Avoir un enfant est-il un accomplissement pour une femme?

Depuis aussi loin que je me souvienne, je veux devenir mère. Je ne me suis jamais posée la question, ou du moins je ne m’en souviens pas, d’avoir ou des enfants. Plus qu’une évidence, il s’agissait d’un besoin vital, pour moi… Et quand je regarde mes premières expériences sexuelles, je suis parfois surprise de n’être tombée enceinte qu’à 19 ans.
Je n’ai jamais caché à mes petits copains (au nombre extravagant de deux, l’un étant le père de Mouflette) que si je tombais enceinte, je garderais le bébé. Pour moi, c’était acquis dès mes 16 ans, l’idée d’avoir un bébé ne me faisait pas peur et même me réjouissait. C’est pourquoi, au vu de mon histoire personnelle, l’âge auquel j’ai eu Mouflette était finalement assez tardif.

Par contre je ne m’imaginais pas avec plusieurs enfants. Mister Mii, lui, en voulait cinq ou six (ce grand malade!) et c’est ensemble que nous avons décidé de construire une famille nombreuse. C’est un choix qui nous comble. Etre entourés de nos enfants, les voir évoluer, grandir, avoir toujours un câlin à faire, une petite papote à tenir, un chagrin à consoler, c’est intense, mais nous nous épanouissons tous les deux dans ce schéma là.

Je suis heureuse d’avoir endossé la casquette de « maman ». Sans consacrer ma vie à mes enfants, une énorme partie de mon temps leur est réservé et j’en suis très heureuse. Etre mère me comble. Etre la mère d’un petit bébé comme être celle d’une petite fille ou d’une presque jeune femme. J’aime les relations que nous tissons ensemble. J’aime me retrouver le soir avec Mister Mii, fatigués de s’être occupés de notre petite marmaille, et de doucement caresser l’idée d’agrandir encore notre famille.

Est-ce un accomplissement? Je ne sais pas. Mais il est évident que c’est le travail d’une vie de mettre au monde et élever un ou plusieurs enfants. On porte la responsabilité de leur avenir, et jusqu’à notre disparition, nous serons les piliers de ces petites personnes devenues grandes.

Pour moi, je crois en effet que devenir mère était un véritable objectif. Et plus notre famille s’agrandit et plus j’ai le sentiment d’avoir trouvé mon rôle dans la vie. Qui n’est pas le plus gratifiant aux yeux de la société, qui n’est pas le mieux compris. Mais c’est le mien, du moins en ce moment.

Devenir mère ne m’a pas empêché de mener ma vie. Cela m’a même donné la force de reprendre et terminer de longues études, ce qui est une grande source de satisfaction pour moi. Je ne m’oublie pas. Je me suis un peu mise entre parenthèse depuis la naissance de Noisette, mais je sais que c’est temporaire, les petits ne restent pas petits très longtemps et je pourrai reprendre le cours de mon chemin d’ici quelques années.
C’est un choix et il ne me fait plus peur.

Est-ce pour autant que je considère que toutes les femmes devraient devenir mère? Que nous sommes tous faits pour devenir parents? Non évidemment. Je n’érige pas notre structure familiale en modèle. Et ce n’est pas parce que je m’épanouis dans la maternité que je demande à tout le monde de faire pareil.

Pourtant la pression sociale est assez forte sur les femmes (beaucoup moins sur les hommes, semble t’il, concernant le fait de devenir père). Une femme doit se trouver un mari, puis faire un enfant, puis un deuxième. Et si, malheureusement, le sort s’est acharné sur elle et qu’elle a deux enfants du même sexe, elle est autorisée voire encouragée à en faire un troisième pour tenter le sexe opposé. Après ça devient de l’acharnement.
Par contre si elle a eu la chance d’obtenir le sacrosaint « choix du roi », l’idée de faire un troisième enfant semblera alors assez saugrenue.

Une femme ne peut en tout cas pas décider de rester sans enfant, ça n’est pas possible. Soit c’est un choix purement égoïste venant d’une femme n’ayant pas terminé sa crise d’ado. Soit la pauvre femme n’a jamais trouvé chaussures à son pied en terme de compagnon et se refuse à faire un enfant seule (ce qui n’est pas non plus très bien vu), soit elle est dans l’incapacité physique de faire des enfants et il semble que ce soit le seul cas acceptable justifiant l’absence de maternité d’une femme.

Sans enfant, une femme ne pourrait pas être accomplie, elle ne serait pas complète, il manquerait l’essentiel à sa vie.

Je n’ai jamais été dans le cas de figure de ne pas vouloir d’enfant, je ne peux donc pas parler pour les femmes qui font ce choix.
Quand je me souviens de ma vie avant mes enfants, je ne la trouve pas vide de sens. Mon cas est particulier parce qu’avant d’avoir Mouflette je vivais une période tellement dramatique qu’il m’est difficile de dissocier le bonheur qui a suivi de mes enfants… En revanche lorsque nous passons quelques jours seuls, Mister Mii et moi (ce qui arrive de moins en moins mais on ne perd pas espoir!), je ne trouve pas ma vie vide. Nous avons le temps de faire beaucoup d’activités que la présence de nos enfants ne rend pas aussi faciles… Ce n’est pas mieux, ce n’est pas moins bien, c’est différent.
J’ai des enfants alors imaginer la vie sans eux m’est absolument impossible. Mais je comprends ce désir de se consacrer à autre chose. Avoir un enfant est une lourde responsabilité qui nous suit toute la vie, c’est sain et sage d’admettre que cette vie parfois un peu servile n’est pas faite pour nous.

Le but d’une vie n’est pas de se reproduire mais de trouver ce qui nous rend profondément heureux et nous fait nous sentir utile.
Comment blâmer une femme qui se consacre à l’étude des volcans de ne pas vouloir d’enfant? Une passion peut-être tellement dévorante qu’elle suffit à remplir une vie. Nous vivons à une époque merveilleuse où le fait d’avoir un enfant est devenu un choix et non une contrainte. Comment en vouloir à certaines de prendre ce droit de ne pas donner naissance et de combler leur vie autrement?
Et puis jusqu’à preuve du contraire, c’est leur vie. Leur choix n’est à priori pas une attaque vis à vis de celles qui deviennent mère, mais simplement un choix personnel.

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Tout comme mon choix d’avoir une famille nombreuse est un projet de vie propre et non un modèle que j’essaye de vendre à tous ceux qui m’entourent.

En fait j’ai l’impression d’enfoncer des portes ouvertes tant mes propos me paraissent être des poncifs… Malheureusement le respect des choix des autres ne semble pas dans l’air du temps. Accepter que les autres puissent faire des choix différents des nôtres sans que cela les remette en question. Accepter qu’il y a autant de schémas familiaux que d’individus. Et que le principal est de trouver son équilibre sans céder à la pression sociétale.

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29 Discussions on
“Avoir un enfant est-il un accomplissement pour une femme?”
    • Tout à fait d’accord avec PetitDiable…cela paraît toujours un peu « suspect » de ne pas vouloir d’enfant ! De même, c’est très mal perçu de ne vouloir qu’un seul enfant : « alors, c’est pour quand le 2ème ? », vous allez avoir un autre enfant, n’est-ce pas ? vous n’allez pas laisser celui-ci tout seul, quand même », « vous allez en faire un égoïste, « vraiment vous ne pensez qu’à vous, il lui faut de la compagnie, que va-t-il devenir tout seul ? », « il ne sera pas heureux sans frère et/ou sœur »……j’en passe et des meilleures….

  • La 1ère partie de ton billet me parler car j’ai depuis quelques temps un billet similaire en tête que je n’ai pas pris le temps d’écrire. Comme toi, j’ai toujours voulu être mère même si je l’ai été beeeeaaaaucoup plus tard (oui, c’est un dinosaure qui t’écrit :-p ) et c’est aussi le rôle de ma vie.
    J’ai ri au coup du 3e parce que c’est tellement ça ! (d’ailleurs nous on a une fille et un gars alors… 😉 ).
    Pour le reste, j’avoue que ça me paraît toujours étrange et un peu dommage de ne pas vouloir d’enfant. Mais je respecte bien entendu ce choix et je le trouve bien plus courageux que d’avoir des enfants « pour faire comme tout le monde »/sans se poser de questions et de ne pas assumer derrière (comme on le voit parfois).

  • La 1ère partie de ton message me parle car j’ai depuis quelques temps un billet similaire en tête que je n’ai pas pris le temps d’écrire. Comme toi, j’ai toujours voulu être mère même si je l’ai été beeeeaaaaucoup plus tard (oui, c’est un dinosaure qui t’écrit :-p ) et c’est aussi le rôle de ma vie.
    J’ai ri au coup du 3e parce que c’est tellement ça ! (d’ailleurs nous on a une fille et un gars alors… 😉 ).
    Pour le reste, j’avoue que ça me paraît toujours étrange et un peu dommage de ne pas vouloir d’enfant. Mais je respecte ce choix et je le trouve plus courageux que d’avoir des enfants « pour faire comme tout le monde »/sans se poser de questions et de ne pas assumer derrière (comme on le voit parfois).

  • A la base je suis tout le contraire de toi, a savoir que moi je ne voulais pas d’enfant, du moins je n’en ai jamais eu le désir avant de tomber enceinte. A 25 ans, j’étais loin de tout ça, peut être parce que je suis restée célibataire longtemps, et là les gens me mettaient non seulement la pression pour trouver « un homme » mais aussi pour avoir un enfant.
    Tout a changé dans ma tête a partir de ma premiere grossesse, et j’ai tout de suite su que je voudrais d’autres bébés même si je n’ai jamais rien planifié, ni les moments, ni le nombre. J’ai juste laissé faire la vie, je continue à la laisser faire, et effectivement les gens ne comprennent pas toujours ce désir d’enfant qui m’habite encore aujourd’hui alors que j’en ai déjà trois, mais ça m’est bien égal.

  • Je chemine dans le sens inverse, je n’étais pas sure de vouloir d’enfant ou alors « un jour ». Et puis, la peur a laissé place à l’envie et le projet commun de fonder une famille et à la naissance du premier je savais qu’il ne resterait pas enfant unique mais je comprends qu’on puisse faire d’autres choix.

  • J’ai 32 ans, je n’en veux pas, je n’en ai jamais voulu, j’ai fini par ne plus en parler pour qu’on me laisse tranquille. Ayant changé de ville et de lieu de travail il y a deux ans et demis, je n’ai jamais abordé la question avec mes nouveaux collègues, nouvelles connaissances, nouveaux amis, on ne m’en parle pas.
    Ne pas en parler, la seule façon que j’ai trouvé pour qu’on me laisse tranquille. Et non, ce n’est pas normal.

    • Dans une certaine mesure tu as de la « chance » que personne ne te demande toutes les 5 minutes quand est-ce que tu vas faire un bébé…
      Mais non ça n’est pas normal de ne pas pouvoir en parler sans être jugée. Je suis bien d’accord avec toi!

      • Il y a encore des allusions… (pas les proches ou les collègues, mais les professionnels de santé, les inconnus, la coiffeuse, que sais-je encore), il y a encore des réflexions… (« oh tu verras quand… ») il y en avait juste beaucoup plus avant… je me blinde, je me blinde…

        • Et j’aimerais pouvoir en parler librement, sans entendre leurs jugements…
          Et j’aimerais pouvoir regarder le-s bébé-s d’un-e ami-e/collègue/inconnu-e sans qu’on me dise « bientôt hein? »
          Je m’interdis d’être moi…

  • Tout à fait juste cet article, j’en avais fait un il y a quelques semaines sur là peu près le même sujet. L’essentiel est de réaliser ses rêves et de vivre sa vie comme on l’entend. Pas toujours facile avec les conseils, commentaires et critiques des autres mais il faut savoir passer outre pour être heureux. Etre mère ou non, c’est un choix personnel que personne ne devrait juger. Mais ça, c’est dans un monde cui cui les petits oiseaux ^^ Bisou!

  • Je suis amoureuse de tes textes !
    J’ai écrit quelque chose de similaire sur le schéma de famille parfaite que la société se met en tête et tu résume très bien en disant qu’il faut faire ce qui nous rend heureux nous et chacun son bonheur <3
    Bisous et merci pour tes jolis articles

  • j’ai du mal à concevoir féminité sans le désir de maternité. C’est finalement tellement hormonal et animal. Cela étant dit, je conçois parfaitement que des femmes veuillent ne pas avoir d’enfant, même si ce n’a jamais été mon choix. Je crois que les choix hors du modèle standard du traditionnel « 2 enfants et un chien » choquent. Je choque car mes filles ont 19 mois d’écart. Mes parents ont choqué et j’ai dû me justifier toute ma vie d’être fille unique. Tu devras te justifier d’avoir choisi une famille nombreuse et des enfants d’âges rapprochés. La société est au final un tribunal perpétuel !

  • J’ai tjrs voulu devenir maman, depuis très jeune, ado je crois.je me suis très souvent occupée de ma sœur, plus petite, je me levais la nuit quand elle pleurait, je l’a consolais quand elle se faisait gronder par mes parents, et puis j’ai aussi aime très tôt m’occuper des enfants, j’adorais faire du baby sitting et les parents des enfants dont je me suis occupée m’ont très vite fait confiance.je suis très heureuse d’être devenue maman, mais bizarrement je ne me sens pas « femme » ou du mois j’ai bcp de mal.je ne m’aime déjà pas bcp, je ne sais pas si un jour j’y arriverais d’ailleurs mais bon…en tout cas je trouve que devenir mère pour une femme ouvre l’esprit davantage, nous rend encore plus tolérant et patient c’est déjà ça!

    • C’est vrai, j’ai aussi le sentiment que devenir mère m’a changé… Mais je crois que bien des choses rentrent en ligne de compte pour grandir, pas seulement devenir parent…
      Et je ne me sens pas très femme non plus! 😉

  • Et imagine quand tu n’en as pas parce que tu ne peux pas en avoir…
    Tu passes pour ainsi dire ton temps à essayer de l’oublier mais il y a toujours une personne bien-pensante pour te le rappeler.
    Un jour, je crois que ma réponse sera vraiment très désagréable.

    *

  • J’ai un ptit bout… 4 mois tout juste. J’ai attendu d’avoir fini mes études et d’avoir le papa, mais dès qu’il est entré dans ma vie, Ptit Bout a été mis en route. J’ai toujours voulu un petiot (enfin plusieurs), et pouvoir travailler sans concessions.
    Quand je dis que j’en veux 4, tout le monde me regarde comme un extraterrestre… Et ne je parle même pas de la tonne de remarques « quoi, un enfant avant 30 ans ? Mais et ta carrière ? »

    Mais ce que j’ai trouvé le plus dommage c’est qu’on en soit à un point tel de « devoir se justifier » que certaines de mes amis « child-free » en arrivent au point que le fait simple que j’aime être mère semble devenir un reproche pour elles d’être des « sans ». Au point que je n’osais quasi plus parler de mon bébé.
    Remarques constantes, réflexions sur le fait qu’elles n’en veulent pas… Chacun ses choix !
    Si on insistait pas autant auprès des femmes pour leur mettre la pression sur le fait d’avoir des enfants (mais 2, pas plus, et monsieur doit avoir un bon salaire et vous devez avoir la voiture et la poussette, etc etc…) j’ai l’impression que tout serait plus facile pour chacune (naïve, je sais).

    Tribunal perpétuel vous disiez ?

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