Chronique Prix AUDIOLIB: «Le consentement » de Virginie SPRINGORA



Dans le cadre du Prix Audiolib, j’ai dix romans à écouter afin de départager mes cinq préférés.

Les dix titres sont:

  • La soustraction des possibles de Joseph INCARDONA
  • Rhapsodie des oubliés de Sofia AOUINE
  • Là où chantent les écrevisses de Delia OWENS
  • Betty de Tiffany Mc DANIEL
  • Du côté des Indiens d’Isabelle CARRE
  • Nickel Boys de Colson WHITEHEAD
  • Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs de Mathias ENARD
  • Le poète de Michaël CONNELLY
  • Le consentement de Vanessa SPRINGORA
  • Taqawan d’Eric PLAMONDON



Quatrième de couverture: « Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre.« 

Séduite à l’âge de 14 ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, V. dépeint, trois décénies plus tard, l’emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de la « relation » tout au long de la vie de la jeune femme. Au delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d’une époque et la complaisance d’un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.

J’ai écouté Le consentement de Vanessa Springora, le septième roman du prix @audiolib .
Le sujet est terrible: l’emprise sexuelle d’un homme de 50 ans sur une jeune fille de 14 ans. L’histoire personnelle de l’autrice avec un célèbre écrivain réputé aujourd’hui pour sa pédophilie.
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C’est un roman incisif, froid, presque clinique, qui décortique une « histoire d’amour » (car la jeune adolescente était convaincue qu’il s’agissait d’une belle histoire) du début de l’emprise perverse jusqu’à la sortie du déni de la protagoniste.
L’analyse est fine, pointue, circonstanciée, contextualisée.
Je craignais vraiment de lire sur un tel sujet, et certains passages restent assez difficiles à supporter, mais le fait qu’il n’y ait jamais de pathos, que les sentiments soient relativement mis à distance, permet une lecture un peu moins difficile.
J’ai vraiment aimé ce roman qui représente une claque, une mine d’informations sur le contexte de l’époque et l’évolution des mœurs et de la prise en compte de la parole des victimes, une planche de salut pour les victimes de pedophilie et un témoignage de résilience, à la fois sensible et honnête.
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De plus, la plume est maîtrisée, le vocabulaire riche, l’écriture soignée.
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Quant à la lecture par la comédienne, Giulia Clara KESSOUS, c’est également un succès, une voix douce et vive qui sied à la narration d’une adolescente, un jeu vraiment approprié qui fait oublier qu’on est en train d’écouter un livre et qui permet de se plonger totalement dans la lecture.
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Je ne dirais pas que c’est un coup de cœur car le sujet est difficile et l’histoire racontée est loin de faire rêver, néanmoins, c’est un roman important et il se place d’ors et déjà parmi ceux que je n’oublierai pas.
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Bravo à l’autrice d’avoir su raconter une telle expérience avec autant de recul et de précision. C’est un talent précieux !

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