Le creux de la vague…

Il y a sept mois, quand j’ai assisté à mon premier cours, j’étais remontée comme un coucou, totalement euphorique et sur-motivée. J’étais déterminée et prête à faire de cette année une franche réussite, non pas pour le résultat final mais par ma volonté à aller au bout, no matter what.

L’été dernier, j’ai « planifié » mon année… Pas de manière concrète et carrée, mais j’ai envisagé tous les obstacles qui pourraient me barrer la route et me mettre en difficulté.
L’avantage d’être un peu plus vieille que la plupart des autres, c’est que j’ai une certaine expérience de moi-même… J’ai été confrontée à l’échec un certain nombre de fois, ainsi qu’à la peur de l’échec, ainsi qu’à la démotivation, à l’abandon, etc, etc…
J’avais une idée assez précise de ce qui pourrait me freiner cette fois.

J’ai donc été particulièrement vigilante tout l’hiver… Période sensible pour moi qui suis sujette à la déprime saisonnière. Et contre toute attente, je n’ai pas succombé à ce mal pourtant assez général chez mes comparses.

Non. Moi j’ai attendu le printemps pour m’effondrer comme une pastèque! C’est sournois parce que, vraiment, en atteignant le printemps je me suis dit « wouahou, j’ai vaincu l’hiver, je l’ai fait, je suis arrivée de l’autre côté! » et puis bam, déprime saisonnière du printemps-qui-ressemble-un-peu-trop-à-l’hiver…

Bon, j’ai quelques circonstances atténuantes. La voiture tombée en panne, les deux/trois week-ends d’affilé où j’ai du me lever trop tôt pour faire des trucs chiants (comme aller rechercher la voiture en panne), le changement d’heures qui m’a achevé (non mais si je n’ai pas mes 8 heures de sommeil je suis une loque… C’est moche mais c’est comme ça! Je n’aurais jamais pu survivre à un internat en médecine! :p ), les enfants fatigués qui sont particulièrement pénibles en ce moment, le manque de soleil…
Et surtout, mes copines qui désertent l’amphi, me laissant seule au monde, sans copine, sans raison… Le nouveau directeur de l’IEJ qui nous affirme que « les cours ne servent à rien, vous avez perdu votre temps », ha ben merci, c’est cool, 4 mois que je me coltine des cours inutiles, je suis ra-vie! Les examens auxquels je suis allée à reculons, que j’ai eu le sentiment de ne pas trop avoir raté , sur le moment, mais évidemment, deux semaines après, j’ai l’impression d’avoir tout foiré et que ma vie sera fichue une fois les résultats obtenus (tout dans la demi-mesure, toujours!)

Je crois aussi que galvanisée par mes résultats pas si mauvais de la première session d’examens blancs, j’ai commencé à me mettre une pression démesurée et j’ai vu naître des attentes légèrement trop élevées en considération de mes capacités…
Je me suis mise à avoir très envie, non pas seulement de réussir mais de réussir en étant la meilleure. Le réveil de l’égo, semble t’il.

Et forcément, avec les attentes trop ambitieuses est venu le lot des doutes immenses… Et si je n’y arrivais pas du tout? Au mon dieu, je ne me remettrai jamais d’un échec… Tout le monde aura la preuve irréfutable que je suis complètement stupide! C’est trop dur, je n’y arriverai jamais, je ne veux plus y aller, je veux me cacher, ça fait trop peur!
Bref, le système bien huilé s’est emballé, s’est enrayé et j’ai cédé à la panique. Avec une solution évidente m’apparaissant pour mon salut: la fuite!

Sans titre 9

Depuis une bonne semaine, je dois tout remettre à plat, faire la part des choses et me souvenir pourquoi je suis là.
J’ai commencé par faire le ménage (oui alors certains vont faire du yoga ou un footing ou encore prendre un bain… Moi je fais le ménage! :p ) parce qu’un environnement bien rangé me donne le sentiment que c’est mieux rangé dans ma tête (chacun ses névroses). Je me suis demandée si cette période de doutes intenses ne correspondait pas à quelque chose de concret. Et j’ai réalisé que j’ai parcouru plus de la moitié du chemin. J’ai sept mois derrière et cinq encore devant. Cela a un côté vertigineux parce que les sept derniers mois sont passés à une vitesse folle et je n’ai pas l’impression que les cinq mois qu’il me reste me suffiront pour être au niveau.
J’imagine que l’échéance approchant, tout ce que j’entreprends depuis sept mois devient concret et je commence à avoir la frousse. La peur de l’échec se réveille et devient un peu envahissante parce que je me suis mise des objectifs trop hauts ces dernières semaines.
Je dois faire redescendre la pression. Me souvenir que j’avais prévu de me laisser deux ans pour obtenir cet examen, ce n’est donc pas grave si je me plante cette année. Garder en tête que je ne suis pas là pour satisfaire mon égo (même si ce serait très agréable de réussir brillamment du premier coup, ce n’est pas mon objectif) mais bel et bien parce que j’ai un projet à long terme et un rêve de gosse à réaliser.
Il est évident que je serais très triste et meurtrie si j’échouais cette année. Mais l’incertitude est le prix à payer pour avancer et tenter ma chance!

En sept mois, je n’ai pas vraiment eu de moment de désespoir, il fallait bien que cela arrive à un moment. Je ne pouvais pas rester au top de la motivation non stop une année entière!
Et même si je ne m’attendais pas à ce que cette baisse de régime arrive maintenant, j’avais anticipé, loin en amont, ce genre de situations… Ce qui fait que passé le gros coup de mou (qui n’a finalement duré qu’un jour ou deux), j’ai pu rapidement prendre du recul et me recentrer.
Le gros point positif c’est que même quand j’étais vraiment toute déprimée, à aucun moment je n’ai envisagé d’arrêter. J’ai bien conscience que je dois rester vigilante, que la vague n’est pas terminée et les choses risquent d’empirer un peu tout au long des derniers mois. Mais je suis bien entourée, j’ai un stock de motivation en rab dans lequel je peux puiser quand je me sens débordée… Il me reste cinq mois. La pression ne va faire qu’augmenter, je dois apprendre à vivre avec.

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24 Commentaires sur
“Le creux de la vague…”
  • C’est carrément normal d’avoir un passage à vide !!
    Tu es en train de vivre une année super dure, une reprise d’étude c’est super dur !
    Je comprends carrément que la pression tu l’ai maintenant; avec les premiers partiels, tu as vu que tu pouvais y arriver. Que tu en étais capable. Du coup, la pression est encore plus forte !
    Il faut que tu arrives à te remettre dans la position du début d’année; tu n’as rien à perdre, (il est même très probable que tu réussisses !), et la seule solution de mettre toutes les choses de ton coté, c’est de bosser,pour ne rien regretter !
    J’ai bien conscience que mon message ne sert à rien, tu t’es parfaitement analysé dans ton article.
    Mais je voulais te dire; fonce, ne te laisse pas déborder par tes peurs, ton projet est magnifique !
    Allez go, au boulot !!!
    (et c’est valable pour moi aussi :) )

  • Le creux de la vague finit toujours par arriver et c’est normal d’avoir des coups de mou ! Tu as quand même 4 enfants et moi je t’admire de réussir à tout mener de front ! Je suis contente de lire que tu as envie de continuer, 5 mois c’est peu à l’échelle d’une vie ! Ne baisse pas les bras, en plus les beaux jours reviennent 😉

    bises

  • Ne lâche rien, tu es une fonceuse, une battante, tu as déjà beaucoup de courage de t’être lancée la dedans je n’aurais jamais ou, absorbée par le quotidien, fonce, tu vas y arriver!

  • Comme on oublie vite ces va-et-vient émotionnels de la vie étudiante… Ton post fait remonter des souvenirs, mais avec l’expérience et la prise de hauteur qu’on sent dans tes mots, nulle doute que tu retrouveras un regain de motivation ! Tu sais pourquoi tu es là, et ça… c’est un atout précieux !

  • Je fais partie de ces personnes qui ont échoué. Et je vois aujourd’hui cet échec comme une multitude d’opportunités. Sur le moment évidement j’ai pleuré mais je savais que j’avais quelque chose à apprendre de la situation Rien n’arrive selon moi par hasard Et soyons clair: tu es loin d’avoir échoué car tu n’as pas terminé ! Courage Ce que tu ressens est normal C’est ta tete qui parle Laisse la se vider ici et ton coeur reprendra sa place :)

  • Bien longtemps que je n’ai pas commenté mais je te lis toujours et franchement quel parcours, et quel courage il faut pour reprendre comme ça tes études ! alors hauts les coeurs, on laisse passer le coup de mou et c’est reparti ! Bon courage pour la suite !!

  • C’est comme un marathon, le mur des 29 km… tu as la fatigue, la ligne d’arrivée qui semble loin et incertaine, il faut gérer la douleur… (enfin, je ne suis pas coureuse, mais je l’entends autour de moi). Alors, on respire et on se fait confiance. Il y a une chose qu’il ne faut pas avoir à regretter, c’est d’avoir tout donné!

    • Merci pour cette analogie, tu as raison, je suis à un peu plus de la moitié, face à mon « mur »!
      Je me sens E-PUI-SEE! Après c’est cyclique chez moi, ces périodes de grosse énergie puis de fatigue insurmontable. Je prends des vitamines du coup! ^^
      Merci pour tes encouragements, je dois en effet tout donner pour ne rien regretter, quoi qu’il arrive!

  • Comme toutes les autres, j’ai envie de dire 1)que c’est normal d’avoir un coup de mou 2) que tu as super bien analysé le truc 3) que tu vas tout faire pour que le coup de mou soit passager, pour ne pas te laisser aller à la déprime genre « oh j’ai rien fait tel jour donc c’est foutu pour la vie » (est-ce un message à moi-même? c’est fort possible!)
    J’ai l’impression que tu es déjà en train de remonter la vague… J’espère que ça va continuer, je te le souhaite très fort !
    Grosses bises !

    • Merci Vervaine! Tu as bien résumé mon côté extrêmiste « si ce je rate un jour, c’est que tout est raté, tout est fini! » ^^ Je me bats contre cette tendance au quotidien! ^^
      J’ai pris quelques jours de repos, parce que je crois qu’au lieu de me fustiger et m’engluer dans la tourmente de l’auto-dépréciation, je dois simplement me recentrer, accepter que je suis crevée et que j’ai le droit de souffler un peu… Avant d’y retourner de plus belle!
      Faut juste pas que je loupe le virage, parce que c’est plus facile de rester chez soi à bouquiner des romans en préparant des gâteaux pour les enfants que de réviser des cours de droit! ^^

  • Je ne sais pas si tu connais Marie-Haude Mériguet, qui tient le blog « marie grain de sel ». C’est une formatrice en communication et elle partage parfois ses savoirs en vidéos, notamment sur des sujets qui lui tiennent à cœur comme le… sabotage. Oui oui comment on s’auto-sabote, surtout quand on est en train de réussir, d’avancer, de faire quelque chose de super. Je te conseille grandement sa page pro : http://www.mariehaudemeriguet.com/formation-en-ligne . Les vidéos ne sont plus dispo mais peut-être que tu pourras glaner des infos intéressantes sur les documents qu’elle met à dispo. Plein de conseils pour passer des caps difficiles !
    Je te dis ça parce que j’ai regardé ces vidéos et que tout ce que tu dis, ça m’y fait pensé très fort.
    Bon courage !! Et l’année prochaine, ça se trouve c’est toi qui feras grève avec tes collègues en robe noire !

    • Merci Cha! Oui je connais Marie Grain de Sel mais je ne connaissais pas son blog pro, alors merci beaucoup pour le lien! :-)
      Si je réussis, j’en ai encore pour 2 ans à l’école des avocats! ^^
      Je n’avais pas pensé à l’auto-sabotage… Je vais regarder ça de plus près!

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