24 heures de la vie d’une grosse

Cela fait un peu plus de dix ans que je suis grosse. Si j’ai connu les quolibets et les railleries à l’école, au collège puis au lycée, ce n’était pas à cause de mon embonpoint. Je n’ai pas grandi en me faisant moquer pour mes rondeurs, j’étais plutôt normale. Et c’est d’autant plus inquiétant, parce qu’alors que tout à fait dans les normes, j’ai commencé mon premier régime vers 10 ans, j’étais encouragée dans cette entreprise par mon entourage.
Je me souviens encore de ce médecin, vu pour des migraines incessantes (je suis migraineuse depuis aussi longtemps que va mon souvenir) qui m’a dit, alors que j’avais un taux de cholestérol anormalement haut (j’apprendrais des années plus tard que le cholestérol est naturellement très élevé chez les enfants, même en parfaite santé), qui m’a asséné « Tu dois maigrir et faire attention à ton poids, sinon, à 30 ans, t’es morte ». Cela reste une blessure profondément ancrée puisque j’en parle encore, près de 25 ans plus tard… J’étais normale, mais déjà trop grosse. Etrange!

J’ai vraiment grossi vers 23 ans, quand j’ai pris pleinement conscience des événements dramatiques de mon enfance. 30 kilos en moins de 6 mois, la métamorphose. J’ai ressenti une honte indicible de ce corps devenu si encombrant. J’ai vécu des années en le rejetant, le maudissant, le détestant… Je haïssais mon corps, cette entrave, cette affiche horrible de moi.
J’ai mis du temps avant de m’accepter, enfin… Et ma vie a changé ce jour où j’ai décidé qu’être grosse ne devait pas m’empêcher d’être heureuse et de vivre pleinement ma vie… Que je ne devais pas attendre un hypothétique amaigrissement pour être, tout simplement.

Des situations délicates, autrement appelées « grossophobie », j’en ai connu pas mal. De la « copine » qui vient me demander si je compte me reprendre en main? Un camp pour obèse peut-être? Des copines me proposant en toute amitié (et je les crois sincères) de me faire poser un anneau. Des gens qui soupirent en me voyant arriver dans l’avion. De la ceinture Easyjet trop petite qu’il faut étendre pour pouvoir la fermer. Le monde n’est pas fait pour les gros. Je le comprends très bien, on ne peut pas s’adapter aux extrêmes, on s’adapte au plus grand nombre… Ce n’est pas forcément juste, mais c’est compréhensible.
J’ai connu des remarques pendant mes grossesses « votre bébé risque d’être très gros! » « on va surveiller votre taux de sucre, vous êtes plus sujette au diabète » « Je n’arrive pas à bien voir votre bébé, vous avez une peau trop épaisse… » Des petites vexations quotidiennes… Ne pas savoir si on va rentrer dans le fauteuil que l’on nous tend. Ne pas savoir si le vélo qu’on nous propose va supporter notre poids. Est-ce que je vais réussir à attacher cette ceinture de sécurité? Est-ce que cette chaise est assez solide pour me supporter?
Les questions que l’on s’est permises de me poser sur ma silhouette « tu es grosse pourquoi? » « comment as-tu grossi? » « comment peut-on prendre autant de poids en si peu de temps? » « Dites donc, elle vous a laissé des kilos cette grossesse, ça va être dur de les perdre! » Ceux qui s’intéressaient à moi, avant, et qui ont changé de trottoir quand ils ont su que j’étais devenue grosse.

Autant de petites blessures.

Et j’ai décidé de ne pas être une victime, de m’imposer avec bonne humeur, de ne plus interpréter les signaux négatifs comme des attaques personnelles. Désormais, quand quelqu’un soupire quand il comprend que je vais m’asseoir à côté de lui dans l’avion, je me dis qu’il soupire peut-être pour complètement autre chose. Je ne suis pas naïve, il y a de grandes chances qu’il soit mécontent qu’une grosse vienne envahir son espace… Mais tant que ce n’est pas clairement formulé, je fais comme si je n’avais rien remarqué, grand sourire, je ne m’excuse pas d’exister et d’être comme je suis.

Je vais à la piscine. J’appréhendais tellement les regards, les remarques, les insultes même… Et finalement, rien. Je vais à la piscine, au bord de la mer, avec mon maillot de bain qui ressemble à un parachute, et je vois certains regards insistants, mais je fais comme s’ils regardaient derrière moi. J’enfouis ma parano et je cherche une autre explication, je tourne les yeux et je ne fais plus attention.
J’ai le droit d’être là autant que les autres, je conçois que la vue de mon corps difforme indispose, mais je ne m’empêche pas de vivre pour autant.

L’année dernière, j’ai maigri un petit peu, et j’ai vu les regards changer. Je suis la grosse qui veut maigrir, la grosse qui veut cesser d’être grosse, on m’encourage, on me regarde comme si je faisais presque partie des gens normaux. Le surpoids est toujours sujet à discussion… Mais je prends le positif parce que je sais que la plupart des gens sont bienveillants.
Mais quand une remarque est déplacée, je le fais remarquer, généralement avec mauvaise humeur parce que je n’ai pas encore appris la diplomatie. Je ne subis plus.

Je suis un peu moins grosse mais toujours obèse au stade 2. Au quotidien, comment cela se traduit-il?
J’ai encore 28 bouteilles d’eau en trop à me trimbaler partout. Je vous laisse vous imaginer avec 28 bouteilles en trop. C’est lourd! Je suis essoufflée dès que je monte un escalier. Je peine à me baisser, quand un objet tombe, j’espère toujours que quelqu’un va le ramasser à ma place… Quand je m’assieds par terre, je sais que je vais avoir un mal fou à me relever, que cela sera ridicule. J’ai toujours peur que l’on se moque de moi (alors que concrètement, cela n’arrive presque jamais). Je culpabilise x1000 quand je m’achète un truc jugé « pas pour moi » parce que j’ai le sentiment qu’une grosse qui s’enfile une religieuse, c’est mal vu. Mais j’essaye de taire mes à priori… Tant qu’il n’y a pas de remarque, je ne projette rien, je ravale mes propres auto-rancoeurs…

J’ai cessé de m’en vouloir d’avoir grossi. J’ai cessé de penser que c’était de ma faute. J’ai grossi à cause d’événements que j’ai subi, indépendamment de ma volonté. Je ne suis pas responsable des modes de protection que mon inconscient a mis en place. Je vis nettement mieux mes « rondeurs » depuis que j’ai établi ce constat. Je pense néanmoins que je suis responsable de la manière dont j’interprète les signaux que me lancent les gens. Bien sûr, certains sont malveillants et veulent me blesser, mais j’ai décidé de faire abstraction des insinuations désagréables… Parce que ça me protège. Penser que quelqu’un ne m’apprécie pas parce que nous n’avons pas d’atomes crochus est plus facile à vivre que de me dire que mon embonpoint est un frein. J’ai décidé qu’il n’en serait pas un. Mais cela me demande beaucoup d’énergie! Faire comme si je n’étais pas grosse, c’est monter les escaliers et ravaler mon essoufflement, pour garder bonne figure, c’est rester debout dans le métro pour ne pas risquer de prendre trop de place sur un siège et pour montrer que je suis dynamique. C’est finir la journée sur les rotules mais refuser de m’affaler dans le canapé parce qu’être gros n’est pas censé être un handicap.

Ca en est un pourtant. J’ai une épine dans chaque talon, un calcaneum ça s’appelle, qui ont poussé un an ou deux après ma prise de poids. Ca fait TRES mal. Au fur et à mesure des années, ça fait moins mal, je peux marcher sans les sentir avec des semelles adaptées, mais si je marche trop, la douleur se réveille… Marcher trop? Environ 10/12 000 pas… 6/7 kilomètres quoi… Je marche tous les jours trop.
Mes genoux sont en compote. Je ne parle même pas de mon dos. 28 bouteilles d’eau en trop, plus de 4 packs d’eau sur le dos en permanence, tu m’étonnes qu’il morfle!
Parfois, à la fin de la journée, dans le bus, je paierais pour pouvoir m’asseoir tant mon corps se rappelle douloureusement à mon bon souvenir… Mais quelle légitimité ai-je à demander une place à un petit jeune? « Bonjour jeune homme, je suis grosse, pourriez-vous me laisser votre place? » Hahaha! Alors on reste debout, mes 28 bouteilles d’eau et moi, avec deux mômes dans leur poussette et une assise derrière (oui parce que je laisse la place à ma fille, quand même!)

J’ai appris à vivre avec ce corps trop gros, avec cette souffrance physique, je ne subis plus la douleur morale parce que je m’y refuse, ça m’oblige à faire une sorte de déni des réflexions à peine masquée et même quand les gens sont désagréables, volontairement ou non, ça ne m’atteint plus, comme si mon esprit était devenu imperméable. Le mal être se traduit autrement, plus tard.

Malgré tout, j’ai envie de maigrir, de ne plus me poser toutes ces questions, de retrouver une forme normale, dans tous les sens du terme, de ne plus être obligée de balayer les regards parce qu’il n’y aura plus de regard, devenir normale, ne plus être prisonnière d’un corps que j’ai bien trop peu respecté.

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56 Discussions on
“24 heures de la vie d’une grosse”
  • Bonjour, je te lis depuis plus d un an mais sans laisser de commentaires. Je te comprends car moi aussi je porte en permanence 20 bouteilles en trop. C est lourd aussi physiquement et psychologiquement. J ai vécu les mêmes remarques que toi. Comment le vis ton conjoint? Le mien est parfois très maladroit sur le sujet même si je sais que ca part d une bonne intention.
    Je te souhaite, avec l aide de la psy spécialiste du GROS d arriver à te délester de ces bouteilles.

    • Le mien a été très maladroit au début, cela a été source de nombreuses discordes… Mais cela va mieux maintenant.
      On fait avec, lui comme moi, mais je ne peux qu’imaginer à quel point c’est lourd pour lui aussi, car cela reste un handicap… Je ne peux pas le suivre partout à cause de mes douleurs, de mon embonpoint. J’essaye de me taire, de souffrir en silence, mais je sais qu’il s’adapte aussi…

      J’ai trouvé une diététicienne du GROS à Toulouse, elle n’est pas psy (j’en vois un à côté, pas spécialisé là dedans), mais je crois qu’elle m’aide. Je ne l’ai vu que 3 fois pour le moment…

  • J avais envie de laisser un petit commentaire,t envoyer un grand soleil, un sourire, dire à quel point je me suis reconnue en grande partie dans tes mots , les regards malveillants pseudo bien pensant « c est pour ton bien, tu crois pas que tu devrais arreter de t empiffrer c est pour ta santé quand même. .. » !!!!???non mais je m empiffre même pas …bref
    Les normes societales de l » acceptable » changent selon les epoques …avant c etait les rondes les plus sexy
    J ai appris à etre en paix, je ne juge plus personne, je laisse glisser . . Et je t envoie pleins de belles ondes bienveillantes

  • Moi je dis respect!!!!!!
    Grosse et au régime depuis 20 ans….. Je n’ai jamais réussi à être heureuse dans ce corps.
    Je me suis empêchée de vivre pendant des années, toujours peur du regard des autres, des moqueries, peur de ne pas être à ma place…… Peur d’imposer ce corps que moi même je ne supportais plus !!!!
    Donc il y a deux ans j’ai craqué et j’ai opté pour la chirurgie…… Je me sens mieux…
    Mais je n’en suis pas fière pour autant…..
    Je le vis un peu comme un échec….
    Échec de m. accepter, échec des régimes….
    Enfin bref bravo à toi

    • Il est un peu exagéré de dire que je suis heureuse « dans mon corps » disons que j’ai décidé que cela ne m’empêchera pas d’être heureuse « à côté »…
      Et j’essaye aussi d’avoir de l’indulgence pour ce corps qui n’y est pour rien…
      La chirurgie n’est à mon sens pas un échec et je ne suis pas à l’abri d’y avoir recours un jour… La chirurgie est un choix, une décision courageuse. Et l’essentiel, c’est que vous alliez mieux, focalisez là-dessus et demandez vous pourquoi c’est possible: parce que VOUS avez décidé de prendre les choses en main, prendre soin de vous, d’une certaine manière. Vous pouvez être fière de vous, la chirurgie n’est pas une étape facile…

  • Merci … 🙂
    Ton billet fait écho en moi, ma prise de poids est arrivée au même^âge que toi, mais pas pour les mêmes motifs, par contre je ne m’accepte toujours pas, j’essaye de mon mieux de faire fi des réflexions regard et autres. Mais ça me pèse, ce sentiment en permanence de ne pas être à ma place de déranger … un combat qui n’est pas fini …

    • Ho je n’en suis pas à m’accepter non plus, n’exagérons rien… Disons que je me « force » à vivre malgré tout, à penser que je ne suis pas moins respectable, moins méritante, moins légitime… Mais c’est un effort. Un effort en plus de tous les autres efforts que j’ai à faire chaque jour pour faire la même chose que les autres!

  • C’est bizarre parce que quand je vois ta photo, je n’ai pas l’impression que ça aille avec ce que je lis. Je vois une femme normale. Enfin, un peu en chair du popotin :’) mais harmonieusement proportionnée.

  • Ton message est très touchant. Je ne partage pas ton vécu, mais je peux imaginer ce que tu dois endurer, et j’ai peut-être même déjà eu des mots qui se voulaient gentils mais qui ont blessé. En tout cas, ce qui me fait réagir ici c’est que tu ne parles pas du regard de tes enfants et de ton homme. Car ce qui nous rapproche, nous les femmes, quelques soient nos complexes et nos différences physiques, c’est le manque de bienveillance que nous avons pour nous-mêmes. Je suis sûre que tes enfants te voient avec les yeux de l’amour, et ce regard j’espère te redonne de la valeur.

    • Si cela peut ouvrir les yeux de ceux qui sont « à l’extérieur » du problème, alors ça me fait plaisir.
      Les mots blessants qui se voulaient sincèrement bienveillants, on les supporte, je te rassure. La maladresse n’est pas dramatique.
      Malheureusement beaucoup se savent blessants et s’en fichent…

  • Tu as raison d’être plus bienveillante avec toi ! Alors, oui, tu as des kilos en trop mais je sens en toi la battante qui va les dégommer (plus ou moins vite, mais ça, c’est pas grave) Sache que ton projet fonte des glaces m’a motivé pour mon projet fonte des glaces perso alors merci

  • Tu vois , quand on te dit que tu es jolie !
    Le charme ce n’est pas une question de poids !
    Je déteste les photos des mannequins trop maigres que l’on voit dans les magazines, c’est atroce . Bon faudrait trouver un juste milieu . Descendre de quelques tailles est mon souci aussi . La nourriture , le plaisir de manger des bons plats , ce n’est pas rien , ça réconforte parfois …
    je te souhaite de trouver ta solution , moi la mienne . je te tiens au courant , je vais voir une dieteticienne !

    • Merci!
      Je vois une diététicienne depuis début janvier. Cela me fait beaucoup de bien. Je n’ai pas perdu grand chose mais j’avance dans l’acceptation de mon corps, de son fonctionnement… 🙂

  • Coucou !
    Comme l autre commentaire quand je te regarde sur cette photo ou les autres on ne peut pas imaginer la souffrance que tu endures. Je ne vois pas non plus dans ce miroir quelqu un de difforme. Oui tu es bien ronde, mais quelle serait la légitimité des autres d être assis dans le bus et pas toi ? Quelle serait leur légitimité de manger une religieuse et pas toi ? Tu as 4 beaux enfants, en pleine santé alors ce corps jugé trop gros par la société a toute sa légitimité !
    Tu es belle !
    Ne t occupe pas des autres ! Facile à dire je sais .
    Bisous
    Une fille qui a 2 packs d eau sur le dos

  • Tout pareil. Trop de poids, même taille. Parcours (très) difficile enfant qui remonte à 20 ans. Rapport au corps difficile alors qu’avec les photos que je regarde aujourd’hui avec du recul je me dis que non, c’est le regard des autres le problème. Les réflexions pendant la grossesse, sauf de ma sage-femme. Pas de régime par contre. Jamais. Et aujourd’hui 28 bouteilles d’eau en trop et parfois la honte de me dire que ma fatigue n’est liée qu’à ça. que porter 28 bouteilles d’eau en plus chaque jour ce n’est pas facile. Peur qu’on me dise que c’est un choix si j’ai l’audace de me plaindre, alors que bon… Même envie aujourd’hui de vivre. juste être et faire ce qui me convient. bon courage à toi <3

    • Bon courage également.
      Les à priori sur le surpoids sont terriblement culpabilisants… Comme si on le faisait exprès, comme si c’était « juste » un manque de volonté… C’est difficile à porter, ce dédain…

  • Bravo pour cet article ! Je crois que les gens voient ce qu’on veut bien leur montrer. Et depuis que je leur montre que je suis heureuse, ils ne s’arrêtent plus autant à mes kilos en plus.

  • Bonjour, j’ai la cinquantaine et je fais partie de ceux et celles qui ont galéré toute leur vie dans le domaine du poids, avec des prises et des pertes que je ne savais pas gérer, et une panique intense en permanence. Il y a un an j’ai (vraiment) décidé de maigrir et j’ai commencé par stopper net les aliments sucrés (sauf les fruits), le pain et les pâtes, pendant 6 mois environ. Depuis je n’ai plus aucune de ces crises de boulimie qui me submergeaient, j’ai recommencé à consommer des céréales, en contrôlant les quantités, et je n’ai plus aucune envie de sucreries. J’utilise une astuce que m’avait jadis donné un médecin : je note tout ce que je mange, aujourd’hui des applis rendent cela beaucoup plus facile, et quand on ne peut pas se fier à sa gourmandise ou à son appétit c’est une aide précieuse. Pour la première fois de ma vie je n’ai plus peur car je n’ai plus l’impression que le poids enfle ou diminue par magie, c’est juste ce que je mange qui le détermine. J’ai beaucoup maigri, ce n’est pas une fierté mais un soulagement, pour des questions de santé. Je vous souhaite d’être bien, confortable dans votre corps comme dans votre tête, et d’être heureuse !

  • Ahah les gens et leur pseudo bienveillance, aujourd’hui je dois faire environ 95 kg pour 1,69 ce qui me place donc selon l’imc en situation d’obésité modérée et sincèrement oui j’aimerais maigrir par pour le regard des autres mais pour moi, parce que oui ça a des conséquences sur notre santé, sur notre capacité à pouvoir apprécier certaines activités. En ce qui me concerne il y a quelques années de ça, j’avais réussi à maigrir sans vraiment m’en rendre compte même si depuis les kilos se sont bien réinstallés. Bref dans mon cas, c’est essentiellement lié à mes émotions mais revenons à nos moutons. A cette époque où j’étais stabilisé à environ 75 kg environ, en surpoids tout de même mais réconcilié avec mon corps et tellement heureuse de pouvoir m’habiller dans les enseignes de prêt à porter lambda sans l’angoisse de savoir si je vais pouvoir fermer ce pantalon. Et à cette même période j’ai rencontré une amie pas méchante mais tellement débile sur ce coup là qui m’avait demandé si je ne voulais pas faire un régime parce que tu serais quand même mieux si tu pouvais rentrer dans du 36. Ce à quoi j’avais bien évidemment répondu non je me sens très bien comme ça.
    Ce n’est pas de la bienveillance que de vouloir imposer ses propres standards aux autres, c’est au mieux de la bêtise et au pire une personne qui a pour but de blesser. Si les autres ne supporte pas de regarder ce corps gros, c’est leur problème pas le tien. On a trop souvent tendance à se mettre des barrières ou s’imposer des objectifs en fonction des autres. Quelque soit son poids l’important c’est de se sentir assez bien et épanouie dans son corps et dans sa tête pour avancer et se faire plaisir. Bon courage dans ta démarche d’amaigrissement mais la normalité c’est à toi de la définir pas les autres y compris les médecins qui ne sont pas toujours très sympa.

  • Moi aussi j’ai un soucis d’aponévrosite plantaire avec épine calcanéene, j’éssaie de perdre du poids pour me soulager mais c’est dur dur.
    Les réflexions je les ais aussi
    et moi vue que je me déteste je ne m’apprécie pas et quand un homme me dit que je suis jolie, je ne le crois pas et je réfuse toutes histoires d’un soir car je me trouve laide et que quand le mec me verra en vrai il déchantera direct.

    J’ai aussi perdue un peu en 2016 , 10kg a peu près mais la je galère je perd plus.
    Je voudrai faire un peu de sport pour m’aider mais la douleur au talon est tellement forte après mes journées de travail que songer au sport non merci.
    cercle viscieux du coup

    Bon courage miss pour ce combat qui est loin d’être facile.

    • Je comprends… J4ai du mal à croire ceux qui me disent que je suis jolie aussi…
      Et le sport après une journée, clair que c’est beaucoup trop dur avec ces douleurs au talon. Qu’est ce que c’est pénible ce truc!

  • Hé mais tu ne t’es jamais dit que si les gens te regardent avec insistance c’est parce qu’ils se demande quelle célébrité tu peux bien être ? ! Après tout avec ton blog tu est une quasi star !
    Bises

  • Un petit message pour te dire tout d’abord que je ne te trouve pas grosse. Tu as des rondeurs et j’ai du mal à comprendre que cela puisse déranger les autres à ce point. Mais surtout, je trouve ton article plein de bon sens et de bienveillance et j’espère qu’il aidera d’autres femmes (et même d’autres hommes) à se sentir bien dans leur corps qui est source de jugements extérieurs. J’ai pris une 20aine de kg à l’approche de mes 20 ans, un problème de thyroïde a priori, et presque 6 ans plus tard je ne les ai pas perdu. J’ai eu du mal à me faire à ce corps, à cette impression de ne pas être dans la norme, à être essoufflée quand je monte les escaliers. Aujourd’hui évidemment que j’aimerai perdre ces kg superflus, mais j’essaye de tout faire pour me sentir bien dans mon corps. En 2016 j’ai pris comme résolution de ne plus porter que des robes, et je me sens beaucoup mieux comme ça. J’ai l’impression d’être plus féminine, je n’ai plus cette sensation désagréable d’avoir le ventre coupé par un pantalon trop juste après une journée assise au bureau, et surtout j’ai trouvé des modèles qui me mettent en valeur. Chacun ses solutions pour s’assumer, pourvu que ça marche ! Sur ce je vais découvrir ton blog que je ne connaissais pas, et je te souhaite une excellente fin de journée et surtout beaucoup de bonheur, avec ou sans tes kg 🙂

  • Comme une autre fille a dit, sur la photo tu ne sembles pas obèse ! Vraiment, bien en chair au niveau des fesses mais normale sinon.

    Ça paraît peut-être rien à côté de toi mais j’ai pris une quinzaine de kilos en moins d’un an et je le vis mal. Je ne suis pas obèse mais d’après mon IMC je suis en surpoids et je le vis très mal. Mon chéri et moi avions un projet de grossesse qu’on a dû annuler pour causes personnelles et depuis j’ai un ventre de femme enceinte, j’ai toujours été ronde du bidou mais je ne supporte plus de me regarder… J’ai même du mal à supporter l’entendre me dire que je suis belle.

    Comment as-tu réussi à vaincre ce dégoût de toi ? C’est peut-être énervant d’entendre cela de personnes moins grosses que toi, je te demande de pardon d’avance, mais autour de moi j’ai l’impression de ne voir que des top modèles, c’est dur à supporter et difficile de parler de ça autour de moi…

    • Tu sais, je me sens mieux aujourd’hui avec mes 50 kilos de trop que lorsque j’en avais « 3 à perdre » alors je crois que ce n’est pas une question de chiffre mais de bien-être… 15 kilos, évidemment, cela me paraît peu, mais je sais à quel point un changement de corps, même « pas si grave » peut avoir un impact terrible. Alors non, ta question ne me choque pas ni ne me blesse, rassure toi.
      J’ai réussi à vaincre ce dégoût (pas encore tout à fait, mais ça s’est vraiment amélioré) en lâchant prise… En comprenant aussi d’où me venait cette haine de mon corps et ainsi apprendre à être plus bienveillante envers moi-même. Et en acceptant aussi que mon corps n’y est pour rien, que je dois arrêter de me/le détester…
      Notre corps est un compagnon de route précieux à qui on a donné une charge trop lourde à porter au quotidien… Il n’y est pour rien. J’ai pris du poids pour montrer que j’avais un fardeau énorme (inconsciemment évidemment) et je sais que c’était une étape nécessaire à ma guérison, même si ce n’est pas agréable. C’est un signal, la prise de poids, bien souvent (quand elle n’a pas de cause médicale). Tu as reporté ton envie de bébé et bam, tu prends 15 kilos qui vont tous dans le ventre? Ton corps et ton esprit semblent te parler… Tout rentrera probablement dans l’ordre lorsque tu auras fait le deuil de ce projet bébé ou lorsqu’il sera remis sur le tapis. Je te le souhaite. Ou la cause est plus profonde et je te conseille de te faire accompagner par un psy pour savoir de quoi il s’agit, afin d’aller mieux. Je dis toujours « quand on a un rhume, on va chez le docteur » pourquoi alors prendre à la légère les soucis psychologiques? Alors que des personnes compétentes peuvent nous aider à aller mieux parfois très rapidement! 🙂
      Bon courage à toi!

  • 24h dans la vie d’une grosse, c’est pas simple. C’est se battre pour faire taire les préjugés. C’est se battre contre soi pour sortir de sa coquille et oser affronter le monde et les personnes (pas toujours très sympa). C’est se faire mal pour essayer de combattre ces démons. C’est construire sa vie malgré les préjugés. C’est avoir envie d’avoir des enfants malgré ses kilos en trop.

    • C’est ça… Et je suis une grosse très chanceuse, pas d’infertilité, mes enfants sont en bonne santé (comme quoi, c’est aussi possible!) et le regard porté sur moi n’est pas toujours très sympa, mais je me rends compte que les barrières viennent surtout de moi… Parce qu’au final, gros, trop maigre, trop grand, trop noir, trop voilé, les gens ont toujours des jugements sur l’apparence de ceux qu’ils croisent, et être gros n’est pas le pire en terme de rejet social, j’imagine…

  • Merci d’avoir partagé ça avec nous.

    Je ne suis pas grosse, je ne l’ai jamais été, donc j’avoue avoir du mal à me projeter dans ce quotidien ou tu batailles, ou les autres sont … Doués de méchanceté.
    J’ai pris du poids une fois. 8 kilos. Et mon grand-père a dit à toute ma famille, devant moi : « Elle va continuer de grossir c’est sûr, et dans un an, on ne la reconnaitra plus. » C’était particulièrement blessant. Parce que je culpabilisais déjà de ce poids que j’avais pris en peu de temps pour une raison qui m’échappait. Un gros mal être que je calmais en mangeant et des hormones toutes détraquées.

    Ma mère a été grosse, longtemps. Ca a commencé pour ses 23 ans aussi, après ma naissance. Alors qu’avant, elle était toute menue. Elle l’est restée 20 ans. Aujourd’hui, elle a perdu pas mal de poids mais reste enrobée.

    Pourquoi je te dis ça ? Parce que je l’ai toujours sentie honteuse et gênée par son corps, au quotidien, sans qu’elle le verbalise.
    J’en ai pris toute la mesure lors d’un jour d’été, où nous étions tous en famille pour un anniversaire.
    Elle était partie dans la cuisine, et elle était revenue, triste, retenant ses larmes. Je suis allée la voir et lui ai demandé ce qui n’allait pas. Elle a hésité puis ma dit « Ta tante vient de me dire : Faut que tu fasses quelque chose, regarde-toi, on dirait que tu es enceinte de jumeaux ! » … Ce n’est pas la première fois que ma tante l’attaquait là-dessus. C’était d’autant plus étrange que ma tante avait été grosse, et qu’aujourd’hui, elle est .. Vraiment maigre.
    Ma mère a encaissé le coup avec beaucoup de douleur, et ma rage a explosé.

    Comme quoi, les gens qui se permettent le plus de méchanceté sont les plus intimes …

    Ma mère est contente aujourd’hui de perdre du poids et tout le monde l’encourage. Ca se voit à chaque fois que je la revois, alors je lui dit. Ca a l’air de lui faire plaisir, mais je ne voudrais pas qu’elle pense que son poids est l’élément déterminant de sa personne …
    Ton article me fait prendre conscience de ça.

    Il est vrai qu’à la plage, mon regard se porte sur les personnes larges. Ce n’est pas méchant, mais c’est un sale automatisme, et quand les regards sont appuyés, ça devient une agression pour l’autre. Malheureusement, juger, c’est très facile.

    Le monde n’est pas fait pour les gros, et je le comprends. Il n’est pas fait pour les gauchers aussi, et en tant que telle, je galère vraiment avec mes façons de gauchères tous les jours de ma vie. Mais le comportement des autres ne doit pas être ce qu’il est : horrible. Les personnes qui soufflent en te voyant arriver dans l’avion, sérieusement ? Quel profond manque de respect, comme si tu pouvais ne pas le remarquer … !!

    Tu as raison de faire comme si tu n’avais rien vu. Ca te protège et ça te déculpabilise. Parce que non, tu n’as pas à culpabiliser de ce que tu es, et de ton corps. Non, tu n’as pas à te retenir de manger une pâtisserie dans la rue, bien sûr que non.

    Je te souhaite le meilleur pour la suite.

    • Tu sais, quand on maigri, on est vraiment heureux que cela se remarque, alors continue de la féliciter. Mais en effet, cela ne doit pas être ce qui la définit. Elle n’est pas « grosse ou mince » elle est une femme, une maman, une personne avec une personnalité aimable, indépendamment de son poids. Et ça, tu sais très bien le voir, je suis certaine qu’elle sait que tu l’aimes pour ce qu’elle est et que sa perte de poids n’a aucune incidence.
      C’est ambigü, ce qui se passe dans la tête de quelqu’un qui maigrit, on veut que les gens le remarquent, et à la fois, c’est inquiétant, trop de compliments, car cela donne un certain message « alors si je re-grossi, je ne serai plus aimable? »
      Mais juste le remarquer, féliciter discrètement mais sincèrement et passer à autre chose, ne pas en faire le sujet de discussion favori, cela me semble très sain, respecteux et parfait, comme réaction! 🙂
      Ma fille trouve souvent les bons mots pour me rassurer et cela compte beaucoup pour moi, ses encouragements. Je la sais sincère et aimante et c’est très gratifiant l’intérêt qu’elle me porte! 🙂

  • Et pour en revenir à ce que disent les autres commentaires … Quand je vous la photo, je ne vois absolument pas une grosse. De la même manière que je n’ai jamais vu ça en regardant ma mère. Des femmes comme toi, on en croise tous les jours !

    • Le miroir m’amincit, et la photo a été prise quand j’avais 10 kilos de moins (j’ai eu la flemme et aussi un peu honte de me reprendre en photo aujourd’hui, c’est un tort…) Mais oui, des gens gros, il y en a partout!

  • Jai la chance de ne plus avoir de problèmes de poids (25 bouteilles de vidées ) mais comme j’étais encore très jeune au moment de ma perte de poids j’ai surtout eu la grande chance de ne pas me rendre compte à quel point le monde est inadapté pour les gris. Je trouve scandaleux que les ceintures de sécurité soient trop petite par exemple. Comme si les gens gros n’avaient pas le droit d’être là. Comme s’ils ne comptaient pas. Je te souhaite du courage dans ce monde tristement standardisé et d’être toi avec tes 28 bouteilles ou sans. Être heureux n’est pas une question de poids, enfin j’ose encore l’espérer. Des bisous

  • Bonjour, je découvre ton blog et cet article que j’ai beaucoup aimé lire. Peu de gens osent parler de leur poids, qu’ils soient homme ou femme et quand ils le font à ta manière, je ne peux que l’encourager! A vrai dire, je suis l’extrême opposé morphologiquement. Élevée dans une famille où la nourriture a une place très importante, j’ai toujours beaucoup mangé, voir trop, mais ne prenant jamais de poids et ayant un physique très mince. De mon côté, à 27 ans je ne mesure que 1m54 et ne pèse que 47kg. Dernièrement, j’ai même perdu du poids et me suis retrouvée à 45kg! A mon âge, je fais 10 ans de moins et on me confond avec les lycéennes, professionnellement, c’est pas facile quand on s’adresse à votre stagiaire plutôt qu’à vous et personnellement, se faire parler comme à une gamine alors qu’on a le même âge ce n’est pas mieux… Sur la plage, j’ai toujours été très pudique et me mettre en maillot me gêne aussi, là, les regards peuvent aussi être gênants, qu’ils soient envieux ou déplacés… En famille ou entre amis, on me demande sans cesse si je mange à ma faim et quand je me retrouve à manger plus que tout le monde à table on m’envie et me jalouse de ne pas prendre 1kg et si j’ai le malheur de manger normalement ou un peu moins parce que pas forcément faim, on pense que je ne mange pas assez ou que je suis anorexique! De mon côté, ma taille et mon poids créent d’autres problématiques de la vie de tous les jours: j’ai régulièrement des baisses de tension et des étourdissements si je ne mange ou boit pas assez (du coup parfois je dois me forcer à manger même si je n’ai pas famim, quitte à être malade), je suis trop petite pour faire de la moto, je n’arive pas à atteindre le haut de mes placards sans un tabouret ou mon conjoint, les sièges dans les roller coaster sont souvent un peu grands et j’ai toujours peur de voler dans les airs…. Bref, je crois que peu importe son poids et sa morphologie, il y aura toujours des gens pour critiquer, juger, envier, ne pas comprendre, interpréter, etc… et c’est là où j’aime ton article: inutile de se fier au regard des autres, il fait s’aimer et s’accepter tel que l’on est car c’est le seul moyen d’être heureux! Chaque morphologie a ses problématiques et s’il ne s’agit pas de la notre, nous sommes alors très mal placés pour juger ou envier car derrière cet autre se cachent peut-être certains avantages mais aussi d’autres problèmes…

    • Je n’imaginais pas les problématiques que pouvaient représenter le fait d’être trop mince… C’est vrai que quelle que soit notre morphologie, à partir du moment où elle est sujette à critique, c’est vraiment pénible. J’ai le sentiment que les femmes sont beaucoup plus sujettes aux jugements que les hommes, mais la vie ne doit pas toujours être simple pour un homme trop petit, en fin de compte.
      Dès que l’on sort de « la norme », de toute manière, et quelque soit le domaine, les gens se permettent de juger ce qu’ils ne connaissent pas, ce qui leur fait peur.

  • Ton post m’a beaucoup touchée, on sent tellement que tu as souffert… Et tu mets le doigt sur ce qui est le pire à mon sens : une grosse doit obligatoirement avoir envie de maigrir sinon elle mérite le bûcher ! Tu n’as pas le droit d’être grosse et en plus de t’accepter comme comme tu es, je ne sais pas pourquoi les gens voient la grosseur comme quelque chose d’anormal ou de honteux, c’est ce qui me choque le plus ! En même temps quand tu es trop mince les réflexions fusent aussi même si elles restent moins désagréables, je trouve que ça reste déplacé. Je ne te raconte pas le nombre de fois où j’ai entendu pendant ma grossesse que j’étais belle avec mes kilos, parce qu’avant j’étais trop maigre. Les gens se sont sentis le droit de se lâcher sous prétexte que j’étais enceinte, mais de quoi je me mêle en fait ?

    • Dans ton cas, très honnêtement, je pense que c’est de la jalousie… Tu es superbe, mince, même enceinte tu ressembles à une gravure de mode, je pense que la vulnérabilité qu’induit la grossesse dans la tête des gens les a laissé se permettre des remarques déplacées par pure jalousie (peut-être inconsciente).
      Cela dit, enceinte, je crois qu’on appartient vraiment au domaine public, je ne compte plus les fois où on m’a crié « MAIS TU ES ENOOOOORME!!! Tu es sûre que t’en es qu’à 5 mois??? » Déjà de base, j’imagine que c’est le genre de remarques qui agace, mais quand tu as 40 kilos de trop, tu atteints vite le point « JE VAIS LE FUMER!!! » 😀
      Les remarques sur le corps (généralement celui des femmes) sont très très souvent déplacées. Mais c’est tellement dans notre culture qu’il va falloir un paquet d’années avant d’arriver à éradiquer le phénomène…

  • Bonjour !
    Comme je me reconnais dans ton article…
    Pour ma part j’ai toujours été en surpoids, mais j’ai énormément grossi depuis que je travaille. Boulot trèèèèèèès stressant…
    J’ai pris 60 kilos en 1 an et demi.
    Je suis en parcours pour la sleeve gastrectomie, j’écris mon blog à ce sujet. N’hésites pas à me rendre visite.
    Bon courage à toi !
    Bisous, J.

  • Quel courage, je suis abasourdie. Tout aurait pu te coucher, te distraire, te pousser à te détester toujours plus les stimuli négatifs, les moqueries. Et pourtant, tu arrives à regarder le bon côté des choses, chapeau. 🙂

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