Élever un garçon en 2018

Tout est parti d’une étude sur le sentiment d’insécurité des femmes dans les lieux publics.
Je ne sais plus comment je suis tombée dessus, mais elle disait en substance que les femmes étaient massivement effrayées par le fait d’aller dans la rue, tandis que les hommes, eux, sont minoritaires à ressentir cette angoisse.
Paradoxalement, les hommes victimes d’agressions physiques le sont pour moitié par des inconnus dans la rue, alors qu’au contraire, les femmes sont deux tiers à être victimes de ces violences au sein de leur foyer ou par des personnes qu’elles connaissent.

Je me disais alors que la logique voudrait que ce soit aux hommes de craindre l’extérieur. On m’a rétorqué que si les femmes sont moins victimes à l’extérieur, c’est parce qu’elles y vont moins. Forcément, vu qu’elles ont peur d’y aller, elles limitent au max leurs déplacements. (C’est quelque chose que j’ai du mal à constater mais ok)

Je me suis alors demandée pourquoi est-ce que j’échappais autant aux statistiques. Je n’ai pas peur d’aller dehors, je n’ai pas peur de me faire agresser (à vrai dire, j’ai plus peur d’avoir un accident quand je prends la voiture que me faire taper dessus ou autre par un gars dans la rue). Pour autant, quand ma fille sort le soir et rentre en métro à 1h du matin, j’ai peur pour elle. Mais j’ai remarqué que ma peur était la même lorsque c’est mon mari qui sort tard. J’ai peur qu’il leur arrive quelque chose, qu’un abruti leur tombe dessus, qu’ils se fassent écraser par un chauffard, qu’un connard les poignarde. Bref, j’ai peur pour eux, c’est un peu irrationnel. Mais je n’ai pas spécialement plus peur pour ma fille que pour mon mari (sans doute devrais-je). Par contre, quand moi je sors tard, je n’ai pas peur. Je n’emprunte pas un chemin particulier. Si parfois je prends un Uber pour rentrer, c’est parce que j’ai la grosse flemme, pas par inquiétude de faire une mauvaise rencontre dans le métro.
Je ne suis pas complètement naïve, je sais que je peux tomber sur un abruti qui pourra tenter de me voler mon sac ou essayer de m’agresser, mais je pense sincèrement que le risque que cela arrive est faible. Et surtout, je n’ai pas envie de m’empêcher de vivre parce qu’il y a « du danger au dehors ». De la même façon, j’ai une sorte de phobie de l’accident de voiture, mais je me force à la prendre quand même quand la nécessité l’exige et une fois au volant, la peur s’évapore (j’ai souvent peur à cause de la représentation que je me fais de ce que j’ai à faire. Une fois dans l’action, les angoisses s’envolent)

J’ai commencé à imaginer que si je n’avais pas peur, c’est parce que j’avais un mauvais caractère défiant. Mais je ne crois pas que ce soit la vraie raison. Ensuite je me suis dit que peut-être j’étais naïve et que n’ayant pas conscience du danger, je ne risquais pas d’avoir peur… Mais étant donnée l’éducation que j’ai reçue, à grand renfort de « les hommes sont tous des pervers ne sachant pas contrôler leurs pulsions » et de mise en garde sur l’heure de mes sorties, ma façon de m’habiller et les réprimandes faites aux filles de mon entourage qui se faisaient molester « oui enfin bon, tu provoques aussi, quand on t’agresses tu devrais baisser les yeux! ». Bref, je me suis dit que la raison n’était peut-être pas à chercher de ce côté là non plus.
Après je me suis dit « c’est peut-être parce que tu as eu la chance qu’il ne t’arrive jamais rien dans la rue ». Mais là encore, à la réflexion, je me fais régulièrement enquiquiner par des inconnus (alors que j’ai 37 balais, au moins autant de kilos en trop et que je n’ai pas l’impression de remplir les critères des canons de beauté actuels). Par contre, ces inconnus restent souvent « sympathiques » dans la mesure où je n’ai pas essuyé d’agressivité de leur part, juste leur pénibilité…
Donc effectivement, il ne m’est jamais arrivé de grave à l’extérieur. En tout cas rien que j’ai identifié comme potentiellement traumatisant.

Toutefois, il y a trois semaines, un inconnu à qui j’avais souri dans le métro (je pense que c’est pour ça que les gars m’enquiquinent, je suis beaucoup trop souriante, quand on me regarde en souriant, je souris, c’est réflexe) m’a suivi jusqu’à une rue adjacente à mon domicile. Il m’a abordé pour me demander mon numéro et je lui ai gentiment dit que j’étais mariée, j’avais 4 enfants et en plus, c’était super flippant de suivre les gens comme ça (en général le « je suis mariée et j’ai 4 enfants » fait que le plus gros des relous me laisse tranquille). Il s’est excusé et est reparti de son côté.
J’ai veillé à ce qu’il ne me suive vraiment plus (j’ai 4 enfants, je n’ai pas très envie qu’un taré du métro sache où nous habitons tous!) et je suis rentrée chez moi. La seule peur qui m’a traversée est qu’il puisse voir que j’avais une fille en âge d’être draguée et qu’il l’enquiquine aussi. Mais je n’ai pas eu peur pour moi. Et je ne l’ai pas vu comme un agresseur potentiel mais juste comme un gars paumé relou qui cherche l’âme soeur de l’unique manière connue par lui –> totalement stupide.

En fait, je pense qu’il se produit chez moi la même chose que lorsque je prends la voiture. Je suis au volant, je ne pense pas qu’il va m’arriver un accident. Je suis prudente, je respecte les limitations, bien sûr qu’un fou pourrait arriver à fond en face ou qu’un de mes pneus pourrait crever et m’envoyer dans le ravin, mais je n’y pense pas, toute persuadée que je suis d’être capable de gérer la situation si un accident survenait.
Dans la rue, je n’ai pas peur d’être agressée parce que je suis persuadée que je saurais me défendre. C’est complètement idiot, je suis aussi sportive qu’une guimauve et j’ai déjà du mal à ouvrir un pot de confiture sans faire appel à mon mari ou ma fille aînée… Cette sensation de contrôle est illusoire mais l’intérêt, c’est que cela ne m’empêche pas de sortir et de vivre ma vie précisément comme je l’entends en me fichant « du danger ».

Là vous vous dites « mais quel est le rapport avec son titre???! » J’y viens, j’y viens (enfin je crois).

Le deuxième truc que j’ai identifié dans ma manière de voir le monde, c’est que depuis quelques temps (2 ans peut-être), je ne projette plus mes angoisses sur les autres et je ne présume pas que quelqu’un a telle attitude parce qu’il me veut du mal (ou en tout cas beaucoup moins qu’avant).
Ma vie est ainsi nettement facilitée. Je ne pense pas que la personne qui me regarde avec insistance le fait par dégoût pour mon gros corps. Je ne me dis plus que le relou qui vient m’aborder est en fait un dangereux criminel. Je ne me dis pas non plus que le gars qui me sourit dans le métro veut nécessairement me draguer. Quand on me dit que ma robe bleue évasée me va bien, je le prends pour ce que c’est: un compliment, pas un message caché pour me dire que je fais bien de me cacher sous une fringue ample. (Ca n’était pas facile auparavant de vivre dans ma tête, on est bien d’accord)(néanmoins, je crois que c’est compliqué pour beaucoup de gens)

Et, pour en venir à mon titre, c’est précisément comme cela que j’éduque mes enfants.
Je ne présume pas que ma fille est fragile et vulnérable parce qu’elle est une fille.
Mais je ne présume pas non plus que mon petit garçon est un dangereux prédateur en puissance.
Je les éduque globalement de la même manière, en m’adaptant logiquement à leurs caractères respectifs, mais bien évidemment pas en fonction de leur genre.

Là vous vous dites (oui je présume un peu quand même) « Oui mais on sait, #nogendre #sexismeordinaire patati patata ».
Alors oui, dans la théorie de l’internet, c’est très facile de dire « je ne fais pas de différence entre ma fille et mon garçon » mais dans la réalité de la vraie vie bien réelle, c’est plus compliqué.

Quand ma fille de 17 ans veut sortir avec un short court à une soirée qui la fera rentrer à 1h du matin en métro, les idées se bousculent et peu sont en faveur de sa tenue…
Au choix
– Euh non, va te changer, là c’est pas possible
– Bon bah je viendrai te chercher hein!
– Quelqu’un va te raccompagner rassure-moi?
– Un fille si possible? Voire plein de filles?
– Non mais reste dormir là-bas à ce compte-là…
Pourtant, je me force à lui dire « ok, bonne soirée ma chérie, amuse toi bien, préviens moi en cas de souci! »
Et là, j’imagine assez la tête de la moitié d’entre vous derrière leur écran « han mon dieu mais elle est folle, elle envoie sa fille au casse-pipe! »
Ha c’est sûr que tant qu’il s’agit de laisser son fils jouer à la poupée, le #nogender », c’est facile…

Pourtant, je m’efforce de n’interdire à ma fille que ce que j’interdirais aussi à mon fils dans 15 ans… Et cela ne viendrait à l’esprit de personne d’empêcher son fils de sortir en short. Même si le-dit short lui arrive juste en dessous des fesses. (ce qui lui ferait un look bizarre, mais les modes sont imprévisibles)
Je veux qu’elle grandisse en apprenant que sa tenue ne légitimera jamais la moindre agression. Et s’il suffisait de s’habiller d’une certaine façon pour éviter les risques, cela se saurait.
Lui permettre d’être une femme libre.

De la même manière, je m’efforce de parler à mon fils comme je parle à ses soeurs. Sans présumer de rien. Je ne compte pas lui apprendre le respect des femmes plus qu’à ses soeurs. Je compte lui apprendre le respect d’autrui, tout court. Je ne pense pas lui dire qu’il doit respecter le consentement « des femmes » mais le consentement de tout le monde, à commencer par le sien.
Je ne lui dirai pas qu’il doit être fort parce qu’il est un garçon mais qu’il doit se sentir légitime et confiant dans ses capacités parce qu’il est un petit garçon merveilleux, comme ses soeurs sont des enfants fabuleuses.
Je ne lui dirai pas qu’il doit faire de la danse pour casser les clichés mais qu’il doit faire ce qu’il aime, ce qui le fait vibrer. Si c’est la danse, ce sera formidable, si c’est la peinture à l’huile, on sera comblés, si c’est le foot, ma foi, on fera avec…

Sans pep3

Je parle de moi, comme d’habitude, car c’est moi qui écris ce billet. Mais leur papa a la même vision des choses.
On se fait violence parce que ce n’est pas toujours évident.
S’il est facile de voir sa fille se prendre pour Dark Vador ou son fils jouer à la dînette, il est plus difficile d’accepter qu’il se mette du vernis à ongles ou qu’elle, à 17 ans, sorte en short.
Pourtant, cela me semble essentiel. De la laisser faire comme elle veut sans induire chez elle la peur du prédateur à l’extérieur. De le laisser agir comme il l’entend sans le stigmatiser dans un rôle de petit garçon « efféminé » mais pas non plus dans celui d’un petit garçon « violent » dès qu’il se met à cogner sur quelqu’un (ce que ses soeurs faisaient aussi à son âge)

Parce que dans un sens comme dans l’autre, nos enfants sont perdants.
Le point de vue patriarcal nous incite à cloîtrer nos filles et à faire de nos fils des justiciers violents.
Le point de vue « féministe » (je mets des guillemets parce que c’est un courant que l’on croit féministe mais qui ne l’est pas) nous incite à voir nos garçons comme des machines à violer qu’il faut « redresser » et nos filles comme d’inéluctables victimes.

C’est facile à envisager autrement quand il ont 5/6 ans.
C’est beaucoup plus difficile quand ils ont passé la puberté.

Bref, pour répondre à la question du titre, notre fils sera élevé comme ses soeurs. Dans le respect de lui-même et des autres. Il ne lui sera pas autorisé plus de choses parce qu’il est un garçon, mais pas moins non plus. Elles grandiront dans un monde qui ne leur fait pas peur. Tout comme lui.
S’il leur arrive un malheur, nous serons là pour les aider à s’en relever, à prendre pleinement la mesure de ce qui leur est arrivé, sans minimiser, sans rejeter sur eux la faute.

Je ne sais pas comment permettre aux femmes de se sentir plus en sécurité dans la rue. Mais je crois, à notre petit niveau, que l’on peut faire la différence pour nos enfants. S’ils savent qu’ils ont un lieu sûr où ils seront entendus et respectés, alors pourquoi auraient-ils peur d’explorer le monde?

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12 Commentaires sur
“Élever un garçon en 2018”
  • Moui moui, c’est vrai que c’est difficile de voir le rapport avec le titre au départ.
    Du coup j’imagine que j’ai le droit de faire un commentaire un peu décousu? Non parce qu’en fait ton article aborde pleins de thème qui eux eux même mériteraient un article (voire un blog).
    Alors, en vrac, voilà.
    Moi j’ai peur de sortir, le soir, dans la rue. Mais c’est peut-être aussi ma nature un peu parano, j’dis pas. Un jour, une terrasse bondée, nous prenions une bière avec deux copines. Sur l’une des chaises d’une des rares table vide, était posé une pochette d’ordi comme si la table avait été réservée sauf qu’au bout d’un moment, toujours personnes. Des gens qui voulaient s’assoir demandaient aux tables adjacentes si c’était à eux. Rien. Une de mes amie s’en fichait de cette sacoche. La seconde plaignait la pauvre personne qui avait dû oublier son ordi en partant. Et moi? J’imaginais que c’était un attentat à la bombe… Bref au bout d’une heure, un gars deux tables plus loin a récupéré son sac. Bref, je suis un peu parano.
    Pour les short des hommes, c’est plutôt la mode des pantalons très tailles basses qui risque de revenir. quoique là c’est bien moule paquet.
    Et pour l’éducation de genre , pas toujours évident d’assumer même petit. Mon quatre ans me dit déjà que le rose et les poupées sont pour les filles (l’école). et quand il me réclame du vernis, je n’ai pas envie qu’il se fasse railler par ses petits camarades (bien que j’avais vu des dépliant très sympas qui expliquent que les garçons portent du vernis et autres contre stéréotypes). Il n’y a aussi de ‘danger’ que la moquerie des pairs mais c’est déjà beaucoup.
    (sinon ton anti robot me demande une multiplication dont le résultat est « soixante-dix deux »…)

    • Merci pour ce commentaire! 😉
      Je suis une boule d’angoisse aussi, pour plein de trucs. J’ai une peur panique que mes enfants tombent dans l’escalier… J’ai vraiment très peur d’un accident de voiture. J’ai aussi peur que leur école fasse l’objet d’une attaque terroriste…
      Mais ça ne m’empêche pas de les y envoyer chaque matin.
      Que l’on ait peur est normal. Enfin on est plus ou moins irrationnel selon les tempéraments…
      Cela devient problématique quand cela nous empêche de vivre.
      Cela dit, un jour j’ai quitté un café parce que j’ai vu entrer un mec super louche qui ne m’a pas inspiré du tout, j’imaginais qu’il allait sortir sa mitraillette et tous nous tuer… On a tous nos névroses! 😉

      Pour les railleries, je dirai « fuck » aussi. Les autres n’ont pas à déterminer quoi que ce soit, le vernis, la jupe, l’activité… Ils se moquent? Ma foi, cela apprend à nos enfants que les autres ne sont pas tous super fufutes…
      De toute façon, si ce n’est pas le vernis, ce sera l’appareil dentaire, les lunettes, le zozottement, la mère trop grosse, etc…
      Je ne brimerai pas mon fils s’il veut mettre des baskets roses à paillettes! 😉 Mais c’est en effet difficile de lutter contre ses propres peurs.

      Le captcha a craqué!

  • Coucou !
    Difficile en effet d’élever un petit garçon dans cet état d’esprit (les filles aussi pt’etre, j’en sais rien, j’en ai pas). A chaque fois que mon fils (5 ans maintenant) fait quelque chose « c’est bien un petit garçon hein, ça se voit ». Mwais. Bin je faisais pareil et j’ai beau vérifier, j’ai pas de pénis entre les jambes. Et puis le « ca se voit », je dirais même que ça se discute parce que depuis sa naissance, les gens le prennent pour une fille.
    Il a déjà voulu mettre du vernis. Je lui en ai mis pendant les vacances, mais je l’ai retiré pour l’école. Oui, je vois venir les réactions derrière les écrans là. Le même genre que tu évoque dans ton article « ha tu fais ça pour qu’on se moque pas de lui, patati patata, tu va pas au bout de tes convictions… » Bin heu, en fait, j’estime qu’à 3/4 ans on ne met pas de vernis pour l’école. Fille non plus (c’est MON avis, les autres font ce qu’ils veulent). J’attache les cheveux de mon fils pour l’école, parce que fille ou garçon, les cheveux dans la peinture c’est la crotte. (Dans la soupe aussi on est d’accord). Pis d’abord il est très beau avec son catogan :p

    Soit dit en passant je n’ai pas peur non plus de sortir dans la rue. A Paris je passe en mode « psycho » et je me demande lequel va venir me tirer mon téléphone portable (qui est une sacrée poubelle disons le clairement), mais je n’ai pas peur pour autant, et je ne cherche pas à me planquer. Ni avec ma tablette, ni avec ma console. C’est mon droit d’utiliser mes affaires pour passer le temps. Je fais peur aux gens. « Tu va attirer les voleurs » « Tu va te le faire piquer » et j’en passe. Et même si cela m’arrivait, ce ne serait pas ma faute non plus. D’ailleurs, mon neveu, baraqué comme une armoire s’est fait agresser dans le train pour rien, alors je doute un peu du fait que la victime « attire » son bourreau volontairement hein.

    • Ho non mais moi aussi ça m’énerve tellement!
      Au cours de peinture de ma fille, je discute avec une maman, elle me dit « oh, 3 fills et un garçon, ça va, vous avez de la chance… Moi avec 2 garçons, que c’est difficile!! Oh vous verrez quand votre garçon grandira! »
      Ben, je crois que je ne verrai rien du tout… Ma fille aînée était une furie hurlante et gesticulante jusqu’à ses 6 ans (facile). Quand mon fils hurle et gesticule et que me vient à l’esprit « han, les gens ont peut-être raison, un garçon c’est comme ça » je me remémore les débilités que j’ai pu entendre à propos de ma fille « ben dis donc, elle est drôlement dissipé POUR UNE FILLE » et je me souviens que les enfants ont chacun leur caractère, Pépin est un petit nerveux, comme sa soeur aînée. Je suis persuadée qu’il finira par se calmer, précisément parce qu’on ne l’enfermera pas dans la case « il est excité, c’est normal, c’est un garçon » mais: c’est surtout normal parce qu’il a 3 ans…

      Je suis exactement comme toi pour mes effets personnels…
      Un jour une nana est venue très gentiment me prévenir que mon sac (à main) était ouvert « vous devriez le fermer, on va vous voler votre portefeuille! » Ca partait d’un bon sentiment, je n’ai donc rien dit à la dame et j’ai juste remerciée avec un sourire (je n’ai pas envie non plus de faire taire les élans d’humanité que je croise! ^^) mais je n’ai pas fermé mon sac. J’estime que si un voleur vient, ça ne sera pas ma faute mais la sienne…

      • Oui, voilà, je vois tellement mes filleules et mon fils qui se ressemblent. (enfin surtout la deuxième qui a juste un an de moins), que les crises de colère, les hurlement, les « je jouerais plus jamais ! » à faire trembler les murs, c’est pas que les garçons. Je pense que les différences qu’il peut y avoir sont données par la différence de personnalité, par la différence d’éducation (on élève pas tous nos enfants pareils sinon c’pas drole), et simplement par la différence de parcours, parce qu’en grandissant, les enfants ne vivent pas la même chose les uns les autres et forcément, se comportent différemment.

        J’ai une parade effroyable maintenant. « Ah parce qu’il faut un vagin pour être sage et doux ?  » « Ah parce qu’il faut un pénis pour avoir un batman ? « Au départ j’avais un peu de mal à placer pénis/vagin dans la conversation avec un inconnu, mais maintenant, je le balance rien que pour voir la tête effarée des gens !

        Et pour faire hurler les ptites vieilles (c’est souvent elles qui m’horripilent le plus), mon fils a commandé une maison pour sa poupée Jasmine pour Noel. (Il l’aura pas, on a pas la place ni le budget – mais c’est lui qui l’a demandé.) Et des chaussures avec des paillettes. D’ailleurs cette année j’ai été au rayon fille lui acheter des t-shirts et des pyajamas parce que ceux des garçons n’allaient pas. (Et des legging parce que yen a pas chez les garçons non plus)

        • Je pense que l’éducation conditionne beaucoup aussi.
          Plus on dit à un garçon qu’il est pénible mais que « c’est normal » vu qu’il est un garçon, ça lui colle une étiquette dont il est difficile de se défaire.
          Idem pour les petites filles « sages » évidemment… Et pour ma part, je dois être très vigilante car mes réflexes ne sont pas toujours les bons… C’est un travail! Mais quand je vois ma fille aînée complètement dépourvue de préjugés, je me dis que ça vaut carrément le coup!

          J’habille aussi souvent mon fils au rayon filles!! (Pour les shorts en été, les salopettes, les leggings, et aussi les pyjamas! ^^)

  • Le nombre de fois où j’ai entendu « l’adolescence est plus facile pour un garçon ». Et quand on creuse un peu, les parents expliquent :  » j’ai moins peur, mon fils a moins de risque de faire une mauvaise rencontre et de se faire violer »…Une fois j’avais répondu à mes collègues qui me tenaient ce discours : « donc en gros, je devrais avoir peur et expliquer à mes filles qu’elles doivent avoir peur parce que vous élevez vos garçons dans l’idée que potentiellement un garçon peut violer une fille? « .
    Je sais que j’aurais peur pour mes filles, parce que la société est pleine de garçons élevés dans l’idée de la toute puissance.
    Je sais que j’aurais peur pour mon fils car j’espère bien ne pas l’élever dans cette idée de toute puissance et qu’il risque de trouver sur son chemin des « vrais mecs » considérant qu’il devrait se lâcher un peu.
    Mais au final, si chacun, comme tu le dit, élevait ses enfants dans l’idée de respecter les gens (quelque soit leur sexe, leurs vêtements, la personne à qui ils tiennent la main), ce serait beaucoup plus simple non?

    • Je crois aussi…
      Et comme tu dis, j’ai peur pour ma fille, évidemment…
      Tout comme j’aurais peur si l’un de mes enfants était homo (parce qu’il aurait tellement plus de risques de se faire agresser)
      Mais je ne les empêcherai pas de sortir, d’aimer qui ils veulent, je ne leur reprocherais pas de vivre normalement.
      Si on fait le parallèle, alors on devrait cacher nos enfants homos pour qu’ils ne risquent rien (cela dit c’est ce que certains prônent mais bon, il me semble que désormais la majorité tend à penser que l’homosexualité est normale). Cela semble complètement aberrant. Pourtant c’est précisément ce que l’on demande à nos filles sans que cela ne chose personne.
      C’est d’autant plus idiot qu’en jupe ou en combinaison de ski, une femme a autant de risque de se faire agresser malheureusement…

  • Ton article me parle, parce qu’il pose des questions qui vont au delà de l’âge de la maternelle. Je trouve qu’on a tendance à être très attentifs et à avoir l’impression de « combattre les préjugés » quand, en maternelle, nos enfants sont dans leur phase bleu pour les garçons/rose pour les filles. Alors que franchement, cette phase est particulièrement innocente, puisque c’est juste une étape où ils prennent conscience qu’il existe deux sexes et qu’ils sont soit fille, soit garçon. Du coup ça masque complètement des questions plus profondes qui méritent d’être posées.
    Pour ma part, je me demande si, justement, c’est une bonne chose d’éduquer filles et garçons de la même façon. Ne me jetez pas de pierre 😉 c’est une vraie question, parce que je crois vraiment que nous sommes différents (au delà des clichés « les filles sont sages »/ »les garçons sont des brutes ») et que cette manière de faire « pareil pour tout le monde » tend en fait à favoriser les filles et à rendre les choses plus difficiles pour les garçons.
    J’en parle dans un de mes articles (je ne mets pas le lien, il se trouve facilement sur mon blog « les garçons, le sexe faible de l’école ? »), notamment sur le fait que les garçons sont les premières victimes du décrochages scolaire et se trouvent de plus en plus dans une société ultra féminisée ou les portes s’ouvrent difficilement pour eux (et ce sera d’autant plus le cas pour nos garçons qui sont encore petits).
    Je n’ai pas de réponse toute faite à apporter, mais vraiment, ça me fait réfléchir.

    • Oui il y a des phases innocentes et normales et il y a ce qu’en font les parents et l’entourage.
      Je ne pense pas qu’il faille éduquer les garçons et les filles de la même manière. Je ne pense pas, par exemple, que ce soit bien grave que les filles adorent porter des robes et les garçons des pantalons. Je ne me verrais pas m’habiller comme mon mari et vice versa, il y a des différences physiques et physiologiques et il est normal d’en tenir compte.
      En revanche je ne suis pas d’accord avec le fait que la société soit ultra féminisée. On voit de plus en plus de femmes s’exprimer mais c’est parce que nous vivons dans une société encore ultra patriarcale que la parole des femmes est aussi visible là où celle des hommes est simplement normale.
      La norme reste le masculin, le féminin est encore l’exception.

      Je pense également qu’en éduquant nos petits garçons à être plus calmes et sages, à valoriser cela chez eux comme on le fait pour les filles, alors ce serait un bénéfice pour leur réussite scolaire.

      Mais comme vous, je m’interroge sans avoir les réponses. :-)

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