Le quatrième, ça passe tout seul!!!

Lorsque j’ai annoncé que j’étais enceinte de notre quatrième enfant, les réactions ont été multiples, de la surprise à la joie en passant par l’effroi (devenir une famille très nombreuse est un bon moyen de se transformer en freacky friend et faire peur à tous les nulli ou primipares… ;-))
Certains semblaient pris de panique, que ce soit d’un point de vue financier « Mais comment tu vas payer leurs études??? » ou d’un point de vue pratique « Oh mon dieu, mais vous êtes fous, comment vous allez en gérer QUATRE??? »
D’autres, plus positifs, me rassuraient « Non mais ne t’inquiètes pas, passer de 3 à 4, ça se fait tout seul, y’a pas de quoi angoisser! » (Les mêmes qui n’ont qu’un ou deux enfants, dans une grande majorité des cas)

Pour être franche, je faisais, moi-même, en tant que future mère de 4 enfants, plutôt partie de la première catégorie « Oh mon dieu, mais on va tous mûûûûrir!!!!! », mais le second discours me rassurait beaucoup… Je remercie donc ces personnes d’avoir tenté de m’apaiser.

En réalité, passer de 3 enfants à 4 enfants, ça ne se fait pas vraiment tout seul…

Evidemment, l’arrivée du premier enfant chamboule tout avec une intensité explosive! Devenir parent, avoir la responsabilité d’un autre être humain que soi-même, devoir changer toutes ses habitudes, tous ses réflexes… Devenir une autre personne… Ne plus être seulement soi mais devenir une maman ou un papa.
J’ai eu ma première fille si jeune qu’à vrai dire, je n’ai pas vraiment eu le temps de m’habituer à devenir responsable de moi-même… Je suis devenue adulte en même temps que ma fille grandissait. J’ai appris à prendre soin de moi bien après l’avoir mise, elle, dans mes priorités. Je suis devenue maman alors que je n’étais encore qu’une enfant. Ca a bouleversé ma vie, évidemment… Mais avec tout ce que je vivais à l’époque, j’ai du mal à faire le tri.

En revanche, la naissance de MissCouette, mon deuxième enfant, m’a fait l’effet d’une bombe provoquant un tsunami… A tous les niveaux, cette naissance m’a retournée… Émotionnellement, physiquement, concrètement… J’ai vraiment eu le sentiment de tout devoir réapprendre, de revoir toutes mes certitudes… J’ai vécu son arrivée comme une deuxième première naissance. Mouflette est l’enfant « de l’insouciance », j’étais jeune, j’étais seule, je suis devenue mère selon mes propres règles et j’ai nous nous sommes instinctivement suivies, Mouflette et moi. Elle a été l’enfant du « sauvetage » aussi, sans elle, ma vie ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui… Elle ne serait peut-être pas du tout d’ailleurs.
MissCouette était, quant à elle, le bébé « planifié », le bébé, si ce n’est de la maturité, du moins, de l’âge adulte. J’avais 28 ans, nous étions en couple depuis plusieurs années, avec Mister Mii. Nous avons fait les choses « dans l’ordre », de manière assez classique, à un âge classique, dans un contexte classique.
MissCouette a amené une certaine « normalité » dans ma vie. Etre parent en couple, c’est nettement plus simple! Mais cela pose des problèmes d’un autre ordre.

Pour la troisième, attendue elle aussi, attendue longtemps même, quelques soucis s’étant mis en travers de notre route, j’ai trouvé son arrivée plus douce. Si l’on met de côté les difficultés de santé qu’elle a eu ainsi que son hospitalisation, j’ai trouvé sa venue plus facile. Je savais à quoi m’attendre, j’ai pu anticiper les doutes, les vagues d’émotions diverses… Et finalement, j’ai trouvé que les choses se sont faites plutôt naturellement. Le chamboulement a été moins intense que pour l’arrivée des deux premières. J’ai eu l’impression de pouvoir plus profiter de mon bébé.

Bon, après, je suis tombée enceinte tellement rapidement, Noisette avait à peine 4 mois, que tout s’est enchaîné très vite… Et les difficultés que j’ai pu ressentir ensuite ont été immédiatement mise sur le dos de cette nouvelle grossesse.
Et quand notre petit dernier est né, j’ai ressenti, les premières, cette même évidente sérénité que pour Noisette. Tout s’imbriquait parfaitement pour former une famille complète.

 

Mais je dois être honnête, les choses ont vite mal tourné… Quatre enfants dont deux bébés, une ado chiante, une petite fille qui se décide à arrêter d’être « l’enfant modèle »… C’est hard!
C’est positif, je pense… Mouflette fait une crise d’ado assez retorse, elle a eu de très grosses difficultés (qui nous ont énormément angoissés) lors de ma dernière grossesse, mais elle a retrouvé un certain apaisement après la naissance de son frère et elle est désormais une ado plus « lambda » (très relou, mais sommes toutes assez classique)
J’imagine également que si MissCouette a pu sortir de son apparente perfection, c’est parce qu’elle s’est sentie le loisir de le faire… Et même si c’est pénible, c’est également très positif.

Pour nous, c’est quand même un nouveau tsunami… Il n’a pas été provoqué par la naissance de Pépin, mais au contraire, s’intensifie à mesure qu’il grandit.
Nous avons QUATRE enfants, c’est une gestion quotidienne très compliquée! Ce sont des soucis, des angoisses, multipliés par 4, perçus comme multipliés par 350!

Le chamboulement est total. Compter ses enfants pour être sûre qu’ils se trouvent tous dans la pièce. S’il en manque un, devoir réfléchir pour savoir lequel manque…
Quand on n’en a qu’un et qu’il n’est plus dans notre champs de vision, on n’a pas besoin de cogiter trois heures! Pareil quand on en a deux, si on voit l’un, c’est donc que c’est l’autre qui manque.
Je n’ai pas eu le temps de voir ce que cela donne à trois… Mais à quatre, la réflexion est permanente et encombre pas mal le cerveau.

Idem pour les prénoms. Un, deux, on peut difficilement se tromper! Mettez en deux de plus et vous passez votre vie à réfléchir comment s’appelle l’enfant que vous avez en face de vous… Alors que ce sont LES VOTRES!!!!
Je ne parle même pas des dates de naissance et de l’effort intellectuel que me demande le fait de les noter sur un formulaire quelconque…
C’est dingue tout ce qu’une mère doit retenir! (J’ai l’impression que leur papa est moins touché par le souci, c’est facilité par le fait qu’il ne s’occupe pas des papiers, déjà!)

La tension émotionnelle prend une tournure différente également… Le sentiment de ne pouvoir être là pour personne à force d’être là pour tout le monde.
Devoir se couper en quatre pour satisfaire tous ses enfants et ne jamais y parvenir vraiment.

Le passage à 4 est un énorme chamboulement…
Sur bien des points, je persiste à dire que le plus dur, c’est de passer de 1 à 2. Mais passer de 3 à 4 (ou quasiment de 2 à 4 dans notre cas, avec un an de différé), cela reste l’épreuve du feu… Un sentiment d’être propulsé sur un fil et devoir avancer en équilibre. C’est assez difficile de réaliser que cet état de funambule va désormais durer toute la vie.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Vous aimerez aussi :

24 Discussions on
“Le quatrième, ça passe tout seul!!!”
  • Hum … j’angoisse déjà un peu de passer de 1 à 2 … mais i paraît que c’est normal. Alors de 2 à 4 ‘O.O (quoique, je suis maso, j’aimerais bien des jumeaux un jours, donc vu que 1 et 2 sont de single …)
    Par contre, pour les prénoms, on a fait une erreur stratégique pour le premier (mais en même temps, le prénom me plaisait tellement <3) … il a les même sonorité que celui de mon beau-frère … petit dernier … confusion garantie dans la belle-famille … oups (quoique, ma mère arrive à appeler FeuFolet par le prénom de mon petit frère, alors)
    Bon courage pour les encore nombreuses années de funambulisme … il paraît qu'un jour on regrette XD

    • Légère erreur stratégique ici aussi avec les prénoms de MissCouette et Noisette… Dans l’absolu les prénoms ne sont pas très proches, mais des sonorités communes font que j’ai parfois du mal à les dissocier… Et la première et le dernier ont un nom de marque de compote! ^^

  • Je suis obligée de commenter cet article qui me parle tellement ! On est passé de 2 à 4 il y a bientôt 2 ans, et le changement de rythme est radical. Pour moi aussi, appeler le bon enfant par son prénom est chose rare, et remplir les fiches de renseignements à la rentrée me demande un réel effort de mémoire ! Alors oui, physiquement, c’est épuisant, mais psychologiquement, l’arrivée du premier m’a terrassée, et la naissance de numéro 2 m’a fait connaitre les affres de la dépression post partum. Rien de tout ça avec la naissance des derniers. Plus de maturité, de recul, ou peut être le fait d’être tellement occupée que je n’ai pas eu le loisirs de cogiter. Je ne saurais jamais. En tout cas, je suis l’évolution de ta petite famille depuis longtemps, et ça me fait du bien de te lire 😉
    A bientôt

  • Super ton article!
    Je m’y retrouve bien.. J’ai 4 filles et les 2 dernières ont 18 mois d ecart. Ce fut sport surtout au debut mais aujourd’hui qu’elles ont 4 et 6 ans c’est le top! Elles sont constamment ensemble. En fait, elles sont comme des jumelles et j’adore leur complicité. Tu ajoutes a cela qu’elles s’occupent l’une l’autre et n’ont pas besoin de toi pour jouer.

    Après pour le soucis au quotidien je suis entierement ok avec toi.
    « Le sentiment de ne pouvoir être là pour personne à force d’être là pour tout le monde » je crois que j’aurais pas dit mieux!!!

    Courage pour ce debut difficile, mais quand nos enfants nous donnent tout leur amour que c’est bon que ce soit multiplié par 4 !

  • Quel courage tu as. Comme tu dis, passer de 1 à 2 est une révolution. Mais on s’en rend compte une fois qu’on y est. Il y a des couples qui n’y résistent pas et pour cause. Je ne sais que te dire à part mon admiration. Quelle énergie il faut avoir alors pour aller de 2 à 4… J’imagine que cela doit être hard (rien qu’à te lire cela me rend folle). Mais je me plais à croire que dans la vie les choses n’arrivent jamais par hasard. Avec du recul, je suis certaine que cette belle famille nombreuse t’apportera énormément. J’ai aussi l’impression à te lire depuis quelques temps que tu manques d’un coup de main du papa. Cruellement (quand je pense que dans tout ça tu as fait un déménagement, je ne sais pas comment tu as survécu). Peut-être peux-tu bénéficier d’une aide ménagère ? Si les grands-parents ne sont pas là pour vous aider, je vous souhaite de trouver une solution… vivable. Je te souhaite de parvenir à un équilibre… où tu trouves ta place <3

    • Le papa est débordé… Il gère à fond les enfants, en revanche, pour le reste (le ménage, le rangement, le linge) il ne fait absolument plus rien… Mais il construit des meubles, pose des plinthes, découpe des étagères… Bref, il ne fait pas rien en soi, c’est juste qu’il ne participe plus du tout aux tâches ménagères. Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, il n’a plus le temps. Et pour être honnête, je ne l’aide pas beaucoup dans les travaux donc on est quittes!
      Le truc aussi c’est que lorsque l’un s’occupe d’un bébé, l’autre s’occupe du second… On ne peut pas vraiment prendre la charge de l’autre pour qu’il se repose. Je ne peux pas le laisser s’occuper de tous nos enfants et vice versa… C’est aussi « le drame » d’avoir 4 enfants dont deux bébés… On doit faire face.
      Là j’ai attrapé la grippe, il a géré le coucher des deux bébés tout seul (je ne peux pas trop les toucher de peur de les contaminer). Et en plus il a monté un meuble ensuite… Et ce matin pareil, il a géré tout le monde pendant que je mourrais dans mon lit.

      Le déménagement, l’arrivée dans une maison où tout reste à faire (c’est neuf mais il faut tout aménager, les placards, finir les plinthes, meubler, etc, etc… Et c’est immense, on s’en sort pas!) Et puis Pépin n’a que 7 mois… Je me souviens que MC avait 7 mois, j’étais encore en plein tsunami…

      On va se laisser du temps. On va réussir à trouver un équilibre. Les finitions de la maison ne vont pas prendre toute la vie (encore qu’au rythme où on va, on en a pour un moment! ^^ ), les bébés ne vont pas rester bébé…
      Et oui, je pense que prendre une aide ménagère est une excellente idée. Ca me déchargera déjà beaucoup! (Même si j’ai peine à imaginer que la personne arrive à faire tout le ménage en moins de 8h! ^^ )

  • C’est intéressant comme article. Justement j’ai toujours pensé un peu comme ça. Ma première, c’est un bouleversement infini sur le plan de s émotions, des sentiments, de la vie mais tant que ça du quotidien que j’assurai presque seule. Mais la deuxième , alors là ouille ouille ouille! J’ai eu de la chance qu’elle soit un vrai petit amour puisque là plus question d’emmener un bébé partout. Au lieu d’adapter bébé à notre rythme, on s’adapte au rythme des enfants et on découvre la vraie vie de famille. je trouve le passage de 2 à 3 tout aussi difficile dans la pratique: plus de temps pour rien, plus de souci, d’intendance, de rdv de « maman! » criée à tort et à travers et surtout gérer les crises des deux plus grands à l’arrivée de cet intrus dont on s’occupe tant. Rassurer rassurer encore j’ai l’impression de ne faire que ça et que cela ne sert à rien car ça explose de toute part (surtout le syndrôme de celui du milieu). Au point que mon ainée m’a déjà suppliée de ne pas faire un 4ème (la pôvre, elle n’en peut plus). L’amour est toujours aussi miraculeux, comme s’il balayait tout et demandait encore à se multiplier mais la fatigue elle se multiplie aussi!

  • Rho, punaise, il ne faut pas que je lise des titres comme ça, ça va me donner des idées !! J’ai du mal à ne pas fermer la porte à un petit 4ème…certainement parce que n° 3 est arrivée sans avoir été planifiée…Mon « problème 😉  » c’est que j’adore la grossesse, le « maternage » etc, mais d’un autre côté niveau organisation avec les 3 c’est déjà ultra-chaud !! Et la dernière a pourtant en ce moment un comportement hyper relou genre crise-des-2-ans-en-avance-à-la-con qui dissuaderait n’importe qui de faire un bébé…
    Elle est passée chez le coiffeur Noisette ? elle est mignonne!

  • Très intéressant!Je ne sais pas ceci dit,si on peut faire une règle sur ce qui est le plus dur:passer de 1 à 2,de 2 à 3,etc (et de 0 à 1 surtout!) car finalement ça doit dépendre de notre situation et du contexte.le fait que les 2 derniers soient très proches n’aide certainement pas,vivement un peu plus d’autonomie…toujours est-il que je confonds toujours les prénoms de mes filles (qui n’ont rien à voir en plus) ainsi que leurs dates de naissance 😉 parfois je ne sais même pas dire qui est qui sur des photos d’elles au même âge!Bref,faut pas rêver,même au 15eme ça reste fatiguant,compliqué et ça nécessite une période d’ajustement.

    • C’est évident que le ressenti est différent pour chacun!
      En tout cas ça me rassure que tu rencontres les mêmes petits soucis avec deux enfants! 😉 Je n’avais pas trop le souci avec mes 2 premières mais elles ont tellement d’écart que c’était plus facile finalement. Là y’a que mon aînée et Pépin qui s’en sortent pas trop mal, lui parce que c’est le seul mec (et surtout il a un prénom très différent au niveau sonorité) et elle parce qu’elle est là depuis plus longtemps que tout le monde…
      Et Pépin étant né un an, un mois et un jour après Noisette, si j’ai sa date de naissance à elle, celle de Pépin me vient toute seule! ^^
      Par contre, 15, tu me vends pas du rêve là! 😀

      • oui 15 ça vend du rêve….la moyenne des patientes de mon gyénco c’était 8 voire 10! Pour moi 1,2 ou plus c’est de toute façon compliqué car je ne suis pas une personne du quotidien,comme dirait mon mari je ne sais même pas à quel étage j’habite,je suis dans la création,le rêve..donc j’appelle tout le monde à la maison par le surnom de l’ainée et zou!Et comme elles sont l’un du 18 l’autre du 19 franchement c’est pas simple 😉 à vrai dire je fais ce constat qu’il me faut une période de 2 ans après la naissance pour retrouver mes esprits,du coup heureusement que je n’ai pas le projet d’en faire 10.

  • Je me suis arrêtée à 3. 2 ont quitté la maison pour vivre leur vie de quasi adulte. M’en reste donc plus qu’une.On pourrait croire que c’est facile. Ben je passe la moitié de mon temps à l’appeler par l’un ou l’autre des prénoms de ses frères (selon qu’elle fasse ou pas des maths / bêtises) et l’autre à demander mais quelle spn leur fuk’%*£ date de naissance … (quand j’oublie pas le jour, c’est l’année, ou alors je mélange le mois de l’un avec celui de l’autre).

    SInon ben ça va bien 🙂

  • joli article 😉
    Pour moi le passage de 1 à 2 c’était fait en douceur, mais de 2 à 3 waouh c’est rock and roll lol. Je m’embrouille aussi souvent pour les prénoms surtout quand je suis fatiguée!! Mes loulous ont 8, 5 et 2ans et c’est vrai qu’il faut avoir les yeux partout et gérer pas mal de choses en même temps. Mon deuxième me dis tout le temps « t’as que 2 mains t’es pas une pieuvre » mdr.
    Bonne continuation à toi et ta jolie famille.

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


− deux = un