Le déclic #ProjetFonteDesGlaces

Cela fait dix mois que je vois ma diététicienne. Pas un gramme pris depuis tout ce temps. Pas un gramme perdu non plus. Je stagne, à +/- 2 kilos, autour de mon poids actuel.
J’imagine que vu de l’extérieur, on doit se dire « mais comment peut elle parler de déclic alors qu’elle ne maigrit pas depuis quasiment un an? » pourtant, le vivre est une expérience troublante.

Depuis dix mois, je ne me prive absolument pas. De rien, jamais. J’ai envie de chocolat ? Je mange du chocolat. J’ai envie de gâteaux, de MacDo, de chocolat chaud ? Je ne me pose pas de question…
Pire, depuis deux mois, avec la reprise d’études et le changement de rythme inhérent, j’ai tendance à me réfugier dans la nourriture, comme cela a toujours été le cas. Je ne compte plus ni les paquets de Dragibus engloutis à la BU ni les McFlurry mangés en sortant de la fac, ni les festins chaque soir à enchaîner entrer, plat, fromage et dessert…
Je ne fais absolument pas attention à ce que je mange et pourtant, je ne grossis pas… Depuis DIX MOIS. C’est une première dans ma vie.
J’ai toujours été soit en restriction (perte de poids ou éventuellement stagnation, parce que je me privais) soit en « foutu pour foutu » avec reprise de poids souvent bien supérieure à la perte antérieure.

Mais depuis dix mois, alors que je ne suis pas au régime, alors que je ne fais pas attention, je ne suis pas non plus dans une phase « foutu pour foutu ». Et je ne grossis pas.
C’est une sorte de petit miracle, à mon niveau. Mais je mesure le chemin parcouru à de petits détails.

Je suis actuellement dans une période difficile (winter is coming), j’ai froid, j’ai envie de m’enrouler sous la couette en mangeant du chocolat devant une série bidon… Je ne peux pas le faire, je dois aller en cours, traîner mes savates dans le froid, avoir un rhume, avoir mal au pied (merci Pépin pour l’orteil estropié), etc, etc… Habituellement, j’aurais englouti des tablettes et des tablettes de chocolat sans réfléchir, y cherchant du réconfort. Aujourd’hui, je suis très perturbée parce qu’il m’arrive d’avoir le réflexe de choper une tablette mais de ne pas avoir envie de la manger.
Et elle est là la différence. Avant, envie ou pas, je l’aurais mangé. Aujourd’hui, j’écoute mon envie et je repose la tablette. Pas parce que ça fait grossir. Pas parce que j’ai envie de maigrir. Juste parce que je n’ai pas envie de chocolat.
C’est très perturbant pour moi parce que je n’ai pas encore trouvé de moyen aussi efficace que la bouffe pour panser mes bobos… Alors je ère comme un animal en cage, avec mon malaise sur le dos, ne sachant pas trop quoi en faire… Disons qu’avant, la nourriture « quand j’en ai pas envie » ne me faisais pas un effet positif merveilleux, mais au moins ça m’occupait. Je me sentais encore plus mal après mais au moins j’avais eu l’illusion de faire quelque chose.
Aujourd’hui, je suis un peu paumée, je ne mange pas le chocolat dont je n’ai pas envie (ça ne m’empêche pas d’en manger plus tard, quand j’en ai à nouveau envie, entendons nous bien !) mais je ne sais pas quoi faire à la place.

Je suis néanmoins confiante, je sais que je trouverai des palliatifs ou tout simplement que j’arriverai peu à peu à gérer mes émotions, mes sensations désagréables en les acceptant et sans chercher à tout prix à les étouffer d’une manière ou d’une autre.
C’est d’ailleurs en cela que je sens un déclic se profiler depuis quelques semaines.
Ce n’est pas franc et massif, ce n’est pas « du jour au lendemain », mais je le sens, petit à petit. Je prends confiance en mon corps, en mes sensations. J’ai envie de respecter mes besoins et mes envies. Je n’y arrive pas tout le temps mais je progresse, j’avance, j’apprends à me connaître.
Et surtout, j’ai la conviction profonde que oui, bientôt, je vais maigrir. Ce sera peut-être lent ou très rapide, je perdrai peut-être 20 kilos ou 45, je ne sais pas, mais je sais que je suis proche du moment de rupture.

Sans titre 7

Lors de la dernière séance avec ma diététicienne, j’étais un peu contrariée parce que, suivant ces conseils à la lettre (croyais-je), c’est-à-dire «manger ce que je veux dès que j’ai faim ou dès que j’en ai envie », j’avais le sentiment de passer mon temps à manger, vu que j’ai tout le temps envie de manger ce qui me passe sous le nez.
Elle m’a alors donné un nouveau conseil, peut-être parce qu’elle m’a senti prête, je ne sais pas… « Manger quand vous avez faim ou très très très envie, mais si vous pouvez repousser le moment de manger, faites-le (sauf si c’est l’heure du repas) ».
Cela m’a fait l’effet d’une révélation « Ha mais OK !! Ce n’est pas parce que j’ai le droit de manger ce que je veux quand je veux que je suis obligée de le faire ??!! Ha ouais !!! »

Cela doit sembler complètement idiot, mais durant les derniers mois, je me suis sentie comme en « pré-famine »… Comme s’il fallait que je mange en prévision d’une nouvelle période de restriction. Paradoxalement, j’ai appris, à force de m’écouter et de me rassurer, qu’aucun aliment n’est interdit, que je ne subirai plus jamais de régime, que je ne ferai plus jamais de mal à mon corps en le privant de nourriture.
C’est un peu comme si, d’un côté, je cherchais à rassurer mon corps et mon esprit et de l’autre, les années de privation se rappelaient à moi, un peu comme si j’étais traumatisée par le manque (ce qui est le cas, je pense. Je prends conscience des énormes séquelles qu’ont laissé les multiples régimes effectués, quels qu’ils soient…)

Aujourd’hui, je me sens prête à « me faire violence ». Pas pour me priver ni pour m’interdire certaines choses qui me font envie, mais pour écouter vraiment mon corps.
Il m’arrive de manger « parce que je crois que j’en ai envie » alors qu’en réalité, je n’ai pas faim et je pourrais tout à fait retarder le moment de manger ce truc-là. Il m’arrive encore souvent de manger par anticipation « oui mais si je ne mange pas, je risque d’avoir faim plus tard » sauf que bon, soyons raisonnables, on n’est pas dans la jungle et je peux me passer de nourriture pendant quelques heures sans aucune conséquence…
Je me sens prête à passer ce cap, à faire le travail nécessaire pour intégrer la différence entre « ouhlalala, je mangerais bien ce gâteau, mais bon, je pourrais tout aussi bien le manger un autre jour » et « Il me FAUT ce gâteau tout de suite sinon je meurs » (ce qui, objectivement, arrive beaucoup moins souvent que ce que je crois…)

Je sais que cela va encore me prendre du temps avant de me rassurer et surtout de m’apprivoiser. Mais plus les semaines passent, et ce même en l’absence totale de « résultats concrets », et plus je sens que cette méthode est la bonne, celle qui me fait du bien.
Plus j’avance et plus je me sens en paix avec la nourriture et également avec mon corps. Je ne l’adore pas, loin de là, mais je ne le déteste plus. Cela va faire un an que j’apprécie celui avec lequel je suis condamné à vivre, acceptant ses défauts et aimant ses qualités, parce que oui, mon corps en a quelques unes.
J’avance tout doucement, tout petit à petit, comme un enfant qui tâtonne et qui se cogne souvent, mais je suis déterminée à n’entamer aucun autre chemin. Je sais que cette voie est la bonne et que cela sera payant, tôt ou tard.

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23 Commentaires sur
“Le déclic #ProjetFonteDesGlaces”
  • Hello,

    Moi je retiens le positif, tu n’as pas repris de poids, tu arrives à te contrôler.
    Tu es à un palier qui va prendre un peu de temps à passer, mais je suis sûre que tu vas te trouver, « t’améliorer » pour au final arriver à un corps que tu vas accepter. On ne peut pas changer des habitudes alimentaires comme ça, parce que la bouffe c’est la vie !!!! Le plus dur c’est de se bouger, mais dans nos plannings de dingue c’est pas facile, et sans s’en rendre compte on se trouve des excuses (et trouver LE sport qui nous va, au moment qui nous va c’est le bordel lol)
    Mais ce qui compte c’est que tu es sur la bonne voie, il faut juste être patiente !!
    Keep the faith !

  • mais quel chemin parcouru! je crois en effet que tu as trouvé la bonne approche et que tu es en train de te trouver toi je te souhaite de continuer à t’épanouir comme tu le fais et réussite dans tes projets!

  • Je pense que tu as fait un pas énorme !! Comme toi je ressens souvent cette injonction à manger comme si c’était une question de vie ou de mort. Mon cerveau vrille, je suis incapable de réfléchir, comme une droguée. En ce moment j’essaie d’attendre d’avoir vraiment faim pour manger, sans me frustrer sur ce que je mange. Si je commence à avoir faim à 11h30, j’essaie de repousser jusqu’à midi, en me disant  » tu peux le faire, tu ne vas pas mourir de faim d’ici là ». Et manger quand on a vraiment faim, c’est agréable en fait ! Je m’aperçois que je grignote moins… Effectivement savoir quoi faire de ses émotions quand on ne se rabat plus sur la bouffe pour les faire passer, c’est pas facile. Même pour les émotions agréables. Ce qui « marche » pour moi, déjà c’est de me dire que oui je suis en colère/triste/énervée/frustrée… mais que ça ne va pas durer. J’accepte mieux mes émotions en sachant qu’elles ne sont que passagères et que je ne vais pas rester coincée dans cet état. J’étais du genre à me dire « vie de merde » et maintenant je me dis « instant de merde ». Ca change pas la face du monde mais bon c’est un premier pas. Je ne sais pas si tu as vu le reportage d’envoyé spécial hier soir, sur la force du mental. Moi ça m’a fait réfléchir… Je me suis dit que si j’avais réussi à me conditionner en me disant  » tu n’y arriveras jamais », je pouvais aussi bien me dire « oui tu vas y arriver ». Je ne sais pas exactement comment mettre ça en place encore mais je vais essayer. Je te souhaite bonne chance et bon courage sur ton chemin, je suis persuadée que tu as choisi le bon ! Et merci de partager tout ça avec nous, moi ça m’aide beaucoup de te lire.

    • Manger quand on a faim, c’est agréable en fait –> Mais oui!!!! C’est exactement ça!! Plus on s’écoute et plus on se rend compte de ce qui nous fait VRAIMENT du bien! Ca prend du temps, mais on ne détricotte pas 20 ans de régimes en 6 mois… :-)

  • Je te lis toujours avec un infini plaisir… je te trouve toujous si juste.
    Alors comme un ricochet au commentaire laissé chez moi je dois t avouer que cela me fait beaucoup cogiter.
    J ai toujours été grosse et je me sens encore grosse. Je me sentirai ainsi toute ma vie. J ai eu peur des sentiments violents que je ressentais envers moi même, peur d en tomber malade. J ai eu honte de ne pas appliquer a moi meme ce que je tentais d inculquer aux blonds (octave a une tendance a manger enormement).
    Je me suis longtemps observée avant d’entamer ww. En fait je ne compense pas dans le sucré ni la salé,ne grignote jamais. Beaucoup de gourmandise et une certitude,celle de devoir manger de grandes quantités.
    Le regime s inscrit dans l objectif d etre apaisée avec moi même… pas de repondre à des canons de beauté.
    Je hais la grossophobie parce que je ne sais que trop des souffrances qui se cachent derriere un corps plus rond que la norme. Je pense avoir trouvé une clé en moi (la fameusr quarantaine?) Et la perte de poids en est une conséquence.

    Je serai vigilante car ton commentaire est tres touchant et m’a ouvert aussi les yeux sur la maladresse dont je peux faire preuve 😉

    • Alice, je te remercie de le prendre ainsi. J’avais peur que tu te fâches. Cela me conforte dans le fait que j’ai eu raison de m’ouvrir à toi.
      Je ne t’a pas trouvé maladroite, tu n’as absolument rien à te reprocher… C’est simplement que cette image de toi que tu as, de la toi grassouillette d’il y a quelques mois ou de la toi mince d’aujourd’hui, ne fait que me renvoyer au fait que si personne ne s’accepte, comment pourraient-ils m’accepter moi qui suis tellement débordante, tu vois?
      J’essaye de me convaincre que j’ai ma place comme n’importe qui, que je ne dois pas penser à la place des autres… Mais les autres pensent souvent à voix haute leur mépris des gros (d’eux-même ou des autres).
      Et je suis grosse, et je me suis haïs, et je n’ai aucune leçon à donner à personne à ce sujet! Je ne fais pas exception. Je suis dans un cheminement aujourd’hui vers plus de bienveillance, j’avance, et j’aimerais des signes que les autres avancent également dans leur bienveillance vis à vis des gros (eux-même ou les autres) mais ça tarde à venir.
      Je suis trop impatiente sans doute!

      Ta démarche est la bonne. Et je veux maigrir aussi, pas pour répondre à des canons de beauté (même si j’aimerais bien, parfois, mais je suis réaliste) mais bien pour mettre toute l’énergie que j’ai au service d’autre chose que de mon surpoids… Et j’ai aussi envie de maigrir pour être mieux acceptée, mieux m’accepter…
      Bref, mes sentiments restent assez ambigü et ton post m’a sans doute fait réagir parce que je ne suis pas encore au point! 😉

      Je te remercie pour ta bienveillance, vraiment <3
      Et je te félicite encore pour le chemin parcouru, tu mets de la lumière dans ce chemin tortueux qu’est la perte de poids et la confiance en soi! <3

  • Wow, ta marge de progression est énorme depuis le moment où j’ai lu tes articles sur ton rapport conflictuel avec la nourriture, pour la première fois. Franchement, bravo, ton évolution et ta capacité à prendre du recul me sidèrent ! 😉

    • C’est vrai? Ca me fait super plaisir!!! Je n’ai pas relue mes anciens billets alors je me dis que je stagne peut-être sans m’en rendre compte.
      Pourtant je sens un vrai changement. Plus au niveau de mon rapport à mon corps d’ailleurs. Je le vois comme un allié, plus comme un ennemi. C’est énorme déjà!
      Je crois que le rapport à la nourriture va naturellement continuer à s’apaiser au fur et à mesure que j’accepterai d’aimer mon corps. :-)
      Merci beaucoup Ornella!

  • C’est vraiment un très beau chemin que tu fais là !! Merci pour ton beau témoignage. Franchement on ne se connaît pas mais cela m’a mis presque les larmes aux yeux de t' »entendre » enfin parler de toi et de ton rapport à la nourriture avec tranquillité et apaisement, pour ne pas dire avec bienveillance ! Cela me faisait mal de voir la belle personne que tu es avoir une si mauvaise image d’elle-même. Tu vis un profond changement et tu as beaucoup travaillé pour en arriver là. Les résultats vont durer, tu as gagné des choses, il n’y aura pas de retour en arrière. Je suis comme toi sure que tu vas trouver le bonheur que tu mérites tant dans ta relation avec ton corps, ton apparence etc. Et cela me donne l’occasion de te dire que tu es très jolie aussi avec tes longs cheveux lâchés (vue sur insta).

    • Merci beaucoup Hélène pour cet adorable message!!
      Je me sens en effet très « changée » depuis quelques temps. Plus apaisée, plus apte à m’aimer, prête à m’accorder la bienveillance que je me refusais jusque là.
      C’est un long chemin, cela prend du temps, mais je vois le bout du tunnel!!
      Cela me fait très plaisir que tu le remarques. :-)

  • Je trouve que tu analyses bien tes forces et faiblesses et que tu as « conscience » des dérèglements que tu as avec la nourriture… selon moi le plus dur est fait!

    Je n’ai pas de problèmes de poids, alors je n’en vais pas te donner de conseils!
    J’ai par exemple du mal à comprendre qu’on maange par automoatisme, parce qu’on « n’en sait pas quoi faire d’autre ». Tes explications m’eclairent .
    Simplement, si tu veux, je peux te décrire rapidement mon propre rapport à la nourriture,…

    Je trouve ça super que la diététicienne te dise’ qu’on peut « manger de tout », ça contribue à ne pas créer de tabous idiots autour d’aliments.
    Mais le fait de te dire ça ne veut pas forcément dire qu’il « faille » manger de tout! Je compléterai plutôt en disant qu il faut « manger de tout, à condition que ce soit bon pour nous ». Et ça je pense que tu vas t’en apercevoir toute seule, au fil du temps. Privilégier la QUA-LI-TÉ des aliments… (Et là, les dragibus n’ont plus rien à faire dans ton caddie )

    Quand j’ouvre un placard avec une envie de grignoter, ou simplement que je prépare à manger, je me demande toujours si c’est judicieux, utile et bon pour mon corps que je mange ces aliments, et si ces aliments « me meritent » (« parce que je le vaux bien », en quelque sorte!). Je fais en sorte que let tout soit le’ meilleur possible, de cuisiner ça avec goût et réflexion.
    J’essaie de me dire que mon corps n’est pas une « poubelle », en quelque sorte, qui pourrait ingérer tout et n’importe quoi pour je ne sais quelle raison… mais qu’il est plutot une machine de qualité, qui mérite le meilleur des carburants… et pas en quantité excessive, au contraire, meme, j’essaie de ne lui donner que les quantités nécessaires à ses dépenses, et pas plus.

    Tout ça se fait dans l’instinct Et le plaisir (j’adore cuisiner), pas dans la comptabilité ni la pesée (je n’ai pas de balance). Logiquement, ce fonctionnement (produit d’une éducation depuis l’enfance et aussi dnune réflexion actuelle) , m’a fait supprimer naturellement toute la nourriture industrielle, les sucreries, la junk food, etc… hormis ça, rien n’est interdit évidemment, mais jamais dans l’exces (fromages, produits gras, chocolats, desserts, etc… deviennent plus rares dans mon alimentation, et ça n’enleve Pas de plaisir, au contraire même, quand j’en mange, je les savoure!) Et toujours dans la conscience et le plaisir à chaque étape (des courses, à la préparation en cuisine jusqu’à la dernière bouchée)

    Résultat: l’alilentation Devient saine quasi naturellement.

    Je ne me permets pas de te donner’ de conseils, j’ai evidemlent Conscience qu’il y a un ressort psychologique énorme dans la situation de chacun face à l’alimentation, c’est juste mon petit témoignage!

    Bonne route, tu as tout pour réussir.

    • Je te remercie pour ton témoignage.
      En effet, tu sembles être l’exemple-type parfait parfait illustrant le phénomène de pleine conscience et d’instinct alimentaire! 😉
      Je crois aussi que c’est un peu à cette « perfection » que ma diététicienne veut mener ses patients. Mais cela se fait pas à pas et doit être naturel je pense.
      Si elle m’avait dit dès la première séance « plus de macdo, c’est mauvais pour la santé. On stop le sucre aussi! » je l’aurais vécu comme une frustration de plus et cela aurait été contre-productif.
      Par contre, quand elle m’a dit, lors de la dernière séance, que peu à peu, je cesserai d’avoir envie d’aller u macdo et je me détournerai toute seule du sucré, je n’ai pu que constater que le changement était en effet en train de s’opérer.
      Je pense donc qu’en s’écoutant, c’est tout naturellement que l’on va vers les aliments sains, une cuisine riche en vitamines et « bonnes choses » et que l’on élimine globalement les aliments trop riches, trop gras, remplis de substances dont le corps n’a pas besoin…
      Cela me fait prendre conscience de mon rapport contrarié à la nourriture. Je désirais le barres chocolatées parce qu’elles m’étaient interdites, pas parce que j’aimais vraiment ça. Aujourd’hui, si on me propose un snickers je refuserais (à moins d’avoir vraiment très faim), non pas parce que j’ai peur qu’il me fasse grossir ou parce que c’est mauvais pour la santé (je n’en suis pas encore à ce degré de reflexion) mais parce que je trouve ça dégueulasse…
      Alors ok, j’ai encore les Dragibus! ^^ Mais uniquement dans une situation bien précise: à la BU, quand je sors d’un cours qui m’a pompé. Et à la cafét, ils font le seul bonbon que j’aime bien: les Dragibus (avant j’adorais les Schtroumps et les Croco, ils en font aussi mais cela ne me donne pas du tout envie…) A la maison, on a des paquets de Dragibus (parce qu’à la fac c’est cher donc j’ai anticipé) mais je n’y touche jamais, je n’en ai pas envie.
      Enfin là il n’y en a plus je les ai terminés à la fac et j’ai prévu de tenter un remplacement par des fruits secs. Je ne peux (et n’ai pas très envie) pas m’empêcher d’avoir des besoins de manger pour me réconforter. Cela passera peut-être mais pour le moment ce n’est pas le cas. Par contre, je peux sciemment décider de prendre des noisettes et des amandes (que j’adore) pour remplacer les Dragibus. D’un point de vue calorique ça se vaut, je pense, mais niveau nutritionnel, l’un est inutile alors que les autres auront le mérite de m’apporter quelque chose.

      La reflexion se fait pas à pas. Je suis très surprise de constater que mon corps « sait », que si je m’écoute vraiment, ce n’est pas les bonbons qui me font envie.
      J’avance, peu à peu. C’est sans doute compliqué à comprendre de l’extérieur, ce besoin de nourriture, ce besoin de manger pour se consoler, se rassurer, etc… Mais je regarde ça avec bienveillance désormais. Et je suis vraiment heureuse d’avoir trouvé cette diététicienne qui m’aide à faire ce travail avec autant d’intelligence. Elle déculpabilise à fond et je n’ai jamais été si sereine avec mon corps et mon alimentation (même s’il reste encore beaucoup de boulot à faire)

      • Oui en te lisant je crois que la démarche de ta diététiciene est top. C’est l’anti-regime par excellence, ça met en avant le bon-Sens sans tirer sur les ficelles de la culpabilité, frustration, etc, qui ne peuvent pas avoir d’efficacité sur le long terme.
        Quant à la question de manger pour « s’occuper », je crois qu’il y a un dérivatif à trouver, et envoyer le signal au cerveau que les choses vont changer. Il va se rebeller au début mais il finira par être docile
        Chacune trouve la méthode qui lui convient… les travaux manuels, le tricot, la couture, tout ce qui occupe les mains… ça peut être une bonne technique!

        • Oui, je le pense aussi…
          Parfois je tourne en rond, déjà je n’ai plus le reflexe immédiat de manger, et quand j’y pense, une fois sur deux je n’ai tout simplement pas envie de manger. Alors je continue de tourner en rond mais au bout d’un moment, ça passe et il n’est rien arrivé de grave! ^^
          Petit à petit, je vais apprivoiser ce corps avec lequel je suis désormais copine!

  • Très heureuse de voir ton évolution. C’est un sujet que je ne connais pas, et je ne sais jamais trop que dire. Peur de remplacer une injonction par une autre. Du style « oh mais faut t’accepter telle que tu es » qui me semble tout aussi stupide. On ne décide pas de s’accepter ou pas, on le vit, bref… J’avais lu plusieurs posts sur ton « projet » et te trouvais pleine d’énergie et de volonté, mais on sentait que ce sujet du poids remuait beaucoup de choses très profondes…
    Je trouve super ta prise de conscience, ton acceptation, ta nouvelle bienveillance envers ton corps… J’espère que tu ne le prends pas comme un jugement, juste comme un encouragement. Je te souhaite de trouver la paix et un corps qui te convienne. Des bises !!!

    • Je ne le prends pas comme un jugement, je te rassure. Je sais comme tu es bienveillante. :-)
      Tu as raison « accepte toi » ou « tu t’en fous du regard des autres » ce sont finalement d’autres injonctions assez culpabilisantes.
      D’autant que l’on vit dans une société et « se foutre de l’avis des autres » c’est tout bonnement impossible. On peut décider de le braver, mais s’en foutre ou faire comme s’il n’existait pas, c’est compliqué!
      MErci beaucoup pour ton adorable message, ton soutien au fil des mois me touche beaucoup!!

  • Bonjour Aurore, félicitations pour ce grand pas, vraiment. Je sais que c’est dur, j’ai les mêmes travers que toi mais je suis dans la même période de transition et comme toi je pense enfin avoir trouvé l’équilibre avec les envies de manger dictées par les émotions.
    Comme toi je ne varie que de 1 ou 2 kg alors que je ne me prive pas depuis 6-8 mois! Je me surprends à toujours rentrer dans mes fringues malgré mes écarts ! mais je suis aussi persuadée que le fait de savoir que RIEN n’est interdit, fait qu’on s’auto régule et cela explique que l’on ne prenne pas de poids !
    Je suis super contente pour moi, mais également pour toi et je crois effectivement que tu arriveras à perdre du poids, et en tous cas à faire la paix avec ton corps. Bonne continuation sur ce chouette chemin ! (et j’adore toujours autant te lire !!!) :)

  • Une copine chercheuse en neuroscience m’avait conseillé de boire un verre d’eau quand je pensais avoir faim. Si j’avais encore faim 5 minutes après, c’est que j’avais vraiment faim. Sinon, c’est que j’avais juste soif ou « envie de manger ». C’est pas mal pour aider à s’écouter…
    Puis bon, là, ça caille, moi aussi, je me gave de chocolat et de fruits secs…

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