Est-ce que devenir mère constitue une entrave?

Nous vivons à une époque où chaque individu veut s’accomplir personnellement et dans tous les domaines en même temps. Au boulot, dans sa vie amoureuse, dans sa vie familiale et amicale…
On voudrait tout, et ne faire aucune concession. Et je ne crois pas trop m’avancer en affirmant que notre société tend à nous faire croire que c’est possible, avec de nombreux modèles d’hommes et de femmes à qui tout réussi, avec des films ou des publicités vantant l’homme et la femme parfaits.
Et bien sûr cela nous envoie de nombreux messages contradictoires, avec des modèles desquels il est bien difficile de déroger tant ils sont ancrés dans les mentalités.

Ainsi, la femme se retrouve avec un million de casquettes à porter avec brio. Les hommes aussi ont leur lot, mais je suis une femme, je suis donc plus à même de voir les pressions exercées sur mon genre que sur le genre masculin.
La femme idéale doit être jeune, mince, jolie, prendre suffisamment soin d’elle pour rester séduisante, mais pas trop pour ne pas tomber dans la provocation. Elle doit avoir un métier intéressant et valorisant, qu’elle exercera avec passion. Elle doit être une femme dévouée et fidèle, qui reste toujours attractive pour son compagnon. Elle doit être une mère dévouée à ses enfants, être heureuse de leur préparer de nombreux repas fait-maison, se lever la nuit pour remettre une tétine, faire baisser une fièvre, consoler d’un cauchemar, elle doit être à la sortie de l’école à « l’heure des mamans », être suffisamment amicale pour que les autres mamans deviennent des copines.
Elle ne doit pas s’oublier et doit prendre du temps pour elle, pour voir ses ami(e)s, et bien évidemment se dégager du temps à passer seule avec son compagnon. Mais elle ne doit surtout pas trop prendre de temps au risque de passer pour une mère qui néglige sa descendance. Tout est dans la mesure, ni trop ni pas assez, le chemin est serré pour être une femme idéale!

Cette femme existe t’elle? J’en doute… Certaines essayent de se plier aux exigences et donnent l’impression qu’elles s’en sortent à merveilles. Peut-être est-ce le cas, peut-être est-ce juste une façade, personne ne saura.
Mais la plupart des femmes ne peuvent pas tout gérer, ne peuvent pas répondre à tous ces critères d’exigences, ce qui, chez nombre d’entre elles, créé un sentiment de culpabilité et d’infériorité dévastateur.

C’est mon ressenti. Je ne rentre pas dans le moule. Je me suis longtemps cru marginale, inadaptée, mais je crois que nous sommes nombreuses dans ce cas… Peut-être que de l’extérieur, je donne l’impression de m’en sortir comme une chef, alors que ma réalité est bien différente…
De tous les idéaux de la femme moderne, je ne corresponds à aucun. Je ne suis pas séduisante, je ne sais plus prendre soin de moi depuis des mois, je n’ai pas un métier valorisant, d’ailleurs je l’exerce depuis mon domicile, ce qui est loin d’être acceptable. Je suis grosse et j’ai l’impression d’avoir pris 20 ans en moins d’une année. J’ai peu de temps à consacrer à mes amis et peut-être moins encore à consacrer à mon mari…
Avec tout cela, on pourrait s’attendre à ce que je sois au moins un modèle de mère! Mais que nenni, je suis une bien piètre maman… J’oublie de préparer le goûter pour le lendemain, leur papa s’en charge. Je n’entends pas mon bébé se réveiller la nuit, son papa se lève. Préparer des repas équilibrés me gonfle, je préfère les poêlées de légumes surgelés. Mes enfants me pompent souvent l’air et je les envoie voir ailleurs si j’y suis. Chaque vacances, j’envoie mes filles chez leurs grand-parents, pour souffler, pour qu’elles voient autre chose, mais surtout pour respirer un peu de mon côté. Dès que mon bébé sera en âge d’y aller, elle partira elle aussi.
Je ne sais pas me sacrifier. J’ai assez mal vécu les entraves qu’ont constitué mes maternités successives.
J’ai fait des choix, des renoncements, je suis plutôt positive et n’aime rien regretter, alors je ne regrette rien, mais j’aurais aimé ne pas avoir à faire ces choix, ne pas arrêter mes études, pouvoir trouver un travail sans qu’on me demande combien d’enfants j’ai, quel âge ils ont, et dis donc ça fait beaucoup d’enfants!

Est-ce que devenir mère est une entrave? J’ai envie de répondre que non, que c’est au contraire une belle aventure, et que seules les obligations exagérées que l’on se donne constituent des entraves…
Parfois j’essaye d’imaginer ce que mes filles retiendront de leur enfance. Est-ce qu’elles se souviendront des goûters oubliés? Des bains donnés un jour sur trois? Des « va dans ta chambre une petite demi-heure, j’ai besoin de me reposer »? Et si elles s’en souviennent, regarderont-elles ces anecdotes avec tendresse ou avec amertume?
Je crois qu’elles se souviendront plutôt des moments passés chez leurs grand-parents, à jouer avec le chien, aller se balader en vélo, ramasser des cailloux et n’auront aucune idée du bien que me faisaient ces quelques jours loin d’elles. Elles se souviendront des repas en famille. Des gâteaux fait-maison du dimanche que je prenais tant de plaisir à faire avec elles. Des histoires du soir. Des valeurs inculquées. De ce qui compte, en gros, de l’amour partagé, de la tendresse donnée à foison, et non pas des détails matériels dont elles n’ont que faire aujourd’hui.

Peut-être que les modèles de femmes que l’on nous impose ne correspondent pas à grand monde. Qu’ils ressemblent à une minorité. Et que l’on doit se battre pour imposer la diversité et non un modèle unique.
Peut-être que cette femme marginale que j’ai le sentiment d’être, nous sommes une grande majorité à y ressembler… Des femmes loin de l’idéal, chacune mère à leur façon, chacune femme à leur façon. Sans perfection, mais chacune à sa manière, ce qui est parfait en soi puisque cela correspond à chacune!

Accepter de ne pas correspondre à cette image d’Epinal.
Accepter que ce qui ne correspond pas à la norme n’est pas nécessairement un défaut pour autant.
Voir le positif, autant que possible, dans ce que l’on assimile à des travers.
On oublie de se maquiller le matin? On révèle notre beauté naturelle, c’est tout aussi bien!
On a la flemme de faire un repas qui prend trois plombes? On garde du temps pour autre chose, peut-être plus essentiel à nos yeux… Et les bons repas du dimanche sont ainsi encore plus festifs!
On ne sait pas se réveiller la nuit? On permet au papa de le faire, à nos enfants de voir qu’il y a différents modèles de pères et de mères.
On aime envoyer nos enfants en vacances chez d’autres? On permet à nos enfants de vivre d’autres expériences, et de créer des liens forts avec d’autres personnes que leurs parents.
Et essayer d’arrêter de culpabiliser à chaque fois que quelque chose ne se passe pas comme prévu. Les enfants apprennent la bonne humeur et le système D!

Etre mère m’apporte énormément de bonheur et de joie. Il y a eu des choix à faire, des choix que j’aurais aimé ne pas avoir à faire, mais dont je suis néanmoins heureuse car ils me permettent d’être mère à ma manière et de m’occuper de mes enfants comme je le désire. Et ces choix ne sont pas définitifs ce qui les rend plus facile à vivre.
Et si aujourd’hui je ne suis pas hyper épanouie dans mon rôle de femme, je sais que cela ne tient qu’à moi de changer cela, de m’adapter à mes souhaits pour ressembler à celle que je suis vraiment et non à une norme imposée.
En attendant, je suis une mère comblée. Et c’est sans doute parce que j’ai appris à accepter que je ne serai jamais une mère parfaite, mais que je suis tout de même la meilleure maman possible pour mes filles.

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54 Discussions on
“Est-ce que devenir mère constitue une entrave?”
  • J’avais écris un article à ce sujet il y a quelques semaines, je suis d’accord avec toi. On nous vante le modèle de femme parfaite, business woman qui prépare des plats maison pour son homme et ses enfants, qui sort le weekend à ses copines avec un look à la pointe de la mode. Et si on ne rentre pas dans ce moule, on est jugée ou critiquée. Mais la vie est faite de choix et perso j’essaie de ne pas juger sur les leurs. Chacun mène sa vie comme il l’entend et si être maman te rend heureuse, et bien c’est parfait! 🙂 Bisou!

  • Etre mère est une entrave dans la vie professionnelle par ex,c’est certain (à part quelques professions peut-être) mais pour moi c’est évident que sans mes filles j’exercerai autrement…après ça ne me rendrait pas plus heureuse,au contraire donc j’accepte cette entrave.
    Sinon je ne pense pas que cette femme qui concilie tout avec succès existe donc je n’ai pas ce regard sans pitié que tu as sur toi 😉 bien sûr que c’est impossible de tout gérer,on fait en fonction des priorités et au mieux et c’est très bien comme ça!Comme tu le dis il y a assez de pression pour se la mettre toute seule,ça n’a pas de sens,tu es bien entendu la meilleure mère pour tes filles et ce qu’elles retiendront c’est l’amour que tu leur donnes.

    • Je l’espère!
      Je me sens entravée également dans le sens où sans mes filles, du moins les 3 dernières (à fortiori les 2 dernières, même si l’un(e) n’est pas encore né(e)), j’aurais pu continuer mes études sereinement et avoir aujourd’hui une situation.
      Nous avons fait d’autres choix, ils m’impactent bien plus qu’ils n’impactent mon mari… C’est injuste.
      Néanmoins je ne regrette pas ces choix, car comme toi, sans elles, je ne serais probablement pas si heureuse!
      Et oui j’ai un regard assez dur sur moi même et punaise ça n’est pas évident à gérer! 😉 Mais j’apprends!! 😀

      • oh que oui tu es dure avec toi…je suis très exigeante envers moi-même car je veux tout faire dans une journée (et c’est impossible!) MAIS il faut savoir rester indulgente,certes on a pas trop le temps de prendre soin de nous (je carbure au shampoing sec,au secours) ça ne fait pas de toi quelqu’un de pas séduisante ou que sais-je,je vais me fâcher à la fin 😉 et sinon…tu as une situation,ce n’est pas celle que tu imaginais au départ mais en quoi ce n’est pas une situation??cela dit je suis d’accord ça impacte moins sur les hommes,bon le mien a la chance d’être dans une boite ou il est promu malgré un congé parental à temps partiel (comme ses collègues femmes) et j’ai donc la chance qu’il soit hyper présent pour que je puisse bosser.Mais bon,vivement quelques heures pour soi 😉

  • Superbe article Aurore !
    Merci, il résonne en moi de manière toute particulière mêmes i nous n’avons pas la même histoire (ni le même nombre d’enfants, lol).

    J’aime beaucoup ce que tu dis sur les choix et les renoncements, cela me touche personnellement et pour ma part je suis à la limite des regrets sur certaines décisions.
    J’ai compris récemment (mais mieux vaut tard que jamais) qu’il valait mieux prendre du temps pour moi et vivre, plutôt que m’enfermer dans ce que je pensais être conforme à une certaine image de la femme. Au final, dur dur d’être soi et pas la personne qu’on voudrait être !!! 😉

  • Pas si simple de cultiver la bienveillance envers soi-même quand la société colle la pression de réussite et perfection partout.
    Avec des enfants de 3ans et 2ans et un job d’assistante maternelle forcément je suis plus impactée par la logistique et les enfants que mon homme qui bosse (beaucoup) à l’extérieur.
    J’apprends à l’accepter et à retenir le positif de cette situation. Mais ça m’a demandé de lâcher prise sur beaucoup de choses notamment d’accepter qu’on a régresser côté parité 🙂

  • Juste Merci ! J’ai 24 ans, je ne correspond pas du tt au modèle aussi.. Je suis en plein dans une reconversion pro, je vois mes copines quand je peux, j’adore ma fille mais purée quest ce que sa fait du bien de la faire garder de temps en temps.. Je suis célibataire et elle ne vois jamais son papa.. Et je me rend compte que je culpabilise tout le temps : pourquoi je ne joue pas assez, pourquoi je ne fais pas assez de légumes, et puis oulala il faut sortir aujourd’hui prendre l’air on peut pas rester enfermé toute une journée.. Fin brf tu vois le truc. En tout cas merci pour cet article qui rappelle que nous sommes toutes différentes,et que c’est tant mieux.

  • Même si la société a largement évolué sur ces questions, je me suis surprise à avoir quelques réflexes archaïques et pourtant contre lesquels j’ai beaucoup de mal à aller : si mon fils est malade, c’est « évidemment » à moi de prendre une journée (et quand professionnellement c’était impossible, je tais ma culpabilité en demandant au papa d’assurer 1/2 journée, pendant que moi j’assure l’autre!! Partir en formation 4 jours loin du foyer?? Je suis une mauvaise mère si je fais ça non? Bref j’ai toujours l’impression de devoir m’excuser auprès de mon mari de la charge que je fais peser sur lui! et en écrivant ça, je me dis qu’il faut peut-être quand même que j’arrive à déculpabiliser 😉

  • Pour moi tu as déjà accoppli beaucoup de ce que je rêve de faire: avoir 3 et bientôt 4 anfants. Pourtant je correspond peut etre à d’autres critères de ce qu’on voit comme la « femme idéale », mais ce que mon corps refuse de me donner, d’autres enfants, relègue pour moi tout le reste au second plan. Comme quoi on s’attarde plus sur ce qui nous manque que sur ce qu’on a!

  • Être maman est certainement une entrave à notre carrière pro même si en tant que fonctionnaire j’ai moins ce dictat mais cela influence ma carrière. Peut-on promouvoir une femme à 80% ou une maman de 2 enfants qui aura forcément des journées enfant malades. J’ai du mal à entendre ce discours car j’ai un mari qui lui ne souffre pas de ce genre de stéréotypes mais c’est un homme c’est normal… Sans mes enfants ma carrière serait différente tout comme mon quotidien mais en serais-je plus heureuse ?
    J’ai finalement fait un choix que nos hommes n’ont peut-être pas du coup : les papas qui choisissent d’être père au foyer ou à temps partiel sont montrés du doigts donc finalement nos enfants « entravent » nos vies que l’on soit d’un côté ou de l’autre…
    Sinon la femme qui concilie tout avec succès n’existe pas ou comme le disent les soeurs Girard dans leur livre la femme parfaite est une connasse 😉

    • Je ne sais pas si les hommes au foyer sont tellement montrés du doigt aujourd’hui… C’est plutôt valorisé par une certaine catégorie de la population…
      Alors qu’une mère dévouée c’est juste normal. C’est un peu énervant!

  • Et si la femme parfaite était mon mari?

    Je m’appelle Elise et je suis maman de 2 enfants nés en septembre 2011 et juillet 2014. Entre octobre 2012 et juin 2014, en parallèle de mon travail à plein temps (9h – 19h30 environ, même si parfois beaucoup plus tard lorsqu’en négociation chez un client), j’ai repris des études et obtenu un master de management spécialisé en finance dans une grande université anglaise (je suis major de promo). Cela signifie que mes matinées ( de 5 h à 7 heures du matin avant le boulot ), mes soirées (de 21h à minuit après le coucher de mes enfants), mes we (de 8h le matin à 20h le soir, sauf un we par mois consacré à mes enfant), mes 20 rtt et trois de mes 5 semaines de congés payés étaient consacrées à mes études, sachant que je devais aller tous les wes et une grande partie des vacances en angleterre pour suivre les cours à l’université. Et devinez qui pendant ce temps là a assuré un travail à plein temps en temps que juriste achat dans une très grosse boite, en plus de faire les courses, le ménage, le repassage et s’occuper de mon ainé? Mon mari. J’avoue que je l’admire pour ça. Il ne s’est jamais plaint, ne m’a jamais fait de reproche et, au contraire, m’a entouré d’attentions tout en m’encourageant.

    De mon côté, je suis loin d’être la mère parfaite. Mon cv est certes long puisque j’ai un double master droit français droit anglo-américain spécialisé en droit des affaires (5 ans de double cursus en france) + un LLM en droit international obtenu dans une université anglaise du top 5 (encore un an) + un master de management spécialisé en finance (encore 2 ans et demie) et je suis en train de valider les diplomes pour être sollicitor (1 an de fait sur les deux). Mais ces diplomes sont le minimum vital pour devenir juriste dans une très grosse boite en ile de france et ils ne font pas de moi une « bonne » mère. J’adore mes enfants et depuis la fin de mon dernier diplome je fais tout pour passer le plus de temps possible à la maison. Mais je rentre jamais avant 20h le soir et ils passent donc beaucoup plus de temps avec la nounou et leur père qu’avec moi. En mars, je change de boite mais je rentrerai toujours tard, d’une part car je vais bosser une nouvelle fois dans une grosse structure et d’autre part car je vais évoluer en devenant contract manager dans 6 mois.

    Finalement, pour revenir à mon mari, on peut dire qu’on a inversé les rôles. Souvent ses amis garçons se moquent un peu de lui, mais toutes ses collègues femmes l’admire (grrr…. ca ne me plaît pas trop) et je sais que globalement on a trouvé un équilibre qui nous convient tous les deux, mais également aux enfants. Je suis une working woman, souvent en tailleur et talons aiguilles et qui négocie des contrats à plusieurs centaines de millions d’euros dans un univers très machiste (le domaine de l’IT), mais j’assume enfin le fait de ne pas être la mère parfaite. Le principal est de faire de son mieux et d’aimer ses enfants, non?

    Elise

  • Super article je ne suis pas mère mais je me suis reconnue dans cette femme marginale qui n arrive pas a tout faire parfaitement .Je crois qu’elle n’existe pas on fait tous des choix ni bon ni mauvais pour vivre le mieux possible et le plus correctement selon les normes de la société

  • Oui fastoche quoi 😉 (je blague)

    Personnellement, je me suis fait licencier à chaque grossesse, la première fois à mon retour de congé maternité (ah mince, restructuration tu faisais quoi déjà??) et la seconde, à l’amiable pendant ma grossesse parce que concrètement le harcèlement moral et la pression au travail devenait insoutenable…
    Depuis la naissance de mon fils il y a 6 ans j’alterne entre congés (mat, chômage) et période de boulot où je suis submergée par la pression.
    Et le juste milieu est très très TRES difficile à trouver (je cherche encore)
    Et je précise que je suis très bien diplômée en plus… ce qui m’a beaucoup aidée à rebondir jusqu’ici.
    Mais c’est fatiguant d’être une femme (même si plein de bons côtés aussi!)

    Allez, l’équilibre encore une résolution pour 2015 alors 😉

  • Ah oui en revanche n’ayant pas vraiment de problème de confiance en moi (j’assume!) je suis persuadée que la femme parfaite que tu décris n’est qu’une illusion.

    C’est comme regarder le facebook de certains: vie de rêve, enfants magnifiques et parfaits. mais ce n’est que du storytelling… ça me passe complètement à côté et je ne me mets aucune pression par rapport à ça.

    Mon baromètre c’est d’observer mes enfants pour voir s’ils sont heureux « en ce moment »

  • Tout a été dit je pense, mais je voulais en rajouter une couche sur la « pression » que nous met la société (ou qu’on accepte que la société nous mette). Car en effet, ce que tu cite: la femme « parfaite », qui concilie vie pro, perso, amicale, amoureuse… c’est ce que l’on veut bien accepter. De même que la femme parfaite physiquement. Je pense qu’on est nombreuses maintenant à savoir que les femmes en couv’ de magazine sont retouchées sur Photoshop, donc qu’une femme à la peau parfaite et aux mensurations « parfaites (pour les normes occidentales de notre époque) c’est soit hyper maquillée soit photoshophée. Une femme qui arrive à tout assurer sans faire aucune concession, c’est sans doute pareil: soit ça nous cache qqch, soit ben tant mieux pour elle !
    Je pense que chacune fait ses choix, consciemment ou inconsciemment. Privilégier tel ou tel aspect de notre vie: travail, amour, enfants, amies… Que ces choix peuvent varier dans le temps. Qu’on s’adapte à la vie et à ses surprises.
    Mon idéal serait que la majorité des femmes puisse s’affranchir des modèles (et des magazines féminins assez réducteurs) pour trouver leur équilibre à elle, loin du « qu’en dira-t-on » !

  • tu as fait un choix, et un très beau choix (ce qui compte c’est ce que tu veux)….tu as choisi d’avoir tes enfants ou celui de les garder quand c’était par surprise et donc de repousser tes études pour pouvoir être plus auprès d’eux.. Qui a-t-il de mal en cela ? En fait ce qui compte c’est d’assumer, assumer aujourd’hui mais surtout assumer plus tard, quand peut-être tes enfants te poseront des questions sur ce choix, par simple curiosité ou alors parce qu’eux-mêmes feront des choix très différents ! Bien souvent, c’est nous-même qui sommes les plus durs envers les décisions que l’on a prise à un moment donné (et qui influencent forcément le cours de notre vie….)

  • Merci pour cet article qui fait du bien… j’ai un travail à responsabilités, un petit garçon, un mari qui travaille tous les week-ends… je rêvais d’une famille nombreuse… mais j’en arrive à me demander si je n’ai pas fantasmé cette vie… En effet, je suis quasi stérile et avoir mon petit loup m’a pris 3 ans et demi de traitements longs et difficiles… aujourd’hui, il va avoir 4 ans, et je me questionne sur mes motivations… ai-je vraiment envie de cette tribu d’enfants ? Est-ce le fait de ne pas pouvoir en avoir qui me pousse à les vouloir autant ? J’adore mon travail dans lequel je m’épanouis pleinement, j’aime l’équilibre que l’on a trouvé à la maison… est-ce que je ne cours pas moi aussi derrière cette image de la famille nombreuse idéale parfaite et de la mère au foyer qui fait des gâteaux tous les mercredi (moi je les fais le dimanche, mais parce que j’adore ça :p)… Est-ce que c’est parce que les gens me demandent pour quand sera le deuxième ? Avoir un enfant unique, travailler, vouloir apprendre, voyager… c’est tout aussi mal perçu, on me dit que je suis égoïste… alors que mon fils a plein d’amis, s’éclate avec moi les week-ends, et profite de son papa à fond les mercredi… Les gens trouvent toujours une chose à redire pour correspondre à l’idéal de la société… Comment on sait quand on a vraiment envie du deuxième ? pour soi, et pas pour les autres ? Est-ce qu’on peut regretter d’avoir eu un deuxième ? Pfiou, c’est compliqué de trouver sa propre voie sans trop se laisser influencer par les stéréotypes qui nous entourent… mais ça fait du bien de savoir qu’on est pas seule à se poser des questions et à subir cette pression collective !

  • Je suis passée par une phase « prise de chou » sur çe thème pendant ma troisieme grossesse.
    Je me suis mis une montagne d’ambitions irréalisables, d’angoisses et d,objectifs irrealistes
    Je ne me trouvais pas assez géniale, pas assez sur tous les fronts, pas assez au top (personnellement, l’état de grossesse me tape un peu sur le système, je suis beaucoup plus sereine une fois la grossesse terminée)

    Et puis un jour je me suis levée et ça allait bien: une fois qu’on a compris qu’on n’a qu’une seule vie et pas mille, qu’on ne peut pas être a la fois avocate et exploratrice et cameraman et envoyée speciale au Pérou et surfeuse célibataire et mere de famille nombreuse et fêtarde sans enfants et au calme dans sa chaumière avec son potager et grande écrivain et, et…
    Bref, une fois qu’on a compris qu’on n’est « que » soi, que çe n’est qu’une petite vie parmi des milliards, qu’on n’a pas à s’excuser d’exister, que de toute façon tout ca n’a pas tellement d’importance a l’échelle de l’humanité, une fois qu’on arrête de se regarder le nombril et de trop charger la mule, et bien, on se regarde avec plus de bienveillance.
    Idem pour l’apparence physique, on est comme on est et on a beau avoir envié de cacher certains sont complexes, on ne trompe personne. On est grosse ou maigre ou je ne sais quoi, les autres en face sont au courant, inutile de s’excuser d’avoir çe physique la (qu’on a pas vraiment choisi)… Autant vivre et ne pas perdre trop de temps a se paralyser l’existence pour un bourrelet.

    Personnellement je kiffe ma vie, j’élève mes 3 enfants comme je le sens, j’ai confiance en mes capacités de mere, il y a plein de trucs matériels qui ne me paraissent pas importants et que je remets à leur place (c’est à dire au rang des choses « superflues »), et j’essaye de vivre heureuse au maximum parceque de toutes façons, la vie va passer a toute vitesse et on va tous crever 😉
    Eh bien ca fonctionne! Une fois qu’on arrête de trop se regarder, et en ignorant royalement les avis de la société, d’Internet ou de je ne sais qui, la vie est belle 🙂
    Et tu sais quoi? Malgré toutes mes soi disant imperfections, le regard des autres sur moi est finalement assez admiratif/sympa… Je suis vue par certains comme « parfaite »: la preuve que tout ca n’a aucun sens 😉

    Et peut être aussi que le positif appelle le positif… Quelqu’un qui dégage de la joie, de la sérénité et de l’estipe de soi attire rarement les critiques ou remarques négatives 🙂

  • J’ai envie de te dire bravo et de t’envoyer des poutous parce que oui tu n’es pas une mère parfaite mais même la tête dans le guidon tu arrive à faire fasse et à tenir tes engagements personnels. On n’a pas besoin d’être des mères parfaites pour être des mères et des femmes formidables on fait avec ce qu’on a et si ça veut dire choisir un homme qui sait prendre son rôle de père car on a nos limites alors parfait profitons tranquillement du bib du matin pendant que nos hommes les emmènent à l’école. Faut toujours que je t’amène les cartes! !!!

  • J’aime beaucoup ton article, je suis une jeune maman, étudiante qui se cherche beaucoup et même si la naissance de mon fils m’a fait prendre du retard dans mon parcours scolaire je ne regrettes pas un seul instant ce choix, je suis une femme accomplie et mon seul souhait pour l’instant c’est de rendre mon fils heureux peu importe les sacrifices qui en découlent . J’admire néanmoins les femmes qui arrivent à gérer vie professionnelle et personnelle correctement mais je sais que j’aurais jamais pu le faire que ça aurait forcément entraîner des défaillances quelque part . J’ai mis de côté mon grand projet pâtisserie juste parce qu’il ne coïncidait pas avec le mode de vie que je souhaitais pour mon fils mais je ne le regrette pa snon plus 🙂

  • je pense qu’on se prendra toujours un peu la tête car effectivement le regard des autres et la pression sur les méres est souvent présente.Finalement la perte d’une personne importante pour moi me rappelle chaque jour que la vie est imprévisible,qu’il ne faut rien regretter.Alors j’ai fait le tri dans mes priorités,je sais que je ne pourrai pas être une femme ambitieuse et une parfaite maîtresse de maison,je ne repasse jamais,ne fait qu’une fois par an les carreaux…pour donner quelques exemples.A la place j’essaye simplement de faire mon travail avec coeur,de prendre du temps avec ma fille,mon conjoint.On prend le temps de se dire les choses,de rire ensemble,de rêver…
    J’ai pu faire mes études avant d’être mére,je pourrai faire d’autres formations,ce serait enrichissant mais on ne peut pas tout faire,chaque chose en son temps.Je me dis que lorsque mes enfants seront grands,qu’ils préféreront aller avec leur copain alors j’en profiterai pour faire toutes les choses que je n’ai pas eu le temps de faire.On a qu’une vie,qu’une enfance,les souvenirs ne se rachétent pas…En gros j’ai appris à faire ce qui me rend heureuse, me fait du bien,je ne fais rien pour me conformer sinon ça me rend aigrie et colérique :)je fais de la sophrologie aussi,ça m’aide à mettre les choses à distance,ça convient à mon tempérament.

  • 1ère fois que je commente car j’ai envie de te répondre. Cette même question pourrait être poser aux hommes d’aujourd’hui, le défi est le même.
    Arrêtons de nous flageller nous les femmes! Oui on peut tout mener de front si notre mari/compagnon est autant parti prenante que nous dans ce défi (l’aide de proches est aussi primordial)!
    Pour partager mon expérience, j’ai 38 ans, mariée, 2 filles de 6 et 4 ans, cadre dans une grande entreprise. Certes, je vois peu mes filles le soir mais je suis là pour partager les câlins, les histoires, les reconfortzr, jouer… Elles savent que leur maman travaille pour gagner de l’argent et aussi pour son épanouissement personnel. Ça fait partie des valeurs que je leur transmets, l’épanouissement et aussi l’indépendance financière, tout comme l’avait fait mes parents avec moi.
    Je suis maman et « travailleuse » à 100% tout en faisant des concessions pour ne pas rester tard au travail (j’apporte régulièrement du travail chez moi pour compenser). Je n’ai jamais eu de réflexion au boulot, je fais ce que j’ai à faire, même en période de rush. Je n’ai jamais eu de réflexion de mes filles qui me
    Sentent présentés malgré tout car disponible et toujours de bonne humeur quand je suis là.
    Et mon mari? Nous concilions au mieux et nous octroyons régulièrement des sorties en amoureux et 2 week end par an, loin et sans enfant.
    Je sors aussi 1 fois par semaine pour passer du temps avec mes amis et pendant les vacances scolaires, quand nous ne partons pas, mes enfants sont chez leurs grands parents. Ça nous dépanne et tout le monde en profite.

    Voilà mon expérience, je concilie tout cela grâce à mon mari et à nos parents respectifs et surtout je ne culpabilise jamais!!!

      • C’est sûr qu’avec 4 les enjeux ne sont pas les mêmes mais ce que je veux dire c’est que tout est faisable si on
        S’en donne les moyens. Mon mari se pose les mêmes questions que moi sur le fait de concilier vie perso et vie pro, les mentalités évoluent (sa boss le regarde de travers le soir quand il part pour récupérer les enfants et aussi quand il gère les jours enfants malades). Quant à la pression sociale, je mz’en fiche tant que je suis en accord avec mes idées et mes envies, qu’elles soient devoir tout concilier ou ne pas vouloir d’enfant ou vouloir être mère au foyer…. Je suis en accord avec moi même, mes « rêves » et je ne fais pas attention à ce que pense les autres.

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