Prendre confiance en soi

Sans titre 8Comme on le constate assez rapidement en lisant ce blog, la confiance en moi et le self-estime ne m’étouffent pas à proprement-parler…
Je suis une personne qui doute énormément de moi. Je doute de tout ce que je fais, de ce que je suis, de ce que je vais devenir et de ce que j’ai été… Je doute beaucoup trop, et ça ne me permet pas d’avoir un niveau de confiance suffisamment élevé…

Cependant, depuis quelques mois, ou années, cela dépend sur quels points, je sens que je prends confiance en moi… Le changement s’est fait subrepticement, mais je bénéficie aujourd’hui des conséquences, et c’est très agréable!

J’ai toujours été un peu « rebelle », refusant certaines conventions… Et j’ai surtout toujours été très fonceuse, agissant avant de réfléchir, avant que le doute ne s’empare de moi et me rende immobile.
Le truc c’est que j’agissais, je fonçais tête baissée, et quand je me ramassais par terre (ce qui est arrivé souvent), c’était l’occasion pour moi de me dénigrer un peu plus et de m’en vouloir de toutes ces mauvaises décisions que je prenais.

Aujourd’hui, je sais que j’ai ce trait de caractère, et je sais surtout que c’est bien plus une qualité qu’un défaut. Oui, foncer présente des risques, mais ça me permet de ne pas rester statique… Foncer, c’est se tromper, faire des erreurs, et donc apprendre de celles-ci. Foncer c’est aussi, parfois, prendre la bonne décision, le bon chemin, et se retrouver là où on n’aurait jamais espéré être…
Bref, pour moi ça présente finalement bien plus d’avantages que d’inconvénients, et si hier, je redoutais ma spontanéité, aujourd’hui je suis plutôt contente de ne pas faire partie des gens qui ont trop peur de faire le moindre pas et qui passent à côté de leur vie…

Prendre confiance a aussi beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients. Bien sûr, je ne serais sans doute jamais de ces personnes sûres d’elles et de ce qu’elles font… Je ne serais sans doute jamais pleinement fière d’avoir accompli ci ou ça. Mais je m’affirme .
Je ne suis pas spécialement fière de qui je suis, mais je n’en ai plus honte non plus. Je suis, point, et on me prend comme ça ou on dégage (bon, en vrai c’est un peu plus nuancé, mais l’idée principale est là)

Par exemple, je suis grosse. Certains doivent penser que je suis grosse et moche, loin de moi l’idée de les contredire, chacun son opinion (du moment qu’on ne vient pas me la balancer en pleine tronche, ça m’est devenu complètement égal qu’on pense que je suis ci ou ça!). Néanmoins, moi, je n’ai plus honte d’être grosse, je n’ai plus envie de me cacher, je ne me dégoûte plus. Je suis lucide, oui, je suis très ronde, non je n’ai pas la taille mannequin ni un physique correspondant aux normes esthétiques actuelles. Mais j’existe et j’ai le droit, comme tout le monde, de vivre et d’être respectée.
Cette nouvelle assurance m’a permis, curieusement, de perdre pas mal de poids (+ de 10 kilos en 2013 pour ceux qui ont suivi mon « rééquilibrage alimentaire chez Weight Watcher!), de prendre beaucoup plus soin de mon apparence, de ne plus jamais avoir envie de me cacher. Je mets des photos de moi sur ce blog (chose impensable il y a 5 ans!), je sais que les gens vont me juger, en bien, en mal, j’accepte. Evidemment les retours positifs me font énormément plaisir et remontent encore un peu mon ego. Et par chance, ceux qui ont avis négatifs ne me le donnent pas (je les remercie également!), ce qui facilite forcément les choses!

Autre exemple, ma vie professionnelle… C’était mon gros complexe, le raté de ma vie, ma grande honte… L’année dernière encore, cet échec me faisait terriblement souffrir.
Et puis, je ne sais trop comment, peu à peu, j’ai accepté mon parcours un peu chaotique, totalement atypique… J’ai accepté le fait que j’étais humaine, que j’avais mes limites, que je n’avais pas pu mener de front études, maternité ET procédures judiciaires… Que oui, ça avait été un peu au dessus de mes forces, mais néanmoins, j’ai avancé, j’ai eu mes diplômes, avec du retard, certes, en prenant mon temps, mais je les ai eu… Je suis restée une maman, et je ne crois pas avoir trop failli dans ce rôle. Parallèlement, ma vie familiale se porte à merveille, et c’est une belle réussite.

Bref, j’avais honte et ça me paralysait. J’ai refusé, par deux fois, d’aller passer l’examen d’entrée au CRFPA parce que je m’y sentais tellement illégitime, parce que mon parcours miteux ne prouvait qu’une chose: j’étais une incapable. Et puis j’étais trop vieille, j’avais au moins 5 ou 6 ans de retard…
Aujourd’hui, je ne sais pas si je me sens plus capable d’avoir ce diplôme… Mais l’idée de le passer à 35 ans, avec plus de 10 ans de retard, ne me fait plus peur… J’ai un vécu, une façon de le surmonter qui m’ont ralenti. Bien sûr, certains s’en sortent bien mieux que moi avec des traumatismes similaires, mais je ne suis pas eux, je suis moi, et moi c’est comme ça que j’ai avancé avec mes casseroles… Et ma foi, on ne peut pas dire que je sois restée inerte, alors c’est déjà plutôt positif!
Enfin, c’est peut-être facile pour moi de dire ça aujourd’hui alors qu’à priori, je ne vais pas me réinscrire à cet examen avant minimum 2 ans, on verra bien le moment venu!

Le revers de la médaille de cette prise de confiance en moi, c’est que ça déplait à certaines personnes… Certains sont habitués à ce que j’ai un caractère, disons, plutôt invivable (mon mari pour ne pas le citer), d’autres sont plutôt habitués à ce que je prenne des pincettes pour m’adresser à eux, parce qu’ils me font douter de moi et mon manque de confiance ne me permet pas d’admettre qu’ils ont tort. Et surtout ma soif de reconnaissance me pousse à rester en contact avec eux, dans l’espoir, peut-être, qu’ils changeront d’avis…

Pour ceux-là, c’est un peu difficile parce que je doute de moins en moins et parce que je ne suis plus autant tributaire de l’avis des autres… Parce que même si je ne suis jamais certaine d’avoir raison (qui l’est?) je me permets de donner mon avis, même s’il ne plait pas, je me permets de remettre les autres en question, ceux qui se sont tellement permis de le faire avec moi… Et forcément, ils perdent le petit pouvoir qu’ils avaient sur moi, et ça les énerve…

Du coup ça permet de faire le tri dans mes connaissances, dans mes contacts… Il y a ceux qui se réjouissent que je prenne enfin un peu conscience de ma valeur, ils me trouvent plus jolie, plus rayonnante, plus gaie et sont heureux de me le dire (me mettant dans un état proche de la liquéfaction à chaque fois!)
Et il y a les autres, ceux qui trouvent que je prends la grosse tête, que je deviens pédante et prétentieuse… Pourquoi je ne les crois plus? D’une parce que je n’en ai pas envie, moi je me sens heureuse, et si je deviens prétentieuse, bah, si c’est ça qui me rend heureuse, tant pis, j’assume! Et de deux, parce que mon manque de confiance me rendait (et me rendra probablement encore) beaucoup trop gentille et généreuse, faisant de moi une proie facile pour ceux qui aiment abuser et dépendre des autres… En m’affirmant, je leur refuse des privilèges que je leur accordais sans réfléchir, qu’ils soient matériels ou amicaux… En m’affirmant, je n’ai plus peur de perdre ces gens, je comprends que l’amitié n’existait pas et que la relation était plutôt basée sur une sorte de dépendance affective de ma part et de profit de la leur… Alors c’est dur, mais je les laisse (ou les pousse à) partir, et je m’entoure de gens sympa, équilibrés qui savent se réjouir du bonheur des autres sans se morfondre sur leur propre sort.

Avancer, décider de changer, c’est accepter que les choses ne seront plus jamais comme avant… On va vers le positif, c’est super! Mais cela demande quelques sacrifices… De se remettre en question, d’accepter qu’on a fait des erreurs, pour pouvoir les réparer, ou ne pas les commettre à nouveau. C’est aussi accepter de se lancer dans l’inconnu, ce qui est toujours un peu flippant (pour ça que je saute sans réfléchir, sinon la peur me paralyse!). C’est aussi, et surtout, accepter que nous sommes responsables de notre existence (pas des aléas de celle-ci, mais de ce que l’on en fait), que si un truc ne nous plait pas, nous sommes seuls en mesure de le changer… Attendre des autres, du monde, en vouloir à tout le monde sauf à soi, c’est humain, mais ça va 5 minutes, pour avancer c’est soi qu’il faut questionner!

Alors je vais continuer d’avancer comme ça, avec tous mes défauts, mes casseroles de plus en plus petites, et ma nouvelle confiance en moi, si fragile, en bandoulière! Je vais tenter de continuer mon chemin en étant la plus heureuse possible, et en essayant, du mieux que je peux, de rendre ceux que j’aime joyeux et heureux!
Parce que si ma métamorphose me fait du bien, elle est aussi très salutaire (et reposante) pour mon entourage proche! Mes filles et mon mari me remercient de ne plus autant être une boule de nerfs et de doutes! 😉

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