Devenir mère à 19 ans

J’ai lu il y a quelques jours un article chez Virginie B qui m’a un peu turlupiné. J’ai trouvé le lien via Maman Yuki dont je partage en grande partie l’avis.
C’est un sujet que je n’ai pas abordé depuis un moment sur mon blog. La question de devenir maman très jeune.
Je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Est-ce bien, est-ce mal, cela dépend de chaque histoire, de chaque femme, et je crois que personne ne peut préjuger des choix des autres.

Y’a t’il un âge idéal pour faire des enfants? Biologiquement oui, disons qu’après un certain âge cela devient très compliqué voire impossible. Mais dans la tranche du biologique, justement, dans cette trentaine d’années de fertilité, y a t’il un âge idéal pour enfanter?
Y’a t’il un nombre d’enfants idéal? Y’a t’il une situation idéale pour faire des enfants?

Si je raisonne théoriquement, je dirais que oui. Le mieux, le plus facile, c’est de s’installer confortablement dans la vie, d’avoir un diplôme puis un travail, puis un compagnon depuis quelques temps déjà, un couple solide, et enfin, on peut se lancer dans l’aventure de la maternité… La théorie est rigolote, la théorie est souvent la norme, mais la théorie n’a pas raison pour autant.

A 19 ans, je vivais avec un garçon depuis plus d’un an. Nous habitions un 2 pièces en plein coeur du XVème arrondissement de Paris. Il travaillait et gagnait bien sa vie, suffisamment pour nous payer cet appartement et nous faire vivre. J’étudiais en alternance, dans une école qui acceptait les étudiants qui n’avaient pas le bac pour préparer un BTS. Je gagnais moi aussi de quoi arrondir les fins de mois.
Nous vivions confortablement. Nous avions cette vie qu’ont les trentenaires… Inviter des collègues à prendre le dîner, aller boire un verre au bar avec des copains, aller au restaurant, souvent, parce qu’on ne savait pas très bien faire à manger. On avait les moyens. Matériellement, nous ne manquions de rien. Nous étions un couple qui semblait durer.

Quand Mouflette est née, nous étions même mariés depuis quelques semaines.
Sur le papier, seul notre âge nous faisait sortir des cases de la normalité.

Que s’est-il passé ensuite? Quelques semaines après la naissance de notre fille, je suis partie. J’ai quitté cette vie étriquée et pas faite pour moi. J’ai quitté ce mari qui ne me convenait pas, violent par les mots et de plus en plus souvent par les gestes. J’ai pris mon bébé et je nous ai promis une vie de rire et de bonheur.

Sans titre 17

Quelques mois après la naissance de Mouflette, je me retrouvais, à 19 ans, seule avec un bébé, sans aucune source de revenu, sans même le bac, seule. J’ai été frapper aux bonnes portes, je crois, car rapidement, j’ai eu un logement social, à Angoulême (je précise parce qu’à Paris, il est fort possible que je sois encore en train d’attendre). Un grand appartement sous les remparts.
J’ai demandé à m’inscrire au lycée pour reprendre ce bac que je n’avais pas eu 2 ans auparavant. On m’a ouvert la porte et le lendemain je commençais ma première journée de lycéenne.

Comment ai-je vécu les premières années? Avec les aides de l’Etat. La bourse d’études quand j’étais à l’université ou l’allocation « Parent isolé » lorsque j’étais lycéenne et pendant les mois d’été.
Etait-ce une situation socialement acceptable? Absolument pas. Etait-ce la solution idéale pour moi? A en croire le diplôme que j’ai décroché quelques années après et la fierté que j’en retire aujourd’hui, je crois que oui.
Pouvoir dire à ma fille « Fais des études, c’est important! » et pouvoir lui expliquer pourquoi parce que je sais d’expérience ce que cela apporte, cela vaut toutes les humiliations que j’ai pu subir pendant ma jeunesse.

Ai-je été jugée? Inutile de répondre… J’ai longtemps saigné de ces blessures à l’égo. Etre mère. Ne pas avoir su fait le choix d’un bon mari, l’avoir quitté, être divorcée à même pas 20 ans. Avoir ensuite fait le choix de vivre aux crochets de la société pour reprendre mes études plutôt que de chercher un travail qui ne m’aurait pas intéressé et gagner ma vie moi-même, les gens ne me l’ont jamais pardonné.
Ma réussite? Mes échecs aussi. Je les ai longtemps porté comme un fardeau.

Etais-je une bonne mère? Pas moins qu’aujourd’hui. J’ai fait de mon mieux avec les moyens que j’avais. J’ai su chercher de l’aide lorsque j’en avais besoin, et j’en ai eu besoin de temps en temps. Mais au dessus de moi planaient les doutes, les jugements, les clichés. J’étais forcément perdue et je faisais tomber ma fille avec moi.
Irresponsable, parasite, rebut, inconsciente. Je n’ai pas été épargnée par les jugements et les mots qui font mal. Et hier comme aujourd’hui, ces mots claquaient comme des coups de fouet.

Est-ce que j’ai regretté?
Jamais.
Ma fille ainée est, avec ses soeurs désormais, le plus beau choix de ma vie.
Mes études… Même si j’ai eu honte de profiter d’une société qui me permettait de les mener à bien, je savais au plus profond de moi que je faisais le bon choix. Et je n’ai jamais regretté. La fierté que je tire aujourd’hui de mon diplôme (et même si je n’en tire rien de concret) compense largement l’humiliation d’avoir dû toucher une bourse d’études pour l’obtenir.

Je remercie d’ailleurs d’être née dans ce pays qui m’a permis d’avoir le choix. La société m’a jugé, pour une grande partie, mais j’ai aussi rencontré des gens, les plus intelligents souvent, qui m’ont encouragé à continuer et qui ont admiré mon courage. Le courage d’avoir su dire fuck aux bien-pensants et d’avoir fait ce qui me convenait. Si l’Etat offre des bourses, c’est peut-être justement pour permettre à des gens comme moi de s’en sortir, de ne pas être condamnés… Et comme je suis reconnaissante à l’Etat Français de m’avoir permis d’avoir la vie que j’ai aujourd’hui, de m’avoir offert un toit, de quoi poursuivre mes études, de quoi élever ma fille dans des conditions, si ce n’est parfaites, du moins très correctes.

Alors oui, les fins de mois étaient difficiles. Non je n’habillais pas ma fille chez Sergent Major ou Natalys comme je le fais aujourd’hui. J’étais à l’affût du bon plan pour l’emmener au cinéma, à la bibliothèque, aux concerts… Et j’ai appris à manier le système D comme personne, ce qui m’est encore très utile aujourd’hui. J’ai eu la chance de vivre dans des villes privilégiant la jeunesse et offrant de belles opportunités de se cultiver même sans un rond.

Ma fille est-elle née dans des conditions idéales? Non. Et je le paye encore aujourd’hui. J’assume mes responsabilités comme je le peux et je l’aide à grandir malgré ses débuts difficiles (vivre sans avoir connu son père ou très peu, cela reste et restera longtemps une blessure pour mon bébé. Ce n’est pas entièrement ma faute, mais je fais tout pour l’aider, j’ai tout fait pour réparer au mieux, et elle sait, j’espère, qu’elle a tout mon soutien et mon amour pour surmonter son début de vie chaotique).
Je ne pense pas que la situation aurait été plus facile si j’avais eu 35 ans lors de sa naissance. Les circonstances sont propres à mon histoire, et je suis heureuse d’avoir eu 20 ans à peine, et par conséquent la force et l’énergie pour surmonter les épreuves.

Ma situation est particulière. Comme le sont les situations de tous les parents, chacun à sa mesure.
La norme m’énerve en cela qu’elle impose des règles qui ne conviennent qu’à une certaine partie de la population, ne permettant pas aux autres d’être traités avec le respect qu’ils méritent. C’est pénible. Et cette pression n’amène rien de bon…

Et l’argument du « ne fais pas attention à ce que pensent les autres »… Hum, ok… Alors c’est gentil mais tout le monde n’en a pas la possibilité et peut-être qu’au lieu de dire aux gens trop sensibles de se renforcer, peut-être devrait-on expliquer aux mauvaises langues de la boucler, non? S’il est facile aujourd’hui pour moi d’assumer et défendre mes choix, parce que je vais bien et j’ai acquis une certaine confiance, ça n’était pas le cas lorsque j’avais 20 ans, que j’étais dans une situation précaire et dans un état des plus vulnérables. Je ne trouve pas très malin de s’en prendre aux plus faibles, de les juger, de les critiquer, plutôt que de les traiter avec la bienveillance dont ils ont tant besoin. J’ai eu la chance de tomber sur des gens en qui j’avais confiance et qui m’ont encouragé, des profs notament, et une puéricultrice. Mais pour cette poignée de personne qui a compté, combien m’en ont fait baver? J’ai su qui écouter, mais je crois que tout le monde n’a pas cette chance là, de rencontrer les bonnes personnes et de donner de l’importance à leurs propos dignes.

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96 Discussions on
“Devenir mère à 19 ans”
  • C’est un très bel article. Et je dois dire que j’admire ton parcours et ta trajectoire.
    A 19 ans on est encore si jeune… Je n’ai pas la prétention de penser que je te connais mais je crois pouvoir dire que tu as fait un sacrément bon boulot avec ta grande fille. Passer ton bac, faire des études tout en étant une maman je te tire vraiment mon chapeau. Je sais que ce n’est pas les compliments que tu cherches mais je suis sincère.
    Tu as raison, il n’y a pas de solution idéale, pas de modèle idéal. Il faut créer le sien et ne jamais lâcher.
    Et pour la petite histoire, mes parents ont divorcé j’avais à peine 1 an. Aucun souvenir d’avoir vécu avec lui. Et ma mère avait…42 ans. Alors tu vois… 🙂

  • Je t’admire d’avoir trouvé la force de te remettre aux études avec tout cela à gérer car je n’ai jamais réussi. Au delà des études tu as su faire les bons choix pour vous protéger ta fille et toi et rien que pour ça tu es une maman formidable beaucoup restent, jeunes ou pas d’ailleurs, et finissent dans les faits divers malheureusement

  • Loin d’avoir connu ton expérience, en tout cas de moi-même, je ne peux m’empêcher d’être touchée tout de même par ton article. Etre mère est la chose la plus merveilleuse et la plus difficile qu’il m’ait été de faire, j’ai besoin chaque jour de me sentir entourée si ce n’est que par quelques mots, savoir que l’on croit en moi et en mes choix…Et pourtant j’ai 29 ans et j’ai une vie tout ce qu’il y a de plus normal. Je me dis que les personnes qui ont du affronter cela plus ou moins seule et pour qui cela semble finalement une routine ont un courage inestimable, leur(s) enfant(s) sauront le reconnaître en grandissant (OK, sauf à l’adolescence…!).
    En tout cas, y a-t-il un âge idéal? Un moment idéal? Une situation idéale? Je ne pense pas, je pense qu’il y a une intuition que c’est le moment et une force à acquérir pour tenir la barre et mériter l’amour d’un enfant….
    Merci encore effectivement à notre pays de nous permettre de faire encore face même si c’est trop pour certains, pas assez pour d’autres… C’est un autre débat !!!

  • Tu peux être fière de toi, de ton parcours, de ta ténacité. Dans un autre genre et d’autres conditions, je reprends les études que mes parents n’ont pas voulu que je fasse. A 32 ans. Avec 2 enfants. Au chômage. La société toute entière me juge aussi. Même pôle emploi et la caf avec qui je dois me battre. Mais quand une étudiante (une petite jeune!) m’a dit « tu as d’autant plus de mérite vu ta situation », ça m’a regonflee. Chaque vie est légitime. Chaque projet vaut la peine s’il a du sens pour soi. Fuck la société bien pensante! 😉

    • J’ai eu beaucoup de réflexions de la CAF également lorsque j’étais jeune. A croire que ceux qui sont censés nous aider sont ceux qui nous jugent le plus…
      Tu as effectivement beaucoup de mérite! C’est beau de vouloir concrétiser ses rêves et c’est vrai que c’est d’autant plus compliqué lorsqu’on est déjà parent (mère surtout).
      Mais la volonté permet d’accomplir des miracles! 🙂

  • Il ne me viendrait pas à l’idée de critiquer des mamans parce qu’elles sont jeunes. Au contraire, je les envie un peu.
    Laisse tomber, si on veut juger à l’emporte pièces, on peut aussi critiquer les mamans de plus de 40 ans qui ont privilégié leur carrière

      • Je suis une maman sur le tard : 37 ans. Et tu as raison j’ai eu le droit à des réflexions, du genre de celle d’Hellvis d’ailleurs, que j’avais privilégié ma carrière. Sauf que de carrière je n’en ai pas, ce sont des circonstances extérieures à moi qui ont fait que j’ai eu mon fils tard. Un regret pour moi qui a une maman jeune (c’est chouette aussi pour mon fils d’avoir une grand mère jeune). j’aurais voulu avoir un faible écart avec mes enfants, mais malheureusement on ne choisi pas toujours. Et le pire c’est que j’ai bien l’intention de faire un petit frère ou une petite soeur à mon fils !

  • Très beau témoignage! Cependant j’avoue avoir du mal avec les termes  » profiter du système français ». Non ce n’est pas profiter, au sens péjoratif qu’il prend de plus en plus dans notre société que d’avoir le courage de faire les choix que l’on pense les plus justes et bons pour soi et ses enfants! Bravo d’avoir eu la volonté et le courage davoir fait tout ça et plus encore d’en témoigner!

    • Merci beaucoup.
      A partir du moment où l’on fait un choix consistant à vivre uniquement grâce à ses aides, le regard est extrêmement critique.
      Je n’en ai plus honte aujourd’hui, je vois difficilement quel autre choix j’avais pour mener à bien mon parcours étudiant et garder du temps pour ma fille (j’aurais pu travailler, + faire mes études, mais je n’aurais jamais vu ma fille, et qui s’en serait occupé alors? La crèche ne reste pas ouverte la nuit! ^^)
      Ce sont des choix que je ne regrette pas, bien au contraire. Mais qui m’ont été longtemps reproché.

  • un « joli » parcours, tu ne l’as peut être pas ressenti comme ça depuis le début mais aujourd’hui avec le recul quelle fierté d’être arrivée où tu es…

    Pour moi, c’est de se sentir prêt et d’avoir conscience de certaines choses même si sur le chemin de la maternité (et de la vie en général) nous ne sommes jamais sûrs de rien…

    <3

    • Merci! Oui avec le recul je suis contente de mon parcours. J’ai fait les choix qui m’ont permis d’y arriver. Et même si je n’en suis pas fière (parce que j’ai aussi ma dose d’échecs), je suis très satisfaite.
      Je pense comme toi que la maternité apporte un tel lot de surprises que l’essentiel est d’en avoir envie, de se sentir prêt… De toute façon après c’est le tsunami…

  • J’ai lu l’article qui te fait réagir,ça tient plus de la pensée qu’on ferait mieux de garder pour soi (et quelle naiveté: »comment peut-on tomber enceinte involontairement en 2015″…comment peut-on ne pas voir plus loin que le bout de son nez surtout) plutôt que d’un article construit et argumenté.Pour moi je n’ai jamais envisagé une grossesse si jeune et je suis admirative de ton parcours,tu n’as aucune honte à avoir et surtout pas celle d’avoir pu profiter de la chance de faire des études tout en ayant ta fille.J’ai bien sûr tendance à penser que vivre à 20 ans comme si on avait 30 ans n’est pas une bonne idée,il y a souvent un retour de bâton.Je le vois autour de moi des amies d’enfance qui ont vécu très vite « comme des adultes » se comporter aujourd’hui comme des ados et les enfants en subissent quelques conséquences…m’enfin on ne peut pas en faire une règle car des parents de 35 ans bien sous tous rapports auront aussi bien évidemment leurs failles.Et tu as tout à fait raison,il faudrait plus de bienveillance envers les jeunes mamans,et envers toutes les mamans d’ailleurs car je trouve qu’elles sont les cibles les plus faciles et personne ne se prive pour leur tirer dessus (y compris les mamans entre elle comme on le constate),en 2015 il faudrait quand même que ça change 😉

    • Oui oui l’article en question n’émet pas ses doutes de manières très intelligente, je te confirme!
      Je sais bien ce que c’est de vivre à 20 ans comme si on en avait 30. Et j’ai détesté ce train-train planplan, je me suis sentie tellement libre en quittant cette vie!
      Par contre, ma fille ne m’a jamais empêché de vivre mes 20 ans, de m’amuser, de décider de partir une semaine ici ou là. L’organisation n’était pas la même, mais je crois que ça a été une chance pour elle de pouvoir m’accompagner dans mes « délires » (délire au sens de la société, qui à mon sens était surtout une grande spontanéité et un désir très fort de profiter de la vie et d’en faire profiter mon enfant!)
      Enfin bref, j’ai vraiment eu le sentiment de profiter de ma jeunesse. C’est plus le couple et la routine qui empêche d’en profiter qu’un enfant, selon moi. On en profite pas de la même manière c’est tout!
      Bon à 33 ans et bientôt 4 enfants, j’ai un peu moins l’impression de pouvoir laisser s’exprimer ma spontanéité, mais bon! ^^

      • oui je parlais surtout d’une vie de couple unpeu pépère à 20 ans,ça ne m’a jamais fait rêver (d’ailleurs même aujourd’hui à 38 ans ça me fait pas rêver 😉 ) Je suis certaine qu’une maman de 20 ans apporte plein de choses à son enfant,je pense que c’est la bienveillance qu’on a envers son enfant qui est importante par dessus tout,car quel que soit l’âge on fait des erreurs,mais avec de bonnes intentions!Je te dis ça m’épate car je ne me serai pas vue mère à cet âge (même si j’adorais m’occuper d’enfants) ,mais je ne vois pas de différences fondamentales entre un enfant de maman jeune et un autre,c’est n’importe quoi (je n’aimerai pas être de son entourage à madame la bien pensante)

        • Pour la vie pépère, voilà, je crois que c’est plus une question d’état d’esprit que d’âge! 😉
          Aujourd’hui non plus je n’aime pas spécialement la vie planplan. Même si bon, force est de constater qu’à 33 ans ma vie est plus calme qu’à 20! On évolue aussi!
          Je pense en effet que le principal c’est la bienveillance, le désir de vouloir bien faire, et le bon sens aussi…
          Je ne me sens pas meilleure mère aujourd’hui que pour ma fille aînée, c’est différent, je suis plus sereine, mais je leur apporte à toutes le même amour et les mêmes valeurs profondes. Je me sens plus à l’aise aujourd’hui, mais peut-être aussi parce que je me suis « entrainée » avec mon aînée, ça rend les choses plus simples avec les suivants (c’est universel ce sentiment je pense!). Et le regard que l’on porte sur moi aujourd’hui est plus facile à porter… Je n’ai rien à prouver, on ne me place pas directement dans la case de celles qui vont faire n’importe quoi. Mine de rien c’est une pression énorme que je n’ai plus.

  • Alors là je n’en reviens pas: que des proches, les vrais, ceux qui sont là pour aider vraiment, s’inquiètent et se (te) posent des questions, j’arrive à le concevoir, mais un enfant, à partir du moment où il est là, n’est plus une erreur par définition!

    Mais les autres, de quoi je me mêle? Tant mieux si tu avais l’aspiration à reprendre des études, tant mieux si le système prévoit ça aujourd’hui. Qui sont les profiteurs? Les jeunes mamans qui retournent courageusement à l’école, ou les exilés fiscaux richissimes qui mettent en cause notre système de solidarité et de redistribution????

    Par ailleurs qui peut savoir quand et si il aura besoin de cette solidarité et ces dispositifs? De mon côté, chaque maternité (2) m’a menée à la case chômage. Je n’ai absolument pas honte d’être au chômage, et pas l’impression de « profiter du système »… Mais taisez vous les gens, rendez-vous compte qu’on n’a absolument pas besoin de votre avis!!

    (voilà un commentaire fort mesuré lol)

  • Cela fait plusieurs articles que tu publies et que je parcours avec plaisir et émotion…je dois faire partie de ces gens frappés par la « sensiblerie » comme me le repproche ma grand mère très « comme il faut ». Tout comme toi, la norme m’as toujours posé problème car par définition, elle n’est qu’une représentation de la moyenne faite sur base des différences de chacun! Peu y correspondent donc!
    Ton parcours fut semé d’embûches et de choix difficiles, mais tu as choisi de relever les défis, de te battre et d’emprunter le chemin de la réussite, celui qui te permettrait de t’accomplir en tant que personne mais aussi en tant que mère…et de transmettre à ta fille ces valeurs primordiales…à 19 ans je trouve que tu as fait preuve de beaucoup de maturité!
    Quand au regard d’autrui…celui qui juge….qui critique….ne lui en voulons pas! Il n’a pas du être informé que le progrès, la réussite et l’accomplissement de soi sont obtenus grâce aux encouragements 😉 ou alors y trouve-t-on une once de regrets personnels ou de jalousie???
    « On est d’ordinaire plus médisant par vanité que par malice. » de François de La Rochefoucauld -Extrait de Maximes
    Mais il est vrai aussi que
    « Contre la médisance il n’est point de rempart. » de Molière-Extrait de Tartuffe
    …et quand on est atteint de « sensiblerie » re-dixit ma grand mère « bien comme il faut »….ben c’est difficile émotionnellement parlant de s’en détacher 😉

  • Ce n’est pas la première fois que je lis un de tes articles sur le sujet mais j’adore les lire. Parce que ce qu’il en ressort pour moi, je te l’ai déjà dit, c’est que tu es la preuve que les jeunes mamans, même avec des situations pas faciles, s’en sortent.

    Comme tu le dis, ce n’est pas si facile de passer outre les remarques désagréables (le mot est faible). Pour ma part je pense que j’y arrive parce que j’ai eu la chance d’être bien entourée par ma famille qui m’a tout de suite fait confiance (bon, une fois passé le choc pour ma maman, je la comprends, mais ensuite elle m’a elle aussi soutenue).

    Je suis aussi tombée sur des professionnels de santé qui m’ont eux aussi, pour la grande majorité, traitée comme toutes les autres mamans sans faire une seule remarque. Si j’ai eu une sage-femme qui m’a dit que c’était normal que j’ai du mal vu mon jeune âge, j’en ai eu une autre qui m’a dit que n’importe quelle maman serait perdue vu la situation de ma fille à la naissance et qu’elle trouvait que je m’en sortais parfaitement bien.

    C’est ça qui m’a aidée à ne pas trop prêter attention aux réflexion, à chaque fois que j’en recevais une j’entendais dans ma tête ma famille ou les professionnels qui m’ont dit « Tu es une très bonne maman ».

    Malheureusement, tout le monde n’a pas la chance d’être aussi bien entourée. Et c’est là que « les gens » devraient comprendre que leurs remarques ne donneront jamais rien de positif et que tendre la main est beaucoup plus intelligent que de faire des réflexions qui ne font qu’effriter la confiance en elles des jeunes mamans…

    • Tu as eu de la chance et c’est chouette!
      Mon parcours n’est pas si simple à la base, même si mon entourage proche (ma mère et mon oncle) ne m’ont pas mis de bâtons dans les roues, au contraire, le reste de mon entourage s’est montré très insultant, mais j’ai fait le tri au fur et à mesure.
      J’ai aussi réalisé en grandissant que le personnel médical ou qui que ce soit en fait, trouve toujours quelque chose à dire. C’est plus difficile à vivre quand on est jeune et que l’on doute (pour moi du moins), mais finalement quoi que l’on fasse on est critiqué!
      Bon les jeunes mamans sont quand même une cible facile, ce qui est bien dommage vu nos ressources! 😀

  • Tu sais que ça fait un moment que je te suis, ton courage m’a souvent inspirée, parce que tu as un truc particulier, qui t’anime et qui te permet de rebondir.
    Mais je crois qu’aujourd’hui, ce que je lis me touche encore plus parce que tu as cette intelligence particulière.
    Merci pour ce billet, merci de t’exprimer sur ce sujet, merci de témoigner sur ta vie, ton expérience, et ton recul sur ce que tu as vécu.
    Tu y poses des fondamentaux, des choses essentielles qui vaut pour tellement de problématique de la vie de manière générale.
    Et pour ça merci, j’espère que toutes les mamans s’imprégneront de ce que tu dis non seulement sur ton expérience mais aussi et surtout pour cette manière de considérer l’être humain.
    Je t’embrasse .
    Emilie

      • Ah pourquoi ? (je me rend pas compte de ce que l’on voit de « moi » )

        De rien 😉 c’est moi qui te remercie, tu m’inspires ( attention on devient guimauve dans nos commentaires <3 ).
        Plus sérieusement, ça me fait du bien de te lire et de lire comment tu vis certaines choses, des fois ça fait écho alors même que notre parcours est différent.
        Ce qui est drôle, c'est que généralement quand je te lis, tu réponds à une question existentielle que je me posais et dont je n'avais pas de réponses à proprement parlées.

        • Parce que je trouve que tu as une humanité très intelligente. Tes propos sont souvent mesurés et respectueux. J’aime ta façon bienveillante et sereine d’aborder la vie.
          Alors ça me fait plaisir de t’inspirer parce que tu m’inspires aussi! 🙂

  • Bonjour,

    Ton témoignage est bouleversant et magnifique.

    De plus, il est tellement criant de vérité !
    Je ne sais pas si tu as déjà eu l’occasion de regarder des reportages sur les jeunes mamans parce que d’une manière ou d’une autre dans ces émissions, on les fait toujours passer pour de jeunes écervelées parce qu’il leur arrive de se comporter ou d’avoir des préoccupations de leur âge alors qu’en étant déjà mère, la société voudrait qu’elles se conduisent comme des « adultes responsables », genre l’air toujours grave et soucieux, jamais un sourire blablabla…?!!!
    Ca m’a toujours fait halluciner, parce qu’on peut tout à fait être un bon parent en étant jeune, être réfléchie et responsable et conserver le droit d’être parfois insouciant, tête en l’air, spontané ou d’avoir des préoccupations futiles comme tous les autres jeunes (et moins jeunes aussi d’ailleurs).

    Bref, j’ai eu mon premier enfant à 19 ans aussi, et comme toi, je ne le regrette absolument pas.
    Mon parcours a été semé d’embuches également, mais aujourdhui à 36 ans, je suis bien contente qu’il ait été ainsi.
    Avant d’avoir mon bébé, j’étais une jeune fille superficielle et snob, colérique et capricieuse, égoïste et matérialiste, qui croyait tout savoir alors que je ne savais rien, une personne tellement détestable que je me fais honte en fait aujourdhui en m’en rappelant.
    La venue de mon bébé, les réflexions entendues, la précarité, les déboires avec mes proches, les institutions et tout le tralala m’ont énormément appris sur moi : j’ai grandi, j’ai mûri, je me suis remise en question.
    Tout ça ne s’est pas fait en seul jour bien sûr, je remercis mon petit bout d’chou de m’avoir ouvert les yeux et de m’avoir changé en tellement mieux !
    Avec le recul d’aujourdhui, je pense toujours qu’il est la meilleure chose qu’il me soit arrivé ! Et c’est encore plus vrai quand je discute avec mes proches/voisins/connaissances dans la vingtaine qui, malgré leurs hautes études, leurs diplomes et leur « intelligence », ne font pas beaucoup preuve de maturité… A vrai dire, ils ont tous le même discours sur le sujet : c’est inconcevable d’avoir un enfant à notre âge, on doit profiter, voyager blablabla… à les croire, quand on finit « d’être jeune », on devient de suite trèèès vieux (avec port de la canne s’il-vous-plaît), et on ne profite plus jamais de rien, la vie devient le bagne, le mariage et les enfants une vraie torture quotidienne lol.

    Bisous et plein de bonnes choses 😀

    • Merci pour ton commentaire!
      Oui je crois que l’image projetée sur les parents est lourde de clichés assez dévastateurs… Comme si devenir parent demandait à ce que l’on perdre toute joie de vivre, toute spontanéïté, toute envie de profiter de la vie… Alors qu’à mon sens c’est tout l’inverse! Et l’âge n’a pas grand chose à voir (ou peu du moins).

  • Très bel article…
    tu as raison les mauvaises langues devraient se taire et balayer devant leurs portes…
    J’aurais aimé avoir la force de pouvoir assumer ma grossesse a 19 ans… mais bon comme tu dis, moi mon entourage n’a pas été bienveillant et j’ai avorter… est ce que je regrette ?? un peu sans doute… mais je me dis que la vie, m’a bien récompenser par la suite avec mes 3 superbes enfants… et mon mari qui m’aime… (alors que mon copain de l’époque, lui bah c’était pas vraiment le cas)
    Je suis tout a fait d’accord avec toi… l’age ne veut rien dire… et tout dépend de la vie de chacun…
    J’aime bcp ton blog, qui me force a retravailler ces moments difficiles pour moi encore… mercii pour ça…
    Et encore bravo pour ton parcours qui n’a pas été des plus simples…
    et je commence a me dire que je vais peut etre commencer a écrire moi aussi… une future thérapie ?? 😉
    bizzz

    • Ecrire c’est une chouette thérapie oui!
      Tu sais, j’ai gardé ma fille parce que j’en avais très envie… J’aurais tout aussi bien pu avorté si je ne m’étais pas sentie prête ou si je n’avais pas désiré ce bébé. Et j’estime que personne n’aurait eu le droit de me juger (dans les faits, un avortement passe plus facilement inaperçu qu’une grossesse, forcément, mais c’est également un droit tellement controversé, malheureusement, et les femmes qui y ont recours sont tellement mal considérées pour la plupart… C’est honteux également!)
      Tu as aujourd’hui une belle famille, de beaux enfants. Tu as très certainement fait le bon choix! Reste à faire la paix avec toi-même si tu en souffres. <3

  • Article très touchant de sincérité.
    Mais pourquoi avoir honte d’avoir touché aux bourses pour tes études. Elles existent pour ça : permettre un peu plus d’égalité entre ceux qui ont ce qu’il faut pour ne pas en avoir besoin et ceux qui n’ont pas ce qu’il faut. Ca s’appelle la solidarité aussi. Tu devrais être fière de ton parcours, ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir eu le courage que tu as eu de prendre des décisions difficiles et de suivre des études tout en assumant le rôle de maman.
    Je comprends que des remarques puissent blesser mais je t’assure il faut que tu les dépasses et que tu sois fière de toi.
    Tu as « profité » du système, et alors il est là pour ça et surtout regarde ce que tu en as fait !
    Ton parcours prouve que le système parfois peut fonctionner et qu’il est très important qu’il existe. Même si cela n’est pas suffisant, il faut aussi de la volonté, ce que tu as eu !
    Et puis tu as 3 merveilleuses filles et bientôt un quatrième enfant., franchement de quoi être fière d’être là où tu en ai.
    Et puis pour être de l’autre côté de la barrière, avoir eu une maman jeune avec peu d’écart avec moi je trouve ça génial.

    • Bien sûr, le système existe, j’en ai profité et je suis contente d’en avoir fait quelque chose de bien.
      Mais disons que le discours sur les gens qui « profitent » du système est souvent acerbe, alors ça permet difficilement d’en être fière… Le vrai mérite aurait été que je travaille pour me payer mes études (et je ne sais pas ce que j’aurais fait de ma fille mais bon…)

  • moi, je trouve que tu as pris les bonnes décisions, que tu as été courageuse et que tu as pensé sur le long terme au lieu de juste voir le bout de ton nez et ça oui quand on a un enfant c’est ce qu’il faut faire selon moi… tu sais combien je t’admire et comme je trouve ton parcours, beau, courageux et réussi… plein de bisous miss

  • Très bel article sur ton expérience. Je trouve que tu as su faire face à des choix et des situations difficiles et que tu as très bien réussi.
    Je suis loin d’avoir vécu la même chose, mais je suis également devenu maman jeune. J’ai eu ma Chloé a 20 ans. Peut-être que la situation n’était pas des plus idéale à ce moment, mais je ne changerais pour rien au monde le passé et je suis fière de la petite fille qu’elle est devenue.

  • Tu sais, tu es toujours aussi jolie qu’à 19 ans ! Pour le reste, tu as assumé tes choix avec beaucoup de courage et j’en suis très admirative. Il ne faut jamais oublier que les choix que nous faisons se font toujours dans un contexte et que les personnes qui jugent feraient mieux de se rendre compte qu’elles n’ont pas toutes les infos… A la jeunesse l’énergie, avec l’âge plus de sérénité (parfois) mais l’un dans l’autre on est pas meilleur, on se fait juste moins de mal à soi-même (parfois) !

    • Exactement!
      Et des fois je me dis que ces gens qui me jugent, qu’ont-ils fait de si merveilleux dans leur vie pour se permettre d’avoir un avis aussi critique sur la mienne? Des fois il faut aussi regarder chez soi et admettre qu’on ne fait pas mieux parce que les conditions sont meilleures…

  • Je te suis depuis peu … Quelle sincérité dans chacun de tes articles. Ce que tu dis, ce que tu exprimes ne ressemble à rien d’autre (je trouve : ). Tu as eu beaucoup de courage de partir si vite, avec une toute petite fille. Même si tout n’a pas été facile, tu as sûrement évité de mauvais épisodes … qui auraient été difficiles à vivre, pour ta fille et toi même. Tu peux être fière !

  • J’ai l’impression que Mouflette est juste arrivée au bon moment dans ta vie 😉
    J’admire ton parcours de lycéenne et d’étudiante avec un enfant… Et en plus, c’était des études de droit !
    Je me connais, je n’aurais pas pu être maman et étudiante en même temps, j’ai déjà du mal à avoir mes années sans enfant ^^
    Ton diplôme ne te sert peut être à « rien » aujourd’hui mais je crois vraiment en ta capacité à en faire quelque chose un jour prochain !

    • Nous verrons bien. C’est déjà une satisfaction de savoir que j’ai été capable de le décrocher… Et d’avoir su mener ça en parallèle de ma maternité. Et ça restera sans doute en moi, je sais ce dont je suis capable.
      J’espère que ça sera « inspirant » pour mes filles… Que ça leur montrera que tout est possible quand on s’en donne les moyens…

  • Superbe article. Ma maman m’a aussi eu à 19 ans et comme toi elle a fait seule.
    Et ta fille serait aussi fière des petites sœurs que tu lui a donné.
    J’ai eu ma fille à 28 ans et c’est pas pour ça que je suis une meilleure mère! On fait toutes ce qu’on peut et ce qu’on veut!

  • Quel récit. Ca fait du bien de lire ces mots et ça doiit donner un coup de fouet à beaucoup de gens. Je viens d’ailleurs de le partager à ma petite soeur qui subit les pressions de la famille parce que son mec et ce qu’elle fait ne semble pas rentrer dans des cases prédéfinies. Y’en a marre de ce genre de comportement et j’admire ton courage. Tu es une super maman.

  • Tu n’as absolument pas à avoir honte d’avoir bénéficié d’aides de l’Etat, tu en avais besoin et elles existent pour des personnes dans ton cas, c’est ça la solidarité ! Bravo pour ton parcours qui est loin d’avoir été simple, et bravo également pour ton courage, tu as pris une belle revanche sur la vie en obtenant tes diplômes, et je suis certaine que ton aînée se sent aimée et en sécurité avec toi. En plus elle a maintenant des sœurettes à chouchouter et sur qui compter ! Est-ce que ton ex-mari voit sa fille de temps en temps ou bien est-ce que vous avez définitivement coupé les ponts ?

    • Mouflette n’a pas vu son père depuis qu’elle a 3 ans, et ne le voyait déjà pas beaucoup avant…
      Mon mari l’a adoptée en 2011. Nous n’avons plus aucune nouvelle de son père qui n’a jamais cherché à la voir depuis plus de dix ans…

  • Ce qui me tue dans l’article que tu cites c’est le « un couple jeune est forcément moins stable »
    C’est pour ça qu’à 40 ans, après près de 15 ans de vie commune, mon ex m’a quittée ?
    Et plus largement, cette façon qu’ont certain(e)s de coller des étiquettes à tout le monde et de juger les gens ? Quel intérêt ?
    On ne fait jamais rien de bien de toutes façons, il y aura toujours des gens pour trouver à redire. On se marie trop tôt, trop tard, idem pour les enfants, et puis on est trop laxiste, trop sévère, on allaite trop ou trop pue…
    Bref.

    vivre sa vie sans écouter les qu’en diras t on c’est le mieux qu’on puisse faire (et aussi le plus difficile car on est toujours touché à un moment où à un autre par tous ces bien pensants).
    Chacun fait ce qu’il peut, comme il peut, au moment où il peut et c’est déjà pas mal.

    • J’avoue que j’ai du mal aussi avec les jugements comme ça.
      Je pense que le seul intérêt est de se rassurer. Avoir un jugement tranché ça permet de se dire que ça ne nous arrivera jamais, que ce que l’on fait est mieux et nous protège…
      C’est idiot mais j’imagine que C’est humain.

      Mais clairement ça n’aide pas!!

  • Ma maman a eu également bcp de remarques négatives : première grossesse à 19 ans, 5 enfants en 8 ans. Elle ne rentrait pas dans la case de la normalité. Nous avions des revenus modestes. Mais cette situation difficile me rend encore plus admirative de ma mère que j aime tant et qui a tant fait pour nous. Tu seras à n en pas douter un modèle pour ta fille car tu es une battante et une femme travailleuse, reprendre des études quand on a un enfant est tellement difficile. La normalité m emmerde profondément. Jusqu a récemment je ne voulais pas d enfant : ce n est pas normal. Finalement j ai changé d avis et je viens d en avoir un seul à 35 ans. Mais un seul n est pas la norme. Il faut en avoir deux ou trois. Sois fière en tout cas de ton parcours 🙂

    • Haha, moi aussi je trouve la normalité chiante dans ce qu’elle impose aux autres… Qui correspond à cette normalité finalement? En l’ayant choisi?
      Bon, plein de monde, mais au moins autant de gens n’y correspondent pas, et il y a plus de manières de ne pas correspondre à la norme que d’y correspondre finalement!

      Sinon, je suis fille unique, et je l’ai très bien vécu! 🙂 C’est chouette aussi d’être enfant unique!

  • Les gens ne réfléchissent pas à l’impact que peuvent avoir leurs mots …
    J’ai été maman à 29 ans, avec une fausse couche pendant ma 28ème année, année où certaines personnes jugeaient bon de dire qu’il serait temps etc .. et où on m’a même dit « certains ont des enfants, vous vous avez des animaux !!! » ça m’est resté en travers de la gorge … On ne dit pas ça à une femme de 28 ans – ni plus ni moins d’ailleurs – car on ne sait pas pourquoi on n’a pas d’enfant FC ? impossibilité d’en avoir ? volonté ?

    Bref, les gens jugent … mais ne savent pas !

    • 🙁
      J’ai aussi fait une Fc à 28 ans (et deux autres a 31…), et c’est déjà une épreuve bien difficile, les ens n’ont pas besoin d’en rajouter. Ils ne réfléchissent pas beaucoup en effet et c’est bien dommage.

  • Coucouuu! Fait longtemps que j’ai pas commenté. Fait longtemps que je suis pas venue aussi. Mais bon, j’ai eu une période de noel ovr booké, et j’ai encore un agenda de ministre jusqu’a Mai, alors… j’passe de temps en temps.

    « Profiter » du système français. S’il existe, c’est pour qu’il serve à quelqu’un, non ? C’est comme si y avait un gateau sur la table, avec des belles assiettes, et des cuillères en argent, et qu’on ait pas le droit de le manger. Ca sert à rien. On cotise exprès, en France, pour que les gens qui ont moins de chance que nous, puissent avoir de meilleures conditions de vie. Tu ne t’es pas servie dans nos impots pour glandouiller dans ton canap’. Tu as profité de la chance de pouvoir élever convenablement ta fille, et de pouvoir devenir la femme que tu voulais être. Et ça t’a reussi manifestement 😉

    Personnellement, je ne sais pas si j’en serais sortie la tête aussi haute que toi, d’élever un enfant seule à 20 ans. Il m’a fallu attendre d’avoir 27 ans pour avoir mon fils, et je me sens parfaitement bien comme ça. C’est pas plus facile, avec le mâle au chomage et ma mère à charge, mais je me sens bien, et on avance au fur et à mesure. J’ai plus de 40 ans d’écart avec elle, j’étais un bébé surprise, je suis arrivée dans une situation difficile aussi, mais elle ne regrette rien non plus. Et elle a passé son permis à 58 ans, alors.

    Un gros bisou, et je file lire le reste.

  • Je suis devenue maman à 20 ans. Par accident. J’ai décidé de continué mes études. J’ai décidé de quitter son père. Je vis de l’État. Je suis une assistée comme les gens disent. Je dors dans mon salon pour que ma fille ait sa chambre. Je me fais insulté en pleine rue et plus discrètement aussi. A la fac, on me méprise. Oui, c’est le mot. On me dit que je suis courageuse et admirable. Non, en aucun cas. Je subis la naissance de ma fille et je décide du peu que je peux du reste de ma vie. J’ai 22 ans, étudiante en 3ème année de Droit, seule avec un enfant. Ce n’est pas brillant, et à ne surtout pas mettre sur un CV.

    • C’est vraiment terrible…
      Les mentalités ont du se renforcer alors parce que si au quotidien les gens me jugeaient beaucoup, à la fac j’ai eu beaucoup de soutien de la part des profs mais aussi des autres étudiants, même si je le sentais en décalage.
      Enfin arrivée à Toulouse je suis devenue plus anonyme et les profs se foutaient de ma situation pour la plupart…
      C’est dommage cette image que l’on te renvoie car au contraire à 22 ans être en 3° année de droit avec un bébé, c’est brillant!
      Je sais malheureusement ce que tu ressens, j’avais 23 ans arrivée en 3° année et je me trouvais en retard et nulle…

  • Je découvre grâce à Millie un article plein de sensibilité et de force . Un vécu assumé sans regret et je partage ton avis la jeunesse nous donne la force de foncer et d’avoir le courage de tourner la page quand il le faut.
    Quant à ceux qui parlent .. ils n’ont que ça a faire.. laissons les à leur médiocrité

  • Et bien moi je te félicite d’avoir « profiter d’une société » qui te permettait de poursuivre tes études !
    Car , le résultat est à la hauteur de tes espérances!
    Et d’ailleurs, ce n’est pas « profiter », c’est « jouir » ….
    Quand je lis ton histoire, je me dis que notre France a raison d’aider ceux qui le demande . Et comme tu le dis, tu as poussé les bonnes portes !
    Bravo à toi.
    Mouflette te remerciera plus tard, quand elle sera en age de tomber amoureuse serieusement, d’avoir quitter « ce mari violent par les mots et de plus en plus par les gestes » !
    Bravo à toi, tu as su faire TOUS les bons choix qu’il fallait !

  • J’ai 23 ans, deux enfants d’âge rapproché, et je ne travaille pas. Enfin, pour les cases des papiers administratifs, je ne travaille pas. Dans le miroir en revanche, je vois bien ma tronche à huit heures du matin, quand il faut aller changer la première couche de mon patron, et servir un bol de céréale à sa secrétaire, je vois bien que je travaille.

    J’ai 23 ans et deux enfants, les préjugés me mettent le cœur en bouillie, mais j’ai la carapace dure et la langue pas timide. Déjà c’est dur, quand on a l’armure, mais quand on l’a pas, j’imagine pas.

    Ton parcours force l’admiration.

  • Ton article me touche beaucoup, je suis moi-même jeune maman à 22 ans, encore en études et à 3 ans de mon diplôme. Fort heureusement, mon conjoint subvient à nos besoins mais j’affronte tout ce que tu racontes dans cet article, à savoir les jugements, les avis et la désapprobation. Et comme toi je suis trop sensible et je laisse les remarques me blesser.
    Mais je pense que nos enfants sont notre plus belle force et c’est pour mon tout petit bébé (déjà 4 mois) que j’ai mis un point d’honneur à réussir brillamment mes études.

    Bravo d’avoir abordé le sujet, j’espère avoir une famille aussi belle que la tienne 🙂

  • Très bel article, super touchant ! Je suis aussi une jeune maman, mais je n’ai pas du tout vécue dans les mêmes conditions que toi. Je suis vraiment admirative par ton parcours et te souhaite que du bonheur avec tes enfants !

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