Et si des enfants normaux, c’était vachement chouette?

8 ans que je blogue, plusieurs années que je suis sur les réseaux, 6 ans que je côtoie des mères de mon âge avec des enfants de l’âge des miens…
Avant, je ne me rendais pas compte de la compétition entre les parents. J’avais plus de recul parce que ma fille était beaucoup plus petite que les enfants des gens qui me vantaient les mérites de leur progéniture, j’y faisais moins attention, je m’en fichais un peu.
On a toujours essayé de coller ma fille dans des cases, on a toujours voulu expliquer son avance ou ses retards, on m’a longtemps et souvent dit qu’elle était hyperactive parce qu’elle était très énergique et turbulente. Puis on l’a taxé de surdouée parce que très tôt elle en savait un sacré rayon sur la musique classique, alors qu’elle était baignée dedans depuis toute petite… A 3 ans, son musicien préféré était Jean Sébastien Bach, qu’elle prononçait à la perfection… Elle connaissait tous les instruments d’un orchestre comme d’autres connaissent tous les animaux d’un zoo, elle connaissait les notes comme d’autres des comptines. Elle avait simplement une mère qui lui transmettait sa passion.
A côté de ça, elle a su lire à 6 ans et demi, après quelques semaines au CP. Elle n’a jamais été spécialement brillante à l’école mais elle sait faire un Rubick’s cube en moins d’une minute. Une enfant normale en somme. Qui est devenue une adolescente normale, chiant comme il faut, vive quand il faut.

MissCouette est née et avec elle un mystère. Cette petite fille a toujours été à part, un peu spéciale, secrète, sauvage et élégante.
On s’est longtemps demandé si elle n’était pas autiste car elle avait de grosses difficultés d’adaptation et de socialisation.
Elle était plutôt en avance « intellectuellement » et très en retard sur tout le reste… A 6 ans, elle fait des constructions complexes en Légo mais n’a appris que le mois dernier à faire du vélo. Elle est capable de tenir des raisonnements qui nous épatent et la minute d’après, faire un truc complètement idiot… On passe souvent de « oh mon dieu, notre fille est un génie » à « heu, elle est complètement con en fait, non? »
Alors je crois que MissCouette est une petite fille assez normale elle aussi, une petite môme de 6 ans avec ses particularités, ses facilités et ses faiblesses.
Mais sur elle repose comme une sorte d’enjeu pour moi. Elle est née en même temps que pas mal d’enfants de copines ou de blogueuses. Je fais avec elle ce que je n’ai jamais fait avec Mouflette: je la compare. Et on devrait s’empêcher très fort de comparer nos enfants, car quand on manque de confiance en soi comme c’est mon cas, on va avoir tendance à noter tout le positif chez les autres et tout le négatif chez les nôtres…
Le risque aussi c’est de se prendre au jeu « Mais regardez, mon enfant à moi aussi est génial!! », et je suis coupable de certains écarts, vantant les mérites de ma fille sans pudeur ni recul.

Noisette et Pépin sont passé au travers, ils sont parfaitement normaux, des petits enfants adorables et pénibles, aux caractères bien trempés. Ils sont éveillés, comme le sont souvent les enfants de leur âge. Ni en avance ni spécialement en retard. Et je n’ai jamais été tentée de vanter leurs exploits, sauf quand ils sont rigolos (et là, croyez moi, ils excellent en matière de petites bêtises mignonnes!)

Au delà de l’aspect culpabilisant et le sentiment d’infériorité qui peut résulter de toutes cette compétition pour les parents, je me questionne sur l’effet que cela peut avoir sur les enfants. Les adultes sont capables de ravaler leur égo meurtri de voir que l’enfant du voisin fait tout mieux que le sien (en apparence du moins), il est également capable de recul.
Qu’en est-il des enfants victimes de la compétition que se livrent leurs parents?

Alors oui, ça fait toujours plaisir de montrer combien notre enfant est intelligent, fort, doué… Mais pourquoi faire?
Quand j’écoute certaines de nos amis ou que je lis mon fil Facebook, il semblerait que je sois entourée de génies…
Et je veux bien croire que certains des enfants des gens que je côtoie sont exceptionnellement intelligents, mais disons que là, ça commence à faire beaucoup, on va dire qu’il y a un petit souci statistique. Ma théorie est donc que les gens inventent des exploits à leurs enfants, embellissent la réalité pour que leurs enfants donnent une image valorisante à leurs parents. C’est humain, j’imagine, une fois de temps en temps ou quand on est face à quelqu’un d’agaçant à qui on a envie de fermer le clapet. Le souci c’est quand c’est tout le temps…

J’ai eu une mère ainsi… Elle vantait des mérites que je n’avais pas, disait à tout le monde que j’étais la meilleure de ma classe alors que ça a toujours été faux, ou clamait partout que j’étais une grande musicienne alors que je n’ai jamais su lire une clé de fa… Il fallait que je sois douée, plus que les autres, la meilleure… Mais comme je ne l’étais pas, elle inventait.
Je ne lui jette pas la pierre, chacun est comme il est. Mais je sais que cela a laissé des traces indélébiles chez moi, un manque de confiance chronique, un sentiment de ne jamais être à la hauteur, d’être tellement insatisfaisante qu’il fallait m’inventer une vie.

Je garde bien cela en mémoire quand je suis tentée d’en rajouter un peu quant à mes propres enfants… Et je les regarde, aussi imparfaits, normaux et merveilleusement banals qu’ils sont et je mesure à quel point je les aime exactement tels qu’ils sont… Mouflette avec sa scolarité en dents de scie, et son corps bâti pour grimper des montagnes… MissCouette et son tempérament complètement dans les nuages, incapable de se laver les cheveux, qui n’a pas une passion dévorante pour l’école et qui préfère colorier que lire… Noisette et ses crises, ses sautes d’humeur et sa prononciation approximative. Pépin et sa petite vie débonnaire, toujours content.

Je suis souvent heureuse de voir comme Pépin sait bien faire un puzzle ou comme il est doué pour dire « pompier pin-pon-pin-pon » et parfois il m’arrive d’être déçue quand je vois un autre petit enfant de son âge réciter une fable de La Fontaine sur Instagram (j’exagère à peine) et de me dire « merde, mais il est con le mien en fait? », et je suis tentée d’en rajouter et de montrer mon fils qui jongle à cloche-pieds avec des clémentines.
Mais mon fils ne sait pas plus jongler qu’il ne sait tenir sur un pied, et on est déjà content quand il dit « papa » à la place de « maman » et on va pas se mentir, La Fontaine, c’est pas pour demain… Alors je ravale mon égo, je me souviens que les gens racontent souvent le meilleur, des morceaux choisis pour impressionner la galerie (le jeu des réseaux, je ne suis pas mieux que les autres…)

Je garde en tête le mal que ça pourrait leur faire, le manque de confiance généré par mes exagérations, le sentiment d’infériorité qu’apporteraient mes mensonges et même tout simplement la pression que ça leur mettrait en me voyant dire la vérité avec un peu trop d’empressement.
Evidemment nos enfants sont tous exceptionnels et on trouvera toujours chez l’un quelque chose que tous les autres ne savent pas faire… Et inversement, on aura toujours des doutes parce que nos enfants sont en retard, voire très en retard sur certains points…

Le challenge, c’est d’accepter nos enfants tels qu’ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts, leur normalité, très souvent, ou leurs handicaps et imperfections. Accepter que nos enfants ne sont pas nés pour combler nos failles égocentriques mais que nous les avons mis au monde pour les aider à devenir qui ils sont. Et pour qu’ils s’acceptent et soient pleinement épanouis, la base, c’est que nous, parents, les acceptions et les aimions plus que tout au monde, même s’ils sont parfois source de déception.

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41 Commentaires sur
“Et si des enfants normaux, c’était vachement chouette?”
  • Merci pour cet article qui me touche vraiment.
    Comme tu le dis, on a tendance à partager le meilleur sur les réseaux sociaux, et c’est assez normal… entre la dernière réflexion intello-mignonne de notre enfant, et la fois où on la retrouvé en train de cracher dans toutes les chaussures du magasin ben… le choix est assez facile à faire sur ce qu’on va raconter, illustrer, publier… (Sauf si la bêtise est spectaculaire, ou vraiment très drôle)
    Peur du jugement des autres ? Compétition ? Volonté de garder une trace du positif, de ce qui nous a fait rire, plutôt que des 20 minutes passées à nettoyer la salle de bain parce que ce soir, on ne sait pas pourquoi, mais ouvrir une couche et frotter le contenu partout lui a semblé une bonne option ? Ou alors avons nous un filtre parental, un peu comme un filtre instagram, qui nous réajuste la réalité ?

    On partage le drôle, l’inattendu, le valorisant. Alors que 90 % du temps, nos enfants sont justes… lambdas, moyens ? Voire pas très finots 😀 (enfin les miens sont comme ça en tout cas !)
    Mais sur les RS, on suit plusieurs personnes. Donc même si au final elles ne partagent qu’une ou deux anecdotes de temps en temps, on peut vite avoir un effet d’accumulation :)

    Alors si ça peut te rassurer, mes enfants à moi sont … moyens…… super en avance sur un ou deux trucs, dans les clous (plus ou moins) sur plein de choses et… carrément à la masse sur un nombre incalculable de sujets 😉
    Par contre, j’ai quand même décrété que pour moi, ils étaient les plus exceptionnels du monde, même s’ils ne sont pas de futurs Mozart, Einstein ou Marie Curie :p

    • C’est exactement ça, et j’ai conscience d’alimenter le truc en montrant Mouflette qui joue du Bach de tête alors que je ne vais pas parler de son dernier 6 en maths… :p
      Ce qui est le plus gênant, c’est plutôt ceux qui se radinent en mettant des commentaires du style « bah moi ma fille a marché à 4 mois et demi! » sur la vidéo des premiers pas de ton bébé de 14 mois…
      Mais comme les tiens, mes enfants sont exceptionnellement moyens! 😀
      Et c’est vraiment le défi des parents, réussir à voir l’extraordinaire dans les petites personnes lambda que sont nos enfants…
      Ils ne sont pas des génies mais je ne les échangerais pour rien au monde! :)

  • Simplement MERCI ! Je suis dans le même cas MissCouette pour mon fils… Une mémoire de dingue, une expression artistique plus qu’hallucinante, d’une sensibilité a fleur de peau mais une volonté de fer qui va vers la difficulté et qui veux apprendre , mais car il y a un « Mais » il y a un retard de langage qui fait que mon doudou ne rentre pas dans les cases sauf celle de la « dysphasie », et que de parler ce n’est pas son fort et pourtant ! Je constate que les idées fuses a une vitesse mais que la langue ne suis pas ! Et alors … il développe d’autre éléments pour être simplement lui et heureux dans ses baskets !
    Puis alors les parents « D’enfant » qui rentre dans les cases me fatigue plus qu’autre chose ! Arrêter la compétition des la maternelle !! De comparer !! Stop !

  • coucou ,
    ici il y a 4 enfants : le contraire de chez toi; 1 grand de bientot 20 ans pour qui tout roule ( enfin des reflexions sur son éducation j’ai ai eu pas mal ! au final un bac avec mention, un permis de conduire le tout du 1er coup et un job que demander de plus ?!) et 3 filles !
    ma deuz bientot 13 ans ; RAS un peu sauvage , dans sa bulle, bosse bien au college !
    et puis la troisieme bientot 9 ans qui n’ a rien fait comme les autres, qui a marché a plus de 2 ans mais tellement mignonne qu’on lui passait tout ! jusqu’au jour ou un bilan est tombé et a fait basculer nos vies ! Violette est multi dys ( dyspraxique sévère, dysléxique, dysgraphique ; dyscalculique et ohhh par chance elle n’est pas dysphasique 😉 alors la terminer de comparer ma filles aux autres enfants, les miens comme ceux des autres, car elle c’est certain , ne fera jamais rien comme personne !
    Et puis la petite dernière ; tout juste 3 ans se débrouille plutot pas mal , les spécialistes qui suivent sa soeur, la famille, les amis la trouvent super en avance niveau langage et motricité , mais stop pas de comparaisons SVP ! elle ne peut etre que plus debrouillarde que sa soeur, elle n’a pas le meme handicap !

  • Très bel article. J’ai moi même vécu avec une mère qui me comparait toujours avec ma sœur qui est plus brillante scolairement, mais qui au final en est au même stade de vie maintenant, j’en ai personnellement beaucoup souffert
    Maintenant elle le reproduit sur ses petits enfants, hors il y a trois filles complètement différentes qui n’aiment pas du tout les mêmes choses mais il faudrait qu’elles fassent la même chose, c’est déstabilisant car cela crée une compétition entre cousines qui n’a pas lieu d’être après avoir créé une rivalité entre soeur

    • C’est une question de génération, je crois… C’est malheureux et je comprends bien à quel point vous avez pu en souffrir.
      E ce qui me concerne, au dela de la comparaison (très destructrice) c’est l’invention d’une petite fille que je n’étais pas, qui m’a beaucoup fait souffrir. Je ne le comprends que depuis peu, mais cette façon d’avoir vanté des mérites que je n’avais pas n’a fait que renforcer le manque d’estime, la conviction profonde que j’étais insatisfaisante, insuffisante… C’était sans doute sa manière à elle de montrer qu’elle était fière de moi, mais ce qui est curieux, c’est que ce n’est pas de moi qu’elle était fière, mais d’une petite fille qui n’existait pas…

  • Pour de vrai, dans la « vraie » vie, j’ai cessé de voir certaines copines qui avaient leur fils dans la même classe o du même âge que le mien/les miens et n’entendre parler que des exploits, des notes me rendait dingue.
    Mes fils sont intelligents mais ont des lacunes manifestes pour certaines choses. Je sais que je suis responsable de certaines choses, je ne me voile pas la face, mais voilà, je n’ai pas des enfants parfaits et ils n’ont pas des parents parfaits :)
    Aujourd’hui sur mon blog je parle un peu de toi :)

    • Ph, c’est vrai? Je vais vite aller voir!
      Je comprends ce besoin de se protéger… Mes enfants aussi sont imparfaits, scolairement, je n’ai pas des enfants brillants (ou uniquement quand elles veulent, dirons-nous), et dans une société où la réussite scolaire est sur-louée, ce n’est pas très glorifiant. Mais je n’ai pas envie de faire peser sur eux une pression que je juge inutile… Ils ne sont pas les meilleurs, et alors??

  • Bonjour,
    Merci pour cet article, je suis moi aussi très gênée par cette comparaison entre les enfants et par ce besoin d’avoir un enfant génial. En fait, je me demande surtout pourquoi ça me blesse que les enfants des autres apprennent plus vite et mieux que les miens. J’aimerai bien résoudre ce problème avec moi même pour pouvoir mieux accepter mes enfants ordinaires, je voudrais leur transmettre qu’on s’en fout de ce que fait le voisin et je me dis que si je le pensais vraiment aussi ça serait plus efficace.
    Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai cette envie que mes enfants soient extraordinaires et plus précoces que les autres, parce que la partie raisonnable de mon cerveau ne trouve pas ça important. En attendant d’avoir une réponse à ce problème, je fais comme toi j’apprécie d’avoir des enfants exceptionnellement ordinaire 😉

    • J’ai une théorie à ce propos… Pour ma première, je n’ai pas eu cette envie d’avoir une enfant exceptionnelle, mais pour la deuxième si… Déjà je pense que lorsqu’autour de nous, tout le monde a un enfant et tout le monde le met en avant, c’est humain, on a également envie de le mettre en avant.
      Je pense aussi que manquant cruellement de confiance en nous, on projette sur nos enfants nos besoins de colmater nos failles.
      Il est en effet important de faire ce travail sur nous-même pour ne pas leur transmettre notre pression, notre mésestime, notre insatisfaction.
      On doit également apprendre à voir le meilleur en eux, mais pour eux, pour leur dire « tu es très doué en ceci et cela, tu es moins doué en ceci mais ce n’est pas grave ». MC a une copine un peu « singe savant », elle débite toutes ses connaissances, elle parle bien avec des mots érudits… Je me disais « mince, ma fille est loin d’être aussi brillante ». Mais ma fille est « vraie », elle a un caractère spécial, elle est jolie, amusante, passionnée, secrète. Certes, elle n’a pas une connaissance encyclopédique, mais j’ai réalisé qu’entre cette petite fille brillante et ma fille plus ordinaire, je n’échangerais pour rien au monde.
      J’ai aussi réalisé que c’est mon insatisfaction chronique de moi-même qui provoque une attente démesurée de mes enfants, pour qu’ils réparent mon parcours chaotique. Mais ce n’est pas leur rôle, je suis la seule à pouvoir me réparer. A moi de trouver les moyens d’y parvenir! :-)

  • Je comprends tout à fait, mais je voudrais juste revenir sur un point qui me gène : un surdoué n’est pas un génie totipotent! C’est une connerie à la M6 ça. Un vrai surdoué est « normal », avec ses forces et ses faiblesses. Et oui avoir une parfaite maitrise de la musique et être incapable de faire du vélo est parfaitement compatible avec la douance. C’est d’ailleurs pour ça que je préfère le terme de Zèbre à surdoué (mais c’est un autre débat.)
    Bref, moi ce qui me gène c’est l’image qu’on les gens des surdoués… C’est celle que vous tracez : « s’il/elle est nul-le là, alors il/elle ne peut pas être surdoué-e. » Image classique et terrible. La douance n’est pas la totipotence ou l’omniscience, c’est jsute des capacités accrues dans un domaine (ou dans plusieurs) au détriment d’un autre. Personne n’est parfait. 😉 Surtout pas les enfants! Et c’est pour ça que le monde est beau! Sinon ce serait aussi triste qu’un congrés de clones!

    • Vous n’avez pas compris mon propos, et j’avoue qu’à force de me faire tomber dessus par les parents de « zèbres », je commence à devenir légèrement agacée…
      Ce sont les gens qui étiquetaient ma fille « hyperactive » ou « surdouée », et vous devez savoir comme moi que les gens ont une connaissance limitée de ce qu’est réellement un hyperactif et un surdoué (je déteste ce terme, mais surdoué est approprié pour exprimer mon propos…) Les gens veulent des surdoués, des enfants parfaits, singes savants, petits génies… Ils n’ont aucune idée de ce à quoi correspond un HQI (je préfère ce terme très factuel)

      Surdoué est un terme générique que les gens utilisent pour parler de leurs enfants doués dans tel ou tel domaine. Mais n’a rien à voir avec la précocité.
      Je comprends la susceptibilité sur le sujet quand on est concerné, mais je crois que chacun devrait prendre du recul sur ce terme qui ne veut plus rien dire… :-)
      Et aussi curieux que cela puisse paraître, je sais très bien de quoi je parle.

  • Bonsoir ! Je crois que la comparaison/compétition des « performances » de ses enfant, on ne peut pas y échapper, malheureusement. Déjà parce que les mamans parlent rarement franchement et essaient de renvoyer une image de perfection. Et on compare nos enfants à ceux des autres parce qu’on veut donner une bonne image de la maman (merveilleuse, n’est-ce pas !!) que nous sommes. En gros : mon gamin est un singe savant= regardez comme je suis une super maman. Chacune y va de l’exploit de la veille, genre « mon fils sait lire depuis ses 4 ans » et puis six mois après on apprend que le môme a encore des couches à 8 ans (c’est un exemple !!)… J’en ai beaucoup souffert. A chaque fois, je me remettais en cause, je me demandais pourquoi mon fils n’était pas aussi éveillé/intelligent/gros dormeur/curieux/mignon/jamais malade/qui ne pleure jamais même quand on lui fait 4 vaccins/qui mange de tout même des huîtres à 3ans (exemple!!)/sage/drôle/en avance/propre/bien élevé… que les autres et surtout en quoi j’en étais responsable, ce que je ne faisais pas ou pas assez… jusqu’à être anéantie. Tu vois le tableau ! Mais maintenant c’est fini tout ça. Ouf !! Et je veux que tu saches que ton blog m’a beaucoup aidée, justement parce que tu communiques tes difficultés, ton ressenti, tes réussites, tes doutes, tes joies sans jamais essayer de renvoyer une quelconque image de perfection, en toute sincérité. Alors je profite de ce commentaire pour te dire un très grand MERCI !! Et ne pas oublier que « l’herbe est toujours plus verte ailleurs…jusqu’à ce qu’on se rende compte que c’est du gazon artificiel !!! »

    • Alors ça, ça me touche beaucoup! :-)
      J’ai toujours peur de véhiculer une image idéalisée, alors ton commentaire me rassure, je sais aussi exprimer ce qui va moins bien. :-)
      Les blogs/RS ont une grosse tendance culpabilisante, en plus de l’entourage, et quand, comme toi et moi, on a une tendance à la dévalorisation, comme tu dis, ce qui revient c’est « mon dieu mais qu’est ce que je fais de mal pour que mes enfants ne soient pas parfaits??!! »
      Encore il y a peu, en recevant le bulletin de Mouflette (très moyen sans être catastrophique), je me demandais « mais comment font les autres pour que leurs ados aient 18 de moyenne??? » Sauf qu’en vrai, dans une classe, combien d’élèves ont 18? Et combien ont 11,5? Ca fait relativiser…

  • Merci pour ce texte qui exprime tellement ce que je ressens depuis que je traîne plus activement sur les RS . Baby blogueuse depuis un peu plus d’un an je suis parfois limite inquiète en voyant les exploits de tous ces enfants! Sans parler des copines qui adorent comparer les exploits de leurs enfants avec les miens! Et tous ceux qui comparent activement mes jumelles pourtant tellement différentes! Belle journée ☺️

  • Dans le groupe d’amis de mon mari, on a tous eu des enfants en même temps, et que des garçons… ils n’ont que quelques mois et pourtant, ça compare déjà à tout va, et moi, je déteste ça tout simplement … Même si on va pas se mentir, souvent c’est plus fort que nous :)

  • Beaucoup de lucidité dans ton article. On ressent aussi beaucoup de tendresse pour tes enfants.
    Quand mon Loulou était plus jeune, on me demandait tout le temps : « Est-ce qu’il sait faire ceci ou cela ? Le fils / la fille de Machine sait déjà le faire. » Maintenant ça s’est calmé, ouf ! Je me suis promis de ne jamais poser ce genre de questions à d’autres parents, parce que c’est inutile et ça peut être blessant – pour le parent comme pour l’enfant !!!
    Comme tu le soulignes très bien, nos enfants ne sont pas là pour combler nos failles. Et leur propres « failles », c’est à nous de ne pas en faire un drame et de souligner, à la place, leurs capacités.

  • Si ça peut te rassurer je suis instit et dans les écoles je n’ai jamais vu autant d’enfants que leurs parents présentent comme des surdoués (il s’ennuie ? il est agité ? pénible ? il est surdoué !!). La vanité des gens n’a pas de limite, un vraie génération spontanée de petits génies… c’est très agaçant et les réseaux sociaux n’arrangent rien (ton blog est un des rares où cette envie de présenter ses enfants comme des êtres exceptionnels n’est pas mise en avant…). Bref , tout à fait d’accord avec toi, laissons nos enfants pousser et arrêtons cette pression épouvantable qui ne sert qu’à nourrir les espérances des adultes !!

    • C’est mon sentiment aussi, qu’aujourd’hui, un enfant sur deux est surdoué (voire 9 enfants sur 10), ce qui est statistiquement improbable! 😀
      D’autant que les instituteurs doivent quand même être les premiers à savoir reconnaître un enfant « différent »… Plus que les parents qui n’ont, pour la plupart, qu’une expérience limitée du sujet!
      Perso, mes enfants sont ma normalité, je suis incapable de dire s’ils sont ceci ou cela plus ou moins que les autres. Alors que la maîtresse de MC qui voit 14 autres enfants du même âge toute la journée, sait me dire les points sur lesquels elle est en avance et ceux dans lesquels elle manque de maturité. Et je lui fais confiance.
      Et je crois d’ailleurs que c’est très bien comme ça. Noisette va sur ses 3 ans, elle commence à s’intéresser furieusement aux lettres, moi je trouve ça exceptionnel et merveilleux (comme quand elle a fait ses premiers pas à 14 mois), je l’encourage comme je peux, et à vrai dire, même si au fond, je sais que c’est parfaitement normal à son âge, je préfère rester avec mon ignorance relative, vanter et louer ses progrès, à son rythme, sans trop la comparer (d’autant que j’ai une mémoire pas super folichonne en ce qui concerne les acquis de mes enfants, à part la marche dont je peux donner avec précision la date, je ne sais plus vraiment à quel âge ils ont été propres, ils ont parlé, ils ont commencé à s’intéresser aux chiffres et aux lettres… Ainsi, chacun est à nouveau exceptionnel et peut avoir son « parcours personnalisé »! 😀

    • Je fais le même constat dans mon travail. C’est hallucinant ! Et les gens oublient souvent qu’un enfant réellement surdoué c’est une belle galère en perspective, des besoins très spécifiques, beaucoup d’angoisse pour le loulou et de grandes difficultés à surmonter ! Personnellement je serais très déstabilisée si j’étais confrontée à cette situation.

      • Mais oui!!! Déjà qu’un enfant « normal » c’est pas tous les jours faciles…
        Je crois que les gens ne savent pas ce que c’est… On prend nos enfants comme ils sont cela dit, qu’ils soient HQI ou autre… Mais on est très loin du tableau idyllique que la plupart des gens s’en font…

  • J’ajouterais une petit chose: c’est une grande chance d’avoir des enfants normaux! On ne se rend pas compte de la chance qu’on a de ne pas avoir à gérer une différence si minime soit-elle, une dys-, un trouble autistique, ou de la précocité… car contrairement à ce qu’on peut penser avoir un enfant « surdoué » c’est source de grandes difficultés.
    Après ça me semble normal, les réseaux sociaux, c’est quoi, 10 minutes de nos 24 heures? donc forcément on en retire le meilleur et on cadre les photos 😉
    Des bises
    Marion

  • Entièrement d’accord avec toi….on a les enfants qu’on a, rien ne sert à rien de les comparer même s’il est parfois difficile de passer au travers. J’ai tendance à penser comme Maman BCBG sur les réseaux sociaux on ne montre que le meilleur de ses enfants. Je te rassure j’ai deux enfants qui évoluent chacun à leur rythme, mon premier sait très bien parler mais niveau motricité c’est moyen et je ne me fais pas de soucis, c’est la vie, moi-même j’étais pareil (j’ai quand même su faire du vélo à 7 ans passé et encore maintenant c’est pas la joie de faire du vélo :-D) et pour ma choupette , elle a 9 mois et évolue comme un bébé normal ni trop en avance ni trop en retard. Bref tout ça pour dire que comparer on ne peut pas s’en empêcher mais il ne faut pas pour autant se mettre la pression en se disant que son enfant est moins en avance que celui de la voisine et surtout ne pas le faire ressentir à l’enfant car ça contribue au manque de confiance en soi que nous sommes si nombreux à ressentir.

  • MERCI, merci, MERCI pour cet article.
    Je ne suis pas maman, encore une fois, mais je suis fille. Et j’ai souvent été le faire-valoir de mes parents. Ils n’inventaient jamais mais en faisaient des caisses sur mes aptitudes nombreuses. Ils ne disaient rien de faux, mais me mettaient fortement dans l’embarras. De plus, mes deux frères qui ont une différence d’âge de 3 ans ont énormément été comparés l’un l’autre et je sais que mon frère cadet en a beaucoup souffert. Il ne travaillait pas aussi vite que le premier, il préférait rêver et apprendre le piano, la guitare.
    L’intelligence et la précision, le détail des faits dans ton article me parlent tellement. Merci, tu es vraiment brillante.

  • Quel chouette article, tu mets bien en lumière cette ambivalence qu’on peut avoir nous parents quand on regarde nos enfants… et ceux des autres ! Alors qu’au final, « en vrai », on s’en fout de cette comparaison ! De mon côté, avant d’être maman, je me disais « oui mais non, je ne comparerais pas… ». Et puis mon petit chat est né, on a découvert son handicap. Aujourd’hui, la comparaison je ne la cherche pas, car je sais que mon fils suit son propre rythme, mais je suis lucide, elle s’impose à moi. Elle me fait du mal parfois. Elle me rassure aussi à d’autres moments. C’est un drôle de sentiment… Je t’avoue que je me demande comment je vais réagir avec ses petits frères tout neufs, on verra bien !

  • Il est super joli ton article. La façon dont tu parles des tes enfants est pleine d’amour.

    Après la comparaison c’est parfois aussi pour être surs que son enfant est ‘normal’, enfin en tout cas pour les mamans flippées comme moi. Mais du coup mes enfants pèchent en peu en matière de comparaison, mon grand a toujours pris son temps (pour marcher, parler, se retourner…) quoique il sait lancer la balle depuis avant l’âge où ils sont censé le faire (la classe, tu vois, je viens frimer chez toi 😉 ). Et mon tout petit auquel on demande pourtant pas grand chose est déjà en dehors des clous côté poids.
    Mouais, c’est vrai que c’est bien de juste les laisser être eux même. Mais parfois ça demande des sacrés doses de confiance pour les mamans qui culpabilisent de mal faire (je dis ça pour moi).

    • Oh je ne suis pas mieux que les autres tu sais! Moi aussi je flippe, et moi aussi je dois faire un gros travail de lâcher prise…
      Mais au fond, nous savons que nos enfants n’ont pas de pathologies, et est-ce bien grave qu’ils prennent leur temps? Ils ne réussiront pas moins bien leur vie, ne seront pas plus bête ou moins heureux pour autant! 😀

  • Quand j’ai commencé tout le monde faisait des billets sur les progrès en motricité, propreté etc… je détestais et n’ai jamais rejoint ce mouvement… idem sur FB le partage des bulletins scolaires qui te donnent des complexes que tu n’avais pas… tout ça ne regarde que mon enfant et pas les autres…
    certains parents n’arrêtent pas de nous montrer à quel point leurs enfants sont brillants sous prétexte qu’ils sont fiers mais je ne comprends pas cette manie d’en parler à la terre entière (ils ont quand même des problèmes d’égo ou psy à régler…)
    Et puis certains de ces enfants parfaits vont chez le psy ou n’ont pas la vie sociale des autres mais ça on ne le crie pas sur les réseaux !
    ma fille est surdouée en grasse matinée et nulle en coucher tôt ! surdouée en mangeuse de bonbons et nulle en légumes… je peux t’en faire des dizaines :) tout le monde est le nul ou le surdoué de quelqu’un d’autre !

    • Je sais oui, c’est l’une des raisons qui ont fait que je t’appréciais plus que les autres! 😉
      J’ai toujours voulu garder une trace des progrès de mes enfants à un instant T, mais sans en rajouter, en pointant le positif, le rigolo, le moins positif…
      Et partager les bulletins, j’ai jamais trop compris. Et je n’ai pas des enfants brillants à l’école, alors en effet, c’est plutôt des complexes que cela me créé… Après je relativise, dans une classe, 3 élèves sont brillants, 3 sont des cancres et 20 se trouvent entre les deux, mes enfants font partie de la « masse normale », ma foi, ça me va… L’important n’est pas qu’ils brillent mais qu’ils soient épanouis, heureux, qu’ils aient confiance en eux.
      Cela fait 2 ans qu’on se questionne quant à la lecture de MC, j’ai vraiment cru qu’elle savait lire (tout le monde l’a cru), j’étais toute fière… 6 mois plus tard, on s’aperçoit qu’elle a un retard d’apprentissage de la lecture (on ne sait pas encore à quoi c’est dû), ça fait un choc, mais je n’en suis pas moins fière d’elle pour autant…

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