Les conséquences d’un viol

Je ne sais pas trop par où commencer ce billet. J’ai toujours voulu montrer sur ce blog, quand j’évoque ce sujet difficile, que l’on peut s’en sortir et que mon parcours en est la preuve. J’ai toujours voulu rester pudique, ne dévoiler que le positif ressorti de mon triste vécu. Donner espoir et ne surtout pas donner envie à qui que ce soit de me plaindre.
J’espère ne pas entretenir le climat actuel qui consiste à penser qu’un viol, ça n’est pas si grave que ça. Qu’après tout beaucoup s’en sortent alors c’est que ça ne doit pas être si dramatique.

J’ai été une victime et j’estime n’avoir aucun devoir de témoignage ou de soutien quelconque. Mais j’ai un support lu et s’il peut permettre à certains d’ouvrir les yeux et à d’autres de se sentir moins seuls, autant en profiter pour faire passer un message.

Sans titre 4

Non, être violé (et j’insiste sur le masculin, les femmes ne sont pas les seules victimes même si elles sont en majorité) n’est pas un arrêt de mort. On peut survivre. On peut se reconstruire. Mais on gardera à vie des séquelles de ce traumatisme. Et le parcours pour relever la tête est bien trop long et douloureux et laisse également des cicatrices indélébiles.

J’étais une petite fille quand cela m’est arrivé. J’ai été victime durant plusieurs années. Je ne pense pas que cela change grand chose. La seule chose c’est que je me suis construite sur un support bancale dès le plus jeune âge et que je ne tiendrai jamais tout à fait droite malgré tous mes efforts.

Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières mais éveiller sur un sujet délicat et trop actuel.
Le viol peut tuer. Le viol est l’un des actes les plus barbares qui soit et a des conséquences dramatiques et irréversibles sur les victimes.
Aujourd’hui je vais bien et je supporte ces séquelles sans en souffrir.
Hier j’ai cru que la douleur finirait pas me tuer.

La dépréciation de soi est sans doute le pire. Se sentir souillée à jamais, inférieure, malade, monstrueuse. Le devenir…
Mon expérience personnelle, c’est de multiples tentatives d’appel au secours. Des scarifications à l’adolescence aux fausses tentatives de suicide à l’âge adulte. Je n’ai jamais voulu mourir, mais parfois j’ai eu tellement envie d’arrêter d’avoir mal que seule une solution radicale me semblait envisageable.
Les cauchemars, les visions et ressentis qui me replongeaient dans les drames lorsque j’entendais quelqu’un siffler ou ronfler, quand je sentais une odeur, quand le vent soufflait d’une manière particulière… Et se tordre de douleur tant les souvenirs étaient insoutenables.
Chercher de l’aide et ne presque jamais en trouver. Parler et ne pas être crue. Ou être crue mais laisser l’indifférence.
J’ai pris 50 kilos en quelques mois lorsque j’ai décidé de porter plainte… Il existe un phénomène un peu particulier lorsqu’on est victime d’un acte horriblement grave, c’est le déni. On tombe soit dans l’oubli pur et simple et on vit son mal-être sans se souvenir du pourquoi une telle souffrance… Soit on n’oublie rien mais on minimise volontairement tout afin de, croit-on, vivre mieux. Et on souffre sans savoir pourquoi.
Lorsque je suis sortie de ce déni, j’ai pris des kilos à n’en plus finir… La douleur était telle que j’ai tenté de me calmer en mangeant à outrance… Le désir inconscient de devenir si laide que plus rien ne pourrait jamais m’arriver.
Sont ensuite arrivées la peur et la dépression. La peur panique de sortir de chez moi, de répondre à un appel. La peur irrationnelle et pourtant totalement fondée de tomber sur lui, ou sur un autre du même acabit.
Et la dépression qui enfouit la douleur mais qui annihile tout espoir de vie.
Je ne parle pas de la vie sexuelle qui ne sera jamais tout à fait normale. De la confiance aux autres qui est totalement altérée. De l’énergie que l’on perd à s’en sortir et qui ne revient jamais.

Je vais bien aujourd’hui. J’ai traversé le déni, la dépression, les plaintes. J’ai essuyé les interrogatoires, les verdicts difficiles à encaisser. J’ai surmonté la douleur et rangé mes souvenirs dans un tiroir fermé à clé.
Mais je ne suis pas à l’abri de retomber demain.

J’ai appris à vivre avec. Mais le mal est toujours là tapi dans l’ombre. Je l’ai dompté, je crois. Mais je sais qu’un rien peut me faire sombrer à nouveau. Je suis fragile. Je surmonte la peur comme je peux mais je reste tétanisée dans des situations pourtant banales et sans risque.
Je ne donne ma confiance à presque personne. J’ai l’air de me livrer beaucoup parce que je n’ai aucun amour propre… Mais rares sont les gens sur lesquels j’accepte de m’appuyer.
J’ai une confiance en moi brisée, aucun self-estime. J’en rigole, j’en ai pris mon parti. Malgré tous mes efforts pour reprendre un peu confiance, je reste cette femme qui ne pense pas avoir le droit d’exister. Encore aujourd’hui parfois je me dis que je devrais me foutre en l’air parce que je n’ai pas le droit d’imposer la personne que je suis aux gens qui m’entourent.

Et je sais que tout cela, je le dois à mon vécu.
Je ne parle pas au nom de toutes les victimes de viol parce que chacun a son histoire. Mais je crois que le fond du problème reste à peu près le même pour tous…

Quand on a été violé, on continue sa vie avec un handicap lourd, invisible et incompris.
Et remonter à la surface demande une force et une énergie que beaucoup de victimes se sont vu retirées.

Et espérer que les choses changent, que le viol soit reconnu comme le crime qu’il est. Que les agresseurs soient condamnés et que les victimes soient prises en charge afin de retrouver la vie qu’elles méritent.
Que plus personne ne pense que « ça n’est pas si grave que ça » et que les victimes ne soient plus jamais reconnues comme les coupables.

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69 Discussions on
“Les conséquences d’un viol”
  • <3
    Parce que c'est tellement ça, c'est ce que je vis, c'est ce que je suis en ce moment, c'est le déclic que j'ai eu en septembre, ça aurai pu être mes mots, du moins c'est ceux que je me dis parfois dans ma tête, sans les écrire, car c'est un combat de tous les jours et malgré les sourires, la douleur est toujours là, et jamais au grand jamais on ne souhaite ça à quelqu'un.
    Je comprends, je compatis, et je souhaite que ta route continue comme ça, avec des rayons de soleil et des sourires, parce que malgré la douleur on a su sortir la tête de l'eau et que c'est une force qu'on se doit qu'à nous même.
    Toutes les histoires sont différentes, mais la douleur est souvent la même, tristement.

  • Merci pour ce témoignage. Merci d’évoquer à la fois la destruction qui résulte de cet acte babare et qui ne devrait jamais être sous-estimée , et à la fois les possibilités de s’en « sortir », un jour, même si la douleur persiste. Quel courage !

  • Merci beaucoup …
    Je n’ai jamais su m’accrocher à l’espoir que donnent les victimes qui s’en sont « sorties » , mais tu exprimes très bien cet espoir , et cette vie que tu as en toi…malgré tout.

  • Que te dire sinon que je t’admire vraiment beaucoup, c’est terrible ce manque d’estime de toi alors qu’autour de toi, tout le monde t’estime au plus haut point sois en sûre. Tu réussis aujourd’hui à vivre heureuse, à être une super maman, tu as été très forte de te cosntruire une belle vie malgré cette horrible épreuve.

  • C’est très courageux de ta part d’exprimer tout cela, mais le fait que tu le fasses montre aussi toute la force que tu as en toi. Tu as su avancer et mener ta vie d’une belle manière, non pas malgré mais avec ce que tu as vécu. Tu es admirable.

  • Ton témoignage est poignant et tellement important. J’aime ta manière d’écrire comment t’en as ch%%% pour être là où tu es aujourd’hui. C’est dur mais plein d’espoir. Et forcément je te rejoins sur tes propos: le viol c’est grave et ça doit être puni! Il ne faut pas prendre cet acte à la légère!

  • Voilà qui est bien triste.. je suis désolée que tu aies vécu cela. Mais tu vois on est nombreux à te suivre ici, à aimer ce que tu fais, et donc forcément à t’aimer toi aussi, même si on ne te connait pas vraiment. Tu en vaux la peine. Bisous

  • Je ne peux imaginer à quel point il doit être dur de se reconstruire après ce que tu as vécu. Je te trouve forte et courageuse pour y faire face et apporter ton témoignage.

  • Tout est dis , merci, c est clair pas répétitif, et non vous ne minimiser pas mais vous n en faite pas le dessert non plus
    Moi je suis passer par tout ces moments sauf le procès le proc n a pas voulu a l époque du coup il se promène en liberté boit un coup avec les gendarmes qui l avait prévenu que j avais porter plainte et pour moi même si cela maintenant plus de quinze ans cette plainte c’est ce qui est le plus dur va vivre ,ce je m em foutisme de la justice mais bon j essaie de vivre avec pour que cela ne me pourisse pas trop ma vie .
    Je dis aussi qy il faut aussi tirer un chapeau au conjoint(e), car il faut pouvoir nous supporter et je crois que les victimes qui s en sortent sont celles qui on une moitié extraordinaire

    • Je me suis portée partie civile… Le procureur avait également classé sans suite.
      Cela a été une douloureuse et longue bataille… Pour finalement quelques mois de sursis et des dommages et intérêts dérisoires…
      C’est injuste et par moments je le vis mal. Mais néanmoins l’action m’a permis de tourner la page alors je ne regrette pas…
      C’est vrai que les conjoints ont un rôle essentiel! Et mon mari m’a énormément soutenu et supporté!

  • Je n’ai jamais été violée, et je suis stupéfaite d’apprendre que certaines personnes puissent trouver ça « pas si grave » !! Comment c’est possible ???
    Ce qui est sûr c’est que j’adore te lire, et que tu peux être tout à fait fière de ton parcours et de la personne que tu es devenue 🙂
    Belle journée

    • C’est malheureusement le paradoxe de ce crime… Partout pointé du doigt comme ce qui peut arriver de pire à une femme. Et une fois que l’on est victime, c’est minimisé au maximum et la faute est reportée sur la victime. C’est quasi systématique…

      • Bonjour,

        J’ai fait un stage lors de mes 17 ans , mon maitre de stage avait 40 ans !!
        il m’a obligé de faire des choses ..affreuse .. c’etait ma premiere fois .. sa a durer 10 mois !!
        j’en était malade, vomissement , spasme, l’odeur de la bouffe me donnais envie vomir!!!
        Mes parents, …je leur disais que j’etais amoureuse !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! j’avais l’impression baiser mon pere ………; ou que c’etait mon pere qui m’avait violer !!!
        j’ai 22 ans , aujourd’hui, et je garde des séquelles grave ( c,est la premiere fois quej’en parle ) !!!
        Merci !!

  • C’est tellement ça… je m’en suis sortie aussi (mariée, un bébé,…) mais comme tu le dis si bien, il restera toujours une faiblesse, un handicap, un rien qui peut me faire écrouler à tout moment. Et la honte qui fait que pour rien au monde je ne voudrais que « ça » se sache au boulot par exemple.
    Malgré tout cela, on peut continuer de vivre, c’est vrai que c’est très difficile à croire quand on est au plus mal, mais le temps efface ou du moins apaise bien des choses.

  • C’est la première fois que je commente, même si ça fait longtemps que je te suis.
    Mais ce sujet si lourd me touche particulièrement et d’autant plus qu’il est tellement rarement évoqué, il reste tellement tabou alors qu’en parler un peu plus, ne serait ce qu’en prévention serait certainement très utile!
    Car quand on en est victime jeune on ne sait pas forcément que c’est mal et tellement destructeur.
    J’aurais aimé moi même savoir, alors que je n’avais pas 10 ans que mon père n’avait pas le droit, que mon corps m’appartenait et méritait d’être respecté.
    Je me retrouve dans la plupart de tes propos, le fait qu’on se construit sur des fondations très fragiles et qu’on n’est du coup pas aussi bien armées pour faire face à ce que la vie nous envoie, de positif comme de négatif !
    Le fait qu’il serait génial d’être entendu quand on s’auto détruit, jour après jour, sans que cela n’alerte personne, ni dans la famille ni à l’école par exemple…
    Même si on est boulimique, et qu’on perd connaissance tous les 4 matins à la moindre contrariété ou émotion ! Même si on somatise tellement que ça peut juste cacher qqchse….
    Dans le fait que lorsqu’on sort de son silence on n’est pas forcément correctement pris en charge, et on est épié de tous les côtés, analysé, expertisé, tout ça pour qu’au final, le crime soit à peine reconnu et le statut de victime renié car on a entendu, par l’agresseur lui même ( qui pour ds mon cas n’a pourtant pas nié), mais aussi par d’autres que si ça nous est arrivé, c’est qu’on l’a cherché, ou qu’on a aimé ça, surtout quand ça a été récurrent…
    Quand la justice française ne t’entend pas, tu déposes plainte ce qui demande du courage, et beaucoup de mise de côté de sa dignité ( raconter à la brigade des mineurs, à l’expert psychiatre… Puis à un avocat commis d’office, à un juge et des jurés qui te sondent au plus profond de toi) et qu’en plus ton agresseur prend une peine minable, aménageable aux frais des contribuables, avec une pauvre obligation de soin qui n’est pas vérifiée.
    Je me retrouve dans le traumatisme qu’on traîne à vie, un mot, une odeur, un geste , mais aussi 1, 2, 3 ou 4 grossesses dans mon cas et leurs bouleversements hormonaux qui te renvoient tout en pleine face.
    Dans la vie intime qui a du mal à s’épanouir et qui est parfois totalement bloquée ( ce qui m’a en partie coûté mon premier mariage)
    Dans le manque terrible de confiance en soi et en les autres, dans ce que ça a de handicapant dans notre vie quotidienne.
    Mais aussi et surtout dans le fait que malgré tout il est possible de trouver la force même si il faut la puiser très profondément en soi, de s’en sortir, de se construire malgré tout, avec des embûches, mais que toute personne peut finalement aussi rencontrer.
    Qu’on peut trouver un homme extra qui va nous accepter même avec nos failles et notre lourd passé, qui va avoir la patience, au jour le jour de supporter nos remises en question et nos psychoses.
    Que des enfants vont nous choisir pour maman, et qu’on va construire, malgré tout notre propre famille.
    Qu’on peut vivre, avancer et trouver notre moyen de nous épanouir malgré le traumatisme.
    Qu’on ne va pas faire grandir de futurs agresseurs même si on ne fait que des garçons, avoir confiance en eux, en soi même.
    Qu’on peut malgré tout avoir confiance en la vie, qu’elle en vaut malgré tout la peine…

    Je n’ai pas ton talent d’écriture, j’ai conscience d’avoir pondu un texte très long, pas forcément cohérent, je m’en excuse, mais j’avoue que ça fait du bien de coucher tout ça, d’y poser des mots.

    Alors merci d’avoir osé aborder ce thème.

  • C’est un texte plein de courage, empli de tellement d’humanité… Il a du te falloir pas mal de courage pour en parler ici. Et en même temps, j’espère que ça te donne du baume au cœur de nous savoir toutes ici, présentes, à te lire et te soutenir du mieux qu’on le peut. Je t’embrasse fort

  • Tu as vécu des choses horribles, innommables et personne ne devrait prendre ça à la légère. Tu as trouvé le ton juste pour en parler. J’espère que grâce à tes filles tu arrives à te reconstruire. J’ai vécu d’autres épreuves et la nourriture a aussi été un refuge (boulimie) après avoir été une ennemie (anorexie). Je suis un être bancal comme toi mais avec l’aide de mon mari et l’existence de mes 3 enfants, je vais mieux même si je consulte toujours un psy et que j’ai un traitement pour éviter de retomber en dépression (comme toi je me scarifiais). La vie n’est pas toujours rose mais ces épreuves forgent notre personnalité. On est obligées de devenir forte. Je t’embrasse et merci de te livrer ainsi, je suis sûre que ça aide beaucoup de personnes (dont moi).

  • Que dire … a part que tes mots comme toujours touchent et font mouche… non seulement je suis triste de decouvrir que tu es vecue une chose aussi affreuse mais je suis tres touchée de voir a quel point cela te detruit encore aujourd hui bien que je le comprenne ( a demi mot ne l ayant pas vecue bien sure, c est comme la perte d un tres proche je pense on ne peut réellement comprendre que si on le vie) . Et puis je suis atterrée de voir combien de personnes semble avoir un vecu similaire dans les reponses… j avais deja une image bien triste de la nature humaine ( meme si parfois on a de bonnes surprises comme toi et les tiens a travers ton blog) cette image est malheureusement encore une fois assombrie. Juste une chose continues je t en pries a t imposer a nous, c est si bon 😉

  • Gloups, il me semble que tu en avais déjà parlé auparavant, mais différemment…cela me touche, j’ai vécu la même chose et même si j’ai su m’en sortir et que cela m’a rendu plus forte, à maintenant 46 ans la douleur est toujours là au fond de moi et j’ai encore des moments ou je flanche mais personne à la maison ne s’en rend compte, j’essaie d’être discrète et j’y arrive apparemment, tant mieux ! …Comme toi, j’espère qu’un jour tous les violeurs seront punis sévèrement, trop jeune je n’ai pas su porter plainte surtout en ayant une mère qui a ignoré totalement la chose….Oui on peut s’en sortir, faire sa vie, avoir des enfants (même si dans mon cas je n’avais pas eu beaucoup d’espoir mais le miracle a eu lieu 🙂 ! ), belle soirée à toi, gros bisous et merci…

  • Je n’est pas de mots assez fort a te dire <3
    Mes je pense très fort a toi , parce que je sais ce que sais ….
    Ton témoignage peu aider beaucoup de personne

  • Tu trouves toujours les mots justes pour exprimer cette épreuve . Je me reconnais dans tout ce que tu dis et ça fait tellement de bien de se dire qu’on est pas seule à garder ces cicatrices alors qu’autour de nous tout le monde pense qu’elles devraient disparaître ou ont disparu . Mon mari a beau être merveilleux il ne se rend pas forcément toujours compté de cette fragilité. J’attend ma deuxième puce et je suis tellement heureuse , pourtant face à cette grossesse très difficile qui a amené Bcp de fatigue parfois cette douleur surgit sans raison apparente et le chagrin m’emporte alors que je le pensait loin derrière moi . Merci à toi !!!

  • Quel courage… J’ai « seulement » été victime d’attouchements quand j’étais enfant et je n’ai jamais réussi à mettre de mots sur ce qu’il m’était arrivé. Il est dur de se dire que ce n’est pas notre faute, que nous sommes les victimes dans cette histoire et d’affronter les personnes de notre famille.
    Pour la majorité des personnes le viol n’est qu’un acte « isolé ». En parler est leur montrer qu’ils ont tort et peut conduire à faire bouger les choses. Bravo à toi !!

  • « Quand on a été violé, on continue sa vie avec un handicap lourd, invisible et incompris. »
    C’est tellement ça….

    Bravo d’avoir réussi à poser tous ces mots/maux. Et merci.

  • Un grand merci à toi ..je me suis reconnue dans chacun de tes ressentis de tes souffrances….et pourtant qu’elle belle personne tu sembles etre…se sont les bourreaux qui engendrent nos souffrances morales et psychiques jusqu’au plus profond de notre être et qui nous conduisent nous victimes malheureusement trop souvent au pire…jusqu’à nous rendre fous parfois….a nous de retrouver l’espoir en nous et la force en nous même ….si nous sommes la aujourdhui nous en sommes capable…nous y arriverons…pour justement que justice soit faite à linterieur de nous meme surtout: nous ne sommes pas responsable SEUL LE BOURREAU EST COUPABLE ! Il faut a tout prix retrouver l’estime de soi , la confiance en soi sortir de notre dévalorisation profonde….arriver à s’aimer…se faire du bien….prendre soin de soi….MERCI À TOI D’ÊTRE CE QUE TU ES !!

      • Merci à toi surtout d’avoir ecrit ce témoignage….quand je t’ai lu j’en ai pleure ..Ca ma atteint aux tripes..telle est ma vie aussi et je voudrai que l’opinion publique comprenne notre souffrance! Une partie de soi meure a cause dun viol..une cicatrise qui ne se ferme jamais…a nous de la panser chaque jour et de l’exprimer cette souffrance justement pour que ce crime soit compris et puni a sa juste valeur…les êtres violes ou ayant subi des agressions sexuelles ont une peine à perpétuité…ET le poids du secret pese encore plus lourd dans nos cœurs! BRISONS LE SILENCE TOUT COMME TOI! Du plus profond de mon âme MERCI de ton témoignage .

  • Bravo pour cet écrit. Tout moi aussi . Les effets yoyo quand tu maigris lorsque tu commences une relation qui te fait du bien, mais qui lorsqu’elle commence à devenir difficile à supporter te refait grossir comme si tu avais une bulle qui se créait toute seule pour devenir laide, ne plus être désirée par celui qui critique ou te juge..
    La difficulté pour moi aussi, c’était quand mes propres parents n’ont pas eu une réaction saine. Je veux dire par là qu’ils ont minimisé mon viol à une sorte de réponse à une muvaise fréquentation de ma part, alors que je n’avais vu la personne que deux fois, sans penser un seul instant qu’il allait se dechainer sur moi. Cela a cassé beaucoup de lien autour de moi notamment avec ma famille.
    Ce côté injustement insuportable où c’est toi qui n’a pas résisté à sa violence ou qui a dû le provoquer.
    Je n’ai pas eu la chance d’être une maman car je ne veux pas offrir une vie pourrie à un enfant. j’ai si peu confiance en l’homme.
    Aucun n’a su à ce jour être avec moi pour cette force et cette faiblesse et j’ai la hantise d’être abandonnée ou trompée.. Donc pas facile à construire une vie saine pour un enfant.. J’ai toujours essuyé des critiques ou comparaison qui ont détruit l’image que j’avais de moi lors d’un rapport sexuel. Ca ne m’empêche pas d’avoir une vie sexuelle mais sans aucune confiance en moi.
    Mais bon on verra avec le temps….
    Fait du bien malheureusement, dirais-je, de trouver des personnes aux mêmes émotions.

  • Je ne sais pas vraiment à qui j’écris mais j’ai envie de le faire.

    Je ne sais pas si cela met arrivée réellement ou si ce n’était que l’imaginaire (j’ai du mal à faire la difference entre l’imaginaire et la réalité pour beaucoup de chose tellement elles ont l’air vrai),mais…j’ai été en quelque sorte…violée…?
    Enfin de mon point de vue maintenant (j’ai 16 ans) et pas celui de la gamine de 7-8 ans.

    C’était un gars qui aider mon père au travail et ils étaient amis sans trop l’être.Et quelque fois, mes parents partaient faire les magasins et laissait le gars s’occuper de la boutique.Bien sur, moi et mes 2 petites soeurs restions à la maison.

    Je ne sais pas quand est-ce que ça a commencé…mais je sais qu’il le faisait souvent avec moi….mais je ne sais plus si il m’avait vraiment pénétré ,enfin je ne me rappelle pas de grand détaille.Mais il y une que je me rappelle bien s’est le fait que j’étais..’consentante’ .Je lui demandais souvent si il le faisait avec sa femme et il répondait toujours oui, donc naturellement je me suis dit que c’était normale, si de grande personnes le faisaient, il n’y aurait aucun mal à ce que je le fasse et en plus il me donnait toujours des bonbons.Donc je ne l’ai jamais remit en questions…Vers 8-9 ans il avait arrêter (mon père l’avait renvoyer ou un truc comme ça).

    Mais j’ai trop de questions sans réponse:
    est-ce que se qui m’est arrivée est réel ?
    Est-ce que s’est vraiment du viol en plus de pédophilie si j’étais consentante ?
    Pourquoi je ne me sens pas traumatisée ?
    Pourquoi il a fait ça à moi alors qu’il l’a deux gosse et une femmes !?
    Et surtout
    pourquoi je n’est rien dit…

    • Bonjour Mitsuhiku,
      Je suis désolée d’avoir pris tant de temps pour vous répondre… Votre commentaire a énormément résonné en moi…
      Tout d’abord, sachez qu’un enfant n’est JAMAIS consentant… Même si vous étiez « d’accord », même si vous n’avez pas refusé, même si vous croyez que c’était normal, vous étiez une enfant incapable de discerner le vrai du faux, et donc, incapable de donner un consentement éclairé. Un enfant n’est jamais consentant, JAMAIS! Les adultes profitent justement de la faiblesse (physique et intellectuelle) des enfants pour leur faire croire qu’ils sont d’accord pour quelque chose dont ils ignorent la signification.
      Donc oui, il s’agit d’un viol, il s’agit de pédophilie, il s’agit d’abus d’une grande gravité.

      Ce qui vous est arrivé est très certainement réel, mais seul un accompagnement psychologique pourra vous aider à y voir plus clair. Vous dites que vous ne discernez pas le vrai du faux, la réalité de l’imaginaire, mais dans ce que vous racontez, les faits sont récurrents et le questionnement ne vient pas de nulle part. L’enfant se met souvent dans un état dissociatif afin de ne pas ressentir l’immense violence de ce qu’il vit. C’est peut-être ce qui vous est arrivé.

      Pourquoi ne vous sentez-vous pas traumatisée, je l’ignore. Peut-être avez vous construit quelque chose de positif dans votre vie. Peut-être n’avez-vous pas encore pleinement conscience de ce que vous avez vécu. Peut-être que vous pensez aller bien mais que ce n’est pas le cas (si vous alliez si bien, vous ne chercheriez pas toutes ces réponses). Peut-être que vous aimeriez expliquer certains de vos comportements que vous jugez étranges?

      Pourquoi il vous a fait ça à vous? Peut-être qu’il a fait de nombreuses victimes et pas seulement vous… Peut-être s’en est-il pris à ses propres enfants, peut-être pas… Un pédophile fait rarement une seule victime. C’est tombé sur vous parce que vous vous êtes trouvé sur son chemin, pas parce que vous lui en avez donné envie, vous, spécifiquement…

      Pourquoi vous n’avez rien dit, c’est assez typique des enfants abusés… Même si vous ne saviez pas trop ce qui vous arrivait, vous saviez, au fond, que ça n’était pas si normal, même à 6-7 ans. Et la honte (injustifiée mais réelle) prend le dessus. La peur. Le déni. Parler c’est admettre qu’il s’est passé quelque chose de grave. Parler c’est confronter ses parents à une situation dont on n’est pas forcément sûr qu’ils arriveront à se sortir. C’est « prendre le risque » qu’ils réagissent mal, d’être encore plus blessé…

      Je n’ai pas les réponses, je réponds avec mes propres ressentis de victime… Mais je ne peux que vous inciter à consulter pour parler de tout cela, pour évacuer, pour discerner le vrai du faux, pour avoir des réponses et surtout pour ne jamais risquer de culpabiliser de ce que vous avez vécu.
      Je vous souhaite beaucoup de courage pour ce chemin, vous avez déjà fait un grand pas en venant vous confier ici. Vous vous posez des questions, vous cherchez des réponses, le mieux est d’aller voir un professionnel qui saura vous aider (si vous êtes adolescente, une « maison des ados » pourra vous aiguiller vers des personnes qui sauront vous écouter, gratuitement. Si vous êtes adultes, il existe des CMPP)

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