Vers une alimentation sans sucre…

Je ne saurais dire avec précision quand le déclic a eu lieu. J’ai fait un million de régimes pour maigrir qui m’ont inévitablement poussée à regrossir. J’ai suivi des milliers de conseils nutritionnels qui se sont avérés vains. Depuis environ 2 ans, je refuse tout régime, j’ai suivi pendant 6/8 mois une thérapie diététique et comportementale dont j’ai mis du temps à tirer les effets… Et depuis un peu plus d’un mois, j’ai eu une sorte de déclic, je souhaite m’alimenter correctement et sainement. Cela s’est traduit depuis une dizaine de jours par une volonté d’éradiquer le sucre raffiné et les sucres ajoutés d’une manière générale.

Je me suis laissée du temps, il m’a fallu être patiente, mais le changement s’impose à moi aujourd’hui comme une sorte d’évidence, avec facilité et enthousiasme. Je modère tout de même le mot « facilité », cela ne se fait pas sans heurt et sans volonté… Mais le cheminement est assez facile et mes convictions rendent les choses plus simples.

Il y a quelques années j’avais fait une semaine « sans sucre », j’avais perdu 3 kilos, je me sentais mieux, mais j’avais ressenti un manque qui m’a fait retomber dedans assez rapidement. De plus, je trouve assez difficile de faire la part des choses dans tout ce que l’on entend à propos de la nourriture aujourd’hui et qui nous imposerait presque de cesser de respirer tant tout ce que l’on consomme, air compris, est dangereux… Or, à force de lectures et d’informations, le constat est accablant pour le sucre bien plus que pour n’importe quel autre nutriment ou aliment… Le sucre raffiné et les sucres ajoutés n’apportent rien à la santé et, au contraire, tendent à la détruire… En gros, rien ne sert (ou presque) de s’alimenter de manière équilibrée toute la journée si c’est pour plonger dans le paquet de biscuits industriels dès le soir venu… Un peu comme faire le ménage et vider le sac de l’aspirateur au milieu du salon…

Bref, il y a une dizaine de jours, donc, j’ai eu une sorte de révélation. Comme si tout ce que j’avais entendu, lu et vu jusqu’ici prenait enfin sens. Après avoir réfuté les thèses qui me semblaient diaboliser la sucre (raffiné et ajouté), j’ai fini par admettre que si cela me mettait autant en colère, c’est parce que je savais, au fond, que cette thèse était vraie mais que je n’étais pas prête à en tirer les conséquences. Bref, depuis près de deux semaines, je le suis et nous avons opérer des changements en douceur afin d’éradiquer peu à peu le sucre de notre quotidien. (je ne précise pas à chaque fois mais c’est au sucre raffiné et aux sucres ajoutés que nous faisons la guerre, pas au sucre en général, celui que l’on trouve naturellement dans de nombreux aliments, qui, lui, est indispensable à notre équilibre et apporte plein de nutriments essentiels -et de toute façon impossible à éliminer d’une alimentation humaine! ^^)

Nous sommes de grands gourmands (surtout moi, vous l’aurez compris!) et il est totalement inenvisageable de se passer de douceur et du goût sucré qui donne tant de satisfaction au palais comme au moral… Il s’agit de réduire en douceur les aliments sucrés tout en éliminant au maximum les produits industriels (où se cache une montagne de sucre très néfaste pour la santé!). Pour se faire, j’ai opté,après avoir consulté les autres membres de la famille (quand même, je ne suis pas une sauvage!) pour une alimentation à Indice glycémique (IG) bas, ce qui, je trouve, est un excellent compromis pour se passer des produits raffinés sans faire une croix sur la gourmandise!

Cela consiste en une façon de s’alimenter qui respecte la sécrétion d’insuline du pancréas… En gros, on ne dépasse pas un certain seuil d’IG qui se situe aux alentours de 40, sachant que le sucre pur à un IG de 70. Je ne suis pas hyper stricte car nous mangeons quand même des pommes de terre (IG> 70) par exemple. Mais dans la globalité, c’est un mode d’alimentation que je trouve assez facile à adopter, pour peu que l’on ait, à la base, une alimentation relativement équilibrée. Il suffit de remplacer certains aliments courants par d’autres aliments qui le sont un peu moins mais qui sont très similaires en goût. Un exemple? Remplacer les pâtes blanches par des pâtes complètes (l’IG est un petit peu plus bas mais surtout, on bénéficie ainsi des qualités nutritionnelles du blé complet…), le riz classique par du riz basmati ou complet, le pain blanc par du pain de seigle ou complet, bref, vous avez compris l’idée. Au passage, pour que les pâtes présentent un IG plus bas, il suffit de les faire moins cuire (en plus c’est bien meilleur si vous voulez mon avis). L’IG de ce que l’on ingère restant bas, pas de pic de glycémie, pas de largage d’insuline pour faire barrage, pas de coup de pompe, pas de fringale… Le bonheur!

Le sucre se cachant absolument partout, on a un peu repensé nos achats habituels. Exit le yaourt aux fruits (bourré de sirop de glucose), bonjour le yaourt nature mélangé à de la compote sans sucre ajouté. On craignait que les enfants soient réfractaires, mais ça les amuse drôlement de plonger la cuillère dans la compote puis dans le yaourt (il leur en faut peu, me direz-vous, et vous n’auriez pas tort!). Concernant le bol du lait du matin, on a remplacé la poudre chocolatée (qui contient globalement 80% de sucre) par du cacao 100% avec une cuillère de miel d’acacia (son IG est très bas en comparaison des autres miels). Là aussi, les enfants ont noté une différence significative de goût mais ne s’en sont pas offusqués (on n’a pourtant pas des enfants très cools dans le bouleversement de leurs habitudes!)

Il nous reste encore beaucoup de choses à améliorer vu que nous n’en sommes qu’aux balbutiements… Les céréales du matin, par exemple. Le pain au lait avec de la pâte à tartiner. La confiture (C’est tellement bon, la confiture!!), certaines choses n’ont pas encore trouver de substitut, mais j’y travaille activement! Mii s’est pris au jeu aussi (je rappelle que c’est lui qui fait les courses, donc mieux vaut qu’il soit un peu open au changement si on veut garantir une certaine pérennité! ^^)

Le plus difficile pour le moment est de trouver une alternative aux goûters des enfants (que l’on doit fournir à l’école). J’ai l’habitude de leur cuisiner les goûters (en général c’est plié avec un cake le dimanche et un autre cake le mercredi), j’ai donc modifié mes préparation en suivant des recettes IG bas (je vous conseille le super blog de Marie Chiocca qui explique non seulement très bien le concept d’IG bas mais qui propose une multitude de recettes gourmandes et saines! J’ai réfléchi à une solution afin qu’ils aient des desserts salés ou constitués seulement de fruits et graines, mais d’une, ils sont complètement réfractaires et de deux, j’ai réalisé que tous leurs copains ont des goûters sucrés et ce serait contre-productif de leur mettre un truc qu’ils n’aiment pas pour qu’ils aillent picorer les P’tits écoliers du copain… Donc en attendant mieux, ils ont mes goûters maison, et c’est toujours mieux que ce qu’ils avaient auparavant. Evidemment cela reste du sucre (même si c’est du bon sucre, vu que je remplace le sucre blanc par du sirop d’agave, du miel ou du sucre de coco) et dans l’idéal, on ne doit pas dépasser 25g par jour (de sucres ajoutés comme celui présent dans les gâteaux, par exemple). Sachant que l’on devait être à 300g par jour et qu’on est passés à 50, j’ai envie de penser que c’est déjà pas si mal…

Bref, notre première étape consiste donc à éliminer au maximum les sucres cachés (en cuisinant beaucoup nous-même et en choisissant des ingrédients frais ou en vérifiant bien qu’il n’y a pas de sucre dans la composition -comme dans le coulis de tomates par exemple- mais sans virer paranon non plus…). Puis les produits sucrés industriels (ce qui est moins facile que ce que je pensais) et les sucres et farines blanches. La seconde étape consistera à diminuer l’apport en sucre (même sain) afin d’arriver aux 25g préconisés par l’OMS, mais cette étape m’inquiète un peu s’agissant des enfants… Pour nous, c’est simple, je ne ferai plus de pâtisseries que le week-end, pour une consommation plaisir en fin de semaine, en ne gardant qu’un ou deux carrés de chocolat noir le soir (mon pêché mignon!). Je suis assez confiante sur cette partie-là car après 10 jours à IG bas et plus d’un mois d’alimentation équilibrée (c’est à dire, en gros, sans grignotage intempestif pour moi… Car nous mangions déjà équilibré avant), je n’ai plus du tout de fringales et presque plus de compulsions (j’en ai eu une en un mois, c’est dire!).

Pour le moment c’est plutôt facile. Cela demande de changer les habitudes (ce qui est le plus dur à modifier, finalement), à faire des listes de courses un peu différentes, à cuisiner un tout petit peu différemment, mais ce n’est pas aussi compliqué que ce que j’imaginais.

Nous avons décidé d’être souples pour appréhender cette modification. Tout d’abord, nous avons fini les produits sucrés et raffinés que nous avions, l’idée n’était pas de jeter et de gâcher! Ensuite, nous ne voulons pas que cette « pratique » soit une torture… Au restaurant, chez les amis, nous mangerons des desserts sucrés! De même, si un jour on a une folle envie de glace au chocolat ou de cookies bien sucrés, on ne s’en privera pas (bon, il faudra racheter du sucre du coup… :p) Je ne suis pas adepte des méthodes extrémistes… Le tout ou rien, même si c’est séduisant, ne me parait pas viable sur le long terme. Du reste, je crois qu’un peu de sucre blanc une fois de temps en temps n’a rien de dramatique, un peu comme un verre d’alcool occasionnel… Tout est question de modération, finalement!

Pour les recettes de gâteaux à IG bas, j’ai plusieurs livres de Marie Chiocca, des éditions Terre Vivante, qui sont top. Les recettes donnent vraiment envie et une fois qu’on a passé la barrière des ingrédients (un peu difficiles à envisager au départ parce qu’on ne sait pas trop où les trouver! ^^), la réalisation est souvent très simple pour un résultat délicieux et tout aussi gourmand (voire plus!) que des gâteaux classiques. Ici, c’est un plébiscite! Je vous déconseille juste de commencer par le gâteau à la courgette car il a un fort goût de son d’avoine et ce n’est vraiment pas significatif du goût des autres gâteaux (j’ai un peu de mal avec le son d’avoine, j’avoue!)

Bref, j’espère que ce très (trop) long article vous donnera envie de vous lancer dans l’aventure « sans sucre »? Nous n’en sommes qu’au tout début alors je ne garantis pas que nous garderons ce régime à vie (a priori si, mais je préfère la prudence!), mais pour le moment je trouve que les petites modifications font de grands changements et cela me semble viable sur le long terme!

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15 Discussions on
“Vers une alimentation sans sucre…”
  • J’ai déjà fait des semaines sans sucres raffiné (sucreries, sucre blanc) pour des raisons de santé ou par prise de conscience de l’effet « drogue » du sucre. Mon problème c’est que j’ai du mal à être dans un entre deux. C’est rien du tout….ou c’est trop. Je me sens mieux sans mais je retombe vite dedans. C’est un doudou…et une habitude.

    • Ohhh je comprends… Je ne peux pas vivre sans le goût sucré (bien que je me rende compte au fil des jours que je suis de moins en moins accro).
      Franchement, je trouve ma solution « entre-deux » très satisfaisante car le goût sucré est toujours là (moins présent, certes), la gourmandise et les papilles sont comblées. Cela permet un sevrage pas trop brutal. Et c’est une solution que je me vois appliquer sur le très long terme vu qu’elle n’apporte aucune frustration…
      Cela demande un peu d’organisation au début pour changer les habitudes (et de pas être trop pauvre ou de trouver des solutions alternatives pas trop cheres, car la note grimpe vite dans le bio!), mais dans la mesure où je fais moins de gâteaux et qu’on en mange moins (pas de sucre raffiné donc pas de pic de glycémie, donc pas de « le sucre appelle le sucre », de fait, on en mange vraiment moins!), on s’y retrouve en terme de coûts je pense…
      Bref, c’est sûr que le tout ou rien est fatal (j’ai longtemps procédé ainsi avant de faire la paix avec moi-même, si je puis dire! :-))

  • J’ai supprimé les sucres raffinés depuis un peu plus d’un mois. J’avais fait une tentative il y a quelques temps mais j’avais échoué; Cette fois-ci, je note tout ce que je mange et comme je n’ai pas envie de voir mes craquages écrits noir sur blanc, je me contrôle mieux ! La première semaine, j’ai eu une vraie sensation de manque à la fin de mon déjeuner que je terminais toujours avec 1 ou 2 carrés de chocolat. Au bout d’une semaine, cette envie est passée.
    Je n’ai pas supprimé le sucre pour perdre du poids, seulement parce que j’ai fini par intégrer qu’il y en avait partout et en trop grande quantité.
    Par contre, je n’ai pas réussi à convaincre mes enfants et mon mari de faire la même chose. Les enfants, (même ados), ont envie de leurs petits écoliers au goûter.
    En tout cas, merci pour cet intéressant article. Je vais aller voir les recettes dans les sites que tu mentionnes.

  • C’est mon sujet du moment ! J’ai arrêté d’acheter du sucre blanc pour faire mes pâtisseries, je remplace par de la compote et du miel. Il m’arrive encore d’en mettre quand je trouve une recette « non healthy » et comme je suis une piètre pâtissière, j’ai intérêt à bien suivre la recette ! Mais je pense que je me trouve une excuse là m’enfin…

    J’essaie de modifier les goûters de ma fille (et de mon chéri !) mais difficile pour eux qui adorent la malbouffe et les gâteaux industriels…

    J’ai prévu de me faire un challenge 0 sucre sur 1 mois, en éliminant le sucre petit à petit de mon alimentation, pour y aller crescendo. Je commence à m’habituer en me faisant parfois un petit déjeuner salé.
    Par contre, je n’avais pas pensé à regarder l’IG. Ca me paraît un peu contraignant non ?

    En tout cas, je lirai avec attention si tu continue à publier tes retours sur ce sujet là 🙂

    • Ha oui s’ils adorent la bouffe indus c’est plus compliqué c’est clair… Pour moi ça s’est fait étape par étape (sans trop y réfléchir jusqu’à il y a peu) car j’adorais aussi tous ces biscuits industriels ultra-sucrés (qui en soi ne posent pas de problème si on n’en mange qu’une fois de temps en temps, mais moi c’était quotidien…)

      L’IG bas ce n’est pas très contraignant pour moi non car je ne respecte pas le truc à la lettre (on mange des pommes de terre par exemple, je ne fais pas vraiment attention aux laitages…) Et pour les gâteaux, j’ai des livres de recettes, j’ai acheté des ingrédients et du coup c’est assez simple. 🙂

  • Ravie de voir ses changements. Je n’ai pas encore osé priver mes filles de leur chocolat en poudre mais j’avais mélangé le Nes**** avec du cacao sans sucre pour « diluer » et les habituer.
    J’ai du mal avec le son de blé, moi aussi, mais ce midi il a avantageusement remplacé la chapelure pour nos cordons bleus fait maison. J’évite aussi le lait de vache mais par chance, les fromages ne me rendent pas malades (si je n’en abuse pas…).
    J’ai eu du mal à me « désintoxiquer » du sucre, je grignotais pas mal de trucs industriels (les biscuits achetés pour les enfants soit disant !) et je buvais du Coca Zero… Mais une fois la première semaine passée, l’appétence pour le sucre disparaît.
    L’air de rien, j’ai plus d’énergie, je digère mieux,… Bref, j’ai juste envie de continuer !

  • Merci pour ce partage.
    S’il y a bien quelque chose qui me manque de la France (nous vivons au Japon) c’est bien toutes ses alternatives type farines complètes, purée d’oléagineux, céréales complètes, muesli sans sucre ajoutés, compotes…

  • A ton avis, est-il possible de faire baisser l’IG de mes gâteaux habituels en changeant uniquement les ingrédients (par exemple en remplaçant la farine blanche par de la complète ou le sucre blanc par du sucre de coco) ou faut-il plutôt se tourner vers des recettes spécifiques ?
    Je suis très tentée par la démarche que tu mets en place mais j’ai aussi terriblement peur de moi-même. Si je me lance dans quelque chose de trop radical, je risque de laisser tomber et en même temps j’ai besoin de changer mes habitudes… Je sais que je ne devrais pas mais j’envie les personnes pour qui la nourriture ne remplit pas ce rôle de régulateur émotionnel. J’aimerais tellement arrêter de penser à ce que je mange et ce que je ne mange pas, que ça ne soit pas en permanence dans un coin de ma tête.

    • Oui je pense que c’est faisable ainsi… Il faudrait se renseigner plus en détail!
      Je comprends tes craintes. Je suis un peu comme toi et pourtant, une fois qu’on a les ingrédients, c’est assez facile à mettre en place.
      Et comme toi j’aimerais arrêter de penser à ce que je mange à toute heure de la journée mais je n’en suis pas là encore (j’avance, cela dit!)
      ( et désolée pour ma réponse tardive, j’étais en vacances! :D)

  • Bravo pour ton article, je n’ai pas encore réussi à virer le sucre de mon alimentation, j’aime trop le chocolat,
    par contre mon homme étant intolérant au gluten, nous avons démarré il y a quelques années une alimentation sans gluten, nous avons testé différentes farines et notre nouvelle alimentation nous a réellement apporté des bienfaits dont je ne soupçonnais pas l’existence comme la régulation de la prise de poids et la disparition de mes maux de ventre, j’avais vu que tu t’étais intéressé au sans gluten il y a quelques années, As tu fait l’essaie ?
    Peut être cela fera l’objet d’un prochain article sur le sujet 😉

    • Merci Elodie,
      Je m’étais un peu penchée sur le sans gluten en effet mais sans donner suite, n’ayant aucun intolérant dans la famille.
      On commence par le sans sucre (on a réduit la viande auparavant), on avance étape par étape! 😉
      Et ne t’inquiètes pas, le chocolat est « IG bas »! Pas question de s’en priver!!! 😀

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