Chronique d’une étudiante à l’IEJ [Semaine 12]

Le premier trimestre est terminé. Je suis dans la semaine de « césure »: je n’ai rien avant la semaine prochaine. D’ici quelques jours, ça sera la plongée dans le grand bain, sans brassard ni bouée! Mes « vrais » cours vont commencer. J’ai une vague idée de ce qui m’attend. Entre 12 et 21 heures de cours par semaine. Les cours seront des sortes de travaux dirigés géants (entendre par là que cela va se passer en amphi). Je ne suis pas encore au point puisque je n’ai eu que les cours du premier semestre et que le programme englobe 14 cours étalés sur l’année de la L2 au M1.
Je vais avoir des cas pratiques et autres sujets de dissertations à traiter chaque semaine, entre 4 et 6 à priori.
J’ai hâte parce que c’est ainsi que je vais vraiment pouvoir m’entraîner et mettre en pratique ce que j’ai appris ces trois derniers mois.

Après trois mois à la fac, je suis plutôt contente de moi. J’ai manqué très peu de cours, à peine un par matière. Et je les ai tous rattrapés ensuite. Je suis presque à jour de toutes mes fiches. Il me reste les deux derniers cours de droit pénal du travail à ficher, ce qui va aller vite. Et la quasi totalité du cours de Droit des libertés fondamentales… Je me suis un peu laissée impressionner par l’ampleur de la tâche, je le regrette amèrement parce qu’une semaine pour tout ficher, je vais y passer mes journées!
Mais bon, globalement, je ne m’en sors pas trop mal! J’ai compris tous les cours (et comprendre c’est un peu la base). Je n’ai pas encore appris ces cours mais j’en ai retenu une partie non négligeable du simple fait de ma présence en cours et de mon travail de fichage. C’est un peu fastidieux comme travail, les fiches, mais c’est efficace!

Durant ces trois premiers mois, j’ai pu prendre pleinement conscience de mon plaisir d’être là. Je suis heureuse d’apprendre de nouveaux sujets, de faire travailler mon cerveau qui s’est réveillé plus vite que prévu. Ce n’est pas encore la panacée mais je sens que mes neurones s’activent et l’apprentissage entraîne la curiosité et le goût d’en apprendre plus. Le cercle vertueux!

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C’est extrêmement rafraîchissant pour moi de me retrouver avec des personnes qui ignorent le quotidien d’un parent. Cela peut sembler idiot ou un peu étrange, mais quel bonheur de n’être jamais questionnée sur ma condition de mère!!
Bien sûr c’est agréable de parler de mes enfants ou des problématiques parentales avec mes copines, cela fait du bien d’aborder des sujets qui nous tiennent à coeur.
Mais en enchaînant trois enfants en 5 ans + un travail à la maison tourné essentiellement autour de la parentalité, j’ai eu la sensation d’être réduite à mon statut de mère.
En retournant à la fac et en côtoyant des étudiants, même ceux qui sont plus âgés ne parlent pas de leur famille. On est un peu mono-thématique, on ne parle que de nos cours, des cours, de la fac, des conférences, des examens, du Droit, des profs… Mais ça me fait un bien fou de pouvoir parler ainsi d’autre chose!

Je me sens plus « entière ». Il y a la maman d’un côté, un rôle qui prend une place énorme dans ma vie, bien évidemment. Mais j’ai comme l’impression de reprendre le pouvoir, de ne plus être réduite à un rôle, certes merveilleux, mais qui ne me définit pas totalement. Je retrouve une certaine liberté, j’accède à un véritable épanouissement personnel.
La femme prend peu à peu le pas sur la mère. La femme sans qui la mère n’existerait pas, au demeurant…

Cette femme que j’ai eu tendance à oublier et sacrifier pour mes enfants, alors que c’est contraire à ce que je souhaite leur transmettre. J’ai trois filles, je veux qu’elles aient un exemple de mère épanouie et heureuse, qui mène sa vie comme elle l’entend. Je veux qu’elles grandissent en se disant que tout est possible, qu’être une femme n’empêche rien, que devenir mère n’est pas nécessairement un frein. J’ai un petit garçon à qui j’ai envie de montrer l’exemple d’une femme forte. J’ai envie qu’il voit qu’un homme peut soutenir son amoureuse, qu’il peut être aussi présent sinon plus qu’une mère, qu’il peut s’épanouir et être heureux sans se sentir menacé des ambitions de sa femme.

Et avec cette reprise d’études, j’ai ce sentiment apaisant que nous atteignons un équilibre en tant que famille et en tant que couple. Pas un équilibre d’organisation (c’est la Bérézina de ce côté là! ^^) mais un point d’équilibre social. Nous sommes deux parents actifs désormais (je l’étais avant aussi, mais travailler à la maison, c’est socialement rester « parent au foyer »…). Un équilibre émotionnel également: je suis plus heureuse, j’ai des tas d’anecdotes à raconter, je me sens intéressante aux yeux de mes enfants et de mon mari. Et la fierté s’immisce un peu partout. Celle de mon mari de me voir enfin sauter le pas. Celle de mes enfants, à commencer par mon aînée qui sait ce que ce parcours représente pour moi. Ma propre fierté d’avoir vaincu ma peur panique de l’échec et d’avoir sauté à pieds joints dans une eau dont je ne vois pas le fond.

C’est une vraie satisfaction.
Le bilan des trois premiers mois est vraiment positif!
Et je suis toujours aussi motivée, malgré le froid, les gros rhumes et la fatigue!!

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