Reprise d’études: organiser sa rentrée!

Dans un premier article, je vous donnais mes conseils, ou plutôt les questionnements qui m’ont aidé à savoir que la reprise d’études était ce qu’il me fallait cette année.
Maintenant que la décision est prise, vous allez-vous lancer, vous allez retourner à l’université/en école d’ingénieur/finir votre thèse/passer un concours, voici mes astuces, du moins ce qui a fonctionné pour moi, afin de préparer une rentrée sereine. Cela doit aussi valoir pour les étudiants « normaux », mais les adultes en reprise d’études ont forcément des contraintes que les autres n’ont pas, ou beaucoup moins.

Mûrir son projet à fond

Quand la décision a été parfaitement mûre, j’ai postulé pour un M1 en droit pénal afin de me replonger « lentement » dans le grand bain. Mon objectif était de passer le CRFPA, mais afin d’y aller en douceur, j’avais prévu de passer un M1 d’abord afin de me remettre à niveau et prendre confiance.
Ca, c’était mon plan A –> Passer un M1 tranquillou et passer le CRFPA l’année d’après. Mais comme la fac a refusé mon dossier (je n’ai pas encore bien compris pourquoi d’ailleurs, mais je ne suis pas allée demander), j’ai dû me rabattre sur mon plan B (non sans avoir pleuré des heures sous la douche, vous commencez à me connaître! ^^) à savoir –> Passer le CRFPA tout de suite!

Ce qui est intéressant dans ce cas de figure c’est que mon projet était vraiment mûrement réfléchi. C’est important de vraiment bien réfléchir à son objectif et comment l’atteindre, avec plusieurs possibilités à envisager.
Moi par exemple, quand j’ai postulé au M1, je me suis dit « Si je ne suis pas retenue, m’en fous, j’irai m’incruster aux cours magistraux #ModeThugLife « . Evidemment, quand ils m’ont effectivement refoulé, je l’ai mal vécu sur le coup, mais j’ai vite remonté la barre car j’avais déjà réfléchi aux conséquences d’un refus sur mon objectif final.

Ce qui est important, donc, c’est de connaître un peu le milieu dans lequel on veut se lancer. Savoir quels sont les freins et envisager des solutions de secours.
Non seulement cela donne une bonne idée de sa propre motivation, mais cela permet aussi de ne pas flancher quand les choses ne se passent pas exactement comme on les avait prévues.

Lister tous les obstacles

La deuxième chose à faire, selon moi, est de lister tous les obstacles qui pourraient venir mettre leur grain de sel…
Pour ma part, j’ai envisagé TOUT ce qui me semblait potentiellement ravageur… Des trucs idiots aux vrais obstacles.
C’est une liste très personnelle, chacun ayant ses propres sources de démotivation et ses contraintes matérielles propres.

Je n’habite pas très loin de la fac, à quelques stations de métro. Ca, c’est vraiment un avantage! J’ai des copines qui viennent d’Albi ou de Castres… Là, il faut avoir pensé en amont à tous les risques possibles (les grèves de la SNCF par exemple, qui empêchent de se rendre en cours…) et avoir prévu une roue de secours. Ma copine Albigeoise s’est inscrite à une prépa privée en ligne, par exemple. Quand elle ne peut pas venir en cours, ce n’est pas dramatique, elle a tout sur sa plateforme.

Mais j’ai aussi envisagé les petites maladies des enfants (on a eu la grippe cet hiver, qui n’avait rien d’une « petite » maladie d’ailleurs!), comment les faire garder en cas de cours tard le soir ou le week-end, est-ce que mon mari pourrait se rendre disponible ou est-ce que je devrais manquer des cours?

J’ai pensé au temps… Cela semble idiot mais j’ai un vrai problème avec la pluie… S’il pleut et que j’ai le choix, je vais préférer rentrer chez moi au chaud… Je me suis donc mise en situation, psychologiquement –> s’il pleut, j’irai en cours, je prendrai un parapluie et j’aurai un vêtement chaud et sec dans mon sac.
J’ai pensé à la faim: comment ferait-je si j’ai une fringale… Alors j’ai toujours un truc à grignoter dans mon sac, qui sert plus à me rassurer qu’à être réellement mangé.

En cas de panne de métro? J’ai regardé les bus disponibles.
En cas de grève de l’école ou de la crèche? Savoir si mon mari pourrait poser une journée si cela tombait pendant un examen ou un cours vraiment très important (par chance, chaque grève est tombée un jour où je n’avais pas cours, pour le moment)
En cas de déplacement de mon mari, ma fille aînée pourrait-elle m’aider à aller chercher ses petites soeurs si je suis en retard?

Et quoi faire en cas de grosse fatigue ou de forte démotivation? J’ai anticipé un grand nombre de cas de figure pouvant se présenter à moi.
Que faire si je manque un cours? Ayant tendance à tout lâcher si tout n’est pas absolument parfait, comment surmonter un cours manqué?
Cela n’empêche pas la panique et l’angoisse, mais cela permet, une fois la vague passée, de se souvenir qu’on avait pensé à des solutions. Je suis sûre que c’est un truc psycho-quelque chose, le cerveau panique moins s’il a déjà envisagé la situation à laquelle il est confronté, il sait se recentrer sur la solution à laquelle il a déjà pensé en amont.

Je pense que cette étape est la clé pour une année réussie (pas pour le résultat final, mais pour la motivation tout au long de l’année). Si on anticipe tout ce qui nous vient par la tête, en se visualisant dans les situations désagréables tout en trouvant des solutions nous permettant d’en sortir, cela habitue le cerveau à se calmer. La situation n’est pas totalement nouvelle puisqu’il l’a vécue virtuellement quelques mois plus tôt. Vous voyez l’idée?

Organiser sa vie

Pour ma part, c’était assez simple. Travaillant en freelance, j’avais déjà la place en crèche pour Pépin et Noisette entrant à l’école, je n’avais pas de problème de garde.
Je me suis en revanche renseignée sur les centres de loisirs pour les vacances scolaires, mon calendrier ne coïncidant pas avec celui de mes enfants pour certaines périodes de vacances.

Il a également fallu que je pense à mon emploi du temps, assez concrètement. Quand allais-je pouvoir travailler? Quand allais-je pouvoir réviser? Quand allais-je pouvoir m’occuper de mes enfants?
En fin de compte, je ne tiens pas vraiment le planning que je m’étais fixé à la base, mais il a eu cela d’essentiel qu’il m’a permis de voir qu’il m’était possible de tout concilier. J’ai la chance d’avoir un job très peu prenant (quelques heures par jour suffisent) mais j’ai quatre enfants dont il faut gérer à la fois les humeurs et les besoins spécifiques, ce qui demande beaucoup de temps et d’énergie. Caser des cours au milieu de tout ça n’a pas été une mince affaire, mais j’ai vu que c’était parfaitement possible avec une bonne dose de volonté (bosser le soir, c’est pas toujours simple…)

Se faire des petits cadeaux utiles

Là on tombe dans le superficiel, mais ce qui est futile reste souvent indispensable!
Ici il s’agit de se faire plaisir, de se projeter concrètement dans sa future vie à l’aide de petits accessoires qui nous rendront heureux.
Choisir un bel agenda ou un bullet journal pour les adeptes. Chercher de beaux feutres fins et des fiches bristol. Choisir un classeur où consigner ses cours. Acheter un livre qui parle des études que l’on envisage (sur le CRFPA, ce n’est pas ce qui manque!). S’offrir une théière isotherme pour les cours ou un joli plaid pour réviser au chaud à la maison.

J’ai pour ma part reçu un joli journal en cadeau dans lequel je consigne non pas ce que j’ai à faire mais ce que j’ai déjà fait. Très gratifiant!

Sans titre 1

Organiser un petit espace à la maison. Que ce soit dans une pièce dédiée si on a un logement assez grand, un un petit recoin dans une chambre ou dans le salon. Rendre concrète cette reprise d’études en la matérialisant dans la maison. Voici l’endroit où je poserai mes livres, le tiroir où je rangerai mes cours, la planche de bois sur laquelle je ferai mes fiches…

Un peu comme on fait son nid, en somme!

Mettre toutes les chances de son côté

J’ai une grosse tendance à foncer tête baissée. Quand je décide un truc, je suis déterminée et rien ni personne ne peut me faire changer d’avis. J’ai souvent eu le sentiment d’être un bélier qui fonce et se pose des questions après.
Je réalise que les plus importantes décisions de ma vie ont toutes été mûrement réfléchies. Si cela m’a souvent semblé précipité, je saisis aujourd’hui que c’est parce que j’ai attendu le bon moment… Les choses mûrissent peu à peu dans mon esprit puis explosent au moment opportun. Moi, je sais ce que je dois faire et comment. Mon entourage panique, une partie de moi panique, mais au fond, je sais que tout est clairement planifié, les solutions se déroulent sous mes pieds comme si j’y avais réfléchi depuis des mois. Souvent, cela se passait bien. Mais il y a eu de nombreux ratés aussi.

Cette fois-ci, peut-être parce que je suis plus mûre, sûrement parce que j’ai l’expérience de tous mes échecs, j’ai vraiment tenu à planifier les choses concrètement, à y réfléchir posément.
Je savais, par exemple, que je devais me lancer au plus vite dans mon projet. C’est pourquoi j’ai assisté pendant trois mois à des cours qui n’étaient pas les miens… Pour ne pas tourner comme un lion en cage en attendant décembre. Non seulement cela m’a donné une bonne image de moi-même, l’image d’une fille sérieuse, mais cela m’a surtout apporté une sécurité et une prise de confiance. J’ai vu une partie des cours que j’allais devoir bosser ensuite, j’ai anticipé, je me suis préparée un peu en avance et puis pendant trois mois, j’ai pu me mettre en situation et commencer à bosser.

J’ai aussi gardé en tête que j’avais une chance immense de pouvoir me lancer ainsi. Que c’était un cadeau que je m’offrais, que mon mari m’offrait aussi un peu. Voir les choses de manières ultra positives me permet de remonter à la surface les jours où je me noie (ils sont inévitables). A force de me répéter tous les jours que je me donne la chance de réaliser enfin mon rêve, les jours de grosse déprime (inévitables également), cette idée reste présente en arrière plan.

J’espère que ces conseils/astuces/retours d’expérience vous seront utiles, à vous qui voulez vous lancer.
si vous avez déjà sauté le pas, n’hésitez pas à préciser ce qui vous a aidé ou motivé! :-)

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4 Commentaires sur
“Reprise d’études: organiser sa rentrée!”
  • Bonjour,

    Depuis plusieurs mois, je me suis lancée dans la préparation de concours administratifs.
    Ce qui m’aide c’est que j’ai réussi à embarquer toute la famille.
    Mon chéri qui s’implique plus dans la gestion du quotidien et les enfants a qui je demande des moments de grand calme pour pouvoir travailler.
    Je continue à bosser à temps plein, je ne peux pas retourner à la fac. J’utilise des bouquins, les ressources libres sur Internet, les cours en ligne, les sites institutionnels, les blogs de droit…
    J’ai passé le concours une première fois en touriste, pour voir. Ensuite je me suis bâti un programme de révision en commençant par ce que je maitrisais le moins et ce qui me plaisait le moins (argh les finances publiques !!!) A la session suivante, j’étais admissible mais j’ai raté l’oral. Je m’y recolle en réadaptant les révisions.
    Un truc chouette que je n’avais pas prévu : mes enfants me voient travailler un peu tous les jours, faire des fiches… et du coup je suis crédible quand je leur donne des conseils de méthodo. Mon ado ne peut pas juste soupirer quand je lui dis de bosser régulièrement et pas dans l’urgence. Je montre l’exemple…

    J’ai du mettre des choses de coté, plus de ciné, beaucoup moins de sorties, mais j’ai appris énormément de choses. Que je réussisse ou pas, je n’en retirerai que du positif.

    Je te souhaite toute la réussite que tu mérites. S’il te plait, continue à nous raconter tes aventures, ça aide à maintenir la motivation !

  • J’ai l’intention de me relancer dans la prépa concours fonction publique d’ici un ou deux ans et donc ton article m’a bien intéressée. Ayant un boulot de bureau aux horaires classique et un mari qui ne peut pas en faire plus, j’ai vraiment hésité. Je pense étaler cette préparation sur plusieurs années .
    Lister tous les obstacles et leur trouver une solution, je n’y avais pas pensé et pourtant ca permet de gagner du temps. Je vais tester !

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