La déprime post-diplum [CRFPA]

On connaît bien la « dépression post-partum » et le « baby blues », mais pour ma part, j’avais complètement occulté que la « déprime post-diplum » existait également.

Je souhaite écrire cet article pour les candidats au CRFPA (ou autres diplômes d’ailleurs) qui seront admis et qui tomberont quand même dans une sorte de petite déprime bien contrariante quand on ne l’a pas anticipé… Pour les prévenir que cela existe et que c’est, sans aucun doute, tout à fait normal!

Rappel du CRFPA en chiffres: une inscription à l’IEJ en décembre, des cours qui commencent dès janvier (voire avant dans certains IEJ comme Toulouse), des épreuves écrites en septembre et donc, un été de révisions en perspective… Des résultats d’admissibilité 6 semaines après les épreuves écrites (avec toute l’angoisse que l’attente peut générer), des oraux en novembre et des résultats en décembre.

En ce qui me concerne, j’ai vécu cela deux années de suite. J’ai presque envie de dire que « par chance », je n’ai pas été admissible la première année, ce qui m’a évité le stress des oraux et l’attente des résultats d’admission l’année dernière… J’ai pu déprimer tranquillement après les écrits (je savais m’être plantée) et me remettre d’aplomb assez rapidement après ma non-admissibilité. Il n’en reste pas moins que le travail à fournir est assez colossal (surtout en reprise d’études car on doit reprendre toutes les bases, mais c’est, quoi qu’il en soit, un examen exigeant et rigoureux) et le stress accumulé est gigantesque.

J’avais prévu une grosse déprime en cas de résultat négatif. J’aurais été dévastée, je le savais très bien. Je ne voulais pas envisager cette option, mais l’issue était assez nette dans mon esprit.

En revanche, je ne m’étais projetée que dans un état euphorique et débordant d’énergie en cas de réussite.

Lundi dernier, quand mon nom a été prononcé lors de la proclamation des résultats, après les larmes de joie, je me suis sentie envahie par la joie et l’euphorie. Je me suis sentie invincible.

Mais dès le lendemain, la catastrophe. Fatigue intense, difficultés à sortir de mon lit, état grippal en renfort et… déprime. Autant, j’étais prête à comprendre la fatigue, légitime après des mois de travail. Autant, la déprime, j’ai eu plus de mal à comprendre.

Pourtant, j’ai passé de nombreux mois à faire taire la « petite voix du doute » et la renvoyer dans les cordes. J’avais besoin d’être pleinement investie dans mes révisions et je ne pouvais pas me permettre de me laisser envahir par des pensées négatives, auto-dépréciatrices et autres… Mais bien évidemment, une fois le résultat positif atteint et accablée par la fatigue, les doutes ont eu tout le loisirs de s’immiscer…

« Vais-je m’en sortir à l’école des avocats? » « Se sont-ils trompés en m’acceptant? » « Mes notes n’étaient vraiment pas terribles, suis-je légitime malgré tout? » « Mon parcours est apocalyptique, j’ai honte… » Et tout un tas d’autres pensées sympathiques et bienveillantes…

Je pense que l’intensité de cette phase est en corrélation directe avec l’investissement des mois (années) précédents. Et si j’aurais été plus sereine en l’anticipant. Donc, amis qui préparez le CRFPA (ou n’importe quel autre diplôme long et épuisant), sachez qu’il est possible que la joie laisse place à une petite déprime aussi profonde que passagère. Chez moi, cela a duré quatre jours (mais alors quatre jours de gros gros bad trip!). Je pense qu’en le sachant à l’avance, il est plus simple de le vivre en s’y préparant un peu et en prévoyant une grosse semaine de RIEN! Ne rien faire, dormir autant que le besoin s’en fait sentir, regarder des séries drôles, éviter tout ce qui pourrait stresser. Bref, accepter cette vague de malaise assez surprenante pour ce qu’elle est: une période tout à fait normale de décompression.

Ou alors, comme certains l’ont fait: partir! En voyage, chez ses parents, peu importe, mais changer d’air!

J’ai été très surprise de cette phase, pour ma part, et je me suis laissée envahir, impuissante… Alors que si j’avais su que cela existait, j’aurais pu m’y préparer et le vivre de façon moins « douloureuse ». Un peu comme le baby blues, en somme. Quand on sait que cela existe, on arrive à prendre un peu de recul et surtout on s’adapte! Et on peut également prévenir son entourage qui peut rester très perplexe sinon.

Cela dit, je rassure tout le monde, cela passe vite et une fois toute la pression retombée, la réalité est un rêve éveillé! 🙂


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11 Discussions on
“La déprime post-diplum [CRFPA]”
  • Merci pour cet article et pour le recit detaille de l’annonce des resultats. Le suspense etait a son comble. J’etais vraiment avec toi par la pensee mais ta narration a vraiment rendu les choses plus intenses et emouvantes. Si tu plaides avec le meme talent que tu ecris alors tu vas atteindre des sommets! Toutes mes felicitations pour cet enorme success. Je suis desolee que tu aies eu cette phase de deprime mais on dirait que tu l’a accueillie sans te juger et je pense que c’est la cle pour vraiment savourer ton passage a un autre statut, une autre aventure, celle de l’ecole d’avocat. Je travailles sur les questions d’inegalites entre femmes et hommes et c’est tres touchant pour moi de voir la motivation que tu as puise dans l’envie d’ameliorer la facon dont le systeme judiciaire traite les victims de violence. On a desesperement besoin d’avocats sensibilises et motives a changer la durete de ce systeme.

  • Toutes mes félicitations, je suis super contente pour toi! J’ai l’impression de te connaître un peu, depuis le temps que je te lis, et je suis impressionnée par ton parcours. T’es une des personnes les plus courageuses et résilientes que je connaisse! Pour la dépression post-diplum, je te comprends tout à fait, j’ai vécu la même chose après ma soutenance de thèse. Je l’ai traînée comme un boulet pendant des années, cette thèse, je ne pensais même pas finir, et je pensais que j’allais être incroyablement soulagée le jour J. Au final j’ai pas mal pleuré les premiers moments post-soutenance. Après ça passe et il ne reste que ma joie d’être allée au bout. Encore bravo, donc!

  • Trop dur !!! C’est vrai que la plupart des gens ne rencontrent aucune difficulté, peuvent financierement prendre un congé pour se former 🤣🤗🙄

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