Donner la vie, est-ce égoïste?

Pourquoi mettons nous au monde des enfants? Pour le plaisir altruiste et citoyen d’offrir une démographie florissante à notre patrie? Pour le plaisir de donner la vie et d’offrir le plus beau cadeau qui soit à un être humain, celui de vivre? Ou faisons-nous des enfants pour nous, parce qu’on aime avoir quelqu’un à chérir?

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Je ne sais pas s’il y a des bonnes ou des mauvaises raisons d’avoir des enfants. Certains en font pour combler leur rêve de famille nombreuse, ou parce que c’est « comme ça », la norme veut que l’on se reproduise alors on le fait sans se poser de question, ou encore peut-être parce qu’un enfant est une promesse d’avenir et de renouveau? D’autres feraient des enfants pour toucher des allocations (mythe ou réalité? On est en droit de se poser la question…), pour maintenir en vie un couple qui bat de l’aile ou pour garder près de soi un homme qui semblait vouloir partir.

Je ne sais pas très bien pourquoi j’ai fait des enfants. Je crois qu’il est plus facile de savoir pourquoi on n’en veut pas plutôt que d’expliquer pourquoi on en veut.
Quand je suis tombée enceinte de Mouflette il ne m’a pas fallu longtemps pour savoir que je voulais la garder. On m’a souvent taxée d’inconsciente ou d’irresponsable… Mais on m’a aussi très souvent dit que j’étais courageuse.
Or, je pense surtout avoir été égoïste.
Ca n’était pas conscient mais je savais que mettre au monde un bébé, être responsable de quelqu’un d’autre que moi-même me forcerait à me prendre en main, me donnerait la force de m’en sortir. Le vrai courage aurait été de m’en sortir toute seule et de faire un enfant ensuite…
Je n’ai jamais regretté la naissance de ma fille, mais je regrette qu’elle m’ait sauvé la vie. D’avoir eu besoin d’elle pour prendre en main ma vie… Et lui faire porter un parcours qu’aucun enfant ne devrait avoir à cheminer. Je ne me posais pas ces questions à l’époque. J’ai survécu, elle a survécu avec moi. Et aujourd’hui nous sommes heureuses et je crois qu’elle est une jeune fille épanouie et heureuse de vivre. Mais je devrai vivre le restant de mes jours avec le poids de ce qu’elle a traversé avec moi.
Et avec le fait que malgré tout je ne regrette rien… Alors qu’elle n’a rien demandé, elle!

MissCouette et Noisette sont nées dans des conditions beaucoup plus banales… Un couple, une petite famille qui veut s’agrandir, la joie de s’imaginer cajoler un bébé et de voir nos enfants grandir et s’amuser… Une image d’Épinal en somme…
La décision n’en reste pas moins égoïste. On fait des enfants pour nous, pour faire des gros câlins à un bébé joufflu, pour passer de beaux moments avec eux, pour voir un avenir au pluriel…
L’enfant n’a jamais demandé à naître, lui… Et mettre au monde un être humain, c’est prendre le risque qu’il soit malheureux…

J’adore la vie. Malgré toutes les épreuves de mon vécu, j’aime vivre et je suis reconnaissante d’être née. Vivre ne m’a toujours procuré que de la joie, mais j’ai toujours vu le petit truc qui me rendait heureuse. Une musique qui me transporte, une jolie fleur, une bonne odeur, un bon gâteau (faudrait que je me calme sur les gâteaux!). J’ai toujours choisi la vie (la naissance de Mouflette, aussi égoïste soit elle, en est la preuve…)(Je précise que cette phrase n’est absolument pas « pro-vie » genre anti-IVG, en la relisant je trouve qu’elle porte à confusion), même si je trouve ça un peu relou de se dire qu’il y a une fin.
Je suis partie un peu trop rapidement du principe que si j’étais si heureuse de vivre, mettre des enfants au monde était un beau cadeau à leur faire… Même si je n’ai jamais été dupe, c’est surtout un cadeau que je nous ai fait à mon mari et moi, voire à nos enfants déjà existants.

Alors je ne sais pas si donner la vie est purement égoïste… Ou si c’est un peu égoïste et un peu altruiste aussi… On pourrait me rétorquer que vu la difficulté que c’est d’élever et de s’occuper d’un enfant, c’est plutôt super altruiste… Mais ça dépend des cas je suppose! Pour moi m’occuper de mes enfants est un plaisir immense et une source de grande joie. Même si on passe par des passages à vide comme tout le monde.

J’essaye de tout faire alors pour que mes filles soient heureuses. Pour leur apporter beaucoup de bonheur et qu’elles se disent « Ouha mais je suis trop contente d’être en vie, c’est trop cool! ».
Je crois que c’est la plus grande satisfaction que peut attendre un parent (et plus particulièrement une mère car c’est elle, techniquement, qui construit et donne la vie), voir ses enfants heureux d’être là. Et savoir qu’on a pris la bonne décision en décidant de les avoir.

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41 Discussions on
“Donner la vie, est-ce égoïste?”
  • quel sujet passionnant ! Il me semble qu’effectivement « donner la vie », « faire un enfant », « vouloir être enceinte » relèvent d’un désir « égoïste » (au sens tourné vers soi, vers son égo) d’une femme ou d’un couple. Par contre, vouloir élever un enfant, vouloir aider un enfant à grandir,
    vouloir que son enfant s’épanouisse avec nous puis loin de nous…ça me semble plutôt altruiste…
    Je trouve qu’il y a vraiment 2 choses différentes : vouloir être enceinte et ensuite éduquer et s’occuper d’un enfant. Ce sont vraiment 2 choses différentes et je remarque même que certaines personnes adorent être enceinte, accoucher, s’occuper d’un enfant petit
    mais ensuite quand l’enfant grandit c’est beaucoup difficile pour elle ou pour lui…comme si elles/ils n’arrivaient pas à faire la transition entre ce moment où l’enfant est porté (dans le ventre puis contre soi) et ce moment ou l’enfant grandit hors d’elle/ de lui…
    c’est ce passage là qui me semble le plus important et qui va prouver ensuite si « faire un enfant » c’était effectivement un désir égoïste…parce que finalement être enceinte, ce n’est que provisoire…celui qui EST là, c’est l’enfant qu’il faut accompagner…

  • Superbe article ! Vraiment en phase avec cette ambivalence, égoïsme altruisme… Ce qui est important c’est tout l’amour qu’on peut donner, y compris l’amour de la vie !

  • Il est très bien ton post. Je rêve d’un troisième et je me pose les mêmes questions que toi, je me dis que c’est égoïste de penser à un troisième aujourd’hui alors qu’on ne sait même pas si les 2 autres auront une vie correcte, un travail, une maison…
    On est bien à 4 finalement, pourquoi plus ?
    Mais au fond de moi je t’envie, et me dire que ne porterais plus jamais un autre enfant, je ne peux pas encore l’accepter…

  • pour moi, il n’y a aucun doute: faire des enfants est purement égoïste. On fait des enfants pour soi, parce que ça va nous apporter un grand bonheur, parce qu’on en a envie depuis X temps, parce qu’on ne veut pas vieillir tout seul (une collègue m’avait sorti ça comme raison… la belle mentalité quoi)… bref, c’est égoïste. Après, je dis ça sans aucun jugement, je n’y colle aucune connotation négative, pour moi c’est juste un fait. 😉

  • C’est vrai, ça peut sembler égoïste, mais je ne pense pas que ça le soit réellement.
    De mon côté, j’aime tellement la grossesse, et même l’accouchement, qu’en avoir un 4ème, un jour, ne m’effraie pas. J’ai eu la chance que pour les précédents ça se passe bien.

  • Mais oui c est egoiste, et tant mieux. Actuellement, on refuse les adoptions par « humanisme ». Les parents doivent prouver qu ils veulent adopter parce qu ils ont envie d un enfant pour eux. Moi quand je fais une sortie ou un jeu avec mon enfant je lui fais sentir que ça me fait plaisir à moi, et que je ne fais pas ça que pour lui. Le plaisir, le bonheur, c est contagieux ! Tes 3 filles sont en tout cas superbes !

  • Ou tout simplement parce que c’est dans nos genes? Notre but ultime dans la vie est d’avoir une descendance, parole de généticien, pour la survie de notre espèce 🙂 c’est ptet bizarre a dire mais c’est peut etre ça le « je ne sais pas pourquoi j’ai voulu des enfants » 🙂

    A+
    Karine

  • J’ai posé il y a pas longtemps la question à mon psy… « Pourquoi faisons nous des enfants dans ce monde si fou, dans cette société parfois si terrible ? » Très bel article jolie mite ! <3

  • Comme tu l’as dit dans ton article, on se pose plus la question de pourquoi on ne veut pas d’enfant. Pourquoi ? Parce que donner la vie c’est naturel.
    Aujourd’hui on maîtrise le quand (avec la contraception), le comment (on choisit quel type d’accouchement on veut), et on voudrait maitriser le pourquoi.
    Personnellement, je me dis que je suis faite pour aimer. Aimer les autres, aimer mes amis, aimer mon homme, aimer la vie, aimer mon enfant. Je m’arrête là. Et un enfant qui naît n’a effectivement rien demandé, mais il est là pour être aimé et pour aimer à son tour. Le cycle de la vie.
    Tout ça fait que je ne me dis pas que je suis égoiste ou altruiste en étant maman. Je suis les deux puisque je suis humaine. Et ça me va, je vis, je poursuis la vie 🙂

  • ça, c’est une question que je me pose souvent. Surtout quand j’entends des reportages terribles sur le sort fait aux femmes dans le monde. Je me demande si c’est vraiment un cadeau d’avoir mis au monde une petite fille toute fragile qui n’avait rien demandé. Mais bon, c’est fait n’est-ce pas.

  • Très beau texte !
    Et pour l’anecdote, « tu es égoïste » est ce qu’on a dit à ma mère lorsqu’elle était enceinte de moi. Contexte: fille d’une grande famille bourgeoise, elle avait quitté la maison sans être mariée (très choquant à l’époque). Et elle a fait un enfant sans être mariée et sans vouloir vivre avec le père (HYPER hyper hyper shocking !). Donc tous ses frères et soeur lui sont tombés dessus en la traitant d’égoïste, qu’elle ne pensait pas à l’enfant, etc.
    Mais n’est-ce pas égoïste de faire un enfant, tout simplement ?
    (Bon l’histoire a une suite mais je ne la raconte pas, ce n’est pas le sujet…)

  • Bonjour,
    Magnifique article
    Dois-je dire dans ce cas que moi aussi j’ai fait mes enfants, parce que sinon il y a longtemps que j’aurai mis fin a mes jours…. Eh bien oui je l’avoue je le crie même du font de mon âme, mes enfants mon sauvé la vie et ils le savent.
    Ils savent que ce qui me rend heureuse, sais de les avoir a mes côtés, de rire avec eux de les aimés comme je n’ai jamais été aimé.
    Apres je pense cas notre époque avec la conjoncture actuel ca reste également égoïste de faire un enfant.
    Tu peux également considérer le fait qu’il peut leur arriver n’importe quoi dans la vie d’enfants « j’ai ma dernière qui a une paraplégie incomplète » ou d’adulte et la tu te dis que si tu n’avais pas eu cette enfants ca ne lui serai jamais arrivé, que finalement le responsable inconsciemment sais toi … Mes dans ce cas nos vie serai triste et vide….

    • C’est un peu con… Je ne vois pas en quoi ne pas en faire est égoïste… Tu ne prives personne à priori. Et on ne fait pas les enfants pour le bien commun je crois donc bon.
      Finalement ce qui sort de la norme choque. Je trouve plus sain de décider de ne pas en faire, ou de décider d’en avoir 2 ou 3 ou 8 parce que c’est un choix réfléchi, plutôt que de faire des gamins parce que « c’est comme ça », sans réfléchir…

  • Je serai long, mais il faut que ça sorte.
    Comme les êtres humains ne peuvent être touchés par la souffrance de ceux qu’ils ne connaissent pas, je serai incompris.
    Tant pis.

    J’en veux énormément à cette société qui laisse faire des enfants, connaissant les dangers et les énormes souffrances potentielles.
    Une société qui laisse n’importe qui faire des enfants (combien de parents stupides ?).
    .
    Nous savons pourtant qu’enfanter, c’est condamner quelqu’un à la mort, et lui imposer des problèmes qu’il ne saura peut-être jamais résoudre. Tant pis ! La société a trouvé l’excuse de la majorité de l’enfant.
    A 18 ans, l’enfant est devenu responsable de sa venue sur Terre, et d’avoir des parents médiocres (donc souvent un cerveau médiocre pour l’enfant).

    Certains parlent d’aider l’enfant.
    Il s’agit de poser des problèmes à l’enfant (en le mettant dans un monde dangereux) pour pouvoir l’aider, quelle logique !
    Quelqu’un qui viendrait incendier ma maison pour pouvoir éteindre le feu ensuite n’aurait pas droit à ma reconnaissance.
    J’aurais préféré qu’il n’incendie pas ma maison.

    « L’amour qu’on peut donner, y compris l’amour de la vie ».
    Ce n’est pas l’amour des parents qui vont garantir à l’enfant son bonheur, son emploi, son intelligence.
    Etre aimé ne vaudra jamais le fait d’aimer. Rien ne peut garantir le bonheur de l’enfant, donc il faut s’abstenir d’en faire.

    Mais quand comprendra-t-on que la société nous piège en faisant des enfants ?
    On en fait parce qu’on aime en avoir..
    Et s’ils ne s’en sortent pas, on fait quoi ? On rejette la faute sur eux, sur les autres, sur le manque de chance.
    On se dit : « c’est la vie ».

    Mais réveillez-vous ! La société vous prend pour des idiots, en vous poussant à faire des gosses à la chaîne pour avoir des bons petits esclaves au travail.
    Le véritable amour consisterait à refuser de faire des enfants tant que le monde n’a pas changé économiquement et mentalement.
    A exiger un changement radical de mentalité, de conditions de travail.
    De forcer la société à devenir humaine, plutôt que d’amener des innocents à la boucherie !

    Mais non, c’est trop demander. On préfère ne pas se poser de questions, à 18 ans, l’enfant devra s’en sortir.
    J’aimerais me tuer, mais je n’en ai pas le courage.
    En attendant, me voilà prisonnier d’une vie qui me révulse et me révolte.

    • En même temps ça semble compliqué de faire évoluer le monde s’il ne reste plus que des vieux…
      Vous êtes malheureux, c’est très triste, ça n’est pas le cas de tout le monde, rassurez vous!

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