Et le #ProjetFonteDesGlaces alors??

Voilà un peu plus d’un an et demi que je me suis lancée dans un projet d’envergure: perdre du poids. Pour résumer l’historique, je me suis inscrite chez Weight Watchers en janvier 2016, j’ai perdu un peu plus de 13 kilos en 6 mois, j’en ai repris 10 durant l’été 2016, pour finalement abandonner Weitght Watchers en fin d’année.
Depuis environ 6 mois, je vois une diététicienne du G.R.O.S qui m’apprend, pour l’heure, à sortir de ma tête toute idée de régime.

Ce qui est plutôt amusant, c’est que je me suis lancée dans ce projet de perte pondérale sans me douter une seule seconde de là où il me mènerait. C’est étonnant de voir à quel point certaines choses (dans mon cas, le poids) peuvent être liées à tout autre chose, que l’on ne soupçonnait pas le moins du monde.
Cette perte de poids de 2016 m’a forcé à me centrer sur mon petit nombril. Un certain nombre de défenses ont sauté au fur et à mesure que je perdais des kilos, jusqu’à l’explosion de rage et de colère que la nourriture me permettait jusque là d’endiguer. J’ai pris des décisions radicales, j’ai fait le point sur ma vie, j’ai réalisé l’innommable (il était donc encore possible d’ajouter un peu de cauchemar au drame de mon enfance), j’ai pleuré, j’ai eu mal, j’ai cru que je ne m’en remettrai jamais… Et je me suis finalement relevée assez vite pour continuer mon chemin. Sans néanmoins réussir à me re-délester de mes kilos en trop.

Depuis, c’est le statu quo, je ne grossis plus, je ne maigris plus.
Ma diététicienne m’aide à faire une croix définitive sur toute forme de régime. Je veux toujours maigrir, mais je ne veux plus me frustrer… La frustration ayant pour seule conséquence une reprise de poids plus importante encore…
C’est difficile parce qu’il faut apprendre la patience, ce qui n’est pas exactement ma qualité première!
Le chemin est long et les rechutes nombreuses… Par exemple, cet été, j’ai perdu deux kilos, je me suis alors mise à faire des plans sur la comète, à planifier une perte de poids sur les mois à venir, à me mettre une pression d’enfer, en somme, tout en prévoyant rigoureusement mes prochaines restrictions alimentaires… Résultat des courses, deux jours après, j’avais repris mes deux kilos…
Mais, pour une fois, au lieu de me flageller et de m’en vouloir d’avoir regrossi et de ne pas avoir su tenir mon si beau programme, j’ai fait un truc tout con: j’ai planqué ma balance.
Alors, plus précisément, je l’ai rangée à un endroit inaccessible et très chiant afin que ma volonté de me peser se confronte à la flemme de monter sur un tabouret et vider trois valises…
Résultat: cela va faire deux mois que je ne suis pas montée sur une balance (j’ai refusé de me peser au dernier RV chez la diet) et c’est extrêmement bénéfique!

Comme je n’ai plus aucun moyen de savoir combien je pèse, si j’ai grossi par rapport à la veille ou si j’ai perdu 2 kilos depuis la semaine dernière, hé bien je suis beaucoup plus zen. C’est un peu déstabilisant pour la controle freak que je suis, mais petit à petit, je me suis habituée à ne plus avoir d’étalon chiffrée, et c’est une libération.
Au final, je sais que j’ai maigri parce que je me suis achetée un jean en début d’été dans lequel j’étais super serrée et dans lequel je flotte aujourd’hui. Ai-je perdu 2 kilos? 3? Aucun peut-être? Peu importe, je sais que mon corps s’est affiné très légèrement puisque ce pantalon trop petit est devenu légèrement trop grand.

Ne plus avoir accès à ma balance m’oblige à écouter mon corps. Comme je ne sais pas si j’ai pris ou perdu du poids, je suis obligée de me fier aux sensations de mon corps. C’est étrange, je trouve… Parce que la balance ne devrait être qu’un outil alors qu’elle est en réalité une entrave. On focalise sur le chiffre et on ne fait plus attention au reste… Alors que c’est justement le reste qui importe! Qu’importe le poids si on se sent à l’aise dans son corps?

Je n’irai pas jusqu’à dire que je me sens à l’aise dans mon corps, mais j’ai appris à l’aimer tel qu’il est. Aimer peut sembler un grand mot, mais je me suis vraiment réconciliée avec lui. Je réalise toutes les souffrances que je lui ai fait endurer et comment il est malgré tout resté fidèle. Je l’ai privé de nourriture puis je l’ai fait gonfler comme un ballon de baudruche… Pourtant, il m’a offert quatre beaux enfants, quatre belles grossesses, quatre beaux accouchements. Je l’oblige chaque jour à porter 50 kilos en trop et pourtant, chaque jour, il remplit sa mission, il supporte tout ce poids et il ne me trahit pas.
Je ne le trouve pas beau, ce corps, mais j’ai appris à l’aimer et à le remercier d’être vaillant et encore debout.

Sans titre 1

Je prends conscience de la chance que j’ai d’avoir un corps, certes disgracieux et ne rentrant pas dans les critères de beauté actuels, mais solide comme un roc. J’ai aussi conscience que cette chance peut tourner à tout moment et que je dois absolument apprendre à m’écouter, à entendre les messages de douleurs et de fatigue.

Petit à petit, j’apprends. Les crises de boulimie ont disparu. Les compulsions alimentaires sont de plus en plus rares, même si elles existent encore un peu. Il m’arrive de plus en plus régulièrement de me surprendre à ne pas avoir faim, à ne pas finir une assiette, à ne pas avoir envie d’un gâteau au chocolat…

Je n’ai pas vraiment maigri encore, mais je suis convaincue que cela va venir bientôt. Je ne perdrais sans doute pas les 50 kilos que j’ai en trop, mais je suis persuadée qu’une partie de mon surpoids va s’envoler parce que je ne considère plus mon corps comme un ennemi à corriger mais au contraire comme un ami fidèle. Parce que la nourriture devient une alliée pour me faire du bien et non plus un outil de torture.

Le travail est long et prend un chemin que je n’imaginais pas. Je ne pensais pas voir un jour une victoire sans perte de poids, et pourtant, j’en suis là: je ne sais pas si j’ai perdu ou non et je m’en fous, je sais juste que j’ai gagné une immense bataille contre moi-même.

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25 Discussions on
“Et le #ProjetFonteDesGlaces alors??”
  • Merci pour ce partage inspirant… respecter son corps, apprendre à l’aimer un peu plus chaque jour, à s’aimer un peu plus, comme un tout (corps et esprit) … c’est un long chemin

  • Quel bel article.
    Les médecins devraient le lire.
    La semaine dernière un médecin a dit à ma fille de 12 ans que d’après la courbe elle était en léger surpoids. Elle était vraiment choquée. Elle m’a demandé pourquoi il regardait sur une courbe alors que quand quelqu’un est en surpoids ça se voit.
    C’est une pré-ado bien dans sa peau, qui fait beaucoup de sport et en bonne santé. Donc le poids… C’est ce que j’ai dit au médecin quand il m’a demandé mon avis. Pourquoi faire naître des complexes quand il n’y en a pas ?

  • Quelle belle déclaration d’amour à ton corps ! Eh oui, il nous rend bien des services celui-là, finalement. Pas facile d’aimer et de s’aimer! C’est beau de te lire et de voir ton évolution à tous les niveaux. Je te souhaite une belle suite avec ton cerveau qui déchire et un corps en pleine forme !

  • Je dois être un peu fleurs bleue mais j’aime lire des récits comme celui-ci de gens qui vont bien, qui vont mieux. Surtout quand il s’agit de gens auxquels je suis attachés et ça semble bizarre mais c’est le cas ici. Tu ne me connais pas mais au travers de tes articles j’ai l’impression de te connaitre un peu et je suis ravie de ce qui t’arrive. Bonne continuation!

  • Mais quel beau témoignage !!! Je suis sincèrement heureuse pour toi et j’espère surtout que ton message va aider (et je n’en doute pas). Tu es en train de vivre de nouvelles aventures qui je suis sure vont t’aider encore plus ! Bravo à toi !

  • Je crois que dans une perte de poids il y a une immense part de psychologie et pas uniquement de volonté. J’ai hâte d’avoir accouché pour ne plus avoir d’excuse pour reprendre tout ça en mains. J’espère que ta perte sera à la hauteur de tes espérances et que ton rapport avec ton corps ne fera que s’améliorer !

  • Merci pour ce partage
    J’aime beaucoup ta réflexion sur le corps et sur ce pourquoi tu le remercies. Je n’y avais jamais pensé et je me suis juste toujours contentée de le détester, de lui en vouloir d’être si capricieux et compliqué. Mon regard va un peu changer grâce à ton post

  • Merci pour ce bel article.
    Je suis suivie par une diététicienne depuis l’après première grossesse. Ca a Bien fonctionner pdt 5 ans Mais l’après deuxième grossesse reste compliqué. J’ai 15 bons kg de trop pour être dans mon poids de forme et environ 20/25 au regard des canons de la mode.

    Je tente désormais le suivi psy /hypnose. C’est en dent de scie… les compulsions alimentaires avaient cessées mais elles sont de retour….
    J’aimerais en être à ton stade… j’ai cru l’être mais ce n’est pas stabilisé….
    vivement la prochaine séance !!!

    suis encore trop accro à la balance…, j’ai l’impression qu’il va me manquer qq chose de vital… c’est fou d’écrire ça !!!

    En tout cas merci beaucoup

    • Je t’en prie, merci à toi pour ce commentaire!
      Je suis comme toi, la balance est un pré-requis depuis tellement longtemps, tellement ancré… Cela a été difficile de faire sans au début, mais finalement, je m’y fais et c’est une sorte de petite libération. Le reste suit petit à petit. Je sens que je fais des pas de géant, mais je sais aussi que chaque pas en avant est souvent suivi de quelques pas en arrière. C’est aussi comme ça que l’on avance, en tâtonnant et en gardant confiance.
      Le fait que tes compulsions soient revenues n’est pas mauvais signe, je pense. C’est peut-être juste une phase. Elles ne peuvent pas disparaître du jour au lendemain (sauf cas rarissimes!), c’est hyper positif qu’elles soient parties, cela veut dire que tu en es capable. Elles reviendront et repartiront un peu comme une vague en fin de tempête, de moins en moins fortes, de moins en moins longues, de plus en plus espacées. 🙂

  • Courage, ça finira par payer.
    J’ai eu de gros soucis de poids plus jeune et à m’a bousillé mon adolescence, je te souhaite de réussir à surmonter tout ça. Tu as raison pour la balance, je n’ai jamais eu ce courage de la planquer.

  • C’est tellement complique le rapport au corps! Pour ma part je fais un 38 pour mon metre 70, je suis sportive et je mange plutot sainement mais j’ai un soucis hormonal qui me fait prendre du poids (genre 5kgs avant els regles quand ca va pas) et qui m’empeche d’avoir des enfants. Et bien une naturopathe m’a dit que je pesais trop lourd. Et oui meme avec un IMC normal etc il y a des medecins qui arrivent encore a me faire pleurer.
    Tout ca pour dire que c’est genial que tu ai trouve quelqu’un qui t’accompagne avec bienveillance.
    Et surtout, je te trouves super belle sur cette photo, tu rayonnes!

  • Bonsoir,
    Quels mots ! Et quel « choc », aussi, mais dans le bon sens, pour moi. Tes mots, ce sont les miens. Je sais que ma réponse est là, dans le relationnel que j’entretiens avec un chiffre que je ne contrôle pas. Et tout est dit, cette absence de contrôle et cette « violence » envers moi même, parce que je me mets en échec moi-même. Je le sais, et pourtant, que c’est apaisant de le lire, ce soir. A moi de construire quelque chose à partir de ça, maintenant.
    Encore merci. Et bravo. Tu rayonnes sur cette photo. Sincèrement.

  • Bonjour, il est super ce post ! Plein d’énergie positive et de belles perspectives, ça fait plaisir à lire 🙂 Il n’y pas de raison pour que ces bonnes dispositions changent, donc il n’y a que du bonheur à venir, c’est chouette !

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