Le petit dernier

Il y a encore quelques mois, quand Pépin était bien au chaud, je ne pensais jamais pouvoir en arriver là… Je pensais que mon envie de bébés ne s’arrêterait jamais, que je mourrais avec une frustration intense de ne pas avoir pu en faire 35…
Et Pépin est né. Et cela fait plusieurs semaines que cette réalité s’impose, plus ou moins souhaitée, plus ou moins imposée: Pépin est et restera le petit dernier.
On n’est pas à l’abri d’une énième blague de la nature, évidemment! Mais Mister Mii et moi sommes d’accord pour dire que de petit cinquième, il n’y aura pas.

C’est un deuil autant qu’un soulagement.
La grossesse ne me manquera pas, ni l’angoisse des premiers mois, ni les nausées, ni le sentiment de peser le poids d’une grue, ni le manque de mobilité… Les derniers jours, en revanche… Ceux où tout est possible, ou l’on sait que l’on va rencontrer son bébé, qu’une nouvelle personne va prendre une place prépondérante dans notre vie… Ces instants d’excitation mêlée de peur et d’impatience vont me manquer, c’est certain.
Les heures de l’accouchement également! Les contractions, ne pas savoir exactement quand on va rencontrer son bébé, mais savoir que c’est imminent… Ces instants totalement hors du temps, suspendus, d’une poésie rare… Cela va beaucoup me manquer…
La rencontre, ce petit paquet rose et tout chaud que l’on pose sur ma poitrine, ces premiers pleurs, le premier regard, les petits poings fermés, le bébé dont on sent la chaleur si douce, l’odeur un peu âcre et sucrée, la petite plume posée, fragile, la page blanche que représente le nouveau-né, l’espoir si intense d’une vie belle et bien remplie. Ca me manquera également.

J’ai les souvenirs, les petits pyjamas minuscules, les photos, l’odeur encore présente de chacun de mes bébés. J’ai pleinement conscience de notre chance, la nature a été clémente avec nous et nous avons 4 magnifiques enfants, en pleine forme. J’ai encore les bébés tous frais, et devant nous les premiers pas, les premiers mots, les premiers pipis sur le pot, les premières rentrées à l’école, les premiers beaux dessins et les premiers je t’aime. Et tous les « premiers » qui nous attendent.

Je ne connaîtrai plus de nuits blanches pour nourrir notre bébé, ni les pleurs inconsolables d’un nourrisson. Le soulagement de savoir que je n’aurai plus de petit bébé koala accroché à moi comme à une branche… Mais je n’ai plus non plus de bébé qui s’endort sur moi, Pépin est un indépendant du dodo…

Je pensais que ce moment serait un véritable déchirement…
Ce n’est pas facile… Je peine à me dire qu’il va falloir vendre ce petit berceau qui a fait dormir trois de nos enfants… Et si? Et s’il devait servir encore? Et si on le gardait pour nos petits enfants? Mais il prend de la place et nous n’avons pas de quoi le stocker, il va falloir s’en départir, et c’est dur de tourner cette page là… J’ai gardé les petits pyjamas et il m’est pénible de me défaire des petits objets que mes bébés ont touché dans leurs premiers jours… Les derniers objets me rattachant aux bébés qu’ils ne sont plus tout à fait.

Mais je nous sens au complet. L’envie de vivre à six, de profiter de l’avancée de chacun de nos enfants. C’est beaucoup, quatre enfants!! Je garde un petit pincement de ne pas avoir pu anticiper ma dernière grossesse, de ne pas l’avoir savouré comme la dernière… Mais ce parfait petit Pépin là, leur complicité avec Noisette, le fait qu’il soit là, tout simplement… C’est comme ça que cela devait être, on ne choisi pas toujours et c’est tant mieux!

Nous sommes six. Nous sommes au complet! Et aucun petit être humain ne viendra compléter notre famille avant de nombreuses années (quand on sera grand-parents!).
C’est une page qui se tourne, une page faite de grossesses, de dopplers, d’échographies, de vomissements et de maux de dos… Une page qui veut dire « héhé, on vieillit les gars! On n’a plus 20 ans, on n’a plus la vie devant nous pour faire des enfants alors on va s’occuper de ceux qu’on a déjà ». Même si dans l’absolu, nous sommes encore très jeunes et nombreux sont ceux qui décident de faire leur premier enfant à notre âge voire bien après, je me sens, moi, un peu fourbue d’avoir porté autant d’enfants et de devoir m’occuper de deux tout petits…
Les bébés rapprochés m’ont un peu vacciné, je crois! C’est une bonne chose, sinon dieu seul sait combien d’enfants j’aurais été capable de faire!!

Quatre enfants, c’est chouette, c’est notre chiffre à nous. Je ne pensais pas un jour me sentir « rassasiée » d’enfants… Et avec un conjoint qui en voulait 5 ou 6, ça n’arrangeait pas vraiment ma folie parturiente! Mais là, on est tous les deux d’accord pour dire qu’on est heureux ainsi, et on se tourne vers un avenir fait d’enfants qui grandissent!

Sans titre 4

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12 Discussions on
“Le petit dernier”
  • Il est doux ton billet, il est poetique, il sonne vrai et il sonne si juste.
    C’est bon à lire, cet apaisement, cette legereté, ce ton d’amour…
    Je vous souhaite tout le bonheur du monde à 6 🙂

    (et sinon c’est rigolo, j’avais ecrit un billet comme ça, et 1 an après on remettait le couvert – oups – du coup même si maintenant je sais que c’est terminé, je n’ecris plus le billet, ça porte la poisse LOL)

  • Tes mots résonnent en moi comme une vérité!
    La lecture de certains paragraphes m’ont fait monter les larmes… pour cause, je suis enceinte du petit dernier. Un bébé surprise (les stérilet… c’est pas efficace chez moi!)
    Nous avons déjà 2 enfants, une fille de 6 ans et un petit mec de 16 mois. Pour mon mari, c’était bon, lui était au complet. Pas moi…
    Comme tu le dis, j’avais cette énorme frustration de ne pas avoir réaliser que cette 2eme grossesse serait la dernière, que mon allaitement serait l’ultime… Et puis ce sentiment qu’il manque quelqu’un.
    Au fil des mois, je me suis faite une raison, enfin, je pensais…
    La nature n’est-elle pas plus forte que la science (et la contraception!). Un petit pois s’est installé il y a 2 mois maintenant (nous ne sommes au courant que depuis 2 semaines, un choc!) et j’essaye de profiter au maximum du moindre événement. Sauf peut-être les nausées !
    Maintenant je sais que ce petit pois sera le dernier. J’espère juste ne pas ressentir de manque plus tard…

  • Ici je ne sait pas ce que la vie nous donnera envie de faire ou pas, avant je ne me sentais pas DU TOUT prête, mais la c’est une question de patience, de temps, de boulot…et des bisous à tes 4 fantastiques!!!

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