Des bas, des hauts…

Je ne vais pas mentir, ce n’est pas la grande forme.
Des sacs remplis de merdouilles, je m’en traîne depuis toute petite, je devrais m’être habituée… Mais force est de constater que cela m’épuise…
Je tiens ce blog depuis bientôt 8 ans, et quand je tombe au hasard sur un article d’il y a quelques années, j’ai ce sentiment désagréable d’être toujours embourbée dans les mêmes problèmes, les mêmes difficultés émotionnelles, la même attache au passé.
Je veux m’en sortir depuis toujours, j’ai tout fait pour… J’ai coupé les ponts avec mon agresseur vivant (l’autre est mort, donc au moins, plus de souci!), j’ai porté plainte, j’ai mené à son terme une procédure longue, douloureuse et vraiment éreintante. 8 ans pour qu’il soit condamné. Enfin, mon statut de victime sur un papier, et ma culpabilité aurait dû s’envoler.
Suite à la décision de justice, j’ai voulu tourner la page. J’ai voulu me mettre un coup de pied au cul, comme on dit… J’ai décidé d’arrêter la psychothérapie avec le psychiatre qui me suivait depuis 8 ans… Celui qui m’a accompagné et soutenu durant toute la procédure pénale. Un rendez-vous à annuler, je devais rappeler pour en reprendre un et j’ai décidé que c’était le signe que je ne devais plus le voir.
Je me sentais libre, à raison.

Et je ne comprenais pas pourquoi le poids restait accroché à moi… J’aurais dû aller mieux, j’aurais alors dû maigrir, ne plus ressentir de vague à l’âme, aller bien…
Ma vie est parfaite, mon mari m’aime, il m’a prouvé à de nombreuses reprises qu’il ne m’abandonnerait pas… Il est un bon père pour nos quatre merveilleux enfants, tous en parfaite santé, tous plus beaux et adorables les uns que les autres…
Une belle maison, une activité gratifiante, qui me plaît, même si à mille lieux de ce que j’imaginais…
Alors pourquoi toujours cette chape de ciment? Cette brume qui ne s’en va jamais? Est-ce mon fardeau pour la vie?

J’ai commencé à maigrir et en même temps, j’ai commencé à aller très très mal. Je me disais « je devrais peut-être retourner voir mon psychiatre », mais j’avais le sentiment que ce serait un aveu d’échec, un retour en arrière… Trois ans sans le voir, ce n’était pas le moment de faire machine arrière!
Cet été, j’ai compris que celle avec qui je gardais contact parce que « je serais trop malheureuse sans elle, je dois lui laisser sa chance en tant que grand-mère, je ne peux pas lui en vouloir toute ma vie pour ses erreurs passées », j’ai compris qu’elle devenait dangereuse pour mes enfants… Pas vraiment très dangereuse, mais toxique, à essayer de les manipuler afin de les monter contre moi, à son profit… Et ses mensonges quand je l’ai confrontée à la réalité. Les mensonges, toujours.
J’ai compris que je devais prendre une décision radicale… Que j’aurais dû le faire il y a bien longtemps, mais je n’en avais pas eu le courage ni la force… Je pensais jadis que ce n’était pas nécessaire, je pensais que faire sortir le monstre de ma vie suffirait… Je faisais fausse route.
J’ai pris rendez-vous avec mon psychiatre. Après plus de trois ans sans le voir.
J’avais besoin d’aide pour traverser cette nouvelle épreuve: rompre les liens avec mon dernier parent.
J’ai annoncé ma décision à l’intéressée en novembre. Cela a eu l’effet d’une bombe pour moi. J’ai compris alors que si je voulais couper les ponts, c’était pour la faire réagir et non pour couper tout contact.
C’est idiot un enfant, même devenu adulte… On veut tous croire que nos parents nous aiment, qu’ils sont capables de changer… Mais les parents ne changent que rarement… Les contes de fées n’existent pas.

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J’ai réalisé rapidement après que ce n’est pas moi qui ai coupé les ponts, mais elle qui a décidé de m’abandonner, aujourd’hui comme hier. A Noël, j’ai flanché, j’ai voulu aller la voir avec les enfants, j’ai eu l’illusion qu’ils pourraient garder des contacts avec cette grand-mère… Juste un peu, juste une fois de temps en temps. Mais elle a refusé. Net, glacial, cassant.

C’est compliqué de s’en relever. Quand c’était ma décision, je pouvais réfléchir posément les pour et les contres, me persuader que c’était réversible, qu’il pouvait y avoir une issue heureuse.
Mais la décision ne m’appartenant plus, je reste avec mes doutes, ma rancoeur, ma colère et ma culpabilité.
Suis-je donc à ce point peu aimable? Qu’ai-je donc à me reprocher pour que ma propre mère refuse de garder des contacts avec moi? Ai-je été trop exigeante? J’ai été trop en colère, c’est évident… Je n’ai jamais su lui pardonner… J’attendais qu’elle me demande pardon, qu’elle me fasse des excuses sincères, qu’elle se repente… Mais qui suis-je donc pour attendre cela?

J’imagine que c’est compliqué à comprendre vu de l’extérieur…
On m’a souvent demandé pourquoi je gardais contact avec celle qui ne m’a jamais défendue ni protégée… Je répondais qu’elle avait changé, qu’elle allait changer, que j’avais confiance, que je l’aimais, qu’elle était une bonne grand-mère, que je devais lui laisser une chance, qu’elle était victime elle aussi, c’était certain.
Aujourd’hui on me demande pourquoi je n’ai plus de mère, et je ne sais pas quoi répondre. Sans doute parce que je suis une mauvaise fille. Peut-être parce qu’elle a toujours été une mauvaise mère.

Alors voilà, c’est un peu compliqué pour moi en ce moment.
Je me bats depuis des années pour vaincre les démons du passé, j’avais sincèrement cru y être parvenue… Et je me prends en pleine face que j’en avais oublié la moitié, les démons du présent, ceux qui m’entouraient et que je ne voyais même pas…
Comme si ma vie était une éternelle lutte…
C’est nécessaire, je le sais, mais je suis néanmoins fatiguée.
Je ne sais pas trop comment je vais m’en sortir, cette fois, parce qu’aucun jugement ne viendra placarder sur sa tête que je ne méritais pas ce qu’elle m’a fait. Et pour le moment, ce qui me fait le plus souffrir, c’est de me demander ce qui cloche chez moi pour que ma propre mère n’ait pas réussi à m’aimer. Même si, à l’évidence, c’est elle qui avait un problème, parce que j’étais une mignonne petite fille et je suis une mignonne petite adulte. Grosse, laide, mauvaise mère et ratée à ses yeux, mais j’ai essayé de lui pardonner de toutes mes forces, j’ai essayé de lui trouver des milliers d’excuses, j’ai essayé de me convaincre que je pouvais l’accepter telle qu’elle est, avec ses jugements ravageurs, son absence de remise en question, son amour conditionnel… Mais cela a manifestement été insuffisant…

J’ai hésité à poster ce billet… Il est sombre, il est extrêmement intime, et on me taxera sans doute d’impudeur, de sensiblerie peut-être, de trop ressasser le passé, ou que sais-je encore… Je m’expose encore une fois aux jugements…
Mais par ce témoignage décousu et pas très marrant, je voulais simplement dire à ceux qui ne comprennent pas pourquoi ils souffrent encore malgré un long travail de guérison, que, peut-être, ils n’ont pas bien défriché partout…
C’est mon cas. Je me le prends en pleine gueule aujourd’hui.

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94 Commentaires sur
“Des bas, des hauts…”
  • Bonjour
    Tout cela est bien dur à encaisser et vous avez toute ma sympathie dans cette épreuve. Un parent qui n’aime pas ou pas assez son enfant ce n’est pas du fait de l’enfant. Le problème est chez le parent. L’amour des parents n’est pas conditionné aux « qualités » physiques ou morales de leur enfant. Dans le cas contraire c’est le prent qui a un problème. Votre souffrance doit être exprimée devant quelqu’un qui peut vous aider car il est formé pour cela. Vous êtes lucide et bien entourée par votre famille, choisissez la vie et faites-vous aider. Seule c’est tropcompliqué. Bon courage et prenez soin de vous.
    Stéphanie

  • Bonjour, à toi, j’ai lu avec grande attention ton « sombre billet » ….. je ne te taxerai pas d’impudeur, tu avais besoin d’en parler , de l’écrire , j’espère que ça t’a un tout petit peu aidé ..plein de courage à toi

  • Je vais faire très très simple sur une situation très très compliquée : et si cette année tu avançais avec les personnes qui ont envie d’avancer ? Laisse les personnes toxiques sur le côté ne t’en ombre pas avec ca et droit devant ! La vie est vraiment trop courte pour sans cesse regarder en arrière ! Donne toi des objectifs et Go (les prochaines vacances en famille me semble être une chouette perspective , non ?!)

    • Je ne regarde pas en arrière… Je fais justement l’inverse!
      Je vire de ma vie ceux qui me retiennent dans un passé dont je veux me détacher…
      Malheureusement, les choses ne sont pas si simples que « j’arrête d’y penser et hop, ça va mieux! »…
      Je sais d’expérience que revenir en arrière est une étape obligatoire pour se laisser le champ libre, pour justement ne pas passer toute une vie à rester embourbé dans un passé sombre. Mais je comprends que cela soit très difficile à comprendre de l’extérieur…

      • Tu sais, ma mère s’est suicidee et nous a laissé moi (7 ans) et ma sœur (4 ans), elle m’a détruite, je ne m’en remettrerai jamais complètement . A quelques étape de ma vie , et notamment quand je suis devenue maman, j’ai consulté une psychologue pour poser les choses. Aujourd’hui ce que je retiens c’est que c’est son choix , pas le mien et que je me batterai tous les jours de ma vie pour rendre mes enfants heureux. Parfois il faut analyser le passé et parfois il faut décider d’aller de l’avant et s’autoriser le bonheur …

        • Agathe, je suis vraiment désolée d’apprendre ce qui t’est arrivé, et je ne peux qu’imaginer à quel point c’est traumatisant et difficile.
          Je partage ta philosophie de vie, rendre mes enfants heureux, mon mari aussi, est tout ce qui compte à mes yeux, ils sont ma priorité.
          Je suis actuellement dans une période d’analyse. Je suis convaincue qu’elle est nécessaire afin que je puisse me libérer de l’emprise toxique de ma mère et aller à nouveau de l’avant.

  • Bonjour,
    Je pense que tu es trop dur avec toi même. C’est difficile de couper les ponts avec sa famille mais si c’est pour te protéger et aller mieux alors il n’y a pas a réfléchir plus, on parle de ton bien etre et celui de tes enfants. Point.
    Ta mere va être en colere un moment et elle reviendra vers toi, ou pas mais ce temps va permettre de faire le bilan et de pouvoir avancer chacune de son côté.
    Je vais être dure mais je ne crois pas à l amour inconditionnel d’une mère, l’histoire et de nombreux faits divers nous le prouve mais ça n’est la faute de personne, c’est comme ca et il faut l’accepter (je ne dis pas que cest simple).
    Ne garde que le positif et prends soin de ceux qui comptent le plus.
    Courage

  • Merci! Merci d’arriver à trouver des mots pour évoquer cette déchirure! Ton cheminement sera certainement encore long mais progressivement tu parviens à te libérer. Il va te falloir parvenir à évacuer ta colère, ton ressentiment légitime mais réussir à te protéger de sa toxicité c’est déjà une libération.
    Fais toi aider pour faire le deuil d’ une relation « normale » avec elle. Ce n’est pas un echec et cela te permettra de progresser plus vite.. Je t’embrasse!

  • Bonjour. En te lisant, je réalise que cela fait maintenant des années que je te suis puisque les étapes dont tu parle, je les ai lues. Je sais que ça ne t’aidera pas mais tu es quelqu’un d’assez fort pour savoir quand tu as besoin d’aide, avoir le courage de dire je ne vais pas y arriver seule, j’ai besoin de consulter n’est pas donné à tout le monde
    Tu es une excellente mère pour tes enfants d’après ce qu’on voit de votre famille. Tu es devenue quelqu’un d’influence dans la blogosphère. Les lecteurs et les marques te font confiance et tout ça est fondé.
    Alors tout ça ne te donne pas la reconnaissance de ta mère et ne comble pas le manque et le déficit qu’il provoque mais je suis sûre qu’il t’aidera a te reconstruire sur des bases plus solides le moment venu. Bon courage pour ton travail de déconstruction et de reconstruction psychique.
    Bien à toi

  • Tu n’as pas à culpabiliser de retourner voir son psychiatre. Il va être là pour t’écouter et t’aider! Et tu en as besoin pour avancer. Tu ne dois pas t’en vouloir pour les relations avec ta maman. Je trouve que tu as fait beaucoup d’efforts et de concessions et qu’il n’y a pas eu de retour. Le cerveau est compliqué et il faut arriver à le faire accepter ses changements.
    Je suis de tout coeur avec toi! Je t’embrasse

  • Tu es une personne très courageuse, tu continues à te battre pour toi et pour ta famille c’est admirable. Même si incontestablement douloureux puisque rien ne peut expliquer cet amour conditionnel. La route est longue mais je ne doute pas que tu arrives bientôt à un croisement plus serein. Sans avoir les mêmes « casseroles » que toi, je comprends les ravages que peut faire un parent toxique. Je t’envoie plein de pensées et de courage. Je t’embrasse, Cécile

  • Je vis la même chose…
    Nous n’avons pas la même histoire mais tu écris noir sur blanc ce que moi, je n’arrive pas à faire. Ce que je ressens au fond de moi.
    Cette solitude face ce mal. Cette impuissance. Comme si mon combat n’était jamais terminé. Une lutte permanente.

    Elle revient. Cette angoisse qui me rend malade jour après jour. Cette peur indescriptible.
    Cette solitude, comme si je pouvais hurler à pleins poumons et que personne n’entendait…

    Courage LMO !
    Des bisous

  • Bonjour,

    Ton article me touche infiniment… je me reconnais dans certains passages…
    J’ai depuis quelques années, des soucis relationnels avec ma maman, j’essaye de m’éloigner pour me préserver, préserver mon couple et mes enfants…
    J’ai même suivi une psychothérapie pendant 6 ans. Grâce à ça, j’ai réussi à m’affirmer par rapport à ma mère a certains moments.

    J’ai 2 soeurs qui laissent ma mère interférer dans leur vie de couple et de famille. Moi je n’ai jamais voulu, j’ai « fait l’erreur » de laisser ma mère s’immiscer dans mon quotidien lorsque j’étais enceinte de ma fille aînée et aussi partiellement jusqu’à ses 3 ans.
    Mon couple en a souffert, à tel point que j’ai cru qu’on se séparerait, donc lorsque je suis tombée enceinte de ma fille cadette, j’ai mis les freins.
    Ce qui m’a rendu service, c’est que ma soeur était enceinte elle aussi, donc ma mère « m’à foutu la paix ».
    Depuis 8 ans donc, j’essaye de me tenir éloignée, de continuer à m’affirmer, mais j’en paye toujours le prix fort. C’est à dire qu’à chaque fois, c’est silence-radio de la part de ma mère pendant plusieurs semaines, puis elle revient « aux nouvelles » l’air de rien…

    Je vide mon sac, là, excuses-moi… Tu n’as pas besoin de ça.

    Bref, tout ça pour te dire que je te comprends, et que même derrière mon écran, je pense à tout ce que tu ressens, et que même si on ne se connaît pas, je te serre bien fort dans mes bras. Entoures-toi de l’amour de ton homme et de tes enfants, de l’affection d’ami(e) proche, essaye de te préserver au maximum.

    Plein de bises et de courage.
    Emma

  • Bonjour
    En te lisant j’ai l’impression de lire ma mère avec sa propre mère. Cette incompréhension, cette remise en question, cette culpabilité, qui anime les enfants qui connaissent ça. Couper les ponts chercher à faire réagir l’autre à comprendre chercher la solution ou ce qu’on a fait de mal se soigner en vain. Ma mère a fait pareil que toi s’en rapprocher pour essayer de se faire aimer, s’en éloigner pour aller mieux pour elle en tout cas ca reste douloureux encore aujourd’hui à 52 ans.
    De notre côté en tant qu’enfants (nous sommes 4 Enfants) nous avons vécu avec la douleur de notre mère sans trop y comprendre quelque chose. Elle est comme toi une Super maman de 4 Enfants qu’elle aime de tout son cœur. Aujourd’hui elle est Grand mère pour la deuxième fois et c’est également une Super grand-mère qui ne veut en aucun cas se faire appeler mamy non pas pour le côté vieux que ça pourrait donner mais juste par rapport à sa mère que nous appelions comme ça. Je sais que pour elle c’est un combat quotidien pour ne rien reproduire de ce qu’elle a pu faire ou dire elle en souffre et je me demande des fois si elle en guérira un jour.
    Je suis moi même maman de deux enfants depuis 2 ans 1/2 (mon fils n’est pas très loin de ta noisette) et je ne comprend pas pourquoi cette femme (ma grand-mère) a pu faire ca à son propre enfant.
    Tout ce que je peux constater cest que malgré cette horrible et triste expérience de vie ma mère est une Super maman même si on est p s toujours d’accord elle assure et c’est une grand-mère au top. Aujourd’hui elle en a marre de porter ce boulet, ce poid elle ne souhaite plus faire de thérapie disant qu’elle en a marre de ressasser ça pour encore souffrir sans aller vraiment mieux. Aujourd’hui cest vers une magnétiseuse qu’elle va se tourner pour essayer d’évacuer et aller mieux. Je ne sais pas si c’est la solution miracle (elle n’y est pas encore allé) je ne dis pas que ça pourrait être ta solution, les gens ne réagissent pas de la même façon. Tout cas pour te dire que tu n’es pas seule à avoir subit ce genre de chose qu’en parler peut être douloureux mais que ça peut aider que ça n’est pas une faiblesse que justement il faut beaucoup de courage pour livrer ces douleurs comme ça.
    Je ne te connais pas mais de ce que je peux lire sur ton blog (que j’adore lire ) tu es une Super maman dynamique qui assure avec 4 enfants dont deux très rapprochés et surtout on s’en que tu les aimes de tout ton cœur. Je te souhaite d’aller mieux et de trouver ta solution pour te libérer de ce poison qui te ronge de l’intérieur ton billet m’a vraiment fait pensé à ma mère et ça m’a vraiment pris au cœur et attristé.
    Courage tu trouveras j’en suis sûre

  • Ton billet a fait écho en moi car ici je dois prendre une décision similaire: rompre le lien maternel. Mon mari me dit que ma mère l’a déjà rompu à de nombreuses reprises et encore cette année en fêtant noel sans m’inviter. Mais comment accepter de ne pas être aimé (suffisamment à nos yeux en tous cas) par nos parents? J’ai rencontré d’autres gens de ma génération qui ont des liens toxiques avec leurs parents et je suis souvent impressionnée par leur capacité à passer au dessus de tout ça et se projeter vers l’avenir sans soutien familial. Personnellement je vis cette déchirure comme une immense solitude depuis toujours. J’ai construit une vie, fait des enfants, ai un job pas trop horrible mais ce manque, ce vide est toujours aussi questionnant. Surtout depuis que ma petite dernière est née. Maintenant que je connais mon amour pour mes enfants et mes dépassements, j’ai encore plus de mal à comprendre l’absence d’amour maternel

    • C’est très difficile voire impossible à comprendre… Comment ces femmes (et ces hommes) ont pu manquer d’amour à ce point?
      Quand on devient parent, on se rend compte à quel point on est capable de tout pour nos enfants (du moins, les parents « normaux », ou je ne sais pas comment les qualifier… Car ça n’est malheureusement pas une évidence pour tout le monde)
      Mon psychiatre me disait la semaine dernière « ne voyez pas les autres selon votre prisme, ce n’est pas parce que vous êtes capable d’amour que tout le monde l’est ». C’est compliqué à assimiler, mais les actualités nous prouvent tous les jours que tout le monde n’est pas capable d’aimer ses propres enfants…
      C’est très difficile à réaliser…

  • Je ne peux pas te comprendre car ne vivant par chance pas ce que tu vis !
    Mais je te souhaite beaucoup de courage, une rupture avec sa mère doit être quelque chose d’affreux mais ne soit pas trop dure avec toi.
    La bonne maman, la beauté, la réussite et que sais-je encore ne s’évalue pas sur l’aspect physique l’essentiel est ailleurs. Tes enfants et ton mari t’aiment. Lui te soutient et ne t’abandonnera pas (tu le dis toi même), les enfants que tu nous montres ont l’air épanouis alors garde confiance en toi même et ta valeur !

  • C’est un témoignage très touchant et une mise à nue assez forte , le chemin sera encore à parcourir. Je te suis toi et ta petite famille depuis un petit moment est force est de constater que tu as des enfants magnifiques qui t’aiment plus que tout, alors non pas de mauvaise mère à l’horizon… Ton homme t’aime et t’as fait ces quatre merveilles, t’as soutenue et est resté à tes côtés donc tu n’es pas une mauvaise épouse, ni laide, ni repoussante, sinon il serait déjà parti! Et puis les laiderons, meme avec un papa ober canon ne font pas des enfants choupinous, la genetique est certe aleatoire mais quand meme!!
    Tu es quelqu’un d’après tes mots, tes postes, de très attentionnée, sensible, gentille, bienveillante et présente pour les tiens.
    Ce qui semble te poser problème c’est que tu n’arrives pas à comprendre comment une belle personne comme toi peut avoir une mere qui n’est pas comme elle, qui n’a pas ses belles valeurs, et ca je pense fait le plus mal.
    Se rendre compte que nos parents ne sont que des humains avec leurs defauts et leurs qualites bien que des fois l’un’prenne le pas sur l’autre.
    Alors dis toi bien qu’on ne choisit pas sa famille, que si une personne est nocive pouur toi ou tes proches, laisse la dans son malheur, vis ta vie à toi et ce n’est pas toi qui aura le plus perdu, sinon elle.
    Je ne sais pas si mes mots t’aideront à avoir un peu de soleil dans ce brouillard mais sache que tu es une belle personne, tu as un chouette compagnon, des enfants magnifiques et en bonne santé, alors profite de la vie maitenant. Le passé est derriere, regarde le futur!
    Avec toute mon affection et bon courage!

  • Bonjour,
    Je ne te connais qu’à travers ton blog, mais suite à cet article, une seule question me vient: Ta mère n’est-t-elle pas entrain d’essayer de te manipuler (une fois de plus?) en te fermant sa porte alors que tu reviens vers elle? C’est tellement facile de refuser le pas que tu as fais vers elle, sachant que tu étais en demande et qu’elle pense sûrement que tu vas culpabiliser et revenir plusieurs fois vers elle. Elle apprécie peut-être de te voir « ramper » vers elle. C’est assez sadique de la part d’une mère, mais bon…, cela reste possible.
    La période que tu traverses est très difficile à vivre. Peut-être est-ce nécessaire pour avancer et te délivrer du poids de ton histoire?
    Je te souhaite beaucoup de force, d’amour de ton mari et de tes enfants pour dépasser ce cap!

    • C’est tout à fait possible en effet que ma mère espère que je lui cours après… Je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête, et à vrai dire, ça n’a plus grande importance… Avec son refus, elle m’a donné une grande claque très douloureuse mais salutaire. Je suis extrêmement en colère, mais je suis en colère depuis que je suis toute petite… Au moins, maintenant, je suis en mesure d’identifier la source de ma colère. Elle m’a fait un cadeau, sans le savoir. Je n’irais pas jusqu’à la remercier, mais je compte bien en profiter. :)

  • comme tu le dis si bien , c’est elle qui a un problème pas toi. c’est dur d’accepter que ton parent (père ou mère) te rejette. je n’ai vraiment aucun conseil à te donner , mais je crois voir chez toi quelqu’un de très fort et retourner chez ton psy n’est sûrement pas un échec ou un retour en arrière mais bien une preuve de force intérieure , d’envie d’aller mieux , d’être une meilleure personne. Alors bravo, courage!!! <3

  • Ton article est très courageux. Moi aussi j’ai commencé une psychothérapie que j’ai arrête car je trouvais que je stagnais et que financièrement cela n’était pas évident. Aujourd’hui je pourrai reprendre plus de problèmes financiers mais je dois bien l’avouer j’ai peur, peur de découvrir des choses sur moi, peur de me décevoir. Je ne veux plus pleurer (j’ai beaucoup trop pleuré) alors je fais l’autruche mais je le sais que je vais devoir y retourner. Ne sois pas trop sévère avec toi même. Sois fière de toi, de ta famille et de ce que tu accomplis sur le plan professionnel!

  • J’avoue : je ne sais quoi dire.
    Alors virtuellement je te prends dans mes bras pour te dire ce que tu sais déjà : c’est sa faute à elle de ne pas avoir su aimer sa fille, pas la tienne. Un enfant est toujours aimable, mais des parents ne sont pas aimants. Mais tu le sais, on le sent dans tes mots. Mais il est parfois dure de se séparer d’une culpabilité qu’on traîne depuis longtemps.

    Sinon, je ne sais pas si voir ton psychiatre te fait du bien, mais à tout hasard j’ai de mon côté vu une psycho-somatologue. La psychosomatologie implique le corps dans la prise en charge. L’idée est aussi de mettre des mots sur ce qui nous pèse (parfois au sens propre) et d’apprendre à se positionner autrement pour moins souffrir. j’ai le sentiment que ce genre de thérapie te conviendrait. A voir.

    Bises

    • Merci, je vais me renseigner. On me conseille beaucoup de choses suite à la publication de mes articles et j’avoue ne plus savoir où donner de la tête! ^^
      On m’a conseillé une énergéticienne, et cela me parle… L’hypnose aussi (c’est la même chose peut-être).
      Je ne vais pas pouvoir tout essayer! ^^

      • Non ce n’est pas de l’hypnose, mais en revanche il peut y avaoir un travail de méditation dans la séance. Le principe (en tout cas ce que ma psychosomatologue a travaillé avec moi) est d’apprendre à vivre le présent. Pas en reniant le passé, mais en le laissant au rang de passer. Apprendre aussi à se positionner différemment pour que les autres adoptent un comportement qui nous convient plus. Au début j’ai eu du mal avec l’idée. ça me faisait penser à « c’est ta faute, soit différente et ils le seront aussi »… et puis finalement j’ai adhéré sur le principe. On ne peut pas changer les autres, donc c’est à nous de nous comporter différemment avec eux de manière à ce qu’ils n’adoptent plus les comportements qui nous font souffrir (en gros, il faut savoir dire « non je n’accepte pas ce comportement » sans entrer dans le conflit, mais juste en se positionnant.)
        Effectivement tu ne peux pas tout faire. A toi de voir ce qui te semble le plus à même d’aider ta démarche pour aller mieux.
        Bon courage

  • Tente d’être ta meilleure amie, d’être bienveillante envers toi-même, de te pardonner. Ce n’est pas facile. Et bien sûr que tu es aimable, et que tu as accompli beaucoup, même si tu te sens engluée.
    Tu n’es pas une machine qui, en suivant une procédure arrivera au résultat attendu (je porte plainte, je suis reconnue comme victime => je perds du poids).
    Je réitère, essaie de lire ‘ces femmes qui aiment trop’ (même si c’est gros comme un dictionnaire et mal traduit). Tu en apprendras beaucoup sur la dépendance, pourquoi on pense qu’on peut aider l’autre à s’en sortir, pourquoi on veut le sauver quitte à mettre en péril notre vie ou notre intégrité. Et ce, même si on est instruite, belle, etc. Pourquoi on reproduit ad vitam eternam le même schema, avec la sensation de ne jamais pouvoir se libérer ?

  • Bonjour,
    Pour n’avoir vécu qu’un dixième de ce que je pense avoir été ton passé, et pour moi, l’aide d’un psy est incontournable. Moi chaque séance me remet sur les rails. Bien sur il n’y a aucun miracle; aucun pardon facile, aucune explication « rationnelle » mais cela aide à vivre avec les faits, les douleurs, les cicatrices.
    on ne se reprogramme jamais totalement en profondeur mais cela aide à avancer, à ne pas reproduire le vécu, à avancer sereinement dans la bienveillance vis à vis de soi même.
    Il m’a été primordial de comprendre que je ne devais rien attendre des mes parents: aucune excuse, aucun pardon, aucun changement.
    il faut « juste » trouver la force de faire avec et d’avancer pour toi même sans ta mère.

    courage.

    Caro

  • Quel courage, quelle rage de vivre tu as ! Tu es une force d’émotion, d’intelligence, de finesse, de générosité. J’ai les larmes aux yeux, et encore plus de respect pour toi au fil de ce que tu écris.

    Je te souhaite de trouver ta liberté, de pouvoir donner au monde la pleine mesure de qui tu es, sans t’épuiser à manger pour te taire.

  • Bonjour, Je suis très touchée par la lecture de ton article , je ne vais pas te donner des conseils ou des leçons de tout genres!
    Je vais juste poser quelques faits .
    Une personne qui manipule, abaisse , abuse d’une autre personne n’a pas la même perception du monde que toi .
    La notion d’aimer, de respecter , de valoriser lui sont totalement inconnu.
    C’est d’autant plus douloureux quand il s’agit d’une personne dite « proche » , sur qui t’as basé ta confiance et même ton amour.
    Et c’est encore plus difficile de comprendre le pourquoi de leur acte.
    Chercher pourquoi cette personne a fait ce qu’elle a fait, ne va pas résoudre tout les problèmes et effacer les souffrances d’un coup de magie!
    Le chemin est souvent long , très long , tu sais la vie est comme un livre, avec des chapitres plus ou moins long , on ne peut pas juste en déchirer des pages pour faire un nouveau livre.
    On peut en revanche essayer d’écrire les chapitres à venir comme on aimerait.
    T’es une belle personne, et j’espère qu’un jour tu surferas sur les hauts et bas de la vie.
    De tout coeur avec toi.
    Bisous

  • Tu m’excuseras, j’ai l’impression de commenter seulement sur tes billets « sujet sensible ». Non pas que le reste ne m’interesse pas, je trouve tes billets sur tes enfants touchants et plein d’amour, mais je me retrouve plus dans ce genre de sujets.
    Dans mon cas j’avais eu l’impression d’avoir fait le tour de la question mais j’ai maintenant des problemes de fertilite qui je pense sont a un certains niveau (il y a aussi des raisons physiques et un syndrome derriere ca) lies a mon passe. Et ca me met en rage de voir que mon passe continu a influencer mon present ainsi…
    Tu as deja surmonte le plus gros! Ou tout du moins la premiere montagne. J’espere qu’avec l’aide d’un retour a la therapie tu arriveras a guerir de tout ca et que la petite fille a l’interieur de toi verra bien que tu n’as rien fait de mal, et que tu es aimable. C’est tout simplement je pense que ta mere est celle avec le probleme et l’incapacite d’aimer son enfant. C’etait par exemple plus facile pour la mienne d’aimer ses fils que sa fille. Je ne connais pas ta mere mais je me demande si la facon dont elle agit peut etre expliquee (pas excusee) par son passe et le fait qu’elle a peut-etre elle aussi vecu des abus.
    tout le monde n’est pas aussi fort que toi. Bref, dans mon cas comprendre le pourquoi m’a aide a faire le deuil. Apres chacun est different, mais rappelle toi de tout ce que tu as deja accompli!
    Bon courage

  • Ta mère a sûrement un vécu qui fait qu’elle s’est conduit comme ça avec toi mais tu n’en es aucunement responsable. Ca serait peut-être bien que tu le connaisse pour comprendre son comportement. Pas pour excuser, pas pour pardonner. Et contrairement à elle, tu te poses des questions sur toi même, sur ton histoire, tu te fais aider par un psy… Tout cela t’aidera à ne pas reproduire ses erreurs à elle, et surtout cela te permet d’aimer tes enfants inconditionnellement. Ce que tout enfant attend de ses parents. Toi, tu peux dire à tes enfants « il n’y a rien que tu fasses qui m’empêche de t’aimer ». Comment guérit-on de ce manque d’amour, de cet amour toxique ? Je ne sais pas et je ne voudrais surtout pas dire de bêtise, je ne suis pas psy… mais je suis sûre que ton chemin te mènera vers la sérénité et que tu n’auras un jour plus besoin d’un jugement de justice, de l’avis d’un tiers pour savoir tu es une personne, une enfant, un adulte aimable (dans le sens « qu’on peut aimer »). Tu trouveras ta résilience. Peut-être que tu essayais de voir ta mère comme une mère que tu pourrais aimer, et qu’en fait c’est elle qui n’est pas aimable, pas toi. Finalement quand elle a refusé de te voir à Noël, c’est comme ça qu’elle s’est montré, une mère pas aimable. Enfin j’arrête là parce que je fais sûrement de la psychologie de comptoir… Je t’embrasse

    • Merci Cha. Je suis certaine que ma mère a un vécu très difficile… Tout comme mes agresseurs avaient probablement un vécu très difficile… Mais je crois que cela ne me regarde pas… Je n’ai pas envie de savoir, ni d’analyser…
      J’ai envie d’avancer, sans m’encombrer des vécus des autres… Ca ne leur donne aucune excuse…

  • Mon mari a choisi il y a 6 ans maintenant de couper les ponts avec ses parents toxiques. L’été dernier il a fait le pas d’aller les voir. Verifier qu’ils avaient changé ou compris… qu’ils regrettaient. ..
    Non. Rien. Le déni. Ils refusent toujours d’admettre les erreurs et même de ne plus les faire. Constat amer. Les gens ne changent pas.
    Une bonne amie m’a dit qu’il faut les aimer comme ils sont et ne pas chercher une reconnaissance ou des regrets qui ne viendront jamais.
    Aujourd’hui mon mari n’est pas capable de ça. Il trouve l’amour à mon côté et avec nos enfants. Mais il y a des dégâts irréparables qui ne seront jamais réparés parce que ses parents ne changeront pas.
    Aujourd’hui il ne peut pas les aimer « en l’état ».
    Je suis extérieure à tout ça mais je le soutiens et lui apporte mes conseils quand il les demande. C’était compliqué au début pour notre aînée (les deux plus jeunes ne les connaissent pas) mais on n’a rien caché. Les enfants savent qu’ils ont des grands parents qui ne sont pas bons pour eux mais qui les aiment et pensent à eux.
    Nous avons fait le choix de ne pas donner nos adresses successives pour ne plus recevoir les courriers de supplications et moralisateurs. Je fais de moi même le geste mensuel d’envoyer une planche de photos des enfants. C’est fou mais je le fais égoïstement. Pour entretenir leur espoir de nous revoir et éviter un procès et des droits de visite. Je le fais aussi pour que mes enfants ne nous reproche jamais cette cassure. Pour préserver un lien qui n’est que pointillé.
    Bref.
    Le chemin est long pour aimer un parent défectueux et je ne peux que t’encourager à suivre ton coeur.
    Courage.

    • Merci. Je suis comme ton mai, je suis incapable d’aimer ma mère « en l’état »… J’ai essayé, mais je réalise à quel point je déteste la personne qu’elle est, destructrice, manipulatrice, menteuse, égocentrique…
      Alors je préfère en effet couper les ponts afin de me détacher… Cela me semble largement préférable plutôt que m’esquinter à la protéger et essayer de lui pardonner…
      Chacun son chemin… :)

  • Je sais (à lire tes notes attentivement) que tu vis la situation actuelle comme un échec mais ça ne l’est pas. Peut-être as-tu réussi à détruire une montagne et que malheureusement pour toi, derrière cette première montagne, il y en a une autre derrière… C’est décourageant et je le comprends.
    De plus ce n’est pas toi le problème mais ta mère qui n’a pas su être une mère. Toi tu n’as fait que subir ses défaillances.
    Pas facile d’être bienveillant avec soi même et peut être que ta « guérison » réside dans le pardon mais c’est une chose qui est très longue…

    J’ai essayé de bien choisir mes mots mais ce n’est pas facile parce que je ne veux surtout pas être dans le jugement et que je te trouve très courageuse d’avoir écrit cette note.

    • C’est ça, j’ai le sentiment d’avoir franchi une montagne, je commençais ma route toute contente et je me rends compte que j’ai une nouvelle montagne à franchir… C’est agaçant! Epuisant surtout…
      Mais c’est ainsi.
      Le pardon, je n’y crois pas.
      Mais je dois apprendre à détacher ce que je suis de ce que j’ai vécu et accepter que je suis aimable et bonne… Il ne suffit malheureusement pas de le vouloir, mais j’espère que ça aide…

  • Témoignage prenant et sincère. Je ne te connais pas, ni ton histoire en détail, ni ta mère. Mais s’il y a une chose que je sais, c’est que la fautive, la mauvaise, l’irresponsable, la méchante, celle qui est en dessous de son rôle, ce n’est PAS toi. C’est ta mère. Je ne sais pas si tu le sais mais on a le droit de ne PAS aimer ses parents. En revanche, on a le devoir et la responsabilité d’aimer, d’entourer, de préparer à la vie et à la société, de jouer, de sécuriser, de défendre, de protéger (3 choses differentes) et d’encourager ses enfants. Et en beaucoup de points, elle semble avoir été et est défaillante. On peut comprendre. Car elle a ses propres souffrances et démons, sa propre histoire. Mais on peut s’autoriser à ne pas l’excuser et à ne pas pardonner.
    Ce n’est que mon avis. S’il peut t’éclairer..
    Je t’envoie plein d’ondes positives, d’arcs en ciels, de petits poneys et de coeurs

  • Tu as franchi le dernier pas, le plus dur pour commencer à te reconstruire. L’amour inconditionnel tu l’as de tes 4 enfants. Et tu as en toi une force de vie immense. Tu verras bientôt la fin du tunnel !

  • Coucou Aurore,
    comme la situation qui est la tienne en ce moment doit être compliquée et douloureuse ! Tu aurais aimé que ta maman prenne conscience de ce que tu as vécu et qu’elle te demande pardon de ne pas avoir été là pour toi et de ne pas avoir agi pour te protéger et au lieu de ça, elle coupe net tout contact parce qu’agir ainsi impliquerait pour elle de reconnaître ses erreurs. C’est tellement difficile de tirer un trait sur sa famille, à plus forte raison sur sa mère. Je te souhaite de trouver ton chemin, de parvenir à te réparer et à être heureuse, tout simplement. Plein de courage à toi !
    Bises

  • ton article m’a fait l’effet d’une claque.
    ma mère est toxique pour d’autres raisons, à Noel, on est resté 1 jour et demi et je me suis fais la réflexion que j’avais vraiment pas envie d’y retourner, c’est une mère toxique et une grand-mère toxique, mais je ne sais pas encore comment gérer ça.
    pour le moment, je la joue fuyante, le contexte est en ma faveur, elle est en plein déménagement et moi séparation et 400km nous sépare, ça m’arrange…
    cest une décision très courageuse que tu as prise de lui dire stop! et c’est aussi courageux de prendre les choses en main.
    je te souhaite pleins de courage.

  • Tout comme toi, je me suis demandé pendant des années pourquoi ma mère ne m’aimait pas.
    Et tout comme toi, j’ai tout fait pour lui plaire.
    Le jour oû je me suis rebellé, que j’ai refusé de la laisser diriger ma vie, elle est devenue très manipulatrice et agressive. Et à entraîné avec elle mon père et ma sœur qui sont très influençables.
    Pendant plusieurs mois, ma famille a été contre moi afin de me faire rentrer dans le rang.
    J’ai compris que mon rôle de souffre douleur de ma mère les arrangeais bien et qu’ils ne voulaient pas que cela change. Compris aussi que ma mère n’aime personne et se déteste elle même.
    Je n’ai rien lâché, je me suis battue pour mes enfants, ils ont tout essayé pour me faire plier, la culpabilité, les mensonges, le silence, sans succès car j’étais dèterminée.
    Aujourd’hui, ils font profil bas, je dirais même qu’ils me craignent.
    J’ai fais le deuil de mes parents, ils sont morts pour moi. C’est un processus très douloureux mais nécessaire pour aller mieux et je pense que toi aussi un jour, tu y parviendras.
    Depuis, je me sens enfin sereine et surtout je ressens une immense envie de vivre . Ils ne changeront pas, mais moi je ne suis plus leur victime.
    Ne culpabilise pas vis à vis de tes enfants de les priver de leur grand mère. Dis toi au contraire que tu leur offre le bonheur de grandir entourés de personnes bienveillantes.
    Désolée j’ai beaucoup parlé de moi mais peu de personnes peuvent comprendre ce cheminement sans l’avoir vécu.
    Coupes les ponts, ne te retourne pas, n’attends plus rien d’elle. Et sois heureuse, je te le souhaite.

    Gwen.

    • Merci pour ton témoignage, ne t’excuse pas de la longueur, cela m’a fait du bien de le lire.
      Parfois, il faut laisser les personnes toxiques sur le côté pour avancer plus sereinement. Je pense que c’est tout à fait nécessaire pour moi.
      Je te souhaite aussi beaucoup de bonheur, et bravo pour ta décision courageuse

  • Y A RIEN QUI CLOCHE CHEZ TOI !!! Ou sûrement dès tas de petits trucs, comme chez tout le monde. En tant que parent, tu seras d’accord avec moi pour dire qu’on aime ses enfants, inconditionnellement. Le pb de ta mère ne vient pas de toi, donc tu ne peux rien faire pour la changer à ce niveau-là, il n’y a qu’elle qui peut changer si elle le souhaite et si elle se rend compte de la situation.
    C’est dur d’accepter qu’on ne peut rien faire pour aider une personne à laquelle on tien (malgré tout on tient à ses parents, c’est comme ça, un enfant aime ses parents, c’est là tt le pb quand il a maltraitance, physique/psychologique)
    Avec ma mère j’ai eu des période ou je ne la voyais pas du tout, ni coup de fil ni mail, c’est moi aussi qui avait imposé ça, je n’en pouvais plus. Et puis c’est revenu, mais je lui ai interdit certains sujets de discussion (notre famille qd j’étais enfant). Je la vois pour les enfants. Il faut mettre beaucoup de distance, de limites pour préserver sa propre vie avec des gens comme ça. C’est dur, mais c’est vital de se préserver.
    Je me dis aussi que c’est peut-être pas par hazar si ça te « tombe » dessus maintenant, à chacun de mes enfants ça a été un grand chamboulement pour moi, et le 4 ème ne m’a pas fait échapper à la règle. Et je pense aussi que j’ai eu besoin/envie de faire 4 enfants car j’avais besoin de me confronter longtemps à la question de la maternité (pourtant j’avais peur d’être une mère mal-aimante, et je me pose régulièrement tjrs pas mal de questions)
    Tu as beaucoup de courage de reprendre le psy! Bravo!
    Tes posts ne sont pas indécents, tu arrives à raconter les choses avec assez de recul pour que ça puisse être lu sans choquer, et puis cet espace est à toi, tu y fais ce que tu veux.
    Penses à toi, accepte que tout ce côté de ta vie est super nul, quand tu n’arrives plus à penser, essayes de différer, mettre dans un coin et reprendre plus tard, tu n’est pas obligée de trouver des réponses tout de suites à toutes tes questions (je sais c’est lourd en attendant)…ça finiras par moins te polluer toute cette m…..
    Je t’embrasse
    Morgane

    • Je pensais être une mère mal-aimante aussi… Surtout, j’étais terrifiée à l’idée de ne pas aimer un petit garçon, ou pas comme il faut…
      La maternité me donne autant de réponses qu’elle ouvre d’autres questions… 😉
      Je crois en effet que la période n’est pas anodine… Les étapes clés de ma vie (en âge) prennent « miroir » (je ne sais pas comment dire) sur ma fille aînée… Quand elle a eu 3 ans 1/2 (l’âge où j’ai vécu les premiers abus) j’ai décidé de couper les ponts et de porter plainte contre mon agresseur.
      Là, elle a 15 ans, et j’ai vécu des trucs avec ma mère. Son âge me renvoie à ma propre adolescence et à l’abandon physique de ma mère.
      Cela parait logique, en fin de compte, que je décide de rompre avec elle aujourd’hui.
      Je ne sais pas si cet effet « miroir » est très sain, mais c’est comme ça…

  • J’aimerais trouver des mots justes… je n’en ai pas…. mais je te dis simplement que je t’admire beaucoup pour ce que tu écris, ce que tu tentes de surmonter de toutes tes forces. Je te trouve aimable, vraiment. .. Courage !

  • Juste pleins de coeurs et de bisous. Et du courage. Et l’amour de ta formidable famille. C’est la seule chose qui compte désormais. Je suis tellement admirative de ton parcours. Ne doute jamais de toi. Tu es formidable, tant pis pour ceux qui ne l’ont pas compris.

  • Vous renvoyez l’image d’une femme très courageuse et il en faut du courage pour affronter toutes ces épreuves.
    J’apprécie la justesse de vos propos, votre engagement, j’avais notamment été bouleversée à la lecture de votre billet  » Rien n’ai jamais la faute de la victime » qui résonnait particulièrement en moi. Le lire m’avait fait du bien. Alors merci!
    Le roseau plie mais ne rompt pas…

  • Tu as fait ce que tu pensais etre juste pour toi et tes enfants en essayant de garder ce lien. Au moins tu n’ auras pas la culpabilité de te dire que tu n’a pas essayer
    Dans toute relation, il faut etre 2 et chacun a a faire sa part. Tu ne peux maintenir ce lien
    s’ il n y a aucun investissement en face et pire si elle te denigre devant tes enfants
    Bon courage pour la suite
    Avoir cette lucidité de te dire que tu as besoin d’une aide est un grand pas vers la guerison
    Je t’embrasse

  • Coucou,

    Je ne sais pas par ou commencer, mais sache une chose, que tout ce merite, et dans le fond te merite-elle ?
    Tu sais j ai appris que l on ne change pas une personne. Et que ta maman restera comme elle l est ! C est dure a entendre. Moi aussi j ai eu beaucoup de mal a l accepter.
    Je ne vais pas raconter mon histoire, on ne va pas faire de ton blog le mur des lamentations.
    Mais a toi de voir la realité des choses.
    Et je pense de mon vecu, que c est un nouveau gouffre de creusé entre vous.
    C est normal que tu ai passé ta maman de victime, et je pense d autant plus car elle a ete doublement touchée. Mais je la vois tout aussi coupable que la (les) personnes qui t on fait ce mal.
    Bref ! Non ne te met pas de coup de pied dans le derriere, prends ton temps, soigne toi, et fait le bien.
    Je me retrouve beaucoup en ton mal etre, physiquement je suis dans le meme cas que toi, pyscologiquement moins dramatique, mais perturbée. Et ma plus grande peur, c est de lui ressembler, a celle qui m a donnée la vie. Cette femme manipulatrice, exigeante, et egoiste !
    Courage, courage, courage ; tu es forte, tu vas affronter le revirement de situation.
    Bien a toi !

    • Merci beaucoup, je suis « heureuse » (ce n’est pas le terme mais bon) de voir que mon témoignage en aide d’autres…
      J’ai aussi très peur de lui ressembler… De reproduire avec mes enfants les manquements dont j’ai été victime. Cela me terrifie.
      C’est aussi une grande motivation pour aller mieux et pour suivre cette thérapie… J’ai le sentiment ainsi d’avoir un « garde-fou »…

  • Je te suis depuis longtemps, j’écris rarement.
    Ton texte résonne tellement en moi… J’aurais pu l’écrire et faire un copier coller de ma vie.
    Comment accepter l’inacceptable…
    Ma mère est tellement centrée sur elle-même qu’elle n’a jamais su comprendre mes souffrances.
    De mon agresseur : « il ne t’a pas tué » « tu as fait bien pire avec ton mari  » (???)
    C’est clair elle est toxique, mais je m’accroche à elle dans le rêve inaccessible de goûter enfin à la normalité. Je resterai toujours la petite fille qui veut qu’on l’aime. Et j’ai 44 ans…
    Lâcher prise… tellement facile pour quelqu’un qui ne s’est pas englué…
    J’aimerais tellement pouvoir t’apporter des solutions. J’ai trouvé une psy formidable, j’en ai beaucoup essayés, aujourd’hui j’ai l’impression qu’elle m’apaise.
    Si tu as beaucoup hésité avant de prendre rendez-vous c’est peut-être parce que ce n’est pas le bon. Il te faut peut être quelqu’un qui ait un œil nouveau.
    Bon courage, je te soutiens fort

    • Je connais tellement ça… A croire que les victimes de sévices sexuels vivent tous dans la même famille tant les shémas sont quasi tous identiques…
      C’est à la fois perturbant, terrifiant et ça a également un côté presque rassurant (le souci vient vraiment d’eux…)

  • Quelle histoire que ta vie…
    Tu sais, tu peux juste admettre que tu l’aimes, parce qu’elle est celle qu’elle est pour toi. Mais parfois, il vaut mieux être loin, justement parce que c’est toxique autrement. C’est un deuil à faire, sans oublier l’amour.
    Bon courage.

  • Bonjour, je vous lis depuis plus d’un an maintenant avec de l’admiration à chaque fois . J’ai aussi une mère toxique, j’ai quarante ans, trois enfants, j’habite à 800km d’elle .Parfois je me demande pourquoi encore maintenant son comportement me fais du mal et je suis arrivée à la conclusion que je me trouve à la place ou elle était quand elle a déraillé et du coup je ne peux plus lui trouver des excuses….j’y suis et je ne déraille pas, et au besoin je me ferai aider…pas comme elle.Elle avait un certain choix qu’elle n’a pas utilisé, elle a préféré etre toxique…Et ce que je vis avec mes enfants maintenant me renvoie à mon enfance, plus qu’avant, et c’est douloureux.Je vous souhaite une belle reconstruction, de continuer sur ce chemin et de croire en un apaisement. Des bises

  • Je ne peux que te conseiller le livre « parents toxiques » de Susan Forward » qui a été d’une réelle aide dans mon cas pour arriver à comprebdre, mettre en mot et gérer ma relation toxique à ma mère. Il n’empêche que dans ces cas là une thérapie est plus que nécessaire,et ça n’est en aucun cas honteux ni un échec, et surtout pas de ta faute! Courage.

    • Je suis justement en train de le lire. :-)
      Je l’avais déjà lu il y a plus d’une dizaine d’années et il m’avait été salutaire, mais je n’avais pas su lire que ma mère est également toxique.
      Cette lecture, aujourd’hui, est très difficile, mais effectivement, cela m’aide à faire le point et ouvrir les yeux…

  • Vous êtes quelqu’un d’incroyable, de fort, je vous lis et j’espère être une mère aussi engagée et responsable pour mes enfants que vous l’êtes.

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