La place du père

Je suis assise avec Pépin dans les bras, je tergiverse, puis-je ou non aller à cet évènement qui me fait rêver en laissant mon chéri gérer les quatre enfants? Juste moi, toute seule, pendant deux jours complets, sans aucun enfant à gérer. Lui, seul pour en gérer quatre… Il rentre. Il me dit « Mais fonce! Tu m’as permis de partir plusieurs week-end, toi, à moi de te rendre la pareille! ». Je ne suis pas convaincue. Je culpabilise.

Mister Mii est un papa très investi dans l’éducation de nos enfants. Il est très investi dans notre quotidien, également, en plus de son travail assez prenant. Il ne m’aide pas, il investit son rôle de père comme j’investis mon rôle de mère. Nous fonctionnons ainsi, chacun son rôle, chacun ses façons de faire, chacun ses attributions qui varient au gré de la fatigue, de la flemme ou de la présence de l’autre.
Je ne crois pas que l’un en fasse plus que l’autre. Certains moments si, par la force des choses, mais en général, ça s’équilibre.

Je passe ma vie à m’entendre dire que j’ai de la chance… Un père si investi? Ca c’est un super papa! Quelle chance d’avoir un mari qui participe, qui sait quand et comment changer une couche, qui entend son bébé pleurer au milieu de la nuit, qui sait mieux que moi comment fonctionne l’aspirateur. QUELLE CHANCE!!

Quand il emmène ou va chercher nos enfants à l’école, il est souvent vu comme une sorte de demi-dieu « On ne voit pas souvent ta femme! » »Elle est où leur mère? » Quand les voisins me donnent des légumes et me demandent ce que je vais en faire, je réponds « J’en sais rien, je sais pas cuisiner, moi… » et ils enchérissent « Ha mais oui, Mii cuisine, hanlalala, t’en as de la chance! »

Jamais je n’ai entendu que lui avait de la chance. JA-MAIS! A t’il de la chance d’avoir une femme présente et disponible qui peut se mettre une journée en off pour garder les enfants malades? A t’il de la chance d’avoir du linge propre, plié et repassé? A t’il de la chance de ne jamais avoir à aller faire du shopping pour ses enfants? Ou encore de la chance de ne jamais avoir à emmener un enfant chez le docteur?
Non, tout cela est normal.

Quand j’évoque mon besoin de repos et de calme, on me répond « Ho oui, ce n’est pas facile, avec 4 enfants, tu dois t’occuper de tout, c’est très dur! » et quand je réponds que non, pas tellement, mon mari est très présent, on me regarde comme une bête curieuse « mais de quoi te plains tu alors? »
Quand j’exprime mon envie de partir un jour ou deux, on me demande « mais comment tu vas faire avec les petits? » ou « Tu crois que tu vas réussir à les laisser? »
Mii a repris le travail 3 jours après la naissance de Pépin et personne ne s’est inquiété de savoir si c’était difficile ou non pour lui d’être ainsi séparé de son bébé tout neuf…
Il part régulièrement en déplacement 2 ou 3 jours et personne ne se demande si c’est dur pour lui ni « comment il va faire ».

Tout cela me pèse un peu parfois…
Mon mari est très présent et investi, mais je n’estime pas avoir de chance, du moins pas plus que lui…
J’ai de la chance car nous formons un couple harmonieux et chacun prend sa part de responsabilités en fonction de ses possibilités… Il a cette même chance.
Partir un week-end et lui laisser gérer les enfants ne me pose aucun problème en tant que mère. Il est tout aussi capable que moi de s’occuper d’eux. Il gère bien mieux que moi certains aspects, je suis meilleures sur d’autres… Au quotidien, nous nous complétons. Lorsque l’un de nous vient à manquer, l’autre pâlie comme il peut… On s’en sort généralement plutôt pas mal, même si on ressort en miettes, forcément!

Lui laisser les enfants pendant deux jours me pose un souci de culpabilité vis à vis de lui. Je ne trouve pas très sympa de lui faire ça… Même s’il me propose d’en profiter de bon coeur. Passer deux jours seule avec toute la tribu, j’ai du mal et je vis actuellement ça comme un cauchemar (Pépin est tout petit et Noisette à peine plus grande, ça n’aide pas…). Lui imposer ça, je ne trouve pas super sympa. Mais j’arrive à me projeter assez facilement sans mes enfants pendant 48 heures. Et je sais qu’il gérera aussi bien qu’il peut.

Cette place de père n’est pas encore très bien assimilée par la société, j’ai l’impression. Je peine à comprendre les réactions que suscite notre mode de vie, qui ma parait pourtant bien naturel pour un couple du XXIème siècle. On partage, chacun à notre mesure, selon nos compétences et préférences… Pourquoi est-il vu comme un superhéros pour certains trucs alors que cela semble être d’une banalité assommante lorsque je m’y colle?
Pourquoi suis-je considérée comme la chanceuse du couple?
Je passe actuellement mes journées à m’occuper de Pépin tout en tentant de travailler (autant dire que je ne me couche pas très tôt), en gérant un chantier, tous les soucis administratifs, 4 enfants, le repas du soir (bon, Picard est mon ami sur ce coup là!), alors que je viens d’enchaîner deux grossesses et deux accouchements… Je ne demande ni médaille, ni reconnaissance, mais j’en ai un peu ras la casquette qu’on me voit comme la chanceuse des deux, limite si mon mari n’est pas à plaindre de se traîner un boulet tel que moi.

Il est un père très investi, très présent. Cela reste un petit miracle pour moi qui n’ai presque pas connu mon père. Pour autant, j’estime que nous formons une équipe, lui et moi. Une équipe de choc, je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut survivre à tout ça… Nous sommes aussi éreintés l’un que l’autre! Mais une équipe quand même, embarquée dans une galère joyeuse et apocalyptique!

 

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50 Discussions on
“La place du père”
  • Moi je te dit fonce comme ton mari te le dit !! Quand je li ton article j’ai l’impression de nous voir moi et mon mari, je m’occupe de mes enfants à la journée lui travail mais c moi qui part souvent en soirée fille qui part une journée sans mes enfants sa fait du bien au début je culpabilise pas mal car je laisse mon mari avec les 2 enfants et moi je part profite d’être seule mais sa me fait un bien fou. Donc partir 2 jours ne peut que te faire du bien et sa pourras permettre à ton mari de profite seule des enfants davoir un moment de complicité avec eux sans maman !! Voilà ce que mon mari me répond il adore ce retrouver seule avec les enfants jouer faire des goûter partie en balade sans maman …. plein de courage à toi et fonce

  • Cet article me parle tellement. Comme toi et ton homme, je pense qu’avec mon conjoint nous formons une équipe .Il fait à manger quand je m’occupe des filles et vis versa, il se lève la nuit (limite plus que moi) pour remettre la tétine à la petite dernière, il fait prendre le bain à l’une, pendant que je lave l’autre, il fait le ménage quand il est d’équipe et je fais le ménage l’autre semaine… Il travaille et je travaille, mais j’entends également souvent que « J’AI de la chance », et le contraire alors ? Les efforts des hommes sont bien plus soulignés que les efforts féminins 🙂 Mais c’est comme ça, je pense qu’on s’y ai fait lol !

    • C’est surtout celles qui font la réflexion qui n’ont pas de chance, au final…
      Les efforts dans la sphère privée sont en effet bien mieux vus quand il s’agit d’un homme.
      Par ailleurs, je ne sais pas si, en inversant les clichés, un homme soit considéré comme particulièrement chanceux si sa femme tond la pelouse ou sait monter une étagère!

      • C’est ça ! personne ne se pose la question ! ça agace mon mari autant que moi, là aussi j’ai de la « chance » ?
        Il ne se gêne pas pour le dire « ah non c’est pas moi ! c’est ma femme ! » mais personne ne lui répond « fichtre t’as de la chance ! »… d’autant que si on réfléchit bien, elle sont gonflées les nénettes qui nous disent qu’on a de la chance (parce que ce sont souvent des femmes sisi) ! on ne les a pas mariées de force il me semble ? et pour la plupart, j’aurais préféré me pendre que de choisir leur mec ! On a pas de « chance » on a juste bien choisi des gars intelligents, équilibrés et qui nous conviennent ! Na !

  • Je suis d’accord avec toi, c’est agaçant les personnes qui sont toujours à dire qu’on a de la chance d’avoir un mari si exceptionnel, même si j’avoue que maintenant, je fais exprès de dire que mon homme est ENCORE en déplacement à l’étranger. Du coup, maintenant, les « gens » me plaignent plus souvent de savoir que je gère seule 3 enfants (et toutes leurs activités extra-scolaires).
    J’ai horreur de me plaindre, je déteste ça, mais un jour, j’en ai eu ras le bol qu’on pense que c’était plus facile pour moi que pour les autres juste parce que je ne me plaignais jamais.

    Quand T-Biscuit et Chupa avait 4 et 3 ans, je suis partie 1 semaine à NYC avec ma mère. Au début, j’ai beaucoup culpabilisé puis finalement tout s’est bien passé.

    Bientôt on laissera les 3 à ma mère pour partir un we à 2 😉

  • Très juste ! Et en plus, toutes ces représentations font qu’un père peut se sentir très seul. Personne en effet ne se demande s’il n’est pas atrocement dur pour lui de quitter son nouveau-né pour aller bosser, de partir en voyage pro sans les enfants. On ne lui demande pas comment il se sent après la naissance de son enfant, comme si devenir père était une évidence… De toute façon, cette vision ultra sexuée du monde me rend dingo !

    • Exactement! Je ne crois pas que le fait de devenir père soit considéré comme une évidence mais plutôt l’inverse… Devenir père n’est pas censé faire ressentir grand chose au papa… Le bébé n’est pas censé l’intéresser outre mesure… Lui son rôle c’est d’aller travailler le plus tôt possible pour permettre à sa famille de manger. YOU-PI!
      Je discute souvent du congé paternité avec mon mari, et de l’injustice que celui-ci dure 11 jours et 8 semaines pour la mère. Et de l’hypocrisie du congé maternité aussi… Ca pourrait faire l’objet d’un article entier tiens!

  • Ça me laisse songeuse
    Je pense que tu as de la chance d’avoir un mari qui est très investie. De La chance en comparaison des autres .
    Tous les hommes eux, ont de la chance d avoir des femmes super women.
    C’est sûrement pas normal de le dire ainsi au xxi siècle mais tu fais partie d un petit nombre de privilégiées du mari.
    Moi je sature tant de tenir tour le monde a bout de bras…. au boulot, à la maison, dans les comptes et les loisirs que je me dis qq fois que la chance c est à moi de la provoquer. Ou pas.
    Bon c est pas clair mais je veux dire que je suis aussi responsable de ce que je vis, et dit comme ça, en effet, personne n est plus ou moins chanceux….

    • Disons que ce n’est pas moi qui suis chanceuse d’avoir un tel mari… Mais plutôt toutes les autres qui n’ont pas de chance d’avoir un mari qui ne s’investit pas… La nuance est de taille!
      Un mari comme le mien devrait être la normalité, pas tous les autres… 😉

    • Je sais que c’est facile à dire, mais je pourrais te conseiller, Alice, de lâcher du lest sur certaines choses, de ne plus les faire. Moi, je l’ai fait car je n’en pouvais plus à un moment donné, et miracle mon mari a pris le relais. Quand personne ne les couve, ils se débrouillent, et parfois très bien en plus!

  • Olalah tu résume si bien ce que je pense depuis l’arrivée de notre 1er enfant : ok mon mari participe, probablement plus que pas mal de ses amis. Mais en fait, je n’imagine pas qu’il puisse en être autrement. J’ai le sentiment que notre couple a un contrat tacite : c’est fifty/fifty. Pour autant je ressens aussi ce sentiment de culpabilité, et ne comprend pas que lui ne l’éprouve pas : il s’absente 2 soirs de suite cette semaine et ne se pose aucune question. J’avais l’impression que notre génération avait intégré le fait qu’un père participe autant qu’une mère. Dans les faits (et même si je mesure le chemin parcouru entre ma génération et celle de ma maman) je me rends bien compte que c’est à moi d’organiser, prévoir, anticiper, rappeler, alerter… voire sacrifier une partie de ma carrière ou de mes loisirs.

    • C’est parfaitement vrai.
      D’où une sorte de frustration de ma part…
      Il est investi, présent, c’est « moit-moit » chez nous aussi…
      Mais qui doit organiser, prévoir, gérer, penser à tout? Moi.
      Si je ne lui sors pas les affaires pour les enfants il est perdu (bon, tout comme je suis paumée s’il oublie de faire les courses, chacun notre truc!).
      Je me pose des questions avant de partir, lui pas vraiment.
      Quand je dois partir, je culpabilise de le laisser se débrouiller tout seul. Alors que je devrais plutôt me réjouir de le laisser créer des souvenirs d’un papa présent à ses enfants. Et c’est ce que je retiens, j’aimerais que mes enfants voient en ce modèle une normalité qu’ils sauront re transmettre.

  • Forcément ce billet résonne en moi de manière particulière… Je partage à 100% ton sentiment. Hier encore, au supermarché avec les 2 enfants, une dame me dit : « un papa qui fait les courses avec ses 2 enfants, ça c’est un super papa ». C’est censé être gentil, c’est juste idiot et injuste. Quand ma femme va au supermarché avec les 2 garçons, personne ne lui dit ça. Pourtant, pour peser les bananes pendant que l’aîné renverse les yaourts et le cadet se roule par terre, c’est tout autant galère.
    … Vraiment monsieur Mite orange a beaucoup de chance de t’avoir. Et je pèse mes mots !

    …. J’aime beaucoup ton blog, ton commentaire sur mon blog m’a donné l’idée de revenir par ici. Faut que je vienne plus souvent !!

  • Oh que je me retrouve dans ton billet ! Notre premier n’est pas encore là mais j’entends bien souvent que j’ai de la chance d’avoir un mari si patient, si participatif, un futur papa poule, …
    On cuisine tous les deux mais il aime plus cela que moi. Alors, bien souvent c’est « tu as de la chance qu’il aime ça ! » mais comme toi, je n’entends jamais que lui aussi a de la chance, la chance de ne jamais faire le ménage, la lessive, le repassage,… et j’avoue que cela me pèse par moment, moi aussi.

    Profite bien de ces deux jours à toi !

  • ha la la mais tout pareil ici…
    Si ce n’est que mon mari part en déplacement sur maxi 24h, sur plus de jours ça arrive mais une fois l’an quoi…
    et on travaille ensemble de la maison…
    Je pense tout comme toi.
    Je suis contente d’avoir un homme actif dans son rôle de papa mais moi on me dit pas merci de gérer les RDVs, le linge, la maison sale… Lui comme Mii fait la cuisine, les courses, les A/R école, on les fait à 2 parfois lui ou moi selon les dispo, mais on ne calcule pas qui fait quoi, si l’un en fait plus que l’autre…
    Par contre le mien n’entent pas la nuit ^_^mais se lève très tôt (4 -5 heures du matin) pour travailler dans le calme et donc prépare les petits dèjs vers 7-7h30.

  • Voilà, une équipe, c’est comme ça que je vois notre rôle de parents également, chacun gère en fonction de sa disponibilité, et je ne comprends pas trop les têtes étonnées des gens qui voient ça. Une fois, la nounou s’est étonnée que je ne sois pas « investie à fond » dans l’éducation de mon fils. Après m’être étranglée, j’ai compris ce qu’elle voulait dire : mon mari gère beaucoup de choses dans l’éducation de notre fils, il fait par exemple systématiquement les courses parce qu’il adore ça alors que je déteste. Pourtant, il n’y a rien d’étonnant, on a fait notre bébé à deux, on a vécu la grossesse à deux, on s’investit tous les deux parce que NOUS sommes les parents à DEUX!

  • Eh ben, tu en as de la chance … oups pardon, je me tais 😛
    Tu as bien raison, les pères investis devrait être la norme et non l’exception !!

    Bon, pour l’instant, mon homme, ce n’est pas tout à fait ça, mais FeuFolet est encore petit et je le vois bien qui s’investit de plus en plus au fur et à mesure qu’il grandit. Puis, c’est notre seul enfant, donc j’ai le temps de m’en occuper beaucoup (d’autant que je suis au chômage).
    Par contre, quand j’ai eu mon CDD de 6 mois, il s’en est occupé une après midi par semaine et à priori FeuFolet à survécu.
    Mais je lui ai bien dit que plus il y aurait d’enfants, plus il faudra qu’il prenne aussi sa part de boulot ^^

    • Après, on a de la chance d’avoir trouvé notre équilibre, c’est sûr (équilibre précaire, hein… C’est un combat de chaque jour! ;-)) Et ce qui convient aux uns ne convient pas forcément aux autres… L’essentiel c’est d’être à l’aise avec sa famille, son couple, le modèle qu’on a mis en place, peu importe qu’il soit « traditionnel », égalitaire ou avant-gardiste… Ce qui compte c’est d’être heureux, à l’aise, et que cela convienne parfaitement aux deux membres du couple…

  • Je suis tellement d’accord avec vous !
    J’ai très très mal vécu, pour ma part, cet aspect de ma maternité. Je ne m’attendais pas à ça, pour être honnête.
    J’ai un boulot extrêmement prenant dans lequel il n’est pas très bien vu de partir avant 19 heures (et encore, j’estime n’être pas encore trop mal lotie sur ce coup), j’ai une petite fille (une seule !!), je gère à peu près tout à la maison, et je dois encore m’entendre dire que j’ai trop de la chance d’avoir un chéri « qui m’aide ». Mais comment ça, « il m’aide » ? Je déteste cette expression. Il ne m’aide pas moi, il fait sa part, point. Je n’aime pas cette expression car elle entérine l’idée selon laquelle les tâches quotidiennes sont par principe exécutées par la mère/femme, et que le père/homme donne seulement son coup de main ponctuel à cette dernière.
    Cela rejoint l’idée que vous exprimez très bien : la mère a de la chance d’avoir un chéri investi dans l’éducation de ses enfants ; mais lui n’est pas chanceux d’avoir une chérie investie : ça c’est la « norme » ou l’injonction, je dirais.
    J’ai trouvé cela pénible car ces idées sont tellement intégrées que même mon homme, pas matcho, élevé par une mère célibattante, les avait dans la tête, au point qu’un jour il m’a dit : « certes, j’en fait moins que toi à la maison, mais j’en fais quand même un peu et en tout cas plus qu’avant, et ça ne te va toujours pas ! ». Ce jour-là j’ai explosé ! Au nom de quoi devrais-je trouver NORMAL d’en faire beaucoup plus que mon conjoint ? Au nom de quoi il serait JUSTE que je m’estime heureuse qu’il en fasse un peu plus qu’avant ? C’est un discours injuste et pour tout dire, révoltant, pour moi en tout cas. Toutes les fibres de mon petit corps se rebiffent !
    Je crois que ce jour-là il a compris et les choses sont différentes aujourd’hui quoique toujours pas parfaites ni égalitaires.
    Merci pour ce texte.

    • Ha ben je vous rassure, même si mon homme est également issu d’une famille où le modèle maternel est très « fort », cela n’était pas gagné d’avance et j’ai dû affirmer mon caractère afin qu’il ne se laisse pas vivre… Et souvent je dois « réajuster » parce qu’il prend facilement pour acquis que je dois tout me coltiner vu que je bosse depuis la maison (avec un bébé dans les pattes, merci bien).
      Je m’estime donc d’autant moins « chanceuse » que j’ai du me battre assez fermement pour ne pas tomber dans un schéma patriarcal. La chance que j’ai est sans doute d’avoir un mari très ouvert d’esprit, moderne et égalitariste… Mais est-ce une chance ou un choix?

      Je partage ce que vous dites, la société est très pesante envers les mères… Envers les femmes.

  • Notre société est malheureusement encore dans certains clichés et ne semble pas vouloir en démordre … Quand un père s’occupe naturellement de son enfant, c’est un héros, un DIEU ! Quand une mère décide de ne pas forcément mettre sa carrière professionnelle entre parenthèse, c’est une horrible et égoïste personne. Et les exemples sont nombreux.
    Oui, tu as de la chance, et oui, ton mari a de la chance. Vous avez la chance de vous aimer, de vous respecter, de vous avoir l’un l’autre pour vous soutenir dans le s bons comme les moins bons moments … Votre chance ,c’est d’être deux, d’être unis et d’être une force à vous deux ! Alors, comme te l’as si bien ton cher et tendre : oui, pars en weekend, si tel est ton désir !!! Accepte de lâcher prise et de le laisser gérer (et de laisser jaser tous ceux qui le plaindront parce qu’il a du s’occuper tout seul de 4 enfants – ses enfants quand même au passage – pdt que sa femme se la coulait douce … hihi)

    • Oui, la société n’a pas encore intégré les changements des moeurs…
      Ce qui est étrange c’est que j’ai souvent des remarques de gens qui ont plus ou moins le même mode de vie que nous (en apparence du moins), comme s’ils pensaient être l’exception, ou comme s’ils continuaient de véhiculer des idées d’un autre âge tout en agissant autrement (à la rigueur, mieux vaut dans ce sens que l’inverse mais bon…)
      Peut-être que ces femmes pensent avoir « de la chance », elles aussi… Et ne voient pas la normalité de leur situation… Je ne sais pas.

  • Moi je dirais que… d’une part, oui tu as raison, la société n’est pas impartiale sur le sujet et attend plus des mères (et il faut que ça change!!), d’autre part, et ceci est dit sans aucune « envie », VOUS avez de la chance tout les deux! Donc je comprends qu’on te dise à toi: tu as de la chance qu’il s’investisse parce que beaucoup de pères sont quand même pas tout à fait dans le même schéma, et qu’on lui dise à lui aussi qu’il a de la chance parce que sans toi il partirait travailler l’esprit beaucoup moins tranquille..

    Enfin je sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais je crois qu’avoir de la chance, c’est plutôt un compliment (on va la chercher sa chance! elle tombe pas tout cuit!) Et que si on s’adresse à toi, on te dira que tu en as de la chance, mais peut-être qu’en s’adressant à ton mari, on lui dira aussi qu’il en a de la chance.

    Enfin, à mes yeux, un couple qui forme un couple harmonieux et uni, qui fonctionne en équipe ça me semble tellement miraculeux! Je reviens de tellement loin!

    Bravo d’être aussi chanceux tous les deux 😉

    • Si on lui disait à lui aussi qu’il est chanceux, alors oui, ce que tu dis serait parfaitement vrai! Mais ça n’est pas tellement le cas!
      Cela dit, quand je mets les gens qui me font ces remarques face à leurs contradictions, ils admettent qu’en effet, nous avons autant de chance l’un que l’autre.
      Je crois qu’il s’agit d’un réflexe (que j’ai sans doute aussi sur d’autres sujets) de voir en l’homme investi dans sa paternité une sorte d’exception fantastique… Mais les mentalités changent quand même, je crois. J’espère!

      Mais oui, je te l’accorde, nous avons beaucoup de chance l’un et l’autre. Mon mari est loin d’être parfait (et des fois, ça me fait rire quand on me dit que j’ai de la chance, parce qu’il faut se le coltiner le lascar! ^^), cela dit je ne suis pas hyper facile à vivre non plus!

  • Tout ce que tu dis est bien vrai.
    Ma belle-mère me dit souvent fièrement que « j’ai de la chance » que mon mari en fasse autant. Grrrrr!!!! Ca me hérisse le poil car mon mari n’a pas du tout été élevé dans la culture du partage des tâches alors si aujourd’hui il fait sa part du job en trouvant cela tellement normal, ce n’est pas que « j’ai de la chance », c’est que j’ai construit une relation de confiance avec mon mari basée sur des valeurs qui n’étaient pas forcément évidentes au départ pour lui mais qui le sont devenues naturellement.

  • Bonjour,
    Je vis la même situation que toi : j’ai de la chance, et lui, le pauvre…! Pourtant c’est indispensable, je trouve, de partager les tâches à effectuer pour les enfants et la maison, selon nos envies et les changements du quotidien. Et quel bonheur pour les enfants de pouvoir partager pleins de moments avec leur papa!
    Juste une anecdote : j’ai été bien malade pendant 2 mois en début de grossesse (vomissements… et moins 10kg en 2 mois quand même). Des infirmières venaient à domicile pour me faire des injections, et disaient au papa « Cela doit être difficile pour vous de tout faire?, C’est pas trop dur?… » Et à moi, elles disaient « C’est pour la bonne cause », alors que j’étais très mal. Ceci venant de femmes du milieu médical : c’est très révélateur de la pensée ambiante. Notre société a du mal à évoluer sur certains points!!!
    Sinon, si tu en as envie, vas-y, accorde toi un we de « pause »! Tu reviendras plus détendue mentalement et ce sera bien pour tous!
    Bonne journée!

    • Les clichés sont véhiculés partout en permanence, c’est assez pénible…
      Mii a géré énormément pendant ma dernière grossesse, j’étais tellement épuisée… Et j’avais beaucoup de remarques aussi…

  • c’est rigolo, on a souvent cette discussion avec mon mari (qui est très investi comme père au sein de notre famille: par exemple c’est lui qui gère les repas, les trajets à l’école, les accompagnements de sortie scolaire, une partie des activités extra scolaires, les rdv médecins… moi ce sera plutôt le linge – achat entretien et habillement des enfants, l’administratif, le ménage…).

    il s’amuse beaucoup du fait que la société le considère comme un dieu pour son investissement.

    et en y réfléchissant… je pense que c’est devenu de moins en moins exceptionnel. Pour preuve, on a passé en revue nos couples d’amis proches (qui ont tous plus ou moins le même profil: 2 parents qui travaillent à temps plein et qui ont un enfant entre 0 et 4 ans). On ne l’avais jamais réalisé jusque là, mais chez tous ces couples d’amis (tous = 5 hein, on a compté que les proches), c’est le papa qui cuisine. Je ne connais pas les détails de la répartition des autres tâches, mais c’est au moins 50% pour la logistique autour des enfants (trajets école pour les grands, changements de couche et réveils la nuit pour les plus petits).

    du coup il a réalisé que ce qu’il faisait n’était pas si exceptionnel que ça 😉 et à la fois, tant mieux

    • Voilà, pareil! 😉
      Par contre j’ai noté une propension pour les mères de mon entourage (pas toutes) à se sentir absolument indispensables et à agir comme si leur conjoint n’était pas aussi compétents qu’elles pour la gestion des enfants…

      • Je ne pense pas qu’il faille généraliser les commentaires du style « tu as de la chance que ton mari s’investisse » = c’est moins normal que pour une femme. Très honnêtement, quand je lis les commentaires où les papas gèrent les courses, les sorties scolaires, proposent des balades, etc… bref, s’intéressent de façon normale à la vie familiale quotidienne, ben oui, je me dis que vous en avez de la chance! Ce n’est certainement pas réducteur face à votre rôle de super femme/super maman, plutôt une jalousie non déguisée car moi, mon homme n’en fait pas le dixième. C’est triste, mais oui, il y a de l’envie derrière ce genre de commentaire, même si bien sûr, parfois, c’est sexiste.
        Nous travaillons tous les 2, j’ai la chance de prendre mes mercredis mais c’est pour mieux m’occuper des activités périscolaires de mes 2 garçons et pour profiter de ma petite puce de 1 an.
        Je gère tout l’administratif, le budget, les vacances, le périscolaire, l’habillement, les colonies, le planning, les sorties, les cadeaux, les anniversaires, les lessives, les menus… Il peut gérer les courses si j’ai fait une liste très précise, il fait à manger le soir car je reviens plus tard., et pour le ménage c’est 50/50 même si c’est chaque semaine la surprise « quoi?!? On fait encore le ménage?! »
        Mais il a tendance à glandouiller quand moi je gère le linge + les bains + la valise de l’aîné qui part en classe de mer + Le repas du dimanche soir…
        Donc oui, même si on est en 2019, vous avez de la chance que vos maris s’investissent, car nombre d’hommes aujourd’hui restent câblés en 1960.

        • C’est vrai, c’est en partie une chance (c’est aussi une construction de longue haleine). Mais en effet, c’est triste d’en être là.
          En soi, quand une femme me dit que j’ai de la chance, je ne le prends bien évidemment pas mal, mais rares sont celles qui ont votre lucidité… Pour la plupart, j’ai de la chance car elles sont elles-aussi cablées en 1960… Or, les messages que nous envoient la société sont aussi ceux-là: une femme qui s’occupe de ses enfants c’est normal, c’est la base. Un homme qui s’occupe de ses enfants c’est sexy, c’est beau, c’est génial. Ben non, c’est normal aussi. La différence de traitement commence aussi au sein des foyers, arrêter de trouver une situation normale alors qu’elle ne l’est pas. Admettre que celle qui a un mari investi vit une situation normale et que celle qui vit avec un homme peu responsable n’a pas de chance… C’est surtout ce regard là, ce biais de penser qu’il faut changer, à mon sens, pour faire évoluer la société.

          Donc non, je n’ai pas de chance, je vis avec une perle rare qui devrait représenter la majorité. Et vous n’avez malheureusement pas de chance…

  • C’est pareil pour moi, j’ai du commencer un boulot loin, mon mari gère l’appartement et notre fils seul la majeure partie de la semaine et j’entends que j’ai de la chance. Alors que moi quand j’ai du gérer seule la maison et notre fils alors que lui avait été muté et qu’on a du attendre 4 mois pour le rejoindre., c’était normal. Ce qui se passe, c’est que nous avons une responsabilité égale face à notre enfant, et si les circonstances l’exigent, on est capables de gérer seuls. Je pars en toute confiance le lundi matin, je sais que mon fils mangera bien ira à l’école (relativement) bien habillé et que ses devoirs seront faits, qu’il aura un goûter etc. C’est ça qui devrait être normal. (vivement qu’ils me rejoignent quand même, mon coeur de maman n’en peux plus)

  • Bonjour,
    Je parle plus du côté des enfants (oui, je viens à peine de partir de chez mes parents) mais nous, on adorait se retrouver un moment juste avec papa (ou juste avec maman). Ca nous permettait de faire des choses que l’autre ne voulait. On allait manger au Mac’do avec papa (maman déteste ça). On prenait le temps de cuisiner avec maman (ça fait beaucoup de bruit et de bordel dans la maison). C’est l’occasion de passer un moment privilégier avec juste papa ou juste maman.
    C’est bénéfique pour tout le monde 🙂

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