Ce n’est que partie remise… [Semaine 59 à l’IEJ]

Les résultats sont tombés lundi –> Je ne suis pas admissible.

Dire que je l’ai bien pris serait un mensonge. J’ai gardé l’espoir jusqu’au bout.
Mais au fond de moi, depuis la dernière épreuve des écrits, je savais que c’était fichu.
J’espérais du fond du coeur me tromper, j’espérais que le stress m’ait fait douter de mes prestations.
Mais au fond, j’ai fait le deuil du CRFPA 2018 à ce moment-là, je pense. J’ai passé près d’une semaine à déprimer et à pleurer par intermittence… « C’est idiot, attends les résultats avant de pleurer! » me disait mon chéri… Je ne sais pas si c’était idiot mais c’était surtout incontrôlable.
Et surtout, je pense qu’être abattue à ce stade me permet aujourd’hui de ne pas l’être.

L’annonce a été rude. D’autant que j’ai lu « admissible » au lieu de « admissibilité » sur le site de la fac et mon coeur a sauté quelques battements avant que je vois les notes et que je réalise que non, avec 77/180,j’étais loin d’être admissible.
La bonne nouvelle c’est que je ne l’ai pas raté « à un point près » ce qui aurait été super rageant. Non, je me suis bien plantée comme il faut! :p

L’autre bonne nouvelle c’est que j’ai deux notes au dessus de la moyenne. 10,5 en droit des obligations (je partais de loin, c’est inespéré!) et 11 en pénal (là je suis vraiment déçue, je pensais avoir 14 ou 15… D’un autre côté, c’est plutôt une note très correcte au vu de celles de mes copines dans cette matière..
Je n’ai eu que 8 en note de synthèse, épreuve de laquelle je suis sortie en pleurant tellement j’étais sûre d’avoir raté… Et effectivement, c’est bien raté, mais ce n’est pas siiiii catastrophique que ça.
Et la grosse cata: 5 en procédure. Idem, je savais en sortant que je m’étais plantée royalement et je m’attendais à avoir 5 ou 6, bingo. J’espérais que le pénal compenserait, à vrai dire.

Bref, je sais sur quoi travailler l’année prochaine.

Je réalise que c’est la première fois de ma vie que je dois encaisser un échec « involontaire ».
J’ai déjà raté des examens mais j’avais pris soin de tout faire pour (et pouvoir me flageller à base de « tu vois que tu es stupide! »). Je n’avais, en revanche, encore jamais raté un examen pour lequel j’avais bossé comme une dingue.
Il faut une première fois à tout.
Je pense que j’étais vraiment prête à m’engager dans cette voie car à part le premier jour où j’ai forcément encaissé le choc, je me suis directement remontée à bloc pour le repasser.
Je n’ai pas eu l’ombre d’une hésitation.

Je savais que je m’engageais sur un terrain délicat et ardu. Ce concours est VRAIMENT difficile. Il ne faut pas être bon, il faut être excellent. Partant avec ma situation, quatre enfants dont deux en bas âge, reprendre 8 ans après mon dernier diplôme, je savais pertinemment que réussir du premier coup tiendrait du miracle. Cela fait un an que je me prépare à l’échec autant qu’à l’examen. Non pas parce que j’étais persuadée que je n’avais aucune chance. Mais pour me relever le plus vite possible face à une telle éventualité.
Un peu comme un athlète qui se prépare à fond pour décrocher la médaille d’or mais qui sait pertinemment que ses chances sont faibles et qu’il ne devra pas baisser les bras s’il ne parvient pas à son but.

J’ai donc décidé de profiter des vacances de la Toussaint pour me reposer un peu (le repos du guerrier on va dire!) et m’y remettre dès la rentrée.
Quand je compare ma situation aujourd’hui à celle de l’année dernière à la même époque, les progrès sont hallucinants.
Je ne savais rien, j’étais complètement perdue, je ne savais pas par où commencer, c’était un peu la panique à tous les niveaux: comment vais-je m’organiser avec ma famille et mon job? Comment mon cerveau va t’il se rallumer? Comment faire rentrer tout ça dans ma petite tête? Vais-je retrouver la méthode? Comment vais-je rester motivée toute l’année? Vais-je me dégonfler?

Je pars cette année bien plus sereine. J’ai répondu à toutes ces questions. Je sais que je suis capable de tout donner. J’ai réussi à trouver un rythme, certes fatigant, mais qui tient la route. L’organisation est calée. Je connais l’ampleur du programme (qui sera un peu moins dense, le programme de droit pénal ayant été revu à la baisse), je sais par où commencer, j’ai déjà toutes mes fiches, tous les plans de mes cours, j’ai tout bien en tête. Il me « suffira » d’approfondir.
Je ne pars plus de zéro.
Et comme je suis heureuse aujourd’hui d’avoir tellement bossé l’an dernier! C’est sûr que cela rend l’échec plus difficile à digérer… Quand on a transpiré corps et âme et que l’on se retrouve le bec dans l’eau, c’est bien plus douloureux que lorsqu’on ne s’est pas investi à fond. Par contre, tout le travail fourni est une excellente base pour cette année.

Je suis bien contente aussi d’avoir fait des petits bilans environ toutes les deux semaines sur le blog car cela va me permettre de comparer mon avancée et sans doute de me rassurer. Du moins j’espère constater une nette progression.

Alors sur le coup, je ne l’ai pas très bien vécu, cet échec. C’est dur de voir un an d’espoir et de travail partir en fumée. Je me suis sentie nulle, incapable et stupide. J’ai culpabilisé de tous ces sacrifices imposés à ma famille, pour rien…
Mais avec quelques jours de recul, je suis certaine que cet échec n’en est pas vraiment un. Ce n’est qu’une étape, un obstacle à surmonter. Rares sont ceux qui ont cet examen du premier coup… La preuve en est le peu de mes copines qui sont admissibles (alors qu’elles étaient brillantes et surentrainées). La deuxième fois, on part avec des armes que l’on n’a pas la première. On sait à quoi s’attendre. On sait à quel point le combat est difficile.
Je pense aussi que cet échec est pour moi une chance. Celle de me prouver que j’avais raison, que je suis parfaitement capable aujourd’hui de me relever après une chute sans me dénigrer pendant dix ans. C’est précieux finalement, de se savoir capable de gérer un échec. Cela ouvre tout un champ des possibles!
Et je suis certaine que cela fera un bel exemple pour mes enfants. Du moins je l’espère. Je veux leur montrer que se tromper, rater, tomber, est une occasion d’apprendre de mille et une manière. Et que quoi qu’il arrive, quand on veut vraiment quelque chose, on ne laisse aucun obstacle nous abattre!

Sans ob1

Bref. Ce n’est que partie remise.

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22 Commentaires sur
“Ce n’est que partie remise… [Semaine 59 à l’IEJ]”
  • Bonjour,
    on ne se connaît pas mais ton challenge m’a fait tellement réfléchir, ton courage, ta ténacité. non un an de ta vie n’est pas « parti en fumée ». loin de là.

    quel est ton programme maintenant? tu reprends les cours de suite? tu dois attendre septembre 2019?

    sois fière de ton courage et de ses notes, qui sont, malgré tout, un immense succès.

    • Merci Caroline,

      Mes cours reprennent en décembre (je dois m’inscrire d’abord… J’hésite encore entre m’inscrire à Paris ou rester à Toulouse)
      Mais en effet, la prochaine session est en septembre 2019… C’est un peu rageant mais bon, je connaissais les règles du jeu!

  • Bravo, j’étais déjà hyper admirative de ton parcours mais là encore plus, savoir tourner cet « échec » en étape, c’est exactement ça, j’aime ta façon de le voir. Et oui c’est un super exemple pour tes enfants !

  • Courage Aurore, tu as tellement travaillé cette année que tout tes efforts ne seront pas vains ! Ils t’accompagneront l’année prochaine ! N’abandonne surtout pas, ce n’est que partie remise comme tu le dis si bien !

    Ton courage pour ton concilier et te plonger à corps perdu dans ce beau projet est admirable et un exemple pour beaucoup d’entre-nous !
    Et merci d’avoir partagé tout ça avec nous, les joies comme les déceptions… Car cela fait aussi partie de la vie.
    Je t’embrasse !

    • Merci beaucoup Anne. Ton commentaire me touche beaucoup.
      C’est vrai que finalement, l’echec est presque tabou et on n’en entend jamais parler alors que c’est un élément important de la réussite, à mon sens…
      Je m’étais donné deux ans de toute façon, alors ce n’est qu’un demi échec, au final! :-)
      Des bises

  • Mon premier commentaire, moi qui Ain commencé à suivre ton blog au début de ta reprise universitaire pour ton dire toute mon admiration. Bravo à toi d’avoir repris, d’avoir tenu et de tenir encore! Je suis persuadée que tu vas y arriver, ta force transparaît dans tes écrits, ta volonté et ton organisation son vraiment tout à ton honneur. Sois fière de toi et de ta famille.

  • Je suis vraiment admirative de tout le travail que tu as fait cette année. Car contrairement à toi, quand je me suis lancée dans l’aventure CRPE 2018, je n’ai pas fourni beaucoup d’efforts ou seulement à la dernière minute comme toujours. Je crois qu’au fond j’espérai réussir sans fournir d’effort, comme à l’époque du collège. Et cet espoir s’était renforcé quand j’ai été admissible. Je suis donc tombée de haut avec les résultats de mes oraux (même si en sortant je le savais que c’était mort).

    Je pensais vraiment que tu serais admissible. Je suis déçue pour toi mais je t’encourage à ne pas relâcher des efforts. 1 année passe très vite. Bon, moi aussi il faut que je m’y mette ! Tu es une battante !

    Bises

    • Merci beaucoup. Oui c’est décevant au vu de tous les efforts fournis, c’est sûr. Et en cela, j’encaisse vraiment car j’étais plutôt habituée à ta méthode jusque là 😉
      Je mesure l’ampleur de la difficulté de cet examen élitiste et exigeant. Mais je suis remontée comme un coucou pour l’avoir l’année prochaine. Je sais où je vais, je sais que j’en suis capable.
      Plein de courage à toi pour te remettre à fond dans les révisions. Ne lâche rien!!

  • Bravo pour toutes vos efforts et je suis certaine que ça va payer pour l’année 2019.
    Vous êtes un très bel exemple pour vos enfants. C’est exactement ce que j’essaie d’inculquer à ma fille. Il faut croire en ses ambitions et se donner les moyens d’y arriver. L’échec est toujours désagréable, mais quand on a mis toute son énergie pour essayer d’atteindre son but, on a forcément fait beaucoup de progrès même si l’objectif final n’est pas atteint au premier coup.
    On n’est sûr d’échouer que quand on n’essaie pas. L’important c’est d’essayer. Et on retire tellement plus de fierté quand le chemin est difficile ! Bon courage à vous pour la suite !

  • Désolée pour cette nouvelle, mais vraiment un grand bravo pour ta motivation ! On te sens super déterminée pour la suite et je te souhaite le meilleur pour cette année qui s’annonce encore studieuse !

  • Je sais à quel point tu t’es investie et j’ai été triste pour toi mais quand je te lis j’aime beaucoup la façon dont tu te nourris de cet échec…c’est vrai que tu es partie de très loin et c’est déjà énorme ce chemin parcouru… le vrai échec aurait été de lâcher et de croire que ça n’était pas pour toi et c’est tout le contraire alors bravo ! bonne année de travail :)

    • Merci Carole. Je pense que le fait d’être partie, initialement, pour deux ans m’a permis de relativiser cet échec et de ne pas le voir comme tel.
      Néanmoins, ça n’a pas été facile à encaisser parce qu’en effet je me suis énormément investie.
      Mais comme tu dis, je n’ai pas envie de rester sur cet échec et je veux tenter le tout pour le tout. :-)

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