Mère célibataire/vs Parents en duo…

Ce billet m’est inspiré par le retweet de Zetwitty, relayant une info de « Parents » disant en substance que les mères célibataires sont plus fatiguées que les autres…
Ca m’a semblé tellement tomber sous le sens que ça m’a amusé qu’une telle étude ait pu être menée…
Et puis je me suis souvenue avec une certaine douleur de mes années de maman « solo »…

Quand Mouflette est née, il y a bientôt 15 ans (Kill me NOW!!), j’ai quitté son père quelques semaines après, pour des raisons sur lesquelles je reviendrais peut-être un jour. Je me suis donc catapultée moi-même dans le monde des parents célibataires devant assurer seuls l’éducation de leur enfant.
Le père de Mouflette ayant très rapidement décidé de ne plus lui rendre visite ni prendre de nouvelles, je me suis retrouvée à 100% seule pour prendre soin d’elle (ce qui était une très bonne nouvelle étant donné les qualités paternelles du bonhomme…).

Les deux premières années de sa vie, Mouflette n’a eu que sa maman pour s’occuper d’elle. Ensuite, Mii est entré dans nos vies et a peu à peu pris sa place auprès d’elle, mais nous n’avons emménagé ensemble que lorsqu’elle avait 6 ans, avant, on ne le voyait que les week-ends.

 

J’ai sué sang et eau pour offrir à ma fille une éducation digne de ce nom, pour tenir à bout de bras l’organisation de sa vie afin de lui donner ce dont elle avait besoin.
Une période de ma vie particulièrement intense, difficile en terme de fatigue et d’investissement moral. J’avais la chance d’être très jeune et pleine de ressources… Mais ça reste une période difficile, même si merveilleuse à bien des égards.
Je trouve aujourd’hui l’intendance avec 4 mômes à gérer à 2 plus facile que de gérer une seule petite fille à moi seule…
Etre deux pour s’occuper de ses enfants, cela change énormément de choses, c’est le jour et la nuit. Il y a énormément de positif mais aussi un peu de points noirs. Petit tour d’horizon!

La gestion des horaires:

Quand on est en couple (je prends l’exemple que je connais, mon couple donc, où les répartitions sont relativement équitables), on gère ses horaires en fonction de celles de l’autre parent. Si l’un peut aller chercher les enfants, l’autres les emmènes à l’école, par exemple. Ca divise par deux les trajets pour chacun des parents. Si l’un peut faire tous les trajets de la journée, l’autre prendra le relai en rentrant le soir pour gérer d’autres choses… Ou alors il ira faire les courses et les trucs qui sont plus faciles à faire sans les enfants.
C’est une organisation, ça demande de la bonne volonté de part et d’autre, mais c’est beaucoup plus simple d’être deux pour gérer le quotidien.

Quand on est un parent solo, on doit tout gérer tout seul. Si on a un empêchement, tant pis, on doit se débrouiller pour être à l’heure à l’école, parce que personne ne pourra prendre le relai. Si un enfant doit aller chez le docteur, tant pis pour la réunion hyper importante, on doit faire face à l’urgence seul, sans aucune possibilité de déléguer…

L’intendance au quotidien:

Quand on est en couple, comme pour les horaires, on se partage les tâches… Si l’un est trop crevé pour faire le dîner, l’autre peut s’en occuper… Pareil pour le bain, les devoirs, le coucher, l’histoire du soir… L’un peut prendre le relais de l’autre… L’un peut aussi faire office de baby sitter pour que l’autre puisse sortir voir des copains ou qu’il puisse aller en voyage d’affaires…

Quand on parent solo, l’intendance prend une toute autre ampleur… On n’a pas le droit d’être crevé, on ne peut pas se permettre de flancher… Au mieux on peut commander des pizzas quand on est trop fatigué pour cuisiner, ou faire chauffer du Picard… Mais on doit quand même gérer tout le reste… Si on n’a pas la force de lire une histoire, alors les petits iront au lit sans histoire, point… C’est un peu lourd à porter.
Le ménage, les courses, la gestion des bobos, l’écoute des petits malheurs et grands bonheurs, tout repose uniquement sur les épaules d’un seul parent. Ca peut rapidement devenir très difficile, moralement…

Le soutien moral:

Le soutien moral, justement, parlons en… Quand on est deux, on peut se soutenir mutuellement. Quand on est deux,n on peut confier notre ras le bol de la vie de parent à quelqu’un qui nous comprendra.
Il m’arrive souvent d’en avoir marre et de vouloir vendre mes enfants… J’en parle à Mii, on se fait un trip « combien on peut en tirer sur le bon coin, oui mais on va en garder un quand même, lequel? » on passerait pour les pires parents du monde si d’autres nous entendaient… Mais on est ensemble, on se comprend et on peut aller loin dans notre délire exutoire. Ca fait du bien, c’est libérateur.

Seule, je ne pouvais confier mes angoisses, mes envies de partir à l’autre bout du monde ou juste me plaindre auprès de personne… Il est difficile de trouver quelqu’un capable d’entendre nos confessions avec humour, second degré et bienveillance… Souvent, je m’en suis pris plein la tronche à base de « T’as choisi d’être seule, assume un peu! ». La société renvoie une image assez négative au parent célibataire… Il est une faille du système. Il est d’autant plus difficile de trouver du soutien quand on risque de se prendre des jugements en retour.
Les parents en couple représentant une certaine « normalité », ils trouvent plus facilement des acolytes pour les comprendre, ce qui est d’autant plus injustes qu’ils en ont moins besoin que les célibataires.

Seul, on ne peux également confier ses doutes à personnes et on fait des choix éducatifs tout seul… Même si on peut se faire conseiller à droite à gauche, au final, les décisions nous reviennent, c’est une lourde responsabilité que l’on doit assumer tout seul.
A deux, si on fait une connerie, on peut au moins se consoler en se disant qu’on est deux dans le même bateau!

La liberté:

Je finirai par une note positive en faveur du célibat parental…
Quand j’étais seule avec Mouflette, je pouvais faire ce que je voulais quand je voulais, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit. Dans la réalité c’est un peu plus compliqué car j’ai eu l’épée de Damoclès « père biologique capricieux » au dessus de la tête jusqu’à l’adoption de Mouflette par Mii. Mais grosso modo, je pouvais décider de partir en week-end à l’autre bout de la France ou emmener ma fille en vacances à l’étranger sans demander l’avis de personne. Juste elle et moi à l’aventure. C’est une caractéristique de la vie en solo que je regrette un peu… Evidemment c’était facilité par le fait que j’avais un seul enfant.
On peut plus facilement laisser s’exprimer son petit grain de folie quand on est seul et que l’on ne doit demander l’avis de personne pour emmener son môme à un concert du soir, pour l’emmener au cinéma sans tergiverser vingt ans sur le choix du film. Quand on peut partir en voyage et lui faire découvrir le monde comme on l’entend…

En couple, cette liberté est forcément un peu nuancée par la présence de l’autre, ses exigences, ses envies, ses besoins, sa tolérance. C’est néanmoins possible de trouver un terrain d’entente afin de garder cette part de liberté et de folie. Mais ça perd en spontanéité dans la mesure où il est difficile de se dire un soir à la sortie de l’école « Allez les mômes, je vous emmène au bord de la mer, on en a pour 4 heures de route! Youhou!! » si le papa ou la maman nous attend à la maison en préparant des spaghettis bolognaise…

Pour résumer, il y a, comme toujours, du bon et du mauvais dans chaque situation.
J’ai apprécié mes années « maman solo », parce que j’ai préféré être seule que « mal accompagnée », parce que c’est une période relativement courte de ma vie que je vois comme une expérience différente, pour moi.
Du point de vue de l’enfant, il est évident que l’équilibre est mille fois plus facile à trouver lorsqu’il a ses deux parents auprès de lui… Deux personnes pour s’occuper de lui, deux personnes qui s’opposent parfois et lui montrent différentes manières d’envisager les choses, l’avenir, la vie, etc… J’insiste sur « deux personnes », parce qu’à mon sens la famille « idéale » (si elle existe) n’est pas constitué d’un-papa-une-maman-deux-enfants-et-un-labrador mais de deux parents qui s’aiment, qui ont voulu former une famille ensemble, peu importe qu’il s’agisse de deux papas ou deux mamans ou d’un couple « traditionnel ».
Cela étant, on est rarement parent célibataire par choix convaincu, j’imagine que c’est assez rare de se sire « moi, je ne VEUX pas de père ou de mère pour mon bébé, je veux mon bébé tout(e) seul(e)! » c’est plus une question de circonstances qui amènent à cette situation pas tous les jours marrante.

Je terminerai en disant que oui, la vie de parents en couple est vraiment plus facile et moins fatigante que la vie de parent célibataire. Pouvoir déléguer, s’appuyer matériellement et moralement sur quelqu’un d’autre, voir ses enfants grandir dans le regard de l’autre, partager le bonheur et l’amour, c’est vraiment mille fois mieux que vivre tout ça tout seul… Je nuancerais en disant que pour cela, il faut être un couple heureux et épanoui, sans cela, la vie en couple devient un cauchemar, et on s’en sort carrément mieux chacun de son côté!

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26 Discussions on
“Mère célibataire/vs Parents en duo…”
  • et dire que ça fait 5 ans que je suis mère célibataire, on s’y fait mais ça pèse, je comprends pas que certaines arrivent a retrouver l’amour et un équilibre familiale après ce moment de maman solo, pour certaines c’est plus rapide que d’autre enfin je dois être la seule a resté aussi longtemps maman solo peut être lol ou tout dépend de notre histoire, en tout cas ce texte réconforte les mamans solos et laisse l’espoir =) malgres la fatigue

  • Je suis mère célibataire depuis moins d’un an, avec 3 enfants qui ne sont plus vraiment petits (de 16 à 9 ans) et c’est vrai qu’il y a des aspects difficiles… mais dans mon expérience le plus dur à gérer ce ne sont pas les enfants ou le quotidien mais leurs pères 🙂

    • Ha oui, le père (ou les pères dans ton cas), c’est une autre histoire… J’en ai bavé pendant 2 ans avec que celui de Mouflette disparaisse dans la nature… Mais purée, les deux pires années de ma vie je crois…

  • Je suis Maman « à deux » mais nos boulots respectifs font que dans les faits, on est tous les deux seuls avec notre fils, seul le dimanche après-midi est en famille. Du coup ça fait beaucoup de difficultés mais au moins on a le soutien moral de l’autre 😉 Ceci dit, faut vraiment qu’on trouve un autre fonctionnement parce que c’est épuisant, surtout que je suis malade. Bravo à toi d’avoir réussi à gérer la vie solo comme une chef!

  • Comme tu le dis, toutes les situations ont des désavantages, mais c’est vrai qu’un parent solo est plus sollicité et plus fatigué. Je le vois quand je suis seule à la maison. Pas moyen de faire une pause !

  • Tes billets sont profonds en ce moment dis donc (non pas qu’avant ils étaient futiles hein!). Je pense souvent aux mamans solos parce que je trouve en effet très confortable (et vital parfois) d’avoir quelqu’un qui peut prendre le relais quand la fatigue est intense, ou quelqu’un avec qui partager les angoisses de maman!

    • Merci Oph, je suis contente que quelqu’un s’en aperçoive, je me trouve en forme côté écriture! ^^
      C’est sûr, c’est un sacré confort, je n’aurais pas fait 3 enfants de plus sans être sûre de les faire avec un homme au moins aussi présent que moi!

  • Coucou !
    Je ne peux qu’exprimer mon admiration aux parents solo. J’ai vécut la première année de mon fils (presque) seule, et je n’en voyais pas le fond. J’ai eu la chance d’avoir ma mère à la maison, pour lui donner mon fils quand j’ai eu envie de le jeter par terre, pour aller pleurer dans ma chambre. Je voyais le papa à peine une petite journée par semaine, pas tout à fait 24h pour raisons professionnelles. Grace à eux, je n’avais pas à m’occuper du ménage, de la cuisine. J’ai eu un bébé très demandeur pendant près de 6 mois, et je ne sais pas comment je m’en serais sortie sans le soutien silencieux de ma maman.
    Je ne peux te dire que ce que je vois. Que cette épreuve t’as renforcée. Et malgré ça, tu as survécut, tu as fais de ta fille une très belle jeune femme, tu t’es trouvé un compagnon qui te conviens, et tu as rempilé avec trois autes enfants qui ont l’air très heureux aussi !

  • Je ne fais pas avancer le débat puisque je n’ai connu que le challenge un bébé + 2 parents, et même si on attend le deuxième, ça reste gérable.
    Par contre, j’aime beaucoup le délire « vente sur le bon coin » XD On est tous un jour des parents indignes qui envisagent de se débarrasser de leur progéniture …

  • J’y pense souvent tu sais quand je suis épuisée, que j’ai l’impression de ne plus avoir d’énergie pour les gérer, je me dis « mais comment elle faisait La Mite toute seule? » Les nuits seules à la maternité m’ont vaccinée de toute envie de célibat. Cette fois j’ai fait en sorte de ne pas m’épuiser, sauf que j’ai épuisé mon mari… Pas toujours facile de trouver le bon équilibre. La première fois que je suis devenue mère, j’ai appris avec stupéfaction qu’on ne pouvait pas se plaindre, même à une autre mère, même sans demander d’aide. Ce genre de conversation sont stériles voire délétères sur le moral car on aura tôt fait de te dire que c’est toi le problème et que d’autres y arrivent alors que les circonstances sont plus difficiles. Le sacro-saint « j’en ai bavé, donc y’a pas de raison que ce soit plus facile pour les autres » vient faire barrage à toute initiative positive. La bienveillance est une denrée rare. Alors suivant le principe, « sois le changement que tu veux voir dans le monde », je me suis fait la promesse d’être moins sarcastique/critique et plus proactive (genre on amène le repas) avec les futures jeunes mères de mon entourage.

    • Bravo à toi!!!
      En effet le discours est très culpabilisant… On est des mères, on doit y arriver en serrant les dents. Bravo l’empathie et le soutien!
      Ca ne m’étonne pas tellement que des tas de femmes fassent des dépressions dans ces conditions.
      Et j’étais jeune, quand j’étais seule, ça a joué en ma faveur je pense… Aujourd’hui je ne sais pas comment je m’en sortirais… Déjà quand je suis seule 2 jours avec ma marmaille je sature! Mon mari gère bien mieux que moi (en apparence du moins).

  • Merci pour ce joli témoignage… jai un peu l’impression de me retrouver dans t années maman solo l’étant moi-même et élevant ma fille de 3 1/2 tte seule depuis sa naissance.. avec un « papa » qui ne fait que de brèves apparitions de temps a autres … comme une envie de… quoi!!! C’est vrai que le coté solo j’aime pour la liberté que cela m’apporte, le fait de du coup tout vivre intensément (les premiers pas premiers mots premiers tout!!! ) et c’est aussi très fatiguant.. parfois mon entourage me dit oh mais t seule mais tu n’en a qu’une.. oui c’est un fait, mais je travaille entretiens ma maison fais les courses les heures supp’ pour arriver à nous offrir une jolie petite vie, + les bobos les maladies les histoires les cauchemars les caprices……. ca fait beaucoup pour une seule paire d’épaules!! Bref c’est pour moi un vrai bonheur mais j’avoue que je pense pouvoir prendre rapidement gout au duo le jour ou ca arrivera!! Merci encore

  • Bonsoir, je rebondis sur le tweet de zetwitty qui dit qu’être maman solo c’est plus dur, plus fatiguant que d’être parents à 2. Ca paraît être une évidence mais même si ça l’est, dans le monde professionnel, ce n’est pas pris en compte. Ou alors à son désavantage c’est-à-dire avec le raccourci rapide : maman solo = peu dispo donc sera moins bien payée qu’un parent non séparé. Ce qui est difficile pour tout parent solo en plus de l’absence d’un partenaire amoureux qui pourrait le soutenir c’est le reflet de la société encore très machiste qui le dévalorise et l’enfonce moralement en l’excluant, en lui renvoyant une image d’échec de sa vie. Et pour les papas solos qui s’occupent à plein temps de leurs enfants, parce qu’ils sont très rares, ils sont encore plus victimes de la société.
    Merci pour cet article intéressant 🙂

    • Je me doute que si l’étude a été faite c’est parce qu’il y avait un besoin, mais j’ai trouvé ça très « déconnecté » tant ça semble évident.
      C’est sûr qu’il y a une dimension sociétale très difficile à vivre lorsqu’on est parent solo (j’ai mis « maman dans le titre car je suis une maman, mais je n’ai pas oublié les papas, bien entendu!). Le dénigrement et la dévalorisation font rapidement perdre le peu de confiance qui reste…

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