Ce que je pense de « l’éducation bienveillante »

J’aime bien les titres « punchline », j’imagine les gens le lire et se dire « mais qu’est ce qu’on en a à carrer de son avis??? » et ça m’amuse… C’est l’intérêt d’avoir un blog, on peut dire absolument ce qu’on veut sur n’importe quel sujet sans que personne ne trouve rien à y redire! 😀

Bref, cela fait maintenant deux bonnes années que l’on bouffe de l’éducation bienveillante à toutes les sauces… Ou « éducation positive », ce qui est à priori la même chose.
Je trouve à la fois hyper positif que les médias s’emparent de cette méthode éducative afin de la partager avec le plus grand nombre. Et à la fois, évidemment, les médias étant ce qu’ils sont, le manque cruel de nuance m’énerve profondément.

L’éducation « bienveillante » ou « positive », je ne vais pas y aller par quatre chemins: je trouve ça formidable. Je trouve merveilleux que l’enfant soit enfin au coeur des préoccupations, que l’on s’intéresse à son développement, aux effets de la fessée sur son psychisme, et qu’on véhicule massivement l’idée selon laquelle la bienveillance et la douceur sont les meilleurs façons d’éduquer un enfant.
Cela me gonfle le coeur de joie d’imaginer tous ces jeunes parents qui vont savoir regarder leur enfant avec la bienveillance qu’il mérite… Tous ces parents qui ne se diront plus que leur bébé de 18 mois fait un caprice quand il pleure, qui ne verront plus de la provocation dans les actes de leurs enfants et qui, au contraire, comprendront les mécanismes de son petit cerveau et sauront y répondre avec la tendresse que l’enfant attend légitimement.

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Par exemple, j’ai découvert assez récemment (à la naissance de MissCouette) qu’un bébé ne fait pas de caprice. Que s’il pleure en hurlant, la seule chose qu’il exprime, c’est son trop-plein d’émotions qu’il est incapable de gérer seul parce que son cerveau est immature. Le sujet me passionne parce que je trouve fascinant la construction du cerveau. Et cela fait naitre en moi une immense vague de compassion et de tendresse pour mes petits. Je ne suis plus énervée par leurs pleurs parce que je sais qu’ils sont sincèrement malheureux à cause de la mauvaise couleur du bavoir ou parce que la coccinelle s’est envolée trop vite… Alors je les prends dans mes bras, je leur permets d’exprimer leurs émotions, et les crises durent très peu de temps.
J’aurais vraiment aimé savoir cela quand Mouflette était petite… Parce qu’à l’époque, le discours était qu’un enfant est capricieux par nature, et mon comportement était de fait calqué sur un autre mode… Quand Mouflette hurlait dans un supermarché, j’avais honte et je lui en voulais… Je faisais preuve de patience « naturellement » parce que j’ai vu en pratique que crier sur un enfant ne sert à rien… Néanmoins, ma colère et ma propre frustration finissait toujours par ressortir (pas forcément contre elle, mais ça ressortait). Alors que si j’avais su qu’elle n’essayait pas de me provoquer ou de m’embêter, j’aurais intégré son comportement de manière très différente, comme j’accepte ceux de mes bébés aujourd’hui.

Que l’information circule me semble essentiel. Surtout quand elle vise à un épanouissement serein de l’enfant.
Dans l’idée, ne plus jamais taper ou punir son enfant, ne pas le laisser pleurer, l’accompagner avec bienveillance dans ses frustrations, le câliner tant qu’il en a besoin, être présent pour lui… Je trouve ça formidable! Le message véhiculé est positif et porte la société entière vers quelque chose de très enthousiasmant.

Mais (parce qu’il y a évidemment un mais) la dérive incontournable de l’information déversée en masse, c’est que les gens s’en servent invariablement pour juger les autres. Et là je me dis « MAIS POURQUOI SEIGNEUR, POURQUOI??? »

Déjà, j’ai le sentiment qu’une grande partie de la population se jette sur la méthode parce que « c’est d’actualité » et pas par réelle conviction. J’ai envie de dire que ça n’est pas bien grave, le résultat sera quand même positif pour les enfants… Mais ces personnes qui sont « bienveillantes » aujourd’hui auraient été probablement « hyper stricts » hier parce que c’est « ce qu’il fallait faire » à l’époque. En soi, ça n’est pas gênant… Ce qui l’est, c’est le jugement que cette masse de la population se permet d’avoir sur les autres… « Si t’es pas bienveillant, t’es un mauvais parent » est le nouveau « si ton enfant est capricieux, tu es un parent démissionnaire! ». C’est très dommageable pour tous les parents qui ne sont pas encore « bienveillants » mais qui sont sincèrement sensibles à la question… Le risque est de les braquer et qu’ils referment leur porte à cette nouvelle vague (enfin, nouvelle parce qu’elle est partagée actuellement, mais ce sont des travaux qui datent un peu quand même), s’interdisant ainsi de nombreuses informations intéressantes et des idées et conseils qui peuvent être franchement utiles.

Je trouve également dommage que les médias relaient l’information sous la forme d’injonctions, que les gens s’approprient ensuite pour mieux juger les autres…
Je trouve assez fascinant de se réclamer de « l’éducation bienveillante » alors qu’on est incapable d’être bienveillant envers son prochain…

Je prends l’exemple de la fessée (sujet houleux s’il en est). Pour ma part je suis pour une loi interdisant tout sévice physique à l’enfant. Je suis fondamentalement contre la fessée et je désapprouve son utilisation comme moyen éducatif. Ca ne sert à rien, c’est mauvais pour la santé, beaucoup d’autres méthodes bien plus douces amèneront des résultats bien plus concrets!
Néanmoins, quand je lis ou entends des gens émettre un jugement cassant sur les « parents qui mettent des fessées », comme s’ils étaient le diable personnifié, je ne suis pas d’accord.
Je suis contre la fessée, pas contre les gens qui donnent la fessée. La nuance est de taille! Si je juge l’acte intolérable, je suis capable d’entendre que certains parents pensent sincèrement que la fessée est une méthode correcte. Ils sont dans le faux, mais ils ne sont pas des monstres. Ils sont peut-être des gens en manque d’information ou des gens ayant eux-même reçu une éducation dont ils ne savent pas sortir. Peut-être qu’ils ne savent pas faire autrement mais qu’ils aimeraient bien. Et leur dire « HANNN, Tu donnes des fessées??? Je vais appeler la DDASS!!! » ça n’est pas hyper constructif pour eux.
Je suis aussi capable d’entendre que tout en désapprouvant la fessée, on peut être capable d’en mettre quand même, quand on est à bout par exemple. Je l’entends d’autant mieux que cela m’est arrivé… Pour autant, mes enfants ne sont pas en danger, je ne suis pas maltraitante, et ils ne sont pas traumatisés.

Pour revenir à l’éducation bienveillante, c’est une ligne directrice que je trouve excellente, à condition qu’elle ne soit pas prise au pied de la lettre. Aucune méthode éducative n’est universelle. Certaines le sont plus que d’autres. Certaines sont plus adaptées que d’autres. Mais rien ne remplacera jamais l’intime conviction d’un parent face à l’enfant qu’il a sous les yeux.

J’ai quatre enfants, j’ai dû m’inventer quatre rôles de mère. Je ne suis pas la même mère avec Noisette qu’avec Pépin. Je ne réagis pas de la même manière avec chacun de mes enfants. Parce que j’apprends, ce qui me semblait « bien » avec ma grande m’est apparu ensuite comme une erreur que je ne reproduis pas avec ses cadets. Parce que je m’adapte. Pépin a besoin d’un câlin avant de s’endormir, Noisette a besoin d’un bisou et d’une petite phrase réconfortante, MissCouette a besoin d’une histoire et Mouflette a besoin que je lui fiche la paix. Je compose avec les caractères et les âges de chacun.

Je crois que plus qu’une méthode, la « bienveillance » est un état d’esprit. On peut mettre une fessée tout en étant « bienveillant ». La fessée ne l’est pas, mais on peut être indulgent envers soi-même, se dire « bon ok, là je suis allée trop loin, j’ai fait une erreur, mais je vais tout faire pour la réparer », aller demander pardon à son enfant, lui expliquer à lui aussi qu’on est allé trop loin, qu’on comprend sa colère, qu’on fera tout pour ne pas recommencer. L’acte n’était pas bienveillant mais son traitement l’est.

La bienveillance, c’est aussi admettre que l’on ne fait pas tout comme il faut et que ce n’est pas dramatique. On fera des erreurs, on est des êtres humains avant d’être parents, et on apprend en se trompant… Nos enfants essuient notre inexpérimentation, mais ils apprennent aussi qu’ils ont eux-même droit à l’erreur…
La bienveillance, c’est avoir suffisamment confiance en soi pour admettre que notre méthode n’est pas la seule valable, et que d’autres qui agissent différemment avec leurs enfants arriveront à des résultats similaires, à savoir des enfants épanouis et heureux (parce que c’est ça, avant tout, le rôle d’un parent, accompagner son enfant vers l’épanouissement!)
La bienveillance, c’est accepter que les autres fassent des erreurs sans leur jeter des cailloux, mais recevoir avec indulgence (mais sans condescendance) leurs angoisses ou leurs certitudes que l’on sait erronées.

Voilà ce que je pense de « l’éducation bienveillante ». Beaucoup de bien, mais comme toujours, avec quelques pincettes. Non, vous n’êtes pas un mauvais parent s’il vous arrive de crier sur votre enfant, le mettre au coin ou même lui mettre une fessée. Vous êtes des parents imparfaits qui commettez des erreurs… Vous êtes des parents normaux donc.
L’information est salutaire et aide énormément, alors je ne peux qu’encourager les jeunes parents à lire des bouquins sur « l’éducation positive » pas pour y trouver un mode d’emploi mais pour réussir à déchiffrer un peu leur bébé puis leur enfant… Savoir qu’un enfant agit de telle ou telle manière parce qu’il n’est « pas fini » cela aide énormément à relativiser et à agir plus sereinement.
S’informer permet aussi de mettre des mots sur sa propre enfance, ce que l’on souhaite reproduire ou non, toujours avec bienveillance (quand on estime que nos parents le méritent, évidemment…). On peut plus facilement imposer le respect auquel on a droit dans ses choix éducatifs quand on est au clair avec ce que l’on fait.

Bref, comme toujours, j’aime la nuance et la mesure. 😉

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39 Discussions on
“Ce que je pense de « l’éducation bienveillante »”
  • Tu résumes très bien ma pensée!
    Je me rends compte que je me sens un peu jugée par ce terme de « parentalité bienveillante », alors même qu’en y réfléchissant, c’est le plus souvent celle que j’applique, sans même y réfléchir. Toutefois, même si j’explique les choses à mes filles, même si je comprends que les crises ne sont pas forcément volontaires de la part d’un enfant, il m’arrive de crier, de gronder, de punir (et il ne faut pas non plus se voiler la face – des fois, aussi, c’est vraiment des caprices!). Et ça ne me parait pas ni être mauvais pour mes enfants, ni pour autant malveillant, comme le terme le laisserait sous entendre. Car tout bienveillant que l’on soit, au moment d’une crise, ce n’est pas si facile de laisser faire l’enfant comme si de rien n’était. Et pas forcément non plus la solution il me semble.
    Alors, je suis parent positif, oui, mais dans une certaine limite. Et quand ça va trop loin pour moi, toujours dans une optique bienveillante, je fais aussi comprendre à l’enfant que son attitude à lui n’est pas la bonne non plus. Et des fois, je m’énerve au passage, mais toujours en calmant le jeu et en expliquant ensuite.
    Ce qui me gêne dans la « parentalité positive », ce n’est pas la théorie (bien qu’elle me paraisse parfois un peu trop parfaite pour la réalité) mais surtout dans ce qu’on en dit sur les médias ou les blogs, parce qu’elle finit par paraitre utopique, et surtout qu’elle met la disgrace sur le moindre moment de « faiblesse » où le parent s’énerve, crie ou punit.
    Ca finit par être si culpabilisant qu’on s’en veut après coup d’avoir osé gronder son enfant! C’est ça qui me dérange. L’idée est belle, mais laissons chacun l’appliquer comme il veut, comme il peut, et pas toujours avec le même succès – mais sans juger.
    On m’a déjà rétorqué une fois que non, la parentalité positive ne cherche pas à juger. C’est vrai, sans doute. En revanche, toute la communication autour de cette « méthode », même si ce n’est pas volontaire, finit par culpabiliser parce qu’il devient difficile de s’identifier à la théorie un peu trop parfaite. Et c’est là que le bât blesse, pour moi.
    Enfin bon, tout ça pour dire que tu me sembles avoir bien raison, désolée pour la tartine, je suis une bavarde!

    • Ce qui me gène, et sur laquelle tu as mis le doigt dans ton propos, c’est le côté « robot » de la méthode qui ne peut être appliquée qur par des parents « robots » (enfin j’exagère, mais c’est mon sentiment). Or, il m’arrive d’être de mauvaise humeur, d’être en colère, d’être contrariée, donc je m’énerve, je crie, je suis moins patiente certains jours que d’autres… Ca ne fait pas de moi un mauvais parent mais simplement un parent humain! Et comme l’enfant est humain aussi, je trouve ça plutôt sain de lui montrer qu’on a le droit d’avoir des humeurs et de les exprimer (dans la mesure du raisonnable, évidemment!).
      Or le « tout bienveillant » nie une caractéristique essentielle du parent: son humanité… (Enfin, dans ce que j’en ai lu du moins)
      Mais le fond est excellent, le fond de bienveillance et de respect de son enfant. C’est l’application qui me semble un peu trop mécanique dans les bouquins!

  • Je fais un stage de communication non violente (CNV pour les intimes) c’est chouette mais c’est quand même dur à appliquer(surtout quand tu as la marmaille pendue à tes jambes à 19h15 un soir de semaine ou le matin à 5h45…)

    C’est dur d’être parent tout court d’ailleurs, donc je plussoie pour ta mesure…

  • J’ai lu quelques livres sur le sujet : j’en ai retiré quelques bons conseils et, globalement, cela m’a permis de prendre du recul et de m’interroger sur la ma façon de me comporter et sur les pistes d’amélioration possibles.

  • Je suis comme toi, et je le pratique avec mes enfants, Mais faut dire aussi que ça ne marche pas avec tout les enfants. Que parfois trop de bienveillance complique les choses. Je vois certaines amies proche ou moins proche qui essaie tout qui ont même essayer la bienveillance sur une année pour qui ça ne marche pas. Je suis toujours très fière de clamer haut et fort que pour les miens fille comme garçon ça marche , parce que je les ai éduquer comme ça qu’ils ont mon caractère calme et posé. Du coup on a forcément de bon Résultat .

    Mais il faut encourager encore et toujours les parents qu’importe l’éducation qu’ils choisissent qu’importe le caractère ils se doivent d’être à l’écoute de leurs enfants. C’est la base. Nous a la maison on parle de tout sans tabou, je veux dire ma fille me parle de tout, quand elle a mal au coeur, quand elle est triste elle me le dis et on trouve une solution ensemble. Et je crois que ça leur fait du bien qu’on cherche des solutions à leur colère ou à leur tristesse avec eux. Ils se sentent moins seuls, moins déboussolée. J’en suis arrivé la parce que pendant des mois y a quelques années , elle détruisait ma chambre, mais vraiment, photo déchirés, elle me cassait tout. Ça s’est répété. En réalité cette petite puce réclamait juste l’amour de son papa pour qui ça n’était pas évident.

    Chaque comportement à son explication. Il faut juste que les parents ne se sentent pas seuls et déboussolé, qu’ils soient plus accompagné.

    • Clairement, la base serait que chaque parent se sente accompagné sans être jugé… Peu importe ses erreurs, un parent est rarement « malveillant » il a juste besoin d’apprendre, lui aussi. Et finalement la plupart des parents sont à la recherche de la même bienveillance que l’on prône pour les enfants!

  • Hello,

    J’aime beaucoup, pour ma part je trouve qu’on manque de cas concrets. Autant pour les petit ça va de soi, mais gérer un gamin qui déteste l’école et ne veut pas travailler, de manière bienveillante, j’aimerais bien qu’on me donne des tuyaux 😉
    Isa

  • Merci merci merci !
    J’avoue que j’ai eu peur en voyant le titre car ça devient aussi « à la mode » de critiquer l’éducation bienveillante ou positive ou quelque soit le nom qu’on veut lui donner. Et j’ai eu très peur que tu t’y mettes aussi . Mais je partage tout ce que tu dis, et les nuances qui vont avec !
    Haut les cœurs, et espérons que nos enfants seront heureux !

  • Merci beaucoup d’avoir pris le temps d’écrire cet article. Je vais le mettre dans mes favoris pour le faire lire à ma sœur quand elle aura des enfants. Car tu as parfaitement décris ce que je pense. J’aimerais être bienveillante tout le temps mais sincèrement, je n’y arrive pas. Mais avoir menacé mon fils de ne pas avoir son dessin animé s’il ne mangeait pas ses légumes fait-il de moi quelqu’un de malveillant ? D’ailleurs quand on lit malveillant, on pense plutôt à maltraitant. Je crois que je suis une maman bienveillante dans le sens que je veux le bien de mes enfants, mais parfois j’agi de façon mal appropriée. J’avais été choqué quand j’avais écouté l’émission « la tête au carré » sur France Inter, consacrée à l’éducation bienveillante, avec notamment Isabelle Filliozat et je ne sais plus qui d’autres. Cette insistance sur les dommages créés à nos enfants si on faisait ci ou ça m’ont fait énormément culpabiliser. Par contre je leur dis merci de m’avoir fait comprendre qu’effectivement les caprices et autres idées préconçues étaient sans fondement. Maintenant, je sais que quand mes enfants se comportent de façon pénibles, ce n’est pas de leur faute et je ne leur en veux pas mais par contre je revendique le droit de ne pas toujours réussir à le supporter et de perdre patience. Pour rebondir sur ton article sur les pleurs, moi aussi j’ai laissé mes enfants pleurer, parfois longtemps. Avant j’avais essayé pas mal de chose, rester dans la chambre, mettre la main sur eux, les bercer, les prendre dans mon lit. Et force était de constater que rien n’y faisait. J’avais l’impression que ma présence ne les aidait pas. Alors je les ai laissé pleurer. Parfois mon cœur se serre si je pense à la dose de stress qu’ils ont pu ressentir. Parfois je constate qu’aujourd’hui ils n’ont pas l’air d’en avoir de séquelles. Alors que faire ? L’enfer est pavé de bonnes intentions mais je crois que le paradis est aussi plein de mauvaises herbes.

    • C’est le problème de la théorie et de sa mise en pratique… En théorie, on est tous à peu près d’accord pour dire que « l’éducation bienveillante », c’est merveilleux. Mais en pratique, on n’a pas les outils, on se sent désemparés, on est des êtres humains surtout, avec nos humeurs, nos tracas, nos pulsions…
      Ce n’est pas simple à gérer!!!

  • complètement d’accord, la bienveillance est une bonne chose, enfants, adultes, seniors… on en voit à toutes les sauces et c’est dommage que ce soit une mode plutôt qu’une réelle prise de conscience.
    Maintenant, j’ai du mal aussi avec toutes ces injonctions car quoi qu’on fasse on ne rentre jamais complètement dans la case et ça peut créer un sentiment de « mauvaise mère ».
    Je préfère que chacun fasse du mieux qu’il peut (comme il l’entend). Et puis on évolue avec le temps et avec le recul, on fait tous des erreurs…
    Bisous

  • moi j’avoue que l’éducation bienveillante en soi porte un jugement…
    parce qu’au fond la bienveillance c’est quoi? c’est vouloir le mieux pour ses enfants? eh bien je pense que c’est le cas qd même pour une grande majorité des parents, quelle que soit la méthode d’éducation adoptée…
    et puis rentrer dans une case, je me sens vite à l’étroit!!! je suis une maman-tout-court, des fois je crie, des fois je suis très sévère, des fois pas assez, je ne suis pas catégoriquement opposée à la fessée (à partir du moment ou ça ne devient pas la seule et unique manière d’éduquer), je fais des câlins, je laisse pleurer un peu (mais pas des heures), je punis mon fils, je le mets parfois au coin, je le prive parfois des choses qu’il aime lorsqu’il fait une bêtise ou un caprice.
    l’éducation que je donne à mon fils n’est pas parfaite, mais la bienveillance est bien là, à chaque instant…
    j’ai choisi délibérément de ne rien lire sur l’éducation des enfants, parce que le discours culpabilisant qu’il y a derrière me déplait. et parce que je pense que le plus important, c’est de se fier à son instinct, et à son bon sens… par contre le partage d’expérience comme tu peux le faire sur ton blog, j’aime ça. ça me semble plus « vrai » et moins moralisateur…
    et pour l’instant, j’ai le sentiment que ça roule plutot bien comme ça!!!
    bises
    Magalie

  • Je te remercie pour ce billet, sur ce thème si sujet à polémique que j’avoue ne plus oser en discuter sur le net. J’ai commencé à lire sur le sujet dès la grossesse pour mon aînée, je voulais m’en imprégner très tôt pour ne pas reproduire ce que j’ai pu vivre moi même enfant.
    Et j’avoue que j’étais plutôt contente de moi car ma fille aînée était très réceptive et que je réussissais plutôt bien à désamorcer certaines situations… Puis ma cadette est arrivée, avec un cortège de nuits hachées menues jusqu’à ses 3 ans et demi et un caractère de FEU.
    Et là, on se rend compte qu’on peut tout à fait être fondamentalement convaincue par les principes de cette éducation et avoir énormément de difficulté à la mettre en pratique. J’en ai culpabilisé (et j’en culpabilise encore )énormément. Ca m’a ébranlée de me voir dire des phrases que j’ai toujours voulu éviter, de me voir hurler sur elle(s) alors que je voulais tellement une ambiance sereine à la maison.
    J’ai eu honte, de savoir justement, et de ne pas être capable. Je n’ai compris qu’assez récemment que j’avais manqué de bienveillance en 1er lieu avec moi même. Que j’étais épuisée et à bout. Que je craquais doucement. Que si mes réservoirs à moi sont vides, je ne peux pas remplir les leurs. Je travaille là dessus et ça revient doucement. Bon, on entre dans le terrible two avec le petit dernier alors c’est encore bien sportif…. 🙂
    Bref, désolée pour le pavé, ça reste quelque chose de douloureux pour moi, de ne pas être à la hauteur de ce que je voudrais être pour eux. Merci à toi…

  • Très intéressant, j’adore ton point de vue ! Pour ma part, j’ai arrêté de me définir, de me mettre des étiquettes, je trouve que cela enferme et culpabilise si l’on sort ou dérape. J’ai déjà perdu pieds avec ma fille en lui mettant une fessée. J’en suis pas fière et je m’en suis beaucoup voulu, mais je n’ai pas besoin qu’on m’enfonce encore plus en me disant que je suis une mère à chier. Dans le même genre, je me suis beaucoup intéressée à la motricité libre. Oui sauf que j’avais un parc ( qui me servait quand je cuisinais ou allais aux toilettes ) et surtout je la portais à la verticale car elle hurlait dès qu’elle était allongée dans les bras ! Ce n’est pas du tout motricité libre et pourtant, je suis convaincue que c’est ce dont ma fille avait besoin à ce moment là.

  • Bah t’as bien raison !!
    Chez nous aussi on essaie d’être bienveillant et j’essaie aussi de l’être avec mes étudiants (ce qui n’est pas toujours facile parce que eux, à l’inverse, font parfois de la provocation 😉 ) mais quand on a reçu des fessés quand on était petit, le geste est un peu trop intégré et ça m’est arrivé quelque fois que ma main parte trop vite.
    Mais quand on est bienveillant, en plus de son propre regard, il y a quand même aussi celui des autres à supporter. J’ai entendu de nombreuses fois que ma fille allait être capricieuse, ingérable, intenable… Au final, elle l’est bien plus que ses cousins qui prennent des fessés !

  • Merci pour la photo !!!!! j’ai la meme à la maison ( avec un petit garçon à la place), et très bon article, qui me rappelle celui du blog La belle vie family …. une maman suffisamment bonne ( enfin j’espère…)

  • J’adore la photo de la chambre de ta mini !!! Enfin une « vraie » photo ! Je viens juste de ranger la chambre de mon mini, et j’en profite avant qu’il ne tourneboule tout avec ses minipotes !
    Sinon, ben oui, je suis bienveillante, surtout parce que, en tant que prof, j’ai bien vu que dévaloriser un élève ne menait à rien. Même quand il n’a pas fait son boulot, même quand il n’écoute pas en classe. C’est ce qu’on va mettre en place comme dispositif qui va plus ou moins miens marcher.
    Et je suis bienveillante parce que je n’en ai qu’un à la maison, et qu’il est franchement plutôt tranquillou. Parce que pour avoir fait une activité avec un groupe d’élèves de sa classe, j’ai bien vu qu’avec un de ses camarades, c’est moins facile d’être bienveillante ! c’est là que je préfère mes ados de collège 😉

  • J’ai lu avec intérêt cette note… Pour moi l’éducation bienveillante est une sorte de perfection à atteindre. En tant qu’enseignante, je n’ai pas le droit de frapper un enfant, il me faut donc réagir autrement que par un acte violent. Grâce ou à cause de cela, je ne donne jamais ne serait-ce qu’une tape à ma fille.
    L’idéal aussi serait de ne jamais s’énerver mais là j’avoue que fasse à mes 30 loulous qui ne respecte jamais les consignes de comportement qui sont pourtant répétées des dizaines de fois par jour depuis septembre, il m’arrive de perdre patience et disons le franchement de me mettre à crier. Je sais que ce n’est pas l’idéal mais pour certains il n’y a que ça qui fonctionne.
    Tout ça pour dire que l’éducation bienveillante c’est bien joli mais ça dépend très fortement du caractère de son enfant. Parce que franchement, j’ai des élèves qui te mette à bout et qui le cherche fortement, à croire qu’ils ne sont contents que quand tu es hors de toi. Dans le cadre de mon métier je fais preuve de patience mais si c’était mon enfant ?
    Comme tu le dis si bien, c’est quelque chose de positif mais il ne faut pas généraliser parce que franchement les enfants ont leur caractère et il ne faudrait pas l’oublier non plus

  • Entiérement d’accord avec ta vision.
    Il est bien dommage qu’à chaque fois qu’il y a des directions positives en matiére d’éducation, elles soient systématiquement poussées à l’extrême, déformées ou finissent par servir un bussiness florissant….Alors qu’à la base c’était plein de bon sens.
    Malheureusement, je crains que les dérives finissent par entérrer tout le bon sens et que cela vienne complétement discrédibiliser les bases des recherches.
    Un peu comme la mode Françoise Dolto où ses propos ont été déformés et mal interprétés…. »L’enfant est une personne » et devenu  » l’enfant est un roi à qui il faut tout donner » puis  » l’enfant est un tyran qu’il faut redresser » bref on est bien loin du concept de base.
    Le risque pour les parents c’est d’adhérer à cette mode de l’éducation bienveillante ou positive selon comment elle est nommée et que cela ne fasse pas sens pour eux . Une relation parentale qui n’est ni authentique, ni spontanée a des effets désastreux sur le développement de l’enfant.
    Je n’avais jamais entendu parler de ce concept avant d’avour ma fille, j’ai juste essayer de comprendre ce qui m’avait fragilisée, marquée et fait souffrir lorsque j’étais enfant et tenter de ne pas le reproduire. Ensuite, les études sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant m’ont aidé à trouver du sens aux crises de larmes et de colére et à mieux les supporter…
    Lorsqu’on comprend les choses, on y est plus réceptif et notre regard change. C’est valable aussi pour les enfants qui ont des troubles du comportement et qui sont souvent stigmatisés par les adultes,
    Je pourrai écrire des pages et des pages tant ces sujets me passionnent mais bon je vais quand même m’arrêter

    • C’est toujours pareil, mais je crois quand même qu’on avance dans le bon sens…
      L’enfant est aujourd’hui au coeur de certaines problématiques, alors qu’il était totalement oublié hier. C’est positif!

  • Coucou, de toute façon quoi qu’on fasse, ce principe de croire qu’on est parfait est très étrange? D’où ils sortent ces gens dont les enfants sont élevés parfaitement et se comportent bien et sont épanouis en toutes circonstances? Qui ont un comportement écologique dans chacun de leurs gestes? Qui se soucient de l’exploitation animale dans chacun de leur achat? Comment font-ils?

    Bon, évidemment, je n’y crois pas une seconde!!

    Pendant ce temps, sur terre, on essaie de faire de notre mieux! Personnellement j’adore l’éducation bienveillante, mais je me garderais bien de donner des conseils non sollicités sur le sujet de l’éducation. Sur tout sujet d’ailleurs, faut jamais donner de conseil non sollicité en fait 😉 J’adore cet état d’esprit parce qu’il revient tout simplement à mes yeux à considérer l’enfant comme une personne à part entière. C’est ça qui est génial! On est dans une relation personnelle entre un adulte qui est une personne particulière et un enfant qui est aussi une individualité entière. Pendant des siècles et des siècles (sauf exception), les parents et leurs enfants étaient dans une relation principalement « fonctionnelle ». Or pour moi, passer du fonctionnel au personnel change tout!!! (parce que c’est toi, parce que c’est moi)

    Autrement dit, je dis oui, mille fois oui à l’éducation bienveillante!! Ou positive! Et j’essaie d’y tendre chaque jour! Et je me plante souvent. Et pour autant je suis favorable à légiférer contre la fessée, pas pour mettre les parents en prison, mais parce que ça accélérerait le changement culturel. J’étais sceptique mais j’ai regardé un documentaire sur les pays scandinaves et ça m’a enthousiasmée!! Mais encore une fois, cela ne veut pas dire que de temps en temps je ne me fâche pas avec un élève. Simplement, je le prendrai à part, l’idée est qu’il sache que je parle dans son intérêt, je n’ai aucune envie d’humilier les gens, ça ne sert à rien!

    J’ai parcouru des commentaires qui disaient que passé un certain âge c’est plus compliqué: je témoigne en tant qu’institutrice dans une école bienveillante (oui cela fait partie du projet pédagogique). Nous appliquons notamment la CNV (communication non violente), on favorise la coopération, l’estime de soi, le fait de ne pas se sentir en compétition avec les autres. Et cela passe par des outils simples qui reviennent à « comment je me sens quand je fais ça », « comment l’autre se sent quand je fais ça ». Et en fait les enfants sont très réceptifs à ça (je suis en CM2, ils ont une dizaine d’années). Et bienveillance ne signifie pas « aucune autorité », mais alors pas du tout. C’est simplement un rapport d’adulte à enfant qui soit d’égal à égal. Et ce que je constate dans l’école, c’est que les enfants y sont pour autant très respectueux des adultes.

    Bref, c’est quand même formidable de voir tout cela prendre de l’ampleur!! Et là où je te rejoins tout à fait c’est que l’idée de perfection n’aide jamais à s’améliorer, elle est écrasante et culpabilisante et c’est tout.

    • Disons que l’information est plus difficile à trouver passé un certain âge. Et les discussions tournent souvent autour des bébés ou petits enfants, comme si, ensuite, l’enfant ne méritait plus qu’on s’intéresse à lui.
      Ca va dans le bon sens mais il y a encore du boulot!

      Je suis particulièrement favorable à la législation interdisant la fessée. Pas pour stigmatiser les parents, mais parce que, en prenant l’exemple de l’école où les sévices corporels sont interdits, les enseignants ont bien été obligés de trouver d’autres solutions et y sont parfaitement parvenu. Il restera toujours des enseignants qui s’en prendront aux élèves, mais ils se sauront dans leur tort et surtout ils seront sanctionnés!
      Pareil pour les parents, si une loi édicte que frapper son enfant, même une fessée, c’est illégal, ils seront bien obligés de trouver des alternatives. Et cela rentrera dans les moeurs. Aujourd’hui, qui pense qu’un prof a le droit de frapper ses élèves? A part une minorité d’extrêmistes? Personne.
      Si une loi passait contre la fessée, je suis convaincue que d’ici 15 ans, on en serait au même constat avec les parents…
      Certains continueront de battre leurs enfants car ils sont maltraitants. Mais la grande majorité ne donnerait même plus une fessée, parce que ce serait plus dans la culture, plus une solution dans l’esprit populaire…

      • Je suis française et je vie au Canada depuis 7 ans. Ici la fessée est interdite. J’ai suivi de loin le débat de la fessée en France. À ceux qui pense que la fessée, de manière exceptionnelle , peut-être une solution, je pose une question: tolériez- vous qu’on vous mette vous une claque ou une fessée en cas de grosse connerie? Pourquoi est- ce acceptable pour un enfant et pas pour un adulte? Il est là le problème.
        Je suis maman de deux jeunes enfants( 2 et 4), je ne les ai jamais frappé. Il m’arrive d’être exaspérée, parfois de hausser le ton, mais jamais je ne porterais la main sur eux.
        Bref, j’espère que la loi va passer. Au pays des droits de l’homme, il semble qu’on bafoue le droit des enfants…

        • Je ne pense pas que « la fessée est une solution exceptionnelle » mais que les parents qui le font ne sont pas pour autant des monstres…
          Il en faut, des années, afin de faire changer les mentalités, et la culture de la fessée est très prégnante en France… Les parents ne sont pas tous à blâmer.
          Je suis très favorable à cette loi, car je pense qu’elle est nécessaire à la prise de conscience. Ce que vous dites est juste, on ne devrait trouver acceptable de frapper personne… Surtout pas les plus vulnérables: les enfants.
          La loi aidera (j’espère qu’elle passera).

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