arriérés, leur apprendre le respect des femmes et à nous de donner des armes(au sens figuré bien sur) ,des principes et des conseils à nos filles pour qu’elles se protègent elles même avant tout.exemple: Grandir avec la notion que personne n’a le droit de lever la main sur soi .. certes ça n’évitera peut être pas des violences mais savoir les reconnaître peux aider à ce qu’elles ne se (re)produisent pas.

    et pour finir, je suis fière d’être une femme, dans notre pays, à notre époque.

    Bonne journée

    • Je suis d’accord, il y a bien pire ailleurs, mais ce n’est pas une raison pour se reposer sur nos lauriers de « légalité », parce qu’on est loin de vivre dans une société juste…

      Pour ce qui est du « mademoiselle », je fais partie des rares personnes pour sa suppression. Le combat est, selon moi, même dans les plus petits détails…

  • Pour moi ont doit juger les femmes comme les hommes et toutes les situations pareillement. C’est ça pour moi le féminisme, c’est un traitement égale à tout moment.

    Si j’engueule mon frère parce qu’il a sorti son iphone dans un bus à 2h du matin et qu’il se l’ai fait volé ça ne choque personne. Car oui, il devrait avoir le droit de pouvoir le faire mais on sait que nan, ya des moments où tu fais attention autour de toi et tu tentes pas le diable.

    Alors pourquoi ne pourrais-je pas engueuler ma soeur pareillement si elle s’est faite agresser alors qu’elle se baladait en bikini tard le soir ? Pourquoi cela choque dans un sens et pas dans l’autre ?

    Évidement que dans les deux cas j’ai juste envie de brûler ces connards qui t’obligent à devoir faire attention et t’empêchent de faire des choses qui me paraissent normales ET en même temps oui, il y a des cas où les gens, hommes comme femmes, tentent le diable. On sait que certaines rues sont dangereuse tard le soir donc il faut faire attention et ça ne fait pas de moi une méchante qui donne raison aux violeurs/voleurs. JAMAIS.

    Pour moi le féminisme c’est ça, c’est être traitée comme un homme. Ce n’est pas parce que je me bats pour qu’une femme ait les même droit qu’un homme que je vais valider des comportements dangereux.

    • Dans ce cas on doit juger sur les mêmes critères. Se faire voler son portable a des conséquences quand même nettement moins graves et dramatiques que se faire violer.

      Alors posons la question différemment, dirais-tu à ton frère de faire attention à ne pas se promener dans telle rue pour ne pas se faire violer? Et si ça lui arrive, alors qu’il est vêtu d’un short de sport et d’un tee-shirt moulant, trouverais-tu qu’il a pris un risque amenant à ce drame?
      Moi non… Je me refuse donc à penser qu’une femme qui se balade en bikini, en polaire nordique ou peu importe comment prend plus de risques en se baladant à tel endroit, à telle heure…

      Même si, dans le fond, je suis d’accord avec le fait que prendre des risques est inutiles, et se balader dans tel quartier, après telle heure, est risqué… Mais ne mélangeons pas tout…
      Le souci c’est la question « comment était-elle habillée? » »que faisait-elle TOUTE SEULE dans la rue? » « pourquoi sortir si tard? » Le monde dans lequel on vit est à blâmer, on ne peut pas rester cloîtré chez soi pour ne rien risquer… On a le droit de s’insurger quand un homme ou une femme se fait agresser, peu importe l’heure ou l’endroit…

      • C’est vraie que ce n’est pas la même chose mais rare sont les hommes violés dans la rue alors je n’avais pas trop d’exemple mais si j’ai des connaissances qui pour un vol de téléphone se sont pris des coups de couteaux (tout de suite le vol tu le sens passer !)

        Poser la question de comment elle était habillée ne me viendrai jamais à l’esprit surtout que je me suis déjà fait abordée en jogging et gros pull ! En revanche je demanderais si c’était en pleine nuit, dans un quartier craignos ? C’est plus ces critères là qui pour moi font que l’on tente le diable.

        Oui, je m’insurgerais si quelqu’un se fait agresser, ça ne me viendrait jamais à l’esprit de lui dire « HA HA, BIEN FAIT » en le pointant du doigt mais je ferais quand même savoir à la victime que merde, dans un monde comme le notre il y a des choses à ne pas faire, c’est trop dangereux et on ne peut pas vivre comme dans un épisode des bisounours. Pour moi il y a un juste milieu entre vouloir être libre et faire ce que l’on veut et l’endroit où l’on veut être libre et faire ce que l’on veut.

        C’est plutôt ça le point important même si dans l’idéal (c’est pas pour rien que c’est un idéal, on ne l’atteindra jamais mais on peut s’en rapprocher) on devrait pourvoir 6etre libre et faire ce que l’on veut partout dans le monde.

        • Effectivement, vol avec coups de couteau, ça change la donne mais ça reste différent d’un viol…
          Et certes, rares sont les hommes qui se font violer dans la rue, mais a final, sur la masse des viols à l’encontre des femmes, le viol dans la rue reste minoritaire aussi, je suis curieuse de connaître les statistiques…

          Pour ce qui est de faire savoir à une victime qu’elle n’a pas tout à fait fait ce qu’il fallait pour éviter un tel drame, j’avoue ne pas en comprendre l’intérêt. Que tu mettes en garde AVANT, afin de permettre d’éviter une agression à la personne, je comprends, oui, mais après, je crois que ça ne sert plus à rien si ce n’est remuer le couteau dans la plaie et faire encore plus de dégâts…

  • Moi j’ai 4 enfants enfants par choix, un mec féministe un vrai ( il dit toujours « quand ON a accouché » ), et ben c’est pas facile tous les jours pour nous autres… expliquer que c’est lui qui est le spécialiste es lessives-repassage et que c’est moi qu’il faut regarder quand on parle mécanique et plomberie… que mes fils aiment le rouge à lèvres et le vernis et que ma fille ressemble à un valkyrie, en rose mais une valkyrie quand même.. moi je vis très bien avec tout ça et le plus dur c’est de se convaincre ne pas avoir à se justifier devant les autres … C’est une lutte permanente pour casser les stéréotypes moisis qui veulent nous faire entrer dans les cases. Alors oui moi je le dis souvent que j’élèvent de petits résistants. C’est pas tous les jours facile hein … Moi aussi des fois je suis victime des préjugés que je m’efforce de combattre. Mais quand j’entends des gens dire  » ho moi j’ai rien contre les homos hein mais bon moi si ça m’arrivait ce serait la catastrophe , hein parce que j’aurai pas de petits enfants et bla bla, pas naturel tout ça ou Ha quoi un garçon ça joue pas avec des barbies quelle idée ! » ça me fait bondir …le féminisme c’est un peu le combat pour l’égalité et la liberté non ? et je dis bien combat , apaisé certes, mais un combat quand même … j’ai bien votre article ceci dit … ;o)

  • Je suis d’accord avec vous, c’est un combat! Et il est difficile de faire valoir ses droits et ses pensées…
    J’ai moins le souci avec mes filles, même si ma grande a souvent été taxée de « garçon manqué » (même par moi, et je n’en suis pas fière).

  • Pas de shorts, pas de voiles, on continue à combattre les signes exterieurs quels qu’ils soient essentiellement chez les femmes, je ne suis pas sûre qu’on fasse progresser notre cause en nous dictant notre dress code… Je te joins l’article d’un homme féministe qui contient aussi le lien vers le blog d’une féministe et d’encore une autre aussi féministe, ça permet un joli triptyque de points de vue sur ce terme et ce qu’il veut dire pour chacune et chacun d’entre nous, bonne soirée http://paf-le-paf.tumblr.com/post/52937985260/quand-je-dis-a-un-homme-que-je-suis-feministe

    • Merci! 🙂
      J’ai lu ce lien… J’avoue ne pas bien comprendre le problème avec les cartables roses HK et cie… N’est-ce pas, au final, un peu sexiste, aussi, que de penser qu’un cartable rose pour une petite fille, c’est trop genré, trop ceci, trop cela?
      Ma fille cadette adore le rose, elle est donc parfois habillée en rose, est-ce pour autant quelque chose qui va l’amener à ne pas se respecter en tant que femme?
      Et si un garçon porte du rose, porterait-on les mêmes jugements, en tant que féministe?
      J’ai un peu de mal avec le fait de vouer aux gémonies certains signes et pas d’autres… Spiderman sur une petite fille, c’est vachement mieux que Hello Kitty? Et l’inverse, c’est un signe de lutte active?

      Bref, je m’égare…
      Et je suis tout à fait d’accord pour le dress code!

      • Ah je l’avais pas compris comme ça mais plutôt comme le fait que le merchandising fait que tu as peu de choix. Globalement moi qui suis mère de garçons, mes garçons se dirigent automatiquement vers des trucs Cars ou Sam le pompier ou bref de la licence à testostérone. Et mes copines qui ont des filles ont l’impression d’être orientées aussi relativement directement vers ce qui doit plaire à leurs filles. Leur laisse t’on le choix, même si nous avons l’impression que nous en tant que parents nous leur laissons (mon fils cadet a une palanquée de slips cars et je ne pense pas qu’il deviendra pour autant un gros con machiste), les rayons des magasins en laissent peu. Voilà comment je l’avais compris 😉

        • Ha oui, effectivement! 😉
          Je trouve qu’on a quand même beaucoup de choix « alternatifs », justement… Des cartables totalement mixtes et adorables…
          Mais c’est sûr que dans les grands magasins, le choix est très dirigé… Les rayons « garçons » et « filles » des grandes surfaces me donnent des envies de tout casser… Et on trouve même le souci dans les livres, désormais, avec Léa joue à la coiffeuse et Max conduit son gros camion… Il n’y a pas de place pour la demi-mesure, vive les clichés genrés…

          Enfin, fréquentant très peu les grandes surfaces (mon mari fait les courses! ;-)) je suis peu confrontée au problème, ce qui explique peut-être ma « naïveté »! 😉

  • J’ai un côté féministe mais en fait je ne m’en rendais pas trop compte avant d’avoir ma fille… certaines choses que je pensais normales pour moi et dans ma vie, je me rends compte à quel point il faut continuer à les défendre et à transmettre à nos enfants que les femmes et les hommes ont droit au même respect et à la même égalité, je me rends à quel point les mentalités de certains sont encore au moyen âge, à quel point le sexisme a encore de beaux jours devant lui… rien n’est acquis… et comme toi j’ai peur parfois pour ma fille juste parce qu’elle est une fille et que certains croient avoir tous les droits sur les femmes…

  • Oui malheureusement le feminisme est reste une consideration de femmes. Les mamans elles-meme essaient de proteger leurs filles en leur donnant des interdits… Quoi faire? Les garcons devraient apprendre la citoyennete et l’egalite des sexes! Mais tant que les choses n avancent pas de ce cote la, les filles continuent d anticiper les violences et d etre seules en charge de se premunir d’une aggression… « elle n aurait pas du… » « elle cherche… » Et les garcons naviguent dans un monde qui leur appartient.

  • L’iceberg qu’est le féminisme. Tu ne touches qu’au viol mais il y a tellement et tant de sujets; la sous-représentation médiatique de la femme, la sexualisation des jouets, le culte de la beauté,… Gniiiiiih!!!! Qu’est-ce qu’on s’écclate dans le féminisme!!!

    <3

  • ton billet est très bien écrit, bien sûr que ce n’est que mon jugement personnel, je suis comme toi un peu perdue devant la cause féministe, je ne me sens pas extrémiste du tout, je suis très mitigée parce qu’aussi maman de deux filles (les plus belles du monde) etc… et je trouve ce sujet très complexe ! bravo en tous les cas pour la justesse de tes mots

  • très intéressantes, tes réflexions sur le sujet… pour ma part, d’avoir grandi avec une mère pas mal soumise m’a fait réaliser très vite que jamais je me laisserais dominer par un homme et j’ai donc complètement rejeté ce modèle. Après, est-ce vraiment du féminisme…

  • J’aime beaucoup ton article, qui est aussi très proche de ma position… Je ne me sens pas féministe militante, ni au contraire anti-féministe… Mais j’ai envie d’égalité réelle entre les sexes… Et les clichés ancrés au fond de nous sont parfois totalement inconscients, et méritent qu’on prennent le temps de réfléchir pour les éliminer.

    Ces clichés sont partout, parmi les personnes qui s’occupent de nos enfants aussi… La nounou hier a montré aux « filles » (elle ne garde que des filles en ce moment) la « grosse voiture de garçon » parmi les jouets… Alors oui, c’est bien, elle montre aussi aux filles les jeux de voiture… mais pourquoi préciser « de garçon » ???
    J’ai aussi croisé un voisin, ma fille avait sa poupée, la grand-mère du petit remarque que « à la maison, ils n’en ont pas, c’est plutôt voiture et camion !!’… ce à quoi j’ai répondu qu’il avait l’air très intéressé ce petit, peut-être qu’une poupée lui ferait plaisir !

    Et je te rejoins pour la suppression du Mademoiselle… Ce qui n’est pas facile non plus, de cocher Madame pour ma fille de 2 ans, en général, les gens corrigent derrière moi…

    • Merci pour ton avis! C’est sûr que les clichés sont partout… Et à la fois, tout devient stigmatisant, ce qui n’est pas très constructif…
      Une petite fille qui aime les poupées, ce n’est pas sexiste, c’est juste une peite fille qui aime les poupées, au même titre qu’un petit garçon qui aime les poupées!
      Je trouve que la limite est ténue pour ne basculer dans « un clan » ou un autre… C’est peut-être une autre forme de féminisme, plus ancrée dans la réalité?

  • Pour les jouets, je pense qu’il faut proposer à tous les enfants poupées, voiture, camions, grues, dinette… Bref, une panoplie de TOUS les types de jouets (pas forcément des jouets en quantité, hein, mais des jouets variés), et chaque enfant peut choisir ce qu’il préfère, qui peut d’ailleurs changer selon les périodes… (la période pelle mécanique est remplacée par la période poupée pour ma fille). Et pour moi, il n’y a pas de jouets « de fille » ou « de garçon », du coup, donc finalement, pas de sexisme…
    Mais dès qu’on sort de la maison, les petites remarques sont partout… sur les filles qui sont bavardes, sur tel type de jouet… Je ne sais d’ailleurs en général pas trop comment réagir face à ces lieux communs, qui cataloguent les enfants selon leur sexe, et ne leur laisse finalement pas la liberté d’aimer les poupées ou les voitures, d’être casse-cou ou prudent, bavard ou timide… Mais je crois qu’on s’éloigne de ton sujet initial !

  • Le féminisme est devenue si importante actuellement.
    Toute femme se veut d’être belle, parfaite même.
    Aujourd’hui, pour se pavaner avec TON short, il faut d’abord mériter de le porter. Image oblige. Dans le programme, affiner les cuisses.

  • La place de la femme est difficile à trouver dans la société.
    Ayant deux filles (forcement les plus belles 😉 ) je me pose beaucoup de questions… Nous nous posons beaucoup de questions…
    Et puis l’image de certain… C’est d’ailleurs pour cela que je ne vois plus ma belle famille, trop de : mais pourquoi c’est lui qui étend le linge ? ce n’est pas ton esclave.
    (véridique ! et moi je venais de faire à manger, passer l’aspi et vider le lave vaisselle, mais ça c’est normal.) Pour ma belle mère la place de son fils était devant la télé pendant que bobonne bosse…
    Belle image pour une personne qui n’a pas encore 60 ans…
    Le féminisme et l’égalité ont encore du chemin à faire, dommage qu’ils prennent parfois des chemins si extrémistes. J’ai beaucoup de mal avec les femens par exemple. Je ne vois pas l’intérêt de se promener à poil. Pas sur que cela serve la condition féminine….

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