Reprendre ses études: bilan après un an!

Cela fait un peu plus d’un an que j’ai pris cette décision un peu folle : reprendre mes études.
Et pas n’importe quelles études : passer l’examen d’entrée à l’école des avocats (pas qu’il y ait des études plus valables que d’autres, mais on s’accordera à dire que le CRFPA est un examen très exigent, long et vraiment stressant)
A J-6 des résultats d’admissibilité, je suis encore particulièrement fébrile et je ne connais pas encore l’issue de cette année.
Néanmoins, cette année m’a apporté beaucoup plus qu’un retour à la fac.
Le bilan après plus d’un an.

J’ai gagné en liberté

La décision m’a demandé de faire sauter pas mal de verrous.
On a tous (plus ou moins selon les caractères) des barrières mentales et matérielles qui font que l’on n’ose pas se lancer dans tel ou tel projet qui nous tient pourtant à coeur.
En décidant de me lancer, j’ai dû me faire violence et laisser de côté tous mes préjugés « Avec 4 enfants, c’est de la folie, tu n’y arriveras jamais! » « à 36 ans c’est n’importe quoi, tu as autre chose à faire! », « Ma famille va forcément en souffrir… », « Je fais ce choix au détriment d’un confort de vie, c’est de la folie… ».
Un an après, toutes ces barrières ont sauté.
De fait, ma famille n’a pas implosé, mes enfants sont en bonne santé, je suis toujours vivante et j’ai su faire face.
J’ai appris à lâcher prise sur énormément de points, j’accepte que les choses ne soient pas faite à ma manière, j’accepte le regard parfois douteux de certains, le poids assez lourd de la société sur ces « mères qui laissent leurs enfants à la crèche ou au centre de loisirs ». J’ai appris à déculpabiliser et à me sentir à l’aise avec mes choix.

De fait, je me sens beaucoup plus libre. Je ne ressens pas mes enfants comme des contraintes (alors que oui, parfois, il m’arrivait de les envisager ainsi)(c’est encore le cas de temps en temps mais c’est beaucoup plus rare). Je ne vois plus ma vie comme un échec. Je suis épanouie et heureuse de m’être lancée dans une aventure qui m’a apporté beaucoup de satisfaction sur le plan intellectuel, amical, social, organisationnel, professionnel.

J’ai appris à me connaître

C’est un angle que je n’imaginais pas… Mais reprendre mes études a été une façon assez radicale de découvrir qui je suis.
C’est un peu comme si j’avais passé 35 ans à cohabiter avec quelqu’un que je devinais, une sorte de voisin envahissant à qui je n’avais jamais trop osé parler, malgré toutes les épreuves traversées ensemble.
Et depuis un an, je découvre qui se cache derrière, enfin. Et je suis plutôt devenue ma bonne copine!

Le CRFPA m’a demandé un gros travail d’introspection et un gros travail tout court. Il m’est arrivé de me demander pourquoi je voulais faire un truc pareil, et je trouvais la réponse en me questionnant. Je me suis découverte passionnée, tenace, persévérante, endurante. Des qualités que j’ignorais totalement.
Surtout, j’ai appris à vivre sereinement avec ce parcours du combattant qu’est le CRFPA. Je me surprends à ne pas craindre l’échec et à être fière de moi, quoi qu’il arrive, car j’ai donné tout ce que j’ai pu.
C’est surprenant car j’ai toujours cherché à qualifier qui j’étais par les résultats obtenus (quitte à tout râter pour me prouver que j’étais nulle). Or, cette fois, j’ai accepté de me donner à fond tout en m’autorisant un échec.
Et je suis persuadée que c’est pour cela que j’ai pris autant de plaisir cette année. Je me suis mis peu de pression (juste ce qu’il faut pour fournir le boulot nécessaire, mais pas assez pour angoisser -le dernier mois faisant exception-)

J’attends les résultats fébrilement mais j’ai réussi à trouver de bons côté à un éventuel (et plus que probable) échec.

J’ai désormais l’impression que tout est possible

En un an, je suis passée du vide apocalyptique en droit pénal notamment (et en droit tout court étant donné que mon dernier diplôme a 8 ans!) à une connaissance relativement poussée du sujet. Cela reste superficiel, je ne suis pas prête à écrire une thèse, bien entendu! Mais le néant est devenu un terrain fertile.
Et j’ai pu voir de manière très concrète le pouvoir du travail.

Partant de là, il m’a semblé que tout était à ma portée, que tout m’était accessible et que, de fait, plus rien n’était impossible… Car en travaillant, on obtient des résultats tout à fait satisfaisants!
Je parle des résultats abstraits, bien sûr, n’ayant pas encore eu « les vrais »!

Sans fac3

En bref, m’inscrire à l’IEJ pour passer le CRFPA fait partie des meilleurs décisions de ma vie.
Lundi prochain, je saurai enfin si tout le travail accompli a porté ses fruits et si je peux me présenter aux oraux.
Si ça n’est pas le cas, je repartirai pour une année. Je m’étais donné deux ans, de toutes façons (et je suis partie pour m’en donner trois afin de ne rien regretter, si jamais il me faut ces trois essais).

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