La toute toute dernière semaine… [Semaine 51 à l’IEJ]

J-4

Danq quatre tout petits jours, je serai assise sur un banc inconfortable dans un amphi surchauffé avec un sujet de note de synthèse devant les yeux… Dans une toute petite semaine, je reposerai mon stylo après avoir rendu la dernière copie de ce marathon qu’est le CRFPA.

Je passe par toutes les couleurs de l’arc en ciel ces derniers jours.
La panique est là, tapie dans l’ombre, prête à bondir et m’engloutir.
Alors je déploie des trésors d’imagination pour la tenir à distance, juste le temps qu’il faut…
Jeudi prochain, à 16 heures, je pourrai paniquer autant que je veux. Mais d’ici là, je dois garder l’esprit tourné vers mon objectif.

Suis-je prête? Autant qu’on peut l’être après un an de préparation, 250 fiches, 16 fiches de fiches, 36 examens blancs rendus pendant l’été (+ 12 rendus pendant l’année).
Je ne me sens pas vraiment prête…
Si je regarde le point de départ et mon niveau de connaissances aujourd’hui, la progression est fulgurante! Mais si je me focalise sur le but à atteindre, non, je n’ai pas vraiment l’impression d’être au niveau.

Ce n’est pas en quelques jours que je vais pouvoir y changer quoi que ce soit, alors j’essaye de me mettre en mode « Eye of the tiger ».

Un coup je pense à tout ce que j’ai traversé pour en arriver là, au sentiment de revanche incroyable que me procurerait la réussite, et ça me donne envie de vaincre cet examen.

Un coup je relativise pour faire baisser la pression « non mais, au pire, si tu le rates, il se passera quoi? T’auras honte, ça sera douloureux pour ton petit ego tout meurtri, mais concrètement, il ne se passera rien de grave… » Et je me rappelle que je me suis inscrite en me projetant sur deux ans, consciente de mes lacunes. Et après tout, qu’est ce qui compte le plus, pouvoir frimer parce que je l’ai eu du premier coup? Ou l’avoir, aujourd’hui ou demain?
Et ça m’aide à respirer à nouveau normalement.

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Une autre fois, je pense à tout le soutien que je reçois. Le soutien de celui qui partage ma vie, qui regorge de confiance en moi, qui croit en ma réussite mieux que quiconque. Ma grande Mouflette qui n’arrête pas de me dire qu’elle n’imagine pas comment je pourrais rater. Et puis la réussite, c’est dans les gènes, me dit-elle « si j’ai réussi aussi bien cette année, tu peux le faire aussi! »
Le soutien de mes amis, si précieux. Et celui de tous ces gens que ne connais pas ou si peu, qui me porte depuis des mois.

Il m’arrive aussi de penser à tous ceux qui ont essayé de me faire douter, mais ils sont tous sortis de ma vie depuis longtemps déjà.

Et parfois je me lance dans des calculs statistiques à la con mais qui rassurent « oui mais si tu as telle note à telle épreuve, alors tu peux te foirer sur telle autre ». Et les calculs pas sympa « oui mais alors sur 400 inscrits, seuls 280 vont se présenter, comme l’année dernière… Et sur ces 280, 50 vont craquer avant la fin, 50 autres sont là en touristes, il me reste donc 1 chance sur 2! Et à la prépa, je fais partie de la bonne moitié, ça va le faire… »

Et je relis mes fiches de fiches. Et je me dis « mais à quoi bon apprendre par coeur, tout est dans le code scrogneugneu ». Et je réalise que je ne connais pas la date de l’arrêt Baldus et que je ne me souviens plus le nom de l’arrêt du 15/05/15 en responsabilité civile… Ca sert à rien de connaître la date en plus parce qu’elle est dans le code, alors que le nom n’y est pas (mais pourquoi ont-ils retiré tous les noms??? Sa maman la péripapéticienne le RGPD…)

A ce stade, je mise tout sur le mental. Je mets mon cerveau en mode « winner » Je vais y arriver, j’en suis capable, j’ai bien bossé, je ne suis pas trop con, ça va le faire, ça va le faire!
Je liste mes atouts: j’ai toujours été rapide, je sais gérer le stress, je réfléchis vite, j’analyse vite, je rédige vite. Avoir confiance en cette capacité à terminer mes copies. Ne pas paniquer en voyant les aiguilles tourner un peu trop vite. Mes connaissances sont lacunaires (tout est dans le code, mais chercher prend du temps), mais j’ai acquis la méthode durant l’été à force de gratter et gratter du papier chaque semaine. Je sais comment résoudre un cas pratique, même si je ne suis pas capable d’aller dans le détail dans toutes les matières.
J’ai une écriture relativement lisible quand je m’applique, je ne fais pas trop de fautes d’orthographe (et si en plus j’ai le temps de me relire, ça ira tout seul), j’écris français, j’ai ré-acquis le vocabulaire juridique nécessaire…
Mes copies ne seront pas parfaites, mais j’ai de quoi avoir la moyenne partout. Il faut juste que j’ai confiance, que je sache gérer l’angoisse et que je sois rigoureuse.

J’essaye de relativiser la difficulté de l’examen. En fin de compte, le plus difficile, ce ne sont pas les connaissances (on a tous au moins un M1, juridiquement, on a tous le niveau). Le plus dur c’est la gestion du temps et du stress… C’est essentiellement se gérer soi-même face à un examen que tout le monde nous vend partout comme une montagne (alors qu’objectivement, certes, c’est un examen difficile, mais on ne parle pas d’un concours d’entrée à l’ENM ou à Polytechniques!)

C’est difficile de placer le curseur au bon endroit entre mégalomanie en puissance et crise de panique. Je me dis que ce n’est plus l’heure de se poser des questions, il faut foncer, droit devant, prendre tout ce qui peut gonfler l’ego et donner confiance, prendre tout ce qui peut me donner la rage (même si je dois bien admettre que je dois aller chercher cette rage très loin!).
Mais le fil est ténu, je sais que si je relâche un peu le côté « JE VAIS TOUT DECHIRER » la panique en profitera pour m’envahir… Je la sens grandir.

Jeudi prochain, je pourrai souffler, laisser l’angoisse faire ce qu’elle veut de moi, dormir pendant trois jours sans discontinuer… Et me remettre dans le mood studieux pour attaquer les révisions des oraux…

Je ne saurai si je suis admissible ou non que le 23 octobre. Une semaine après, les oraux débuteront (et j’espère bien pouvoir les passer) Je ne connaitrais mes résultats (avec le détail des notes) que début décembre. Autant dire que j’aurai mille fois le temps d’oublier que j’ai passé des écrits, toute obnubilée que je serai pas les oraux!

Un marathon donc.

En attendant, EYE OF THE TIGER!! « ARE YOU TALKING TO ME???? »
:-p

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