Du YOLO au berceau…

Comment organiser sa vie, sa manière de penser, son mode éducatif quand on a quatre enfants? D’autant plus quand on a quatre enfants avec des âges aussi hétéroclites que les nôtres… Une adolescente de 15 ans, une fillette de 6 ans, une petite fille de 2 ans et un bébé de presque 1 an?
Comment gérer cette disparité? Ces écarts d’âge tantôt très grands, tantôt si petits…
Comment gérer le terrible two, l’adolescence, l’enfance et les premières velléités de caractère d’un bébé?

Je n’ai pas les réponses… Je ne vais pas mentir et faire genre « je gère la fougère, je suis une surmaman! », parce qu’en réalité, j’ai du mal à tout concilier.
Je n’ai souvent pas le choix alors je fais! Mais j’ai aussi souvent l’impression de me planter!

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C’est très difficile d’ajuster son comportement à 4 enfants aux besoins aussi différents…
Réfléchir aux limites que l’on veut poser à la grande afin de lui offrir la liberté dont elle a besoin tout en lui donnant un cadre rassurant. Trouver la juste frontière entre laxisme et sévérité.
La motiver pour réviser son brevet sans lui mettre la pression. Etre disponible pour ses révisions d’Histoire.

Tout en gérant les états d’âme d’une fillette de 6 ans franchement pénible en ce moment… Rassurer les angoisses nocturnes. Rassurer les angoisses diverses et variées et constantes tout au long de la journée. Calmer le jeu quand un petit frère lui pique un jouet. Lui expliquer de ne rien laisser trainer sous peine de se voir piquer ses jeux préférées. Trouver le bon équilibre télévisuel, lui refuser les 50 dessins-animés qu’elle réclame par jour, fixer des limites strictes (pas de télé en semaine), lui répondre « non » 132 fois consécutives… Refuser un bonbon, refuser un bonbon, refuser un bonbon, accepter un bonbon mais juste un et c’est tout, on dîne dans pas longtemps! Supporter son mauvais caractère, ses râleries incessantes, ses bouderies à table pour ne pas manger les légumes.

Composer avec le caractère très affirmé de la petite fille de 2 ans, en plein Terrible two, comme son âge l’indique… Avoir envie de se percer les tympans à chaque petite frustration chez sa fille. Garder son calme, toujours, parce que ça ne sert à rien de crier sur un enfant de 2 ans. Expliquer, supporter les hurlements stridents, faire un câlin, tenter de calmer les humeurs incontrôlables.
Accepter qu’elle squatte les toilettes quand j’y suis, ses questions sur ce que j’y fais et son enthousiasme débordant pour le papier toilette. Ajuster les exigences alimentaires. Rester intransigeante sur les heures de sieste malgré les hurlements stridents pour ne pas aller se coucher parce qu’on est trop fatiguée!

Et regarder ce petit bout de bonhomme grandir et s’affirmer. Sourire en le regardant se jeter par terre parce qu’on lui refuse un jouet dangereux (sérieux, il a 11 mois le môme et il est déjà prêt pour le cours Florent…) Devoir supporter les doigts qu’il essaye de mettre dans ma bouche à chaque fois que je l’ai dans les bras… Le voir rire aux éclats quand je finis par mordre ses doigts dans l’espoir qu’il comprennent qu’ils n’ont rien à faire là.
Respecter ses besoins nutritionnels. Respecter son besoin de sommeil. Alors même qu’il n’a aucune sieste commune avec sa soeur. Respecter son besoin de découverte tout en sécurisant l’espace.

Faire attention aux playmobiles de la fillette pour que le bébé ne les avale pas. Respecter les besoins différents des deux bébés pourtant « presque pareils ». Ne pas être tentée de solliciter l’ado pour de l’aide, d’une parce qu’elle refuse 90% du temps, de deux parce qu’elle a rien demandé. Ne pas toujours résister à la tentation de lui faire coucher sa petite soeur, raconter une histoire à la moins petite ou trouver la titine de son petit frère.

Surveiller les divers régimes alimentaires. Veiller à ce que la grande ne force pas trop sur la pâte à tartiner (fusse t’elle homemade) mais qu’elle ne se laisse pas mourir de faim non plus (l’adolescence, ce monde des extrêmes!). Faire en sorte que la fillette mange quand même une ration convenable et quotidienne de légumes. Veiller à ne pas confondre les repas du bébé et ceux de la petite fille… Ne pas mélanger les biberons.

Donner des câlins à tout le monde. Faire des bisous. Essayer de trouver un moment pour dire « Je t’aime » à chacun, en les regardant dans les yeux et en ressentant l’intensité du moment.
Trouver le temps de faire comprendre à chacun qu’il est un être exceptionnel, digne de tout l’amour d’un parent. Prendre le temps de les regarder grandir, chacun à son rythme.

Et dans les faits, cafouiller, très souvent… Oublier de vérifier si la fillette a des poux ou non après avoir reçu un énième message de l’école assurant leur retour… Voir qu’elle ne se gratte pas, alors elle doit pas en avoir…
Intervertir le biberon jaune de la petite fille avec le biberon bleu du bébé. Voir le bébé engloutir le biberon sans broncher. Supporter les hurlements stridents de la petite fille qui ne souffre pas de boire son lait dans un contenant bleu. Se demander si le lait de vache ne va pas rendre malade le bébé, voir qu’il survit, se dire que ouf, on l’a échappé belle!
Au quotidien, c’est autoriser un dessin animé à la fillette un mercredi après-midi, pour avoir 55 minutes sans qu’elle demande « je peux avoir un dessin animé? » même si c’est interdit en semaine. Regretter au terme des 55 minutes, quand elle commence à réclamer « Je peux avoir un autre dessin-animé? »
Interdire à l’ado d’aller faire de l’escalade avec son meilleur ami parce qu’elle a le brevet à réviser et qu’elle n’a encore rien foutu, la bougresse… Supporter qu’elle fasse la gueule, claque les portes, rumine bruyamment son mécontentement. Supporter qu’elle sorte de sa chambre 3 heures après en disant « J’ai bien réfléchi, en fait c’est mieux que je révise mon brevet, j’irai à l’escalade après les examens! » Hésiter entre l’envie de l’étrangler et le soulagement.
Faire les vaccins de tout le monde avec 2 mois de retard. Oublier les rendez-vous « check-up » pour les anniversaires. Ils ont l’air en bonne santé, on va dire qu’ils vont bien.
Couper les ongles de l’un, avec plein de petits doigts qui gigotent. Se dire qu’on fera les ongles du prochain le lendemain parce que 20 doigts, c’est assez pour une journée! Oublier. Y repenser une semaine après, quand les ongles de celui à qui on les a coupé ont à nouveau besoin d’être coupés.
Retrouver des vêtements en 2 ans chez la fillette, du 1 ans chez l’ado et du 34 chez les bébés. Pas facile facile de faire rentrer un bébé dans un slim Levi’s!

Avoir souvent ce sentiment que la vie de mes enfants m’échappe. Que je n’ai pas le temps de les regarder grandir. Constater qu’ils ont fait des progrès, plein d’un coup, sans avoir pu savourer l’évolution.
Se demander si ce tourbillon prendra fin avant que le dernier quitte la maison.
Si on aura un jour le temps de profiter d’un moment à les admirer être eux.

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18 Discussions on
“Du YOLO au berceau…”
  • Ton article me fait penser à une jolie chanson dans laquelle la chanteuse dit « dans le tourbillon de la vie…. » en fait c’est ça ce tourbillon!
    Je comprends tellement, tu aurais besoin de journées plus longues, et je me demande comment tu réussi à t’organiser alors que moi parfois je coule avec une seule, entre la maison, le boulot, les papiers, la vie tout court…
    La vie se vit tous les jours sans que nous nous en rendions compte, les journées passent trop vite, les enfants poussent comme des champignons….

  • C’est rigolo parce qu’en te lisant, j’ai eu l’impression que j’aurais pu écrire cela…alors qu’elles ne sont que deux. Je pense qu’à partir du moment où on passe le cap de plusieurs enfants, on a le sentiment de courir partout et de ne jamais être au bon endroit, donc de ne jamais répondre à leur besoin spécifique à ce moment. Bien sur me diras-tu…avec 2 c’est de la rigolade ! 🙂
    On passe nos vies à faire des compromis entre ce qu’on voudrait et ce qu’on a. Et parfois il faut savoir se dire que ce qu’on a c’est génial. 4 enfant c’est sport. 4 enfants qui vont bien et qui sont heureux (même s’ils peuvent parfois dire l’inverse, mais il l’a dit Mae : le bonheur c’est quand on ne l’a plus qu’on se rend compte qu’il était là).
    je crois qu’il faut surtout que tu cesse de culpabiliser non? (oui c’est moi qui dit ça et tu me connaîtrais, ça te ferai beaucoup rire comme conseil, genre l’hôpital qui se fou de la charité quoi…mais je fais des efforts et ça va de mieux en mieux 🙂 )

    • Haha non, je te dirai pas que 2 c’est fastoche, je suis passée par là et j’étais débordée aussi!
      Clairement moins, mais je ne savais pas que ça pouvait être pire! 😉
      Courage à toi aussi! J’essaye aussi de faire preuve de bienveillance envers moi meme et ca porte ses fruits!
      Ce qui m’ennuie c’est surtout que le temps passe beaucoup trop vite!

  • Comme je lis dans ton message tous les tiraillements de chez moi!
    On est à 12-7-5-bientot 3 et s’il y a un grand et trois petits, ces trois là n’ont en fait pas beaucoup de besoins communs…

    On fait du mieux qu’on peut, en ayant souvent l’impression de faire mal ou pas assez… Dure vie de parents de famille nombreuse que la nôtre!
    Je te dis juste bon courage, et je t’assure que tu n’es pas la seule!

  • Tu te mets la pression. La mère parfaite n’existe pas. Tu l’es pour tes enfants, c’est ce qui compte.
    Entre ton article où tu disais te sentir débordée et celui-là, je trouve que tu es intrensigeante. Sois bienveillante avec toi. Je ne te lis pas depuis assez longtemps pour savoir si c’est passager ou si tu es ainsi. Récite toi des mantras positifs, ou avant de t’endormir tu listes 3 choses positives de ta journée. Et surtout tu ne te répètes pas que tu as oublié de prendre RDV chez le médecin, de couper les ongles, de laver les tenues de sport…

    J’ai eu la chance d’avoir une mère qui prenait du temps pour elle, du temps pour rêvasser. Et qui du coup n’était jamais débordée, toujours souriante, disponible pour écouter ou pour un câlin. Par contre la maison n’était pas nickel, parfois elle nous proposait un petit déjeuner en guise de repas du soir… Elle passait aux yeux d’autrui pour une très mauvaise maîtresse de maison. Mais comme ce n’étais pas un intérieur rutilant qui la rendait heureuse, les commentaires lui passaient au-dessus de la tête sans qu’elle n’y prête attention.

    Je n’ai que 2 enfants, mais cet exemple m’aide beaucoup dans ma vie de maman. Car je n’ai ni sa sagesse, ni son recul.

    • Ici aussi ils prennent parfois des petits déj en guise de dîner, ça les rend folles de joie! 🙂
      Pour l’intérieur, j’ai besoin que ce soit rangé, sinon je me sens physiquement très mal. Quand c’est rangé et propre, je me sens bien, je suis calme, sereine et j’ai l’impression que je peux tout gérer. Le désordre me perturbe énormément. Je m’adapte aussi à ma façon d’être, et je trouve ça assez sage aussi! 😉
      Et c’est marrant parce que j’écrivais plutôt cet article pour montrer les différences à gérer entre 4 enfants aussi différents, je trouvais pas que je me plaignais…

  • Honnêtement, même avec deux fois moins d’enfants que toi, je ne me pose pas quotidiennement autant de questions… Autorise toi à lâcher prise, parfois… Quand je lis ton paragraphe sur l’alimentation, je me dis que c’est beaucoup de pression pour rien… ça changera quoi si ta petite fille ne mange pas de légumes tous les jours… ? Rien du tout… Elle apprendra à les apprécier à l’âge adulte, et ça n’affectera en rien sa croissance… Je te conseille un bouquin très intéressant de Gérard Apfleldorfer :  » Manger en paix »… Il m’a bien aidé à lâcher prise sur l’alimentation des enfants, non pas en m’en désintéressant, mais en n’en faisant ni un sujet d’angoisse ni un sujet de conflit…

    • On n’en fait pas un sujet de conflit. Par contre, c’est vrai que ça m’angoisse un peu qu’elle ne mange plus de légumes en ce moment (enfin, elle en mange, mais peu…)
      Je vais lire le bouquin que tu me conseilles, j’aime beaucoup de médecin! 🙂

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